¥^^%'iif- \ -- r BIBLIOTHÈQUE DE ¥-.1- Alex. Agassiz. libnu-D of Un luscum OF COMPARATIVE ZOÔLOGY, AT HARVARD COLLEGE, CA31BRIBGE, MASS. jFounïeft 6» prffcate suiisctfptfon, fn 1861. Deposited by Alex. Agassiz from the Library of LOUIS AGASSIZ. M. |l.ûl>. RECHERCHES SUR LES ^% Y/ RECHERCHES SUR LES POISSO]\S FOSSILES, COMPRENANT Une introduction à l'étude de ces animaux; l'anatoraie comparée des systèmes organiques qui peuveni contribuer à faciliter la détermination des espèces fossiles ; une nouvelle classification des poissons , exprimant leurs rapports avec la série des formations ; l'exposition des lois de leur succession et de leur développement durant toutes les métamorphoses du globe terrestre, accompagnée de considéra- tions géologiques générales; enfin , la description d'environ mille espèces qui n'existent plus et dont on a rétabli les caractères d'après les débris qui sont contenus dans les couches de la terre ; Par louis agassiz, Membre des Académies et Sociétés royales des sciences de Londres, de Paris, de Berlin, d'Edimbourg, de Stockholm, de Turin, des Lyncée:. de Rome, de l'Académie impériale des curieux de la nature , de la Société philomatique de Paris , des Sociétés géologiques de Londres et de France, de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, de la Société philosophique américaine, de la Société impé- riale des naturalistes de Moscou . des Académies de Philadelphie et du Val-d'Arno , du Lycée de New-Vork , des Instituts de Bristol et de Leeds , de la Société helvétique des sciences naturelles , des Sociétés d'histoire naturelle , de physique et de médecine de Berlin , do Vienne, d'Irlande, de Francfort, de Pragues , de Florence, de Heidelberg, de Strasbourg, de Silésie, de Halle, du Palatinat , de Fribourg, de St. -Louis (États-Unis), de Hambourg, de Northumberland , de Durham , de New-Castlc, de Genève, de Zurich, de Bàlc. etc. , etc. ; docteur en droit des universités d'Edimbourg et de Dublin; docteur en philosophie, médecine et chirurgie; chevalier lie l'aigle rouge de Prusse; professeur honoraire à l'académie de Lausanne, et professeur d'histoire naturelle à celle de Neuchâtel. wivvfao'e' ccivïcniie pat la C^caele C/c'oloiïic|ii(; ^c' i AGASSIZ. PRÉFACE. L'importance que peut acquérir l'élude des poissons fossiles est immense ; d'abord par toutes les raisons qui recommandent l'étude des fossiles en général , tant en elle-même que dans son application à la géologie, puis en particulier par la nature des poissons fossiles ; car leur état ordinaire de conservation permet d'examiner , non seulement quelques-unes de leurs parties, mais presque toutes celles qui sont indispensables pour la classification, et qu'il est nécessaire de connaître si l'on veut se faire une juste idée de leur organisation. Avec un peu de soin on peut toujours parvenir à rétablir leur squelette en entier, avec toutes les nageoires, et les écailles sont généralement assez bien conservées pour offrir les caractères les plus précieux et les plus constans. On peut pressentir toute l'importance de l'étude des poissons fossiles , quand on considère que ces êtres, qui occupent une si haute place dans la série des organismes, se rencontrent cependant sans interruption dans tous les terrains de sédiment , depuis les plus anciens jus- qu'aux plus récens , qu'ils s'y trouvent souvent en grande abondance , et dans un état de con- servation qui permet presque toujours, moyennant quelques efforts, de les rétablir entièrement. Quel avantage, en effet, pour la zoologie, l'anatomie comparée et la géologie, de pouvoir poursuivre dans cette classe les changemens d'organisation qui se sont opérés à travers toutes les révolutions qu'a subies la terre ! Je dirai plus encore ; les poissons étant de tous les ani- maux , ceux qui sont le plus intimement liés aux accidens de l'eau , et leur organisation étant en outre déjà très-élevée , ils sont plus propres qu'aucune autre classe à nous donner des idées nettes sur les changemens qui se sont opérés dans les vastes mers qui recouvraient jadis la terre. On parviendra ainsi à déterminer si un poisson vivait dans les rivières, dans les lacs ou dans les étangs, en haute mer ou sur ses bords, s'il était un habitant de la surface de — vm — l'eau ou de ses grandes profondeurs. Ces indications plus ou moins précises conlribueront à déterminer les mêmes circonstances dans la formation des roches. Un avantage particulier qu'offrent encore les poissons fossiles, c'est que leur examen nous fait toujours reconnaître un organisme entier ' et nous donne une idée complète de ce qu'il était. Ces recherches doivent par conséquent conduire à des résultats bien plus satisfaisans que l'étude des mollusques, dont on ne possède jamais que les coquilles, et bien plus généraux que celle des mammifères, dont on trouve si rarement des squelettes entiers, et seulement dans la série des couches les plus récentes. Les reptiles, même lorsqu'ils seront plus gé- néralement connus, pourront à peine rivaliser d'importance avec les poissons, parce qu'ils sont beaucoup plus rares et qu'ils apparaissent plus tard dans la série des créations. •ïe n'ai pas la prétention d'offrir dès à présent la solution complète de toutes ces questions ; cependant j'ose espérer que mon travail pourra les éclaircir, en faisant ressortir les lacunes qu'il reste à remplir. En ne commençant cette publication qu'après avoir préparé les maté- riaux pour tout l'ouvrage, j'ai pu du moins mettre plus d'ordre dans la méthode, et je pourrai traiter à leur place , dans leur liaison naturelle, et selon leur importance, toutes les questions que j'aurai à examiner. Je résume les résultats de mes recherches. La simple étude des espèces et celle de leur or- ganisation particulière a été presque généralement le but unique auquel ont visé les natura- listes. Lorsqu'ils ont poussé leurs recherches plus loin, elles ont eu pour terme les principes philosophiques de la classification et de l'organisation. J'ai aussi eu constamment présent à l'esprit ces deux points de vue dans mes recherches sur les poissons fossiles. En rétablissant successivement cinq cents espèces qui n'existent plus et dont les débris sont épars dans toutes les collections de l'Europe, j'ai fait beaucoup d'observations nouvelles sur leur organisation . comparée à celle des poissons vivans et des autres animaux vertébrés. Mais cette étude m'a conduit plus loin. Je suis parvenu à exprimer les lois de la succession et du développement organique des poissons durant toutes les époques géologiques ; et la science pourra désormais , en voyant cette classe se métamorphoser de formation en formation , poursuivre , pour toute . une grande division du règne animal , les progrès de l'organisation sur une série complète des âges de la terre. Les poissons fossiles diffèrent suivant les grandes formations géologiques dans lesquelles ils se trouvent, et ils ont dans chacune d'elles un caractère d'organisation particulier qui suffit pour les délerminer. Ils diffèrent d'autant plus des poissons du monde actuel, qu'ils se trouvent dans des terrains plus anciens. Tous les poissons osseux antérieurs à la craie doivent être rapportés îi des genres qui n'ont plus de représentans dans le monde actuel ; ils sont tous caractérisés par des écailles rlioniboïdales , recouvertes d'émail. Les autres, c'est-à-dire ceux des mêmes terrains, que l'on réunirait aux Chondroplérygiens, dans la classification actuelle, ont des dents aplaties, pointillées ou diversement plissées, comme les Cestracions. Après des comparaisons aussi nudtipliées , on ne sera pas surpris d'entendre annoncer , pour la classification des poissons, des changemens qui souvent indiqueront en même temps des affinités encore inconnues ; mais ce qui aura droit d'intéresser , c'est que la nouvelle clas- sification que j'expose dans cet ouvrage, exprime tout à la fois les rapports naturels des poissons entre eux et leur succession dans la série des terrains. . Des considérations géologiques générales, tirées de l'étude de ces fossiles , feront connaître la liaison qu'il y a entre le développement organique de la terre et celui des différentes classes d'animaux. Ces idées seront complétées par un tableau général des êtres organisés de cha- cune des grandes époques géologiques. En préparant d'autres travaux icthyologiques pour mon histoire naturelle des poissons d'eau douce d'Europe, et en examinant les poissons rapportés du Brésil par Spix, et que j'étais chargé de décrire , j'ai toujours eu particulièrement égard aux organes que l'on retrouve à l'état fossile , cherchant à y découvrir des caractères propres à déterminer les familles , les genres et les espèces. Je me suis aussi appliqué à étudier d'une manière toute particulière le squelette des poissons dans le petit nombre de genres qui étaient à ma disposition au Musée de Munich. J'ai examiné au microscope et en partie fait dessiner plusieurs milliers d'écaillés appartenant à plus de deux cents espèces de dilïérens genres et de différentes familles. Pour augmenter mes moyens de comparaison , mon ami, M. Guillaume Schimper , a bien voulu me préparer un assez grand nombre de squelettes, remarquables par leur netteté et par le soin qu'il a mis à conserver toutes les arêtes intermusculaires. Je lui dois aussi une cinquantaine de tables , sur lesquelles il a collé , dans leur position naturelle, toutes les écailles de différens poissons ; elles m'ont été fort utiles pour apprécier la valeur des carac- tères tirés de ces parties. Ces préparations sont maintenant déposées au cabinet d'histoire naturelle de Neuchâtel , qui a fait l'acquisition de toutes mes collections. Cependant, après avoir examiné, à l'aide de ces matériaux, un très-grand nombre de pois- sons fossiles (environ dix mille échantillons); après avoir surtout déterminé la plupart de ceux des terrains secondaires et avoir reconnu en eux une division nouvelle , qui , dans la création 2 actuelle, contient à peine quelques genres; après avoir déterminé également ceux des terrains d'eau douce les plus récens , lorsque j'en suis venu à examiner ceux des terrains tertiaires en général, et ceux de Monte-Bolca en particulier, j'ai bientôt senti que ce ne serait qu'avec le secours de tous les squelettes que M. Cuvier a réunis à Paris dans les galeries d'anatomie com- parée , que je pourrais parvenir à donner à mes observations toute la précision et le degré de certitude qu'exigent de telles recherches, pour qu'elles puissent vraiment profiter à la science. Je pris pour guide , dans mon travail , les Recherches sur les ossemens fossiles , m'efforçant d'ajouter quelques pierres durables à un monument auquel se rattachent tous les travaux paléontologiques modernes. Je ne saurais trop répéter , et c'est un devoir sacré pour moi de' le faire , combien je suis redevable à M. le baron Cuvier, qui s'occupait plus ou moins directement du même sujet , d'avoir bien aouIu mettre à ma disposition tous les squelettes que j'ai désiré examiner, de m'avoir permis d'en faire faire des dessins et de les décrire, ainsi que les espèces fossiles que je ne connaissais pas encore et qui se trouvent dans les galeries du Muséum ; enfin de m'avoir facilité tous les moyens de comparer les espèces fossiles avec l'innombrable quantité d'espèces vivantes qui ont servi de base à la grande histoire naturelle des poissons de MM. Cuvier et Valenciennes ; et même, plus que cela, de m'avoir confié les dessins qu'il avait fait faire à Londres , des poissons fossiles du Musée britannique , entr'autres de ceux qui proviennent de la collection d'Amman , composée surtout d'ichthyoliles d'OEningen , parmi lesquels j'ai re- trouvé la plupart des espèces que j'avais observées dans le Cabinet de M. Lavater, à Zurich, et au Musée de Carlsruhe. Quant à la publication de cet ouvrage , je ferai remarquer encore , que le premier volume sera consacré à l'examen de toutes les questions générales. Il contiendra une introduction à l'étude des fossiles , l'indication des sources auxquelles j'ai puisé dans le cours de mes re- cherches , puis l'anatomie générale du squelette des poissons et de toutes les parties qui peuvent contribuer à déterminer plus exactement les espèces fossiles. En proposant une nouvelle classification de ces animaux , j'examinerai comparativement , sous leurs rapports zoologiques , toutes les espèces fossiles qui auront été décrites , les genres auxquels elles ap- partiennent , la place que ceux-ci doivent occuper dans le système de l'Ichthyologie ; en un mot , je chercherai à rétablir les rapports d'organisation qui existent entre les poissons fossiles de toutes les formations géologiques et ceux du monde actuel , et je ferai voir les modifications que celte étude nous oblige d'introduire dans la disposition méthodique des poissons. Des con- XI sidéralions géologiques générales nous conduiront enfin à examiner les différences qui existent dans la faune des poissons, conqiarée à celle des autres classes, et à présenter les résultats de ces recherches pour la théorie des changemens successifs qu'ont subis le globe terrestre et les êtres organisés qui l'ont habité. Il reste, à cet égard, un travail bien important à faire, c'est celui de l'examen de la distribution géographique des fossiles, suivant les différens bassins de chaque terrain ; mais il exige des études que l'état actuel de nos connaissances géologiques , et surtout celui de nos collections, ne permet pas encore de faire. Chacun des quatre volumes suivans contiendra la description des espèces fossiles d'un des ordres de la classe. Le second volume comprendra l'ordre des Ganoïdes; le troisième, celui des Placoïdes ; le quatrième , celui des Cténoïdes , et le cinquième , celui des Cycloïdes , de ma classification. Toutes les espèces seront représentées avec beaucoup de soins et de détails, com- parées exactement avec les espèces vivantes qui leur ressemblemt le plus , avec leurs squelettes et leurs écailles, en un mot avec toutes les parties qui peuvent contribuer à en donner une idée plus juste et à rétablir complètement leurs caractères génériques et spécifiques , et même les parties qui pourraient avoir entièrement disparu. Cependant, pour mettre plus de variété dans chaque livraison , j'ai cru pouvoir commencer la publication de plusieurs volumes à la fois. Tous mes matériaux étant rangés systématiquement , il ne saurait résulter aucun incon- vénient de cette marche, en apparence irrégulière. Les planches de cet ouvrage ont été exécutées par deux artistes , élèves de l'Académie de Munich , MM. Jos. Dinkel et Ch. Weber, qui se sont dévoués à ce travail avec une persévé- rance à laquelle seule je dois d'avoir pu réunir un aussi grand nombre de figures. M. Dinkel, qui m'a constamment accompagné dans mes voyages , a dessiné le plus grand nombre des originaux. Personne n'aurait pu être mieux préparé à ce travail que lui; car il venait de ter- miner les dessins de mes poissons d'eau douce. M. Weber, qui en a fait un grand nombre aussi , et qui avait dessiné tous les poissons de Spix , s'est plus particulièrement chargé de l'exécution lithographique. Il ne m'appartient pas de juger leur travail , puisqu'il fait partie de mon ouvrage ; mais ce que je dois dire , c'est que ces Messieurs m'ont toujours secouru comme des amis pleins de zèle pour la réussite de mes recherches. Neuchâtel, le Ii2 juillet 1833. L' AGASSIZ. XII ADDITIONS A LA PREFACE. Quoiqu'il se soit écoulé dix ans depuis l'impression des pages qui précèdent, je n'ai que peu de mots à ajouter sur l'ensemble de cet ouvrage. Les nouvelles découvertes que j'ai faites, bien que nombreuses, ont peu modifié mon plan primitif et les résultats aux- quels j'étais déjà arrivé lorsque je fis paraître ma première livraison en 1833, ont été con- firmés dans leur ensemble aussi bien que dans les détails. Sur le point de terminer aujour- d'hui la publication de mes Recherches, je ferai seulement remarquer que je n'ai négligé aucune occasion d'étendre mes observations , de revoir celles que j'avais faites antérieurement et de multiplier par tous les moyens possibles les termes de comparaison des espèces fossiles avec les vivantes. Dans ce but, j'ai considérablement augmenté mes préparations ostéologiques ; des séries d'os détachés des principaux types de la classe des poissons m'ont surtout mis à même de déterminer rigoureusement des fragmens d'espèces fossiles , qui sans cela seraient restées à jamais indéterminables. Une collection immense d'écaillés m'a fait connaître les par- ticularités qu'offrent ces tégumens si caractéristiques des poissons , dans toutes les familles de cette nombreuse classe. L'étude microscopique des dents , poursuivie, d'après les procédés ingénieux de M. Owen , sur un très-grand nombre de poissons vivans et fossiles , m'a de plus fait connaître des différences inattendues dans la structure de plusieurs genres mal caracté- risés jusqu'alors. Appliquées aux autres parties solides des poissons , tels que les écailles et les os , ces recherches microscopiques m'ont permis d'étendre aussi à cet égard le champ de l'observation. De cette manière, j'ai successivement doublé et même triplé le nombre des ' espèces fossiles qui ont pu être déterminées rigoureusement. Il paraîtra peut-être incroyable que je possède aujourd'hui des renseignemens plus ou moins précis sur environ f 700 espèces de poissons fossiles. Quoique ce nombre soit dix fois plus considérable que celui de l'ensemble des autres animaux vertébrés fossiles observés jusqu'à ce jour, j'ai cependant maintenant la conviction qu'il paraîtra bien petit dans peu d'années , lorsqu'on sera parvenu à découvrir des exemplaires déterminables de toutes les espèces dont on n'a pu jusqu'à présent que pressentir l'existence d'après des fragmens insignifians , ou seulement la supposer d'après ce Mil (|ue l'on connaît des lois d'association d'après lesquelles les espèces sont en général réparties dans des localités déterminées. Ne possédant point moi-même de poissons fossiles , et renonçant à acquérir jamais d'aussi précieuses collections , j'ai dû chercher les matériaux pour mon ouvrage dans toutes' les collections de l'Europe qui en renferment des débris ; aussi ai-jc fait de fréquens voyages en Allemagne , en France et en Angleterre pour examiner, décrire et faire figurer les objets qui entraient dans le cadre de mes recherches. Mais malgré l'empressement avec lequel on a mis partout à ma disposition les pièces les plus précieuses que je désirais voir de près , il est résulté pour moi un grave inconvénient de cette manière de travailler ; c'est que j'ai rarement pu comparer directement les divers exemplaires de la même espèce que j'ai examinés dans diffé- rentes collections, et que j'ai été le plus souvent obligé de faire mes déterminations de souvenir ou d'après de simples notes, et dans les cas les plus heureux seulement d'après mes dessins. Il est impossible de se faire une juste idée de ce qu'une pareille méthode a de fatigant, et jusqu'à quel point elle épuise toutes les facultés. La précipitation ordinaire des voyages, jointe à l'im- possibilité de s'entourer des moyens d'observation les plus ordinaires , n'a pas contribué à rendre ma tâche plus facile. Je me crois dès-lors en droit de réclamer l'indulgence pour celles de mes déterminations qu'un examen ultérieur, prolongé et fait à loisir, pourrait modifier, et pour celles de mes descriptions qui portent encore le cachet de la précipitation avec laquelle elles ont été rédigées. Le nombre des poissons fossiles que j'ai examinés est très-considérable ; il s'élève à plus de vingt mille exemplaires, qui se trouvent épars dans une foule de collections que je ferai connaître en détail dans le premier chapitre de ce volume, en indiquant ce qu'elles renferment chacune de plus remarquable. Je me borne ici à une remarque que j'ai faite dès que j'ai commencé à étudier les poissons fossiles ; c'est que les recherches qui ont précédé les miennes sur ce sujet , n'ont point eu de caractère scientifique , et n'ont conduit à aucune vue générale sur les rapports qui existent entre les poissons vivans et les fossiles , si bien que l'on a souvent placé les espèces perdues les plus singulières dans les genres exis- tant maintenant ou confondu les espèces entre elles. On n'avait même tiré aucune conséquence générale des observations faites jusqu'alors ; de telle sorte que l'histoire naturelle des poissons fossiles était plus retardée qu'aucune autre branche de la paléontologie, lorsque j'ai entrepris mes recherches. L'état des collections qui contenaient de ces précieux débris , rendait à cette époque leur étude encore plus difficile , car dans aucune on ne trouvait des étiquettes ou seulement une apparence d'arrangement systématique. C'est moi qui ai dû ranger ou du XIV moins étiqueter le petit nombre de celles qui sont en ordre maintenant. Aujourd'hui encore j'éprouve un chagrin réel de ne pas voir le nombre des auteurs qui, comme sir Philippe Egerton et M. le comte de Miinster, s'occupent avec succès de cette intéressante branche de la paléon- tologie', s'augmenter davantage ; car j'ai la conviction qu'il est peu de branches de la science où l'on puisse faire de plus amples moissons. Je dirai encore, en terminant, que c'est aux encouragemens que j'ai reçus de l'Association britannique pour l'avancement des sciences , et à la générosité que lord Francis Egerton a mise dans l'acquisition qu'il a faite des dessins originaux de mes planches, dont il a fait plus tard présent à la Société géologique de Londres , que j'ai dû de pouvoir étendre mes re- cherches sur les poissons fossiles bien au-delà de ce que j'avais espéré en commençant. C'est ainsi que j'ai pu engager M. Dinkel à faire un séjour de sept ans à Londres, pendant lequel il a dessiné pour moi les exemplaires les plus intéressans de toutes les collections que j'ai exa- minées dans les trois royaumes unis de la Grande-Bretagne ; sans compter que lord Enniskil- len et sir Philipp Egerton ont fait dessiner à leurs frais, pour me les communiquer, tous ceux qui m'avaient paru nouveaux dans leur immense collection. Le désordre dans lequel mes livraisons ont paru , rend indispensables quelques explications (jui en faciliteront l'arrangement. Outre les numéros d'ordre, toutes les planches portent un chiffre qui indique le volume auquel elles appartiennent. Il ne peut donc y avoir aucune diffi- culté à les mettre en ordre. Seulement, pour rendre plus facile la publication des planches additionnelles que les nouvelles communications que j'ai reçues ont fréquemment exigées , j'ai distribué les planches de chaque volume en deux séries différentes. La première, dont les planches sont numérotées de lettres romaines, comprend les figures anatomiques qui repré- sentent des squelettes et des écailles de poissons vivans. La comparaison de ces dessins avec les espèces fossiles en rendra la détermination plus facile. C'est également dans cette première série que j'ai rangé les figures représentant des détails microscopiques sur la structure des os , des dents et des écailles des poissons tant vivans que fossiles. Les squelettes sont pour la plupart représentés de grandeur naturelle ; ceux qui proviennent de très-grands poissons sont seuls réduits. Dans la seconde série, les planches sont numérotées de chiffres; quelques planches additionnelles seulement portent des numéros qui se répètent, mais que j'ai distingués par des lettres. L'explication détaillée des planches qui accompagnent chaque volume en fa- cilitera d'ailleurs le collectionnement. Les planches de cette seconde série représentent les poissons fossiles tels que je les ai observés et tels qu'ils existent dans les collections; ils sont XV — tous reproduits de grandeur naturelle , à l'exception de deux ou trois espèces dont les dimen- sions gigantesques ont exigé une réduction considérable. Outre ces planches , j'en ai donné quelques-unes qui font parlic du premier volume, et qui sont dessinées au trait. Ces figures ne représentent pas des exemplaires de poissons fossiles, tels que j'ai pu les examiner , mais bien les traits distinctifs des genres éteints, tels que j'ai pu les rétablir en combinant leurs caractères épars sur différens fragmens, et en les réduisant aux mêmes proportions. Ces figures sont donc pour les poissons fossiles ce que sont pour les manmiifères de Montmartre les ligures restaurées au trait que Cuvier a données dans ses ossemens fossiles , des Paléothérium et des Anoplothérium , ou celles des Plésiosaures et des Ichthyosaures, de M. Buckland. J'ai voulu montrer par là (jue les lois de la coordination des caractères, bien appréciées, pouvaient conduire , pour la classe des poissons , aux mêmes résultats que l'on a déjà obtenus pour les animaux vertébrés supérieurs, et qu'il sera possible d'enrichir un jour nos ouvrages d'histoire naturelle de bonnes figures de la plupart des animaux qui n'existent plus et dont les débris solides se trouvent seuls conservés épars dans les couches de l'écorce de notre globe. Mais les matériaux que je suis parvenu à réunir sont trop considérables pour qu'il fût possible de les comprendre tous dans mon cadre primitif , bien que leur place y soit naturel- lement marquée. La crainte de fatiguer mes souscripteurs, en augmentant indéfiniment le nombre de mes livraisons , m'a dès lors engagé à ne les y faire entrer que partiellement et à réserver pour une nouvelle publication tout ce que je pourrai convenablement élaguer , sans changer le plan que je m'étais proposé primitivement, d'exposer dans cet ouvrage l'ensemble de ce que j'ai appris sur les poissons fossiles. D'un autre côté, pour rendre plus tard la publica- tion de ces nouveaux matériaux également instructive , et pour faciliter leur réunion au corps de l'ouvrage, je me suis décidé à ne comprendre dans les Recherches que les types dont la con- naissance peut contribuer à compléter l'intelligence des rapports zoologiques qui existent entre les poissons, tant fossiles que vivans. Cette restriction est d'ailleurs conforme à la mar- che que j'ai suivie jusqu'ici, en décrivant par familles les espèces dont j'ai pu déterminer rigoureusement les affinités naturelles. Dans les Supplémens, qui embrasseront toutes les espèces inédites, j'adopterai un plan complètement différent. Chaque livraison comprendra la mono- graphie des espèces d'une formation , et donnera ainsi une idée du mode d'association de tous les poissons fossiles connus aux différentes époques géologiques. Je me bornerai à citer no- minalement les espèces déjà décrites dans les Recherches , en y renvoyant , sans les décrire de nouveau ; tandis que je m'étendrai plus longuement sur les espèces nouvelles , dont je ferai XVI connaître en détail les caractères , et que je représenterai de la même manière que les pre- mières. L'ensemble de mes études sur les poissons fossiles se trouvera par là compris dans deux ouvrages distincts, qui ne formeront cependant qu'un grand tout. Dans le premier, où j'ai suivi un ordre zoologique, on pourra surtout étudier leurs rapports naturels , leurs formes diverses , les analogies qui existent entre eux et leur organisation comparée à celle des pois- sons vivans ; tandis que , dans le second , où je suivrai un ordre géologique , on trouvera de plus amples renseignemens sur leur distribution dans les terrains , sur les particularités qui caractérisent les différentes époques de leur apparition successive , et sur les modifications qu'ils ont subies dès les temps les plus anciens jusqu'à nos jours. Ces deux ouvrages, en se complétant mutuellement , mettront toujours plus en évidence cette vérité encore trop peu appréciée , qu'il existe des rapports très-intimes entre l'ordre de succession des êtres organisés et les affinités naturelles qui les unissent. Neuchâlel, en mai 1843. L' AGASSIZ. IIXTRODLTCTIOIV. J'avais formé le projet de placer en tête de cet ouvrage un résumé de nos connaissances actuelles sur la formation du globe terrestre et sur les changemens qu'il a subis dès son ori- gine. Mais je me suis bientôt aperçu que les questions que j'aurais à traiter pour atteindre ce but , s'éloignaient trop du sujet spécial de mes recherches et auraient exigé un dévelop- pement disproportionné, dans une introduction à l'histoire des poissons fossiles. Aussi , sans renoncer à mon plan , ai-je cru convenable de ne traiter, pour le moment , que les questions qui se rattachent d'une manière directe au développement de la vie organique. En considérant l'ensemble des êtres organisés que l'on trouve dans la série des formations géologiques , on reconnaît dans leur succession une marche bien différente de celle que fai- saient entrevoir les premiers aperçus publiés par les auteurs du commencement de ce siècle. On est surtout surpris de remarquer que l'idée d'un développement progressif du règne ani- mal tout entier, tel qu'il avait été d'abord posé en fait, et d'après lequel les classes se seraient succédé dans un ordre conforme au rang que leur assigne leur organisation, ne s'accorde nullement avec les résultats des recherches paléontologiques les plus récentes. En effet, l'ob- servation n'a point confirmé que les animaux rayonnes aient précédé les mollusques et les articulés dans les formations les plus anciennes , ni que les animaux vertébrés soient apparus plus tard. On trouve, au contraire, que dès la première apparition des animaux à la surface du globe, il y a eu simultanément des Rayonnes, des Mollusques, des Articulés et même des Vertébrés. Il y a plus, nous savons que les trois embranchemens des Invertébrés se trouvent représentés dés les temps les plus anciens par des types de toutes les classes, autant que la nature de leur organisation leur a permis de laisser des traces de leur présence. Parmi les Rayonnes, nous avons, dès l'origine, des Po/(/y:»?'e)s et des Echinodermes en très-grand nombre; les Crinoides surtout sont très-variés ; quant aux Jcalèphes, il n'est pas surprenant qu'on n'en ToM. I. 3 XVIII trouve pas de débris , puisque leur corps est trop mou pour avoir pu laisser l'empreinte de leurs formes dans des roches aussi altérées que le sont ordinairement les terrains de transi- tion. Mais le fait qu'on en a observé dans les schistes lithographiques de Solenhofen prouve du moins que leur existence remonte à une époque bien antérieure à la création actuelle. Les trois classes des Mollusques sont représentées dans tous les terrains paléozoïques ; les Acéphales en particulier nous offrent un type prépondérant dans le groupe des Brachyopodes ; les Gas- téropodes, quoique moins connus, sont aussi assez nombreux ; les Céphalopodes enfin comp- tent de prime abord des genres très-divers , tels que les Goniatites et les Orlhocères. On peut presque en dire autant des Articulés ; car la classe des Fers est représentée par les Serpules ; et les Trilobites, qui appartiennent incontestablement à la classe des Crustacés, sont très- nombreux dans les terrains de transition. Il n'y a que les Insectes dont la présence n'a pas été constatée dans des formations plus anciennes que la houille. Cet aperçu suffit pour nous convaincre de l'existence simultanée de toutes les classes d'ani- maux sans vertèbres jusqu'aux époques les plus anciennes du développement de la vie sur la terre. Il n'est dès-lors pas conforme aux résultats de l'observation de représenter l'ensemble du règne animal comme offrant une série progressive dans l'ordre des temps géologiques. Loin de là, toutes les classes d'animaux sans vertèbres (dont l'apparition simultanée dans les terrains de transition est un fait maintenant acquis à la science), continuent d'exisler sous des formes diverses à travers toutes les époques géologiques postérieures , el nous les retrouvons également toutes jusque dans la création actuelle. Parmi les animaux vertébrés , la classe des poisso?is seule rem^mte avec les diverses classes d'invertébrés jusqu'à l'époque de la première manifestation de la vie à la surface du globe , tandis que les Reptiles , les Oiseaux et les Mammifères se succèdent dans la série des formations géologiques dans l'ordre de leur gradation organique, et nous présentent, au terme de leur développement, le genre humain, dont l'existence ne remonte pas au-delà de la création des êtres organisés qui peuplent maintenant avec lui la surface de la terre. Nous devons dès-lors nous représenter le règne animal comme formé de deux séries dis- tinctes , dont l'une , composée d'animaux construits d'après le même plan d'organisation que l'homme, nous offre un développement graduel et progressif dès les temps les plus anciens ; tandis que l'autre comprend une grande diversité de types contemporains qui se perpétuent dans les mêmes relations sous des formes toujours nouvelles , à travers toutes les formations géologiques. Xl\ L'enchaînement pi-ogi-essif des quatre classes d'animaux vertébrés est un fait (jui contraste à tous égards et d'une manière bien frappante avec le développement uniforme et parallèle de toutes les classes d'invertébrés. La gradation des vertébrés est même d'autant plus remar- quable, qu'elle se rattache directement à la venue de l'homme, que nous pouvons non seule- ment considérer comme le terme, mais aussi connue le but de tout ce développement. Voyons d'abord les poissons qui apparaissent les premiers. Plongés dans un milieu plus dense et moins mobile que l'atmosphère, ils se trouvent et se sont toujours trouvés dans des condi- tions d'existence moins variées que les animaux terrestres. Aussi leur corps est-il tout d'une venue ; leur tête ne se détache point du tronc, dont elle n'est qu'un simple prolongement ; leurs organes des sens sont obtus , et leurs facultés très-bornées ; leurs membres pairs ne sont point encore les principaux organes du mouvement , et il n'existe que des rapports très-passa- gers entre les individus d'une même espèce. Les reptiles qui succèdent aux poissons dans l'ordre des temps nous offrent déjà une organisation plus parfaite : leur tète se détache plus ou moins du reste du corps , elle peut même se lever au dessus de la ligne horizontale que forme encore le tronc ; les membres pairs , lorsqu'ils existent , sont de véritables organes locomoteurs ; ce- pendant ils ne peuvent pas encore soulever toute la masse du corps , qui est traînée , plutôt qu'elle n'est portée par les pattes. Ces animaux sont évidemment supérieurs aux poissons par le développement des organes des sens et des facultés intellectuelles ; aussi existe-t-il chez eux des relations plus diverses entr.; les individus de la même espèce. Chez les oiseaux, qui vien- nent ensuite, nous observons un développement très-remarquable. Sans m'attacher à démon- trer la supériorité incontestable de leur organisation sur celle des deux classes précédentes . j'insisterai sur ce seul fait , que leur corps peut s'enlever complètement du sol au moyen de membres locomoteurs qui offrent , par leur dégagement , un contraste des plus frappans avec les allures des poissons et des reptiles. Avec cela, nous trouvons constamment chez les oi- seaux deux sortes de membres locomoteurs , des ailes pour le vol et des pieds pour la marche ou la natation, et, chose curieuse, lorsqu'ils se posent, ces animaux ne s'appuient que sur les membres postérieurs, le corps et la tête inclinés en avant et en haut. Chez les mammifères nous trouvons pour la première fois une organisation où les membres s'harmonisent , tout en maintenant le corps dans une position élevée. Nous ne devons cependant pas être surpris de rencontrer, dans cette classe, des types aussi variés que les Cétacés, les Quadrupèdes propre- ment dits , les Chiroptères et les Quadrumanes ; car après un développement aussi excentrique que celui des oiseaux . quoi de plus naturel que de voir les mammifères reproduire, dans leur XX sphère, des formes qui rappellent les types inférieurs, comme pour vaincre définitivement les rapports qui lient les animaux au sol, avant d'atteindre à la noble démarche et aux allures libres qui caractérisent l'homme et qui lui permettent d'élever la face vers son Créateur, de contempler l'ensemble de l'univers , de reconnaître les lois qui le régissent , et de se pro- sterner avec reconnaissance et amour devant celui à qui il doit de si merveilleuses prérogatiA'es! Tels sont en abrégé les rapports généraux des classes du règne animal entre elles et avec l'homme dans l'ordre de leur succession génétique. Il n'est pas moins indispensable d'exami- ner le mode d'association des espèces dans toutes les époques géologiques , pour se faire une idée nette de la nature des changemens survenus dans le développement de l'ensemble. Tout le monde sait qu'à cet égard les travaux de Cuvier ont été le point de départ d'une ère nou- velle dans la paléontologie. Après avoir reconnu qu'il existe dans certaines couches superficielles de l'écorce de notre globe des débris de grands mammifères appartenant à des espèces qui diffèrent de celles que l'on trouve vivantes à sa surface, Cuvier fut le premier à proclamer le fait d'une création antérieure à celle de l'homme ; et toutes les recherches ultérieures n'ont fait que confirmer ce grand résultat , en nous faisant connaître un nombre toujours plus considérable d'espèces dont le type s'est perdu. Mais là ne devaient pas se borner les conséquences des nouvelles re- cherches. On apprit en même temps que ces espèces éteintes étaient limitées à certains dépôts dont la géognosie traçait les limites avec plus ou moins de précision ; et en poursuivant ces études on arriva bientôt à la conviction que les fossiles diffèrent d'autant plus des êtres orga- nisés de notre époque, qu'ils appartiennent à des terrains plus anciens. Ces résultats, dont on pouvait d'entrée pressentir la haute portée, conduisirent à distinguer plus rigoureusement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors certains étages géologiques que l'on appela quelquefois du nom même des fossiles caractéristiques qu'ils renferment. En même temps , la géologie trou- vait dans les dislocations des terrains stratifiés un moyen de déterminer les limites de ces for- mations , en démontrant que ces dislocations coïncident avec le soulèvement de divers sy- stèmes de montagnes, dont on parvint de cette manière à fixer l'âge relatif. Ces aperçus ingé- nieux, en donnant à l'étude des formations géologiques un degré de précision qu'elle n'avait point eu auparavant, réagirent d'une manière très-heureuse sur l'étude des fossiles. Les com- paraisons entre les débris des diverses formations furent multipliées à l'infini, et elles eurent en général pour résultat de démontrer que les espèces ne passent pas d'une formation à l'autre , mais qu'elles sont circonscrites dans des limites qui correspondent en grand aux divisions des XXI lei'rains, telles que l'étude des dislocations les avait fait distinguer. La paléontologie est ainsi arrivée par l'observation directe à reconnaître autant d'époques indépendantes , que l'étude des terrains permet de distinguer de formations géologiques. Je n'ignore pas qu'en exprimant ces faits d'une manière aussi absolue, j'anticipe à cer- tains égards sur les résultats proclamés jusqu'à ce jour ; car il est une foule de points de dé- tails sur lesquels les paléontologistes et les géologues ne sont pas d'accord. Mais d'un autre côté, les résultats de la paléontologie et de la géologie s'accordent d'une manière trop frap- pante pour que l'on puisse assigner aux divergences qui existent encore entre ces deux branches de la science une autre cause que l'imperfection de nos observations; et j'aime à me persuader que tous ceux qui se sont occupés d'une manière sérieuse de ces recherches entrevoient avec confiance le moment où toutes ces divergences seront conciliées. Il est cependant un point dont la solution exigera encore bien des recherches ; c'est la question des limites dans les- quelles les espèces sont complètement différentes les unes des autres. Le fait de la différence des espèces, dans des limites plus ou moins étendues, n'est contesté par personne. Les di- vergences entre les paléontologistes ne portent que sur un nombre restreint d'espèces très- voisines , auxquelles on assigne une existence plus ou moins prolongée dans certains terrains. Mais le fait que le nombre de ces espèces réputées identiques dans des limites géologiques très-étendues , diminue de jour en jour, à mesure qu'on les compare plus atten- tivement entre elles et avec les espèces vivantes , me semble autoriser cette conclusion , que ces identifications résultent d'une étude incomplète, ou de l'exagération de certains principes, d'après lesquels on procède dans la détermination des espèces. Pour ma part, du moins, je ne connais jusqu'ici , dans les classes que j'ai spécialement étudiées, aucune espèce qui se rencontre dans deux formations géologiques à la fois, ou qui reparaisse identique dans la créa- tion actuelle. Aussi ai-je la ferme conviction qu'il en sera un jour de toutes ces espèces contro- versées, comme il en a été de l'ensemble des fossiles, que l'on envisageait, à une époque qui n'est pas bien éloignée de nous, comme des débris d'espèces vivantes, enfouies dans les cou- ches de la terre par de violentes révolutions. A mesure qu'on les étudiera avec plus de soin , on finira par connaître toujours plus exactement leurs caractères propres. A cet égard , je me bornerai à une seule observation. Il n'est pas un zoologiste , au courant de la science , qui ignore combien il est difficile d'ar- river à une détermination rigoureuse des animaux vivans, et qui ne connaisse les nom- breuses incertitudes qui planent encore sur la distinction des espèces de différentes familles , XXII alors même qu'on en possède des exemplaires très-bien conservés. Dans l'état actuel de nos connaissances , il n'est personne , je crois , qui voulût prendre sur lui de distinguer toutes les espèces de Chauve-souris, de Rongeurs, de Passereaux, de Lézards, de Serpens, de Gre- nouilles, de Perches, de Spares, de Scombres, de Labres, de Clupes, de Cyprins et d'Anguilles, d'après la seule inspection de leur squelette, et cependant c'est uniquement sur l'étude de ces parties solides que reposent les déterminations des paléontologistes. Aussi l'histoire de la zoo- logie nous apprend-elle que les familles dont les espèces sont le mieux connues sont juste- ment celles qui comptent le plus grand nombre d'espèces fossiles , parce que pour déterminer ces dernières , il a fallu étudier les espèces vivantes d'une manière beaucoup plus complète que les zoologistes n'ont l'habitude de le faire , et tenir compte d'une foule de caractères dont l'histoire naturelle descriptive s'occupe rarement. Il est un autre genre de difficultés que je ne dois pas passer sous silence; c'est la variété des formes qu'affectent certaines espèces, et qui qui est telle, par exemple, chez certains Crustacés, que les jeunes et les adultes, les mâles et les femelles ont été successivement décrits comme des espèces distinctes et même comme des types de genres différens. Enfin, et c'est surtout le cas de plusieurs familles d'Insectes, de Mollusques et de Polypiers , il y a des types dont les espèces sont tellement semblables que l'observation la plus minutieuse peut seule conduire à des déterminations rigoureuses, et je doute fort qu'il y ait un entomologiste qui pût reconnaître certain Diptère qui aurait été sim- plement comprimé , ou certain Lépidoptère dont les ailes seraient privées des petites écailles qui les recouvrent, ou tel Coléoptère auquel on aurait enlevé les élytres. Il en serait de même pour un conchyliologiste auquel on soumettrait une collection d'Hélices et de Mulettes (Unio) privées de leur épiderme. Or, je tiens à faire remarquer que c'est précisément à des familles semblables qu'appartiennent la plupart des espèces fossiles qui passent encore maintenant pour identiques avec des espèces vivantes. Je crois dès-lors qu'il serait prématuré de faire entrer en ligne de compte de semblables identifications dans les comparaisons que l'on fait des fossiles des diverses formations, surtout maintenant que l'on a acquis la certitude que la très-grande majorité des espèces diffère de la manière la plus incontestable d'une époque à l'autre. Je sor- tirais de mon plan si j'entreprenais d'exposer, à cette fin , l'histoire du développement de l'enseiïible des êtres organisés dans toutes les époques biologiques. Je me bornerai pour le moment à résumer les résultats les plus généraux de mes recherches sur les poissons. De tout temps l'étude de l'ichthyologie a été malheureusement beaucoup plus négligée que celle des autres branches de l'Histoire naturelle. La difficulté d'observer les poissons dans XXllI leurs profondes retraites, et de recueillir des faits certains sur leurs mœurs et toute leur éco- conomie animale, a rendu celte science moins attrayante que l'histoire des grands mammi- fères et des chantres des bois. Même les reptiles, si hideux et souvent si dangereux, ont trouvé plus d'amateurs que les poissons. Qui ne connaît l'attrait de l'entomologie et de la conchylio- logie ? Au milieu de tant de richesses , les poissons sont restés perdus pour nous dans les vastes océans qu'ils habitent ; car le nombre de ceux qui sont bien connus est très-petit ; et si la grande Ichthyologie de MM. Cuvier et Valenciennes nous promet la description de S à 6000 espèces, nous avons à regretter que les volumes qui ont paru jusqu'ici n'en contiennent pas encore la moitié. Et pourtant, malgré tant de difficultés, que cette étude est entraînante, lors- qu'après avoir fait les premiers pas dans la carrière, on parvient peu à peu à se mouvoir libre- ment au milieu de ce monde encore nouveau qui recèle tant de mystères sur les abîmes de l'O- céan et sur les demeures inaccessibles des créatures qui l'habitent ! Mais pour arriver là, il faut se frayer soi-même la voie ; car les auteurs anciens ne nous offrent que de bien faibles res- sources, et parmi les modernes le plus complet nous abandonne au milieu de la route. Or, comme l'examen des espèces fossiles que j'ai cherché à déterminer nécessite une connaissance également détaillée de toute la faune ichthyologique actuelle, j'ai dû, pour établir par devers moi l'équilibre entre les différentes parties de cette science, poursuivre mes recherches d'une manière en quelque sorte indépendante de tout ce qui existe; car on conçoit facilement que les mémoires publiés sur les ichthyolithes, il y a seulement vingt ans, ne sont plus en rapport avec les connaissances qu'il est possible d'acquérir maintenant sur les poissons vivans, dans les grands musées d'Europe. De cet état de choses et de la manière dont j'ai été obligé d'étudier les poissons vivans pour les comparer avec les fossiles , il est résulté pour moi un grand avantage , c'est celui de l'indépendance de vues la plus complète sur les rapports assignés jusqu'ici aux poissons entre eux. Le grand nombre de genres nouveaux découverts depuis le commencement de ce siècle, et qui ont dû être intercalés dans les cadres des familles naturelles , ont successivement fait disparaître tous les rapprochemens qui avaient été proposés par les anciens ichthyologistes. II n'est pas étonnant dès-lors qu'en revoyant leurs caractères, je sois arrivé à une classification qui ditTère considérablement des divers arrangemens proposés par mes devanciers. Celte clas- sification est basée sur des considérations importantes que l'on avait complètement négli- gées. Il est en effet incontestable que l'un des caractères distinclifs de la classe des poissons est d'avoir une peau garnie d'écaillés de forme et de structure particulières. Cette enveloppe, qui XXIV — protège l'animal au dehors, est, d'après toutes les observations que j'ai pu faire jusqu'ici, en rapport direct avec l'organisation intérieure de ces animaux et avec les circonstances exté- rieures au milieu desquelles ils vivent. Sous ce point de vue , les écailles acquièrent une grande importance et peuvent être envisagées comme le reflet superficiel de tout ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur du poisson. Aussi en les examinant attentivement, j'ai trouvé que lorsqu'on se laisse guider par les particularités de leur structure , on peut disposer les poissons dans des ordres beaucoup plus naturels que ceux qui ont été admis jusqu'ici. Ayant consacré à la classification un chapitre à part à la fin de ce volume , je puis me dispenser de reproduire ici les caractères des grandes coupes que j'ai désignées sous les noms de Placoîdes , de Ganoi- des . de Cténoïdes et de Cydoïdes. Cependant pour bien comprendre les résultats généraux que je puis présenter sur le déve- loppement progressif des poissons fossiles, il est nécessaire, je crois, de jeter encore un coup- d'œil sur les poissons vivans. En tenant compte de toutes les espèces inédites , on peut estimer le nombre des poissons vivans qui sont épars dans toutes nos collections à environ huit, mille. De ce nombre, plus des trois quarts appartiennent à deux ordres , dont l'existence ne remonte pas au-delà des terrains crétacés , savoir, aux Cydoïdes et aux Cténoïdes ; tandis que l'autre quart se rapporte aux ordres des Placoîdes et des Ganoïdes , qui sont très-peu nombreux maintenant , mais qui ont existé seuls durant toute la période qui s'est écoulée depuis que la terre a commencé à être habitée, jusqu'au moment où les animaux de la craie ont vécu. Cette balance entre les ordres de la classe qui nous occupe est un phénomène d'autant plus remarquable , que ce n'est pas en grand seulement que nous pouvons remarquer cette dispensation régulière des groupes , mais dans chaque ordre, et même dans chaque famille ; ensorte que les différences d'organisation deviennent des caractères distinctifs pour les époques biologiques , même dans les espèces que l'on voit pour la première fois. J'ose maintenant affirmer ce résultat avec as- surance , après avoir vu les conclusions générales que j'avais tirées de l'étude de cinq cents espèces de ces fossiles , corroborées par la découverte d'un nombre triple d'espèces , sans que j'aie rencontré plus d'une seule exception aux premières lois que j'avais reconnues. Ces dif- férences organiques essentielles ont surtout trait à la nature des tégumens et à la manière dont la colonne vertébrale se termine dans la nageoire caudale, c'est-à-dire à la manière dont l'animal est en rapport avec le monde extérieur qui l'entoure , et à la structure de l'organe essentiel de la locomotion. XXV Pour apprécier à sa juste valeur l'importance de l'étude des poissons en général, et des pois- sons fossiles en particulier, il ne faut jamais perdre de vue la position de cette classe dans la série zoologique des animaux. Placés par leur organisation au dessus des Rayonnes, des Mol- lusques et des Articulés , ils présentent des particularités de structure plus variées et sujettes à des différenciations plus nombreuses ; aussi remarque-t-on chez eux , dans des limites géolo- giques plus étroites, des différences plus considérables que chez les animaux inférieurs. Nous ne voyons pas, dans la classe des poissons , des genres , ni même des familles, parcourir toute la série des formations avec des espèces souvent très-peu différentes en apparence, comme cela a lieu parmi les Polypiers ; au contraire , d'une formation à l'autre , cette classe est repré- sentée successivement par des genres très-différens , qui appartiennent à des familles qui s'é- teignent bientôt aussi, comme si l'appareil compliqué d'une organisation supérieure ne pou- vait pas se perpétuer long-temps sans modifications profondes, ou plutôt comme si la vie animale tendait plus rapidement à se diversifier dans les ordres supérieurs du règne animal , que dans ses échelons inférieurs. A cet égard, il en est des poissons à-peu-près comme des mammifères et des reptiles. Non seulement toutes les espèces sont différentes d'une formation à l'autre ; mais à des distances verticales peu considérables dans la série des terrains , les es- pèces appartiennent encore à des genres différens , qui ne passent pas insensiblement d'une formation à l'autre, comme on l'observe fréquemment parmi les Mollusques et les Rayonnes. C'est là un des faits les plus intéressans que j'aie observés, et qui doit avoir d'autant plus de poids pour la zoologie géologique, que la classe des poissons s'étend à travers toutes les forma- tions, et offre ainsi, dans une des grandes divisions des vertébrés, un point de comparaison pour apprécier les différences que peuvent présenter, dans le plus grand laps de temps , des animaux construits sur un même plan , mais dont les affinités avec les espèces vivantes sont aussi éloignées que celles qui rattachent les Crinoïdes aux Echinodermes libres , les Nautiles et les Seiches aux Bélemnites et aux Ammonites, les Ptérodactyles, les Ichthyosaures et les Plésiosaures à nos Sauriens , les Pachydermes vivans à ceux qui habitaient jadis le bord des lacs des environs de Paris, ou les vastes plaines de la Sibérie. Nous sommes sans doute loin de connaître toutes les espèces de poissons fossiles ; mais leur répartition dans les différentes formations n'en est pas moins d'un haut intérêt pour l'his- toire du développement des animaux en général , et pour la connaissance de leur mode d'as- sociation avec les représentans des autres classes. On ne connaît encore que fort peu d'espèces des terrains diluviens ; il n'y en a même TOM. I. 4. XXVI qu'une qui ait été déterminée d'une manière rigoureuse, c'est VEsox Otto, qui a été trouvé en Silésie avec des ossemens fossiles d'Eléphans ; mais il est à présumer que la faune ichthyo- logique'de cette époque ressemblait beaucoup à celle de nos jours, et que les espèces appar- tenaient pour la plupart aux genres les plus répandus dans les eaux actuelles. Les poissons des terrains tertiaires sont fort nombreux et se rapprochent en général beau- coup des poissons vivans , ce qui fait que leur étude peut être entreprise au moyen des ou- vrages que l'on possède déjà sur l'ichlhyologie. Néanmoins il est souvent très-difficile, vu leur état de conservation , de les identifier, ou plutôt d'apprécier exactement leurs caractères distinctifs. Jusqu'à présent je n'ai pas trouvé une seule espèce qui fût parfaitement identique avec celles de nos mers , excepté ce petit poisson que l'on trouve en Groenland dans des géodes d'argile, dont j'ai long-temps ignoré l'âge géologique, mais que je sais maintenant être de notre époque. Les espèces ducrag d'Angleterre, de la formation subapennine et de la molasse, se rap- portent pour la plupart à des genres communs dans les mers des régions tropicales et tempé- rées, tels que les Platax, les grands Carcharodons , les Lamies, les Myliobates à larges che- vrons, etc. Une comparaison détaillée de ces poissons nous montre que tout en appartenant aux genres de notre époque , les espèces de ces terrains indiquent, dans nos climats, des en- sembles de poissons dont le mode d'association rappelle plutôt ceux des zones plus chaudes que les localités dans lesquelles on découvre maintenant leurs débris fossiles. Dans les dépôts lacustres de cette époque, on trouve de nombreuses espèces de Cyprins, des Cyprinodontes , des Anguilles, des Brochets et des Cottus. On rencontre même déjà des genres qui n'ont pas de représentans dans la création actuelle, tels que les Smerdis et lesSphenolepis. Les Muges sont caractéristiques des dépôts d'eau sauniàtre. Enfin la présence de Cyprino- dontes dans les terrains d'eau douce de nos latitudes est un fait qui confirme les indications que nous donnent déjà les plantes et les autres animaux sur le climat de ces localités , à l'é- poque de leur déposition. Dans les formations tertiaires inférieures , dans l'argile de Londres et dans le calcaire gros- sier de Paris , un tiers au moins des espèces appartient déjà à des genres qui n'existent plus. Les recherches que j'ai faites sur ces espèces n'étant pour la plupart pas contenues dans cet ouvrage , au lieu de les énumérer ici , je renvoie aux tableaux comparatifs de tous les poissons fossiles qui se trouvent à la fin des volumes suivans, et dans lesquels j'ai indiqué les noms des genres et des espèces de toutes les époques géologiques. Je me bornerai à men- XXVIl tionner ici les Nolreus et les Sphenolepis de Montmartre, et le genre Ilemirhynchus du calcaire grossier; et parmi les poissons de Sheppy, les Esturgeons, les Chimérides, les Myliobates, le genre Phyllodus qui est propre à celte localité, lesSciénures et les nombreux représentans de la famille des Scombéroïdos, qui dominent dans l'argile de Londres. Le caractère tropical de cette faune ichthyologique ressort surtout de la fréquence d'espèces appartenant à des genres dont les représentans de notre époque ne remontent pas, pour la plupart, jusque dans nos latitudes. Les genres éteints même appartiennent à des familles plus développées dans la zone torride que dans les zones tempérées. Les poissons de Monte-Bolca paraissent appartenir à une époque intermédiaire entre les terrains tertiaires et la formation crétacée. Ils sont très-nombreux. On a trouvé dans cette lo- calité un Squale, des Raies, des Sclérodermes , des Gymnodontes, des Pycnodontes, des Lophobranches , des Percoïdes, des Sparoïdes, des Sciénoïdes, des Cottoïdes, des Gobioïdes, des Teuthyes, des Chétodontes, des Aulostomes, un Pleuronecte, des Scombéroïdes, des Sphy- rénoïdes, un Labre, un Lophius, un Blennioïde, des Halécoïdes, des Esocides et des Anguil- liformes. Les espèces de la craie appartiennent pour plus des deux tiers à des genres qui ont en- tièrement disparu ; l'on voit même déjà apparaître quelques-unes de ces formes singulières qui prévalent dans la série oolitique. Cependant, dans leur ensemble, les poissons de la craie rappellent davantage le caractère général des poissons tertiaires que celui des espèces de l'oo- lithe. On trouve en effet dans les terrains crétacés , auxquels j'associe les schistes de Glaris , des Squalides, des Cestraciontes, des Raies, des Chimérides , quelques Pycnodontes, deux Sauroïdes , un Célacanthe , des Sclérodermes , des Percoïdes . des Scombéroïdes et des Halé- coïdes. L'analogie de cet ensemble avec les poissons tertiaires est tellement frappante, que n'ayant égard qu'aux poissons, dans un rapprochement général des formations géologiques , il me paraîtrait plus naturel d'associer la formation de la craie et du grès-vert aux terrains tertiaires, que de les rapprocher du groupe des terrains secondaires. Au dessous de la craie il n'y a plus un seul genre qui ait des espèces vivantes , et ceux de la craie même , qui ont des représentans récens comptent en général un plus grand nombre de fossiles. Je crois pou- voir conclure de ces faits , que les conditions climatologiques qui ont prévalu pendant l'époque crétacée ne différaient pas sensiblement de celles des premiers temps de l'époque tertiaire. Dans aucun cas . je ne saurais admettre l'opinion de ceux qui attribuent aux formations se- condaires un climat hyperlropical : car du moment où les eaux de la mer auraient pu atteindre XXVIII une température beaucoup plus élevée que celle qu'elles offrent maintenant dans les régions les plus chaudes du globe , les conditions nécessaires aux animaux qui respirent par des bran- chies , n'auraient pu se maintenir pendant le laps de temps qui a dû être nécessaire au déve- loppement de tous les êtres organisés qui caractérisent ces terrains. La série oolitique, jusqu'au lias inclusivement, forme un groupe très-naturel et très-bien limité qui doit comprendre aussi la formation veldienne , dans laquelle je n'ai pas trouvé une seule espèce appartenant aux genres de la craie. A partir de celte époque et en descendant toujours , les deux ordres qui prévalent dans la création actuelle, les Cycloïdes et les Cténoïdes, ne se retrouvent plus , tandis que ceux qui sont en minorité de nos jours se présentent subi- tement en très-grand nombre. Parmi les Ganoïdes, ce sont les genres à caudale symétrique que l'on trouve ici , et en particulier les genres Dapedius , ïetragonolopis, Lepidotus, Semio- notus, Nothosomus, Pholidophorus, Notagogus et Propterus de la famille des Lépidoïdes ; le seul Coccolepis Bticklandi est hétérocerque. Les Sauroïdes sont également nombreux, ils ap- partiennent aux genres Eugnathus , Plycholepis , Conodus, Pachycormus, Caturus, Amblyse- mius,Thrissonotus, Sauropsis, Thrissops, Leptolepis, Aspidorhynchus, Belonoslomus, Megalu- rus et Macrosemius. Les Célacanthes ne sont représentés que par les genres Undina, Ctenole- pis et Gyrosteus ; mais les Pycnodontes sont nombreux en espèces appartenant aux genres Pycnodus, Gyronchus , Scrobodus, Microdon, Sphaerodus et Gyrodus. Parmi les Placoïdes, ce sont surtout ceux à dents sillonnées sur leurs deux faces et à grands rayons épineux, les Hy- bodontt's, qui prédominent. On sait en effet maintenant que ces grands rayons que MM. Buck- land et de la Bêche ont appelés Ichthyodorulithes , ne proviennent ni de Silures, ni de Ba- listes , mais que ce sont des rayons de la dorsale de grands Squales , dont on trouve les dents dans les mêmes couches. On y trouve aussi de nombreux représentans de la famille des Ces- traciontes, et en particulier des espèces des genres Âcrodus et Strophodus. Les Chimérides sont également représentées à cette époque. En somme , la faune des poissons de la série oolitique est tellement différente de celle des terrains plus récens, qu'un ichlhyologiste qui aurait fait une étude très-complète des poissons de notre époque, en lisant l'énumération que je viens de faire des genres du Jura , se douterait à peine que c'est à cette classe qu'ap- partiennent les fossiles dont il vient de lire les noms. On parviendra sûrement un jour à recueillir un grand nombre de faits relatifs aux mœurs de ces animaux et à leur organisation intérieure. La découverte des coprolithes nous permet déjà de reconnaître les êtres organisés qui faisaient la pâture des Sauroïdes et des Requins du XXIX Lias; car dans ces matières fécales, qui sont assez nombreuses dans les dépôts qui contien- nent des poissons de la famille des Sauroïdes , on découvre aisément les écailles des poissons qu'ils mangeaient, et quelquefois ces écailles sont déterminables. Même les intestins sont con- servés dans quelques cas, par exemple, dans un exemplaire de Mégalichthys , où l'on voit une portion du canal alimentaire. Les paquets d'appendices pyloriques et les intestins enroulés des espèces de Leptolepis et de Thrissops de Solenhofen , connus sous le nom de Lombricaires, ne sont pas rares dans les schistes de cette intéressante localité. Parmi les poissons de la craie on voit même, dans la collection de M. Mantell, des exemplaires de Macropoma, où l'estomac entier est conservé avec ses différentes membranes , qui se séparent en feuillets. Dans un grand nombre de poissons de Sheppy, de la craie et de la série oolitique, la capsule du bulbe de l'œil est encore intacte ; et dans beaucoup d'espèces de Monte-Boica , de Solenhofen et du Lias , on voit très-distinctement toutes les petites lames qui constituaient les branchies ; dans d'autres j'ai reconnu des œufs remplissant la cavité abdominale ; dans d'autres, le foie a laissé une empreinte foncée; enfin, il «n'y a pas jusqu'aux muscles dont je n'aie reconnu des traces très-distinctes dans un poisson de la craie du Brésil. Il paraît cependant que la nature des ro- ches contribue à conserver certaines parties plutôt que d'autres. En quittant le Lias pour passer aux formations inférieures , l'on observe une grande diffé- rence dans la forme de l'extrémité postérieure du corps des Ganoïdes. Tous ont la colonne vertébrale prolongée à son extrémité en un lobe impair qui atteint le bout de la nageoire caudale. Cette particularité est également propre aux poissons plus anciens. Les formations triasiques et le Zechstein forment un groupe des plus remarquables par sa faune ichthyologique. Des Chimérides de forme étrange, les Ceratodus et les Némacanthes sont nombreux ; des Cestraciontes appartenant aux genres Dictsea , Janassa, Acrodus et Stro- phodus, et des Hybodontes sont à cette époque les représentans de l'ordre des Placoïdes. Parmi les Ganoïdes on distingue des Lépidoïdes des genres Platysomus , Gyrolepis et Palseoniscus , des Sauroïdes des genres Acrolepis , Pygopterus et Saurichthys ; des Célacanthes et des Pycno- dontes , parmi lesquels les genres Placodus et Colobodus sont surtout caractéristiques pour le Muscheikalk. Les terrains houillers nous offrent aussi des types très-variés. Parmi les Placoïdes on dis- tingue surtout des Cestraciontes appartenant aux genres Psammodus , Pœcilodus, Pleurodus , Cochliodus, Chomatodus, Helodus , Orodus, Ctenoptychius et Petalodus , si tant est que ce dernier genre ne constitue pas une famille à part. Les Chimérides remonteraient aussi à cette XXX époque, si comme je le crois maintenant , c'est à cette famille qu'il faut rapporter le genre Cte- nodus. Les défenses de poissons cartilagineux sont très-nombreuses dans cette formation ; j'en ai distingué plusieurs genres sous les nomsd'Oracanthus, de Ctenacanthus, de Ptychacanthus, de Leiacanthus, d'Onchus, de Spinacanthus, de Tristychius , etc. Les Hybodontes sont re- présentés par les genres Cladodus et Diplodus. Il n'y a pas jusqu'aux Squalides qui ne soient déjà représentés par le genre Carcharopsis. Les Ganoïdes sont tout aussi nombreux ; il y a des Lépidoïdes des genres Acanthodes, Palaeoniscus , Amblypterus et Eurynotus; des Célacanthes, des genres Holoptychius, Cœlacanthus , Phyllolepis, Hoplopygus et Uronemus. Enfin c'est dans la houille que l'on trouve les plus grands de ces monstrueux poissons sauroïdes , dont l'ostéo- logie rappelle à bien des égards les squelettes des Sauriens , soit par les sutures plus intimes des os de leur crâne , soit par leurs grandes dents coniques et striées longitudinalement , soit encore par la manière dont les apophyses épineuses sont articulées avec les corps des vertè- bres, et les côtes à l'extrémité des apophyses inférieures. L'analogie entre les Sauroïdes et les Sauriens ne s'étend pas seulement au squelette; dans l'un des deux genres qui existent main, tenant , j'ai trouvé une organisation intérieure des parties molles très-particulière , qui rap- proche encore plus ce groupe des reptiles qu'il ne paraissait d'abord. Il y a en effet dans le Lepidosteus osseus une glotte , comme celle des Sirènes et des reptiles salamandroïdes, et une vessie natatoire celluleuse, avec une trachée-artère. Enfin, leurs tégumens ont souvent une apparence si semblable à ceux des Crocodiles, qu'il n'est pas toujours facile de les distinguer. Cet ensemble de caractères me fait penser que les poissons antérieurs à la déposition des ter- rains jurassiques ont dû vivre dans des océans plus profonds ; l'analogie qui existe entre la forme de la queue des Ganoïdes de cette époque et celle des Placoïdes de tous les temps me paraît confirmer cette supposition. J'ajouterai même que les Ganoïdes anciens saisissaient pro- bablement leur proie en se renversant, comme les Squales de nos jours. La position de leur bouche, qui est sous le bout du museau dans la plupart d'entre eux, jointe à l'inégalité des lobes de leur queue, semble du moins l'indiquer. Les poissons trouvés dans les terrains de transition , se distinguent par des caractères en- core plus étranges. Les Placoïdes y sont à la vérité faiblement représentés ; cependant on dis- tingue déjà des espèces d'Onchus , de Ctenacanthus , de Ptychacanthus , de Ctenoptychius et d'autres genres encore mal déterminés , tandis que les Ganoïdes sont très-nombreux et bien caractérisés. J'ai distingué les genres Cephalaspis , Pterichthys, Pamphractus, Polyphractus . Coccosteus , Chelonichthys , Dipterus , Osteolepis , Acanthodes, Diplacanthus , Cheiracanthus, XXXI Clicirolepis , Diplopterus , Plalygnathus , Dendrodiis , Lamnodus , Cricodus, Megalichlhys, Holoplychiiis , Glyplosteus , Phyllolepis , Glyptolepis et Psainmolepis appartenant aux familles des Lépidoïdes ou plutôt aux nouveaux groupes que j'en ai détachés sous les noms de Cepha- laspides, de Diptériens et d'Acanthodiens , et aux familles déjà mieux connues des Sauroïdes et des Célacanthes. Si l'énuniération de tous ces noms de genres ne peut point encore rap- peler d'images précises , puisque je n'en ai encore décrit que quelques-uns , elle prouve du moins que les poissons ont été très-nombreux dès leur apparition , (ju'ils ont appartenu de prime abord à des familles très-difïérentes et que les types qui se sont succédés dans cette classe ne descendent pas plus les uns des autres, par voie de transformation où de génération directe, que les diverses classes du règne animal tout entier. Ce qu'il y a cependant de plus remarquable dans l'ensemble des poissons inférieurs à la série oolitique , outre leur analogie avec les reptiles, et même avec les Trilobites, c'est , d'un côté la plus grande uniformité des types , et de l'autre , la grande uniformité des parties d'un même animal entre elles , qui est souvent telle , que les écailles , les os et les dents sont dif- ficiles à distinguer les uns des autres. S'il était permis de hasarder quelques conjectures sur cet état de choses , tel qu'il se présente à nous maintenant , je dirais que le principe de la vie animale qui plus tard s'est développé sous la forme de poissons ordinaires, de reptiles, d'oiseaux et de mammifères , existait en quelque sorte à l'état de germe dans ces singuliers poissons Sauroïdes qui tiennent à la fois des poissons et des reptiles. Aussi bien ce caractère mixte se perd-il de plus en plus avec l'apparition d'un plus grand nombre de reptiles, et nous voyons les Ichlhyosaures et les Plésiosaures participer par leur ostéologie aux caractères des Cétacés de la classe des mammifères , et les grands Sauriens terrestres à ceux des Pachyder- mes qui n'ont été créés que beaucoup plus tard ; tandis que les poissons contemporains de ces curieux reptiles deviennent en quelque sorte toujours plus poissons. C'est ainsi que l'observation directe, de concert avec la synthèse, nous fait entrevoir un dé- veloppement organique régulier dans tous les êtres créés , développement qui est en rap- port avec les différentes conditions d'existence qui se sont réalisées à la surface du globe , à la suite des changemens qu'il a subis lui-même ; mais ce développement progressif ne se mani- feste que dans l'embranchement des vertébrés ; les animaux sans vertèbres ne s'y rattachent pas directement. En tenant compte de tous ces faits , je vois dans la série des formations géologiques deux grandes divisions , qui ont leurs limites aux étages inférieurs de la formation crétacée. La pre- XXXII mière , la plus ancienne ^ ne comprend que des Ganoïdes et des Placoïdes. La seconde , plus intimement liée avec les êtres actuels , comprend des formes et des organisations beaucoup plus diversifiées ; ce sont surtout des Cténoïdes et des Cycloïdes et un très-petit nombre d'es- pèces des deux autres ordres qui disparaissent insensiblement , et dont les analogues vivans sont considérablement modifiés. Ne trouvant pas dans les poissons de la première grande pé- riode des différences correspondantes à celles que nous observons maintenant entre les pois- sons d'eau douce et les poissons marins , il me paraît que l'on va peut-être au-delà des faits , en admettant dans la série oolitique, et plus bas, des terrains d'eau douce et des terrains ma- rins distincts. Je pense plutôt que les eaux de ces temps reculés, circonscrites dans des bas- sins moins fermés, ne présentaient pas encore les différences tranchées que l'on remarque de nos jours. Tel est le cadre abrégé de l'histoire du développement de la classe des poissons. Pour en exposer les détails je devrais rapporter une masse de faits qu'il serait difficile d'aborder sans reproduire une partie des considérations que j'ai rattachées à la description des familles et des genres qui me les ont suggérés , et anticiper même sur les résultats que j'ai obtenus par l'examen des espèces nouvellement découvertes et qui ne sont point encore décrites dans cet ouvrage. Le champ des recherches sur les poissons fossiles s'est tellement accru depuis quel- ques années par le soin que l'on a mis partout à recueillir leurs débris , que l'activité d'un homme ne saurait plus suffire à les décrire au fur et à mesure qu'on les découvre. Espérons que l'intérêt toujours croissant qui s'attache à l'anatomie des poissons, portera les naturalistes à s'occuper également d'une manière active d'un domaine dans lequel je n'ai encore planté que quelques jalons mais dont la fertilité ne saurait plus être contestée. XXXlll Tableau général des Poissons fossiles. rangés par terrains. ICHTHYODORULITHES. Onchus Murckisoni. Lildlow. (■ tenuistriatus. Ludiow. ICHTHYODORULITHES. Onchiis arcuatus. Bromyard. n semistriattis. Soutlistonp Rock. ' Parexus recurvus. Bairuddery. Ctenacanthus ornatiis. Wales , Sapey. * » serriilatus. Kohlluisen. ' Ptychacanthus dubius. .\bergavenny. * Climatitts reticulatus. Balrudden". Cestraciontes. ' Ctenoptychius crenatus. Megra (Russie). " .> prisons. Ecosse. " Placosteus arcuatus. Riga. • ■■ undulatus. Riga. • M mmandrinus. Ladoga. CÉPHALASPIDES. Cephalaspis Lyelli. Hereford , Brecknock . Wiiilbacli . Kid- derminster, Glammis. " rostratus. Whitbach. » Lewisii. Wliitbach. » Lloydii. Pays de Galles : Whitbach. the Wyle. Sutton-Hill , Downton-Hill , Meiiaibridge . Abergavenny. ' Pterichthys Milleri. Cromarty, Gamrie. * » productus. Lelhen-Bar. TOM. I. Terrains silnricns. Espèces dont la famille n'est pas encore oéterihinék. * Thelodus parvidens. Llldlow. * Sclerodus pustuliferus. Liidlow . " Plectrodus mirabilis. Ludlow. * » pleiopristis. LudIow. ^ Sphagodus pristodotiius. Ludlow. Old red !i>and«tone. ' Pterichthys latus. Lethen-Bar. ' " cornutus. Lethen-Bar. * » testudinarius. Cromarty. ' » oblofigus. Cromarty et Gamrie. " » cancriformis. Orkney. ^ Pamphractus Hydrophilus (Pterichthys). Dura-Den. " Polyphractus ptatycephalus. Caithness. * Coccosteus decipiens (latus). Caithness et Orknev. * » oblongus. Lethen-Bar. * » cuspidatus. Cromarty et Gamrie. * Chelonichthys Asmusii. Riga, Elgin. *• « minor. Riga, Elgin. Acanthodiens. " Acanthodes pusillus. Gordon-Castle. " Diplacanthus striatus. Cromarty. " >■ striatulus. Lethen-Bar. * » longispinus. Lethen-Bar et Cromarty. " " crassipinus. Caithness^ Stromness , Orkney. Cheiracanthus Murckisoni. Gamrie. ' i> microlepidotus. Lethen-Bar et Cromarty. « miîior. Pomona , Stromness. Cheirolepis Traillii. Pomona, Stromness. Uragus. Gamrie. * " CummingicE. Lethen-Bar et Cromarty. XXXIV DiPTÉRIENS. Dipterus macrolepidotus (Catopterus Ag.^ Caitlmess, How- burn-Head, Pentland-Firth , Banniskirk, Widel, Clythe , Pomona , Liebster, Letheron-Wheele , Downton-Hill. Oiteolepis macrolepidotus (Pleiopterits) . CaitlineSS, Po- mona , Orkuey et Cromarty. » microlepidotus. Caithness, Pomona, Orkney. » are«a> borealis. Orkney, Stromness. * » macrocephalus. Lethen-Bar, Printsclika. ' Platygnathus paucidens. Caithness. * ') Jam,esoni. Dura-Den. * i> minor. Dura-Den. * Dendrodus latus Ow. Murrayshire. " •! strigatus Ow. Murrayshire , Riga. * » sigmoideus Ow. Murrayshire. " Lamnodus biporcatus (Dendr. biporcatus Ow. ) Murray- shire , Riga. * » Panderi (Dendr. compressus s. hastatus Ow.) Murrayshire , Riga. " Cricodus inciirvus (Dendr. incurvus Ow.) Murrayshire, Riga. " Megalichthys priscus. Orkney. CÉLACANTHES. * Holoptychius giganteus. Ecosse: Glammis, Gamrie, Clasii- bennie. * » Flemingii. Dura-Den. * » nohilissimus. Clashbennie, Printschka. ' " Andersoni. Dura-Den. » Murchisoni. Clashbennie. * » Omaliusii. Liège , Eifel. * Glyptosteut favosus. Elgin, Printschka. . »/li » reticulatus. Clashbennie, Elgin, Printschka * Phyllolepis concentricus. Clashbennie. ' Glyptolepis elegans. Gamrie. * » leptopterua. Lethen-Bar. * Psammolepis paradoxiis. Riga. f-f. rectus. Calc. carbonif. Armagh. • X plicatus. Calc. carbonif. Armagh. • , •• falcatus. Calc. carbonif. Armagh. ' » suhulatus. Houille. Rhuabon. Ctenacanthus major. Calc. carbonif. Bristol. » tenuistriatits. Calc. carbonif. Bristol , Gors- tley, Rough. » brevis. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. * » heterogyrus. Calc. carbonif. Armagh. , » arcuatus. Calc. carbonif. Armagh. * n crenulatus. Calc. carbonif. Armagh. Gyracanthus formosus. Burdie-House , Dudley, Newcastle , Rhuabon, Sunderland , Alnwick , Burnt-Island. » tuberculatiis. Sunderland. •> alnwicetisis. Alnwick-Castle. • " ornatus. Schistes houillers. Nord du Pays de Galles. Sphenacanthiis serrulatm. Burdie-House. Tristychius arcuatus. Greenside près de Glasgow. Ptychacanthus suhlœvis. Burdie-House. * Physonemus subteres. Calc. carbonif. Armagh. * Leptacanthus priscus. Calc. carbonif. Armagh. * Cladacanthus paradoxus. Calc. carbonif. Armaph. * Cricacanthus Jonesii. Calc. carbonif. Armagh. * Asteroptychius ornatus. Calc. carbonif. Armagh. * » Porflockii. Schistes houillers. Irlande. * Leptacanthus Colei. Houille. Rhuabon. * Orthacanthus cylindricus. Houille. Leeds. Pleuracanthus lœvissimus. Houille , Dudlev- * » planus. Houille. Leeds. » cylindricus. Nortll-Wales. Cestraciontes. Orodus cinctus. Calc. carbonif. Bristol. " ramosiis. Calc. carbonif. Bristol. Ctenoptychius ajoieaZis. Schistes houill. Staflbrd, Manchester. » pectinatus. Burdie-House, Manchester. » denticulatus. Burdie-House , Manchester. " • cuspidatus. Houille. Glasgow. ' » dentatus. Calc. carbonif. Armagh. "* • serratus. Calc. carbonif. Armagh. " ■> macrodus. Calc. carbonif. Armagh. XXXV * Ctenoptychiu.t crenatus. Houille. Carlukc , Glasgow . Hdodus simples (Psammodiis). Scli. lioiiillers. Slafl'ord , Coalbrookdalo. • lœvissimas. Cale, ciii'bonif. Bristol. stibteres. Calc. carbonif. Bristol. gibberulus. Cale, carbonif. Bristol. turgidus. Calc. carbonif. Bristol, Armagh. mitratiis. Houille. Carluke. didymus. Calc. carbonif. Armagh. mammillaris. Calc. carbonif. Armagh. planm. Calc. carbonif. Armagh. Chomatodus cinctus. Calc. carbonif. Bristol. » linearis. Calc. carbonif. Bristol. *" •• truncatus. Calc. carbonif. Armagh. Psammodiis rtigosiis. Calc. carbonif. Bristol, Armagh , Esky, Geroldstein (Eifel). » porosus. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. * >• cornutus. Calc. carbonif. Armagh. * » ohtusus. StafTord. Cochliodus contortus. Calc. carbon. Bristol, Armagh , Clifton. » magnus. Calc. carbonif. Armagh. » ohlongiis. Calc. carbonif. Armagh. • acutus. Calc. carbonif. Armagh. * » striatus. Calc. carbonif. Armagh. * Pœcilodiis Jonesii. Calc. carbonif. Armagh. " paralellus. Calc. carbonif. Armagh. • transversus. calc carbonif. Armagh. ohliquus. Calc. carbonif. Armagh , Carluke. « suUœvis. Calc. carbonif. Armagh. » angustus. Houille. Carluke. 'Pleurodusaffinis. Schiste houiller. Rhuabon, Carluke. * » Rankinei. Houille. Carluke. Ctenodus cristatus. Houille. Tong près de Leeds. » Rohertsoni. Burdie-House. * » alatiis. Calc. d'Ardwick. * » Murchisoni. Le Botwood. Petalodus acuminatus ^Chomatodus). Calc. carbonif. Diu'- ham , Yorkshire , Glasgow. * » Hastingsiœ. Calc. carbonif. Armagh. * » psittacinus. Calc. carbonif. Armagh. * <• lœvissimiis. Calc. carbonif. Armagh. reclus. Calc. carbonif. Armagh. * » radicans. Calc. carbonif. Armagh. marginalis. Calc. carbonif. Armagh. •» sagittatus. Calc. carbonif. Armagh. Hydodontes. Clndodus mirabilis. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. striatus. Calc. carbonif. Armagh. » marginatus. Calc. carbonif. Armagh. » Milleri. Calc. carbonif. Bristol. » conicus. Calc. carbonif. Bristol. <• acutus. Calc. carbonif. Laughgal. » Hibberti. Burdie-House. " partjus. Burdie-House. Diplodus gibbosus. Houille. Edinburgh , Carluke , Derby- shire, N. Stafford. » minutus. Burdie-House. Squalides. " Carcharopsis prototypus. Calc. carbonif. Yorksliii'e . Armagh. ACANTHODIENS. Acanthodes Bronnii. Saarbriick. » sulcatus. New-Haven. LÉPlDOtDES. Amblyptcrus macropterus. Saarbrûck. » eupterygius. Saarbriick , Lebach. .) latus. Saarbriick, Lebach, St.-Ingberg. >i lateralis. Saarbriick, Lebach. • nemopterus. NewHaven, Inchkeith, Wardie. • punctatus. New-Haven. • striatus. New-Haven. Palœoniscus fultus. Sunderland (Massachussefs) ; WestHeld (Connecticut). * » Agassizii. Redf. New- Jersey. * » macropterus Redf. Sunderland (Etats-Unis). " '< Egertoni. Houille. Staffordshire. * » monensis Egert. Houille. Anglesea. Duvernoy. Mûnster-Appel , près Kreutznacli. » minutus. Miinster-Appel. .. Blainvillei. Muse , près d'Autun. » Voltzii. Muse , près d'Autun. » angustus. Muse, près d'Autun. » Robisoni. Burdie-House. « striolatus. Burdie-House. » ornatissimus. Burnt-lsland (Fifeshire) , Burdie- House. » carinatus. New-Haven. » vratislaviensis. Ruppersdorf (Bohême). » lepidurus. Scharfeneck, Ruppersdorf. "\Catopterus gracilis. Redf Durhani (Etats-Unis). « parvulus Redf. New-Jersey. X.XXVI ' Catoptenis anguilliformis Redf. MiddlelONsn (Etats-Unis). Eurynotiis cienatus. Blirdie-House. " fimbriatus. New-Haven. » tenuiceps (Palœoniscus latiis Retlf.^ Slinder- land (Massacliussets). * Platysomus parvulus. Leeds. " (ti/rolepis Rankinei. Leeds. * Plectrolepis rugosus. Carluke. Sauroides. * Pygoptenis Bonardi. Muse, près d'Autim. » Bucklandi. Bui'die-House. * » Lucius. Saarbrïick. * » Jamesoni. Burdie-Hoiise. * >• Greenockii. New-Haven. Megalickthys Hibberti. GlasgO"', Carluke. * n maxillaris. Leeds. * Diplopterus carbonarius. Statford. » Robertsoni. Burdie-House. ' Acrolepis acutirostris- Carluke. ' Orogièathus conidens. Carluke. * Graptolepis ornatus. Carluke. * Pododus capitatus. Carluke. * Cricodi/s Horneri. Edimbourg. CÉLACANTHES. * Holoptychius Hibberti (Rhizodus Ow). Burdie-House. * .. sauroïdes. Edimbourg. » falcatus. Greenside près de Glasgow. Portlockii. Irlande. >j Garneri Murcb. Lanesfield. " granulatiis. Mancbester. >i striatus. Millstone-great : Edimbourg. wîTCor. Nord du comté de Stafford. ' Phyllolepis tenuissimus. Burdie-House. ' Ccelacanthus Phillipsii. Halifax. * j> lepturus. Leeds, Manchester. ' I. Mûnsteri. Lebach ( Bavière rhénane ) . * Hoplopygus Biuneyi. Manchester. ' Uronemm lobatus. Burdie-House. Xechsteiu. ICHTHYODORULITHES. => GyroprisHs obliquus. Cale magnésien: Belfast. Cestraciontes. ' Strophodus arciiatus Mùnst. Richelsdorf. « Acrodus Althausii Mûnst. Richelsdorf. Dictea striata ( Acrodus larva). Schiste cuivreux , Richels- dorf, Thalitter. *Ja7iassa angulata. Richelsdorf. * M Humholdtii. Richelsdorf. * » bituminosa. Richelsdorf. Dictea Mi'mst. Richelsdorf. LÉPIDOIDES. Palœoniscus Freieslebetii. Mansfeld , Hesse. " magnus. Mansfeld. >• macropomus. Mansfeld, Ihnenan. u elegans. Cale, magnésien (Magn. Limestone) : East-Thick!ey, Midderidge, Darlingion, etc. comtus. Cale, magnésien: East-Thickley, Midde- ridge, Darlington, Clarence-Railway, West- Bolden, Houghton, Willey, Rushyford. >' glaphyrus. Calc. magnésien: Midderidge, East- Thickley, Darlington , Clarence-Railway, W. Bolden , Houghton , Witley et Rushyford . Ferry-Hill. Palœoniscus longissimus . Cale, magnésien: East-Thickley, Midderidge, Darlington, Clarence-Railway, W. Bolden, Houghton, etc. » mncrophthalmus. Calc. magnésien : East-Thic- kley, Midderidge, Darlington, etc. * >i speciosiis Mûnst. Richelsdorf. » ornatus? Miinst. Richelsdorf. Platysomus gibbosus. Zechstein d'Allemagne. " rhombus. Mansfeld , Richelsdorf. » striatus. Calc magnésien: Ferry-Hill, Whitley, Durham. » macrurus. Calc. magnésien : East-Thickley. " parvus. Calc. magnésien de Low-Pallion (Noi- thumberland ). * » intermedius Mûnst. Richelsdorf. * " Fuldai Mûnst. Richelsdorf. ' " Althausii Mûnst. Richelsdorf. * Dorypterus Hoffmanni. Gei'ni. Richelsdorf, Sauroides. Pygopterus Humboldtii. Mansfeld, Nendershausen, Richels- dorf. Glûcksbrunn. " mandibularis. Calc. magnésien: East-Thickley, Ferry-Hill. " » «cw/jDiu*. Calc. magnésien : East-Thickley. Ferry- Hill. XXXVII Acrolepis Sedgwickii. Calc. magnésien: East-Thickley , Ferry- PVCNODONTES. Hill. aspcr. Mansfeld. angiistus Mûnst. Ricliclsdorf. giganteiis MlHlSl. RicluMsdoi'f. intermedius MÛllSl. Ricllelsdorf. excidptus Gcnn. Richelsdoif. * Globulodus elegans. v. Miinst. Zeclistein. CÉLACANTUES. Cœlacanthiis gianulosus. Calc. inagn. Durham , Ferry-Hill, Easl-Tliickley. " » gracilis. Gisoinenl inconnu. * » Hassiœ Mijnst. Richelsdorf. Trias. ICHTHYODORULITIIES. Chimérides. Hyhodiis major. Musclielkalk : Liincville,Bayreuth, Breslau. " tennis. Musclielkalk : Liinéville, Bayreutli. » dimidiatus. Musclielkalk : Lunéville- minor. Bonebed : Bristol , Aust-Cliff, Westbury, Pyrton on Severn. Ldacanthus falcatus. Musclielkalk : Lunéville, Bayreutli. * " spec. nov. Bonebed : Aust-ClilT. Hybodontes. Hyhodus plicatilis. Musclielkalk : Scliwenningen, Tâbingen, Tarnowitz, Lunéville. " Mougeoti. Musclielkalk: Lunéville, Schvvenningen. angustus. Musclielkalk : Lunéville. longiconns. Musclielkalk : Lunéville, Giremont. *• " lœmusciilus. Bonebed : Ausl-Cliff. obliquus. Musclielkalk : Vosges. polycyphus. Musclielkalk : Lunéville. minor. Bonebed : Bristol , Aust-Clifl , Westbury, Pyrton on Severn. cuspidatiis. Keuper : Rietheim, Tâbingen. '• suhlœvis. Keuper : Tâbingen. apicalis. Keuper : Hildeslieim , Musclielkalk. CESTR.4CI0NTES. Strophodus angustissimus. Musclielkalk :_ Wilhelnisliall, Lu- néville. w Elytra. Grès-bigarré : Deux-Ponts , Lunéville. Acrodus Gaillardoti. Musclielkalk : Lunéville , Bayreuth , Wilhelnisliall. » lateralis. Musclielkalk : Lunéville. " Braunii. Grès-bigarré : Deux-Ponts. minimus. Bonebed : Aust-Cliff, Lyme-Regis , Ax- moutli. » acutus. Grès de Tâbingen. Nemacanthus monilifer. Bonebed : Bristol , Westbury. fin fer. Bonebed : Bristol , Aust-Cliff, Westbury . * " granulosus. Musclielkalk : Laineck. " " senticosits. Musclielkalk: Laineck. Ceratodus heteromorphas. Musclielkalk : Wilhemsliall, Lu- néville. " serratus. Keuper : Argovie. >■ latissimus. Bonebed : Aust-Cliff. " curvus. Bonebed : Aust-Cliff. '< planus. Bonebed : Aust-Cliff. parvus. Bonebed : Aust-Cliff. » emarginatus. Bonebed : Aust-Cliff. » gihhus. Bonebed : Aust-Cliff. " dœdaleus. Bonebed : Aust-Cliff. » altus. Bonebed : Aust-Cliff. obtusus. Bonebed : Aust-Cliff. » disauris. Bonebed : Aust-Cliff. LÉPIDOIDES. * Palœoniscus catopterus. Grès-bigarré : Comté de Tyrone , à Roan-Hill. ' Amhlypterus Agassizii Mïinst. Musclielkalk : Esperstsedt (Tliuringe). Gyrolepis Albertii. Musclielkalk : Scliwenningen, Lunéville, Wick-warr, Axmouth, Friedericlis-Hall , Rott- weil , Baireuth, Rietheim, Biberfeld, Rotten- mïinster, Breslau. « temdstriatus. Muschelkalk: Lunéville, Wifflvvvarr, Axmouth, Rottweil, Biberfeld, Rietheim, Tâ- bingen, Baheuth, Breslau. « maximus. Musclielkalk : Lunéville , Wickwarr. Friedrichs-Hail , Rottenmûnster, Biberfeld, Bai- reuth, Breslau. 5» XXXVIII Sauroides. Pvcnodontes. Saiirichthys (i/7tcahs. Bonebed : Âxmouth ; Muschelkalk : *Pyeno(ii/5 pnscîts. Keuper: Taebingen (Wurtemberg). Bayreuth , Laineck , Benk , Gôttingen , Hil- Sphœrodus c^;^H^/7ar^s. Keuper: Tœbingen. desheim , Jena. » Mougeoti. Muschelkalk: Lunéville, Bayreuth. » ac!<«»M«i■ rostratus Miinst. Muschelkalk: Laineck. » impressus. Grès-bigarré : Deux-Ponts ( Bavière rhénane). "Colohodus Hogardi. Muschelkalk de Lunéville. Terrains jurassiques. ICHTHYODORULITHES. Myriacanthus paradoxus. Lias: Lyme-Regis. 1) retrorsus. Lias : Lyme-Regis. >• granulatus. Lias : Lyme-Regis. * » franconiens Miinst. Jura supérieur. ' » vesiculosus Mûnst. Calcaire jurassique. " Asteracanthus Stutchhuryi. Lias : Charmouth. » acutus. Bedfort, Castle Miles. » minor. Angleterre. >i semisulcatus. Stonesfield , Purbeck ? Swan- wick. " ornatissimus. Soleure , Shotover , Had- dington. Leptacanthus tenuispinus. Lias : Lyme-Regis, » longissimus. Cale, de Caen. " semistriatus. Oolite de Stonesfield. •> serratus. OoUte de Stonesfield. Hyhodus curtus. Lias: Lyme-Regis, Keynsham, Wurtemberg. » crassispinus. Lias : Lyme-Regis. i> ^ rehc«7(ii formosus. Lias : Lyme-Regis. » ensatus. Lias : Lyme-Regis. » lœviusculus. Lias : Bristol. » apicalis. Stonesfield, Hastings. Hybodus crassus. Oolite infér. Towcester , Rodmore Pils . Wasseralfingen. « dorsalis. Stonesfield , Hastings , Tilgate , Bath. » marginalis. Stonesfield, Tilgate. » leptodiis. Argile d'Oxford ,Shotover-Hill. » pleiodus. France ("). » striatulus. Hastings. » acutus. Shotover. » strictus. Portland, Purbeck. >i suhcarinatus. Tilgate. Pristacanthiis securis. {'"). Caen, Stonesfield. " Nemacanthus hrevispinus. Oolite de Stonesfield. Cestraciontes. Acrodus nohilis. Lias : Lyme-Regis, * » latus. Lias : Lyme-Regis. » gibberulus. Lias : Lyme-Regis. * " nndulatus. Lias : Lyme-Regis. *» Anningiœ. Lias : Lyme-Regis. i« leiopleurus. Oolite de Bath , Slonesfield. " » leiodus. Stonesfield. >• Hirudo. Tilgate. Strophodus longidens. Cale, de Caen. » magnus. Stonesfield, Dundry, Banville. » tennis. Stonesfield, Dundry. » irregularis. Oolite infér. Neuenbourg. (*) Il existe des doutes sur le gisement de plusieurs de ces rayons d'Hybodus, (**) Je serais disposé à croire que ce type de rayons et le suiTant appartiennent aux Chimères jurassiques. XXXIX Slrophodu» radlatO'punctatus. KoHoway-Rocks. « favosits. Stoneslicld. H reticulatiis. Argile (le Shotovcr: Oxford. subreticulatiis. Torllandien : Soleiire , Dundry. Hybodontes. Hybodus -reticitlafits. Lias : Lyme-Regis. pyramidalis. Lias : Lyinc-Regis. médius. Lias : Lyme-Regis. • .. carinntiis. Lias : LyiiK^Regis. . (7;oi«co;n/4. Stoncstield, Caeii , Dundry. .. polyprion. Stonesfield , Cacn , Dundry. .1 obtusiis. Oolite de Caen, Malton. » inflatiis. Oolite inférieure de Caen. » raricostatiis. Oolite ? Stonesfield. » duhiiis. Purbeck , Linkstield. undulatus. Purbeck, Linksfield. Sphenonchus hamatiis. Lias : Lyme-Regis. .) elongatus. Tilgate. « Martini. Purbeck, Linksfield. Squalides. Thyellina prisca. Lias : Lyme-Regis. Arthropterus Rileyi. Lias : Bristol. Lamna (Sphenodus) longidens. Marnes oxfordiennes : Mont- Vohayes , Pfallingen. " Aellopos elongatus. Keblheim. ' ). Wagneri. Solenhofen. Notidamis Miiiisferi. Streitberg , Randen. Oxyrhina (Meristodon) parado.Ta. Tilgate. » » ? Hildesbeini, Rabenstein. Lamna (Sphenodus) plana. Rabenstein, Streitberg. Rayes. Squaloraja polyspondyla. Lias : Lyme-Regis. Cyclarthrus tnacropterus. Lias : Lyme-Regis. Asterodermus platypterus. Solenhofen. • Euryarthra Milnsteri. Solenhofen. Chimérides. Ceratodus Philippsii. Oolite de Stonesfield. Ischyodon Johnsonii Lias : Cliarmouth. " Tessonii Buckl. Cale, de Caen. • » emarginatus Egcrt. Stonesfield . Ganodus Colei Buckl. Stonesfield M Oîoenii Buckl. Stonesfield. • )) rugulosus Egert. Stonesfield. » neglecfus Egert. Stonesfield. • » curvidens Egert. Stonesfield. Psittacodon falcatus Egert. Stonesfield. Psittacodon psittacinns Egert. Stonesfield. Ischyodon Egertoni Buckl. Argile de Kimmer. : Sliotover. )i iJîtcA/ojtJi Egert. Porllandien: Soleure. » Townscndii\\\.\cV.\. Portl. : Great-Millon , Oxford. * » Dutertrii Egcrt. Arg. Kininiér. : Boulog. -sur-Mer'. * » D«/re«oyi Egert. Arg. Kimniér.: Boulog. -sur-Mer. * .1 £eau«io«. rugosus. Lias : Whitby ; Lyme-Regis. " fimhHatus. Lias : Lyme-Regis, Hâring (Tyrol) , Cobourg. » ornatus. Lias: Seefekl. " » frondosus. Lias de Zell, près de Boli. » speciosiis Miinst. Lias : Seefeld. >i parvtilus Miinst. Lias : Seefeld. « serrulatus. Lias : Barrow. ' " pectinatus Egert. Lias : Whilby. » lœvis. Portlandien de Soleure. Pholidophorus Flesheri. Oolite inférieure : Northampton. » angustu^. Grès rouge jurassique de Pologne. » gracilis. Cale, de Kehiheim. » • minor. Oolite de Stonesfield. * » radians. Calc. de Solenhofen. " )) urcBoides. Calc de .Solenhofen . * » radiato-punctatus. Cale, de Solenhofen. " >. maximus. Cale, de Solenhofen. * >i fusiformis. Castellamare. " Nothosomus octostychius. Lias : Street. * ,1 lœvissimus. Cale, de Solenhofen. unguiculatus. Solenhofen, Stonesfield, Daitingen. Ophiopsis penicillatus. Calc. de Purbeck. radiatus. Jura français. palliatus. Argile de Kimmeridge : Boulogne-sur- Mer. tuberculatus. Stonesfield. notopterus. Solenhofen. oblongus. Solenhofen. minor. Calcaire de Purbeck , Stonesfield ; Port- » dorsalis. Cale, de Purbeck. » procerus. Calc. de Solenhofen. * .. Mïinsteri. Calc. de Kehiheim. Notagogus Zietenii. Calc. de Solenhofen. » Pentlandi. Terre d'Orlando. latior. Torre d'Orlando. » denticulaUis. Calc. de Kehiheim. Propterus microstomus. Calc. de Kehiheim. landien de Hildesheim. Fittoni (subdenticulatus). Hastings-Sand : Til- Coccolepis Bucklandi. Calc. de Solenhofen gâte. » Mantellii. Wealden : Tilgate. * >. ZafimaîiMs Egert. Oxfordien de Chippenham. Pholidophorus Bechei. Lias : Lyme-Regis. " onychius. Lias : Lyme-Regis , Chernock. » dorsalis. Lias : Seefeld. >. limbatus. Lias : Lyme-Regis. >■ StricMandi. Lias de Barrow. » Hastingsiœ. Lias de Barrow. * i> latiusculus. Lias : Seefeld , Lyme-Regis. * » pusillus. Lias : Seefeld. .. furcatus. Lias : Seefeld. * )) ' leptocephalus. Lias : Street. * » pachysomiis. Lias : Lyme-Regis. * » creniilatiis Egert. Lias : Lyme-Regis. * '• Hartmanni Egert. Lias : Ohmden. » macrocephalus. Calc. de Solenhofen. » microps. Calc. de Solenhofen. » tenuiserratiis. Calc. de Kehiheim. » longiserratus. Calc. de Kehiheim. » striolaris. Calc. de Solenhofen. * » Taxis. Calc. de Solenhofen. » latus. Calc. d'Eichstycdt. >• micronyx. Calc. de Kehiheim. » intermedius. Calc. de Kehiheim. ' » latimauus. Calc. de Solenhofen. )• ornatus. Calc. de Pmbeck. SAimOIBES. Eugnathus Chiroles. Lias : Lyme-Regis. » orthostomus. Lias : Lyme-Regis. » Philpotiœ. Lias : Lyme-Regis. .. minor. Lias : Lyme-Regis. * » opercularis. Lias : Lyme-Regis. >. polyodon. Lias: Lyme-Regis. » speciosus. Lias : Lyme-Regis. * » fasciculatus. Lias : Whitbv. » .. leptodus. Lias : Lyme-Regis. ' )> mandibularis. Lias : Lyme-Regis. * » ornatus. Lias : Lyme-Regis. ' >> scabriusculus. Lias : Lyme-Regis. * » tenuidens. Lias : Street. * '< giganteus. Lias de BoU. * .. microlepidotus. Calc. de Solenhofen. Ptycholepis hollensis. Lias : Lyme-Regis, Whitby, BolI. ' Conodas ferox. Lias : Lyme-Regis. Pachycormus macropterus. Lias de Bourgogne. * » acutirostris. Lias : Whitby. » curtus. Lias : Whitby. * » gracilis. Lias : Whitby, Wurtemberg. •> heterurus. Lias : Lyme-Regis. * '< latipennis. Lias ; Lyme-Regis, " 1' latirostris. Lias : Whitby. * » latus. Lias : Whitby. XM Pachycormiis mucnirus. Lias : Lymc-Rcyis. • " Icptostcus. Lias : Lyint'-lU'gis. • » nK»cro/>o;»M«. Vaclies-Noires (Normandie). 'Caturus Bticklaitdi. Lias: Lyine-Rt'gis. * u Meycri Miiiisi. Scliisles iioiis de M'etherii , (Ra- wensberg ) . fiircatiis. Cale, de Solonliofen. latiis. Cale, de Solenhofeii. ' » pnchyunis. Cale, de Solenliofen. • » macntnis. Calc. de Solenliofen. " » manimus. Cale, de Solenliofen. ' » microchirus. Cale, de Solenliofen. • i> hranchiostegus. Cale, de Solenliofen. " » elongatiis. Calc. de Solenliofen. * " macrodiis. Calc. de Solenliofen. ' » pleiodus. Oolite de Stonesfield. * " angustus. (Pacliycormus anguslus olim). Portland. Gai'singlon. * Thrissonottis Colei. Lias : Lyme-Regis. " Amhlyscmius gracilis. Oolite de Noi'duimpton. "Sauropsis latiis. Lias : Lyme-Regis, Wurtemberg, Baden. >i longimanus, Calc. de Solenliofen. « » 7noidax. Oolite de Stonesfield. Thrissops formostis. Cale, de KeliUieiin. Cephalus. Calc. de Solenliofen. >. micropodiiis. Localité indéterminée. " inteimedius Mûnst. Jm'a supérieur de Wethein. • " salmoneus. Calc. de Solenliofen et de Kehllieim. ** " suhovatus Mïinst. Calc. de Kehllieim. • .) mesogaster. Calc. de Solenliofen. 'Leptolepis Bronnii. Lias: Lyme-Regis , Neidingen , Bay- reutli , Breslau, Caen, Oberland badois. ° » Jœgeri. Lias de BoU. " » longus. Lias de Boll. ' >. caudalis. Lias : Lyme-Regis. " V tenellus. Lias de Bade. * » filipennis. Lias : Street. " sprattiformis. Scliistes de Pappenheim et de^So- lenliofen. 1) Voithii. Calc. de Kelilheim. « crassui. Calc. de Solenliofen. » macrolepidotus. Calc. de Solcnliofcn » polyspondylus. Calc. de Solenliofen. * " Knorrii. Calc. de Solenliofen. * i> duhius. Calc. de Solenliofen. " » contractus. Calc. de Solenliofen. » .) latus. Calc. d'Eiclistœdt. • » paucispondyhis. Calc. de KeliUicini. " Leplolepis pusillus. Calc. de Kelilheim. ' « macrophthalmus Egert. Argile d'Oxford, Chip- penham. " jhpidorhynckus angliciis. Lias: Wliilby. " » Walchneri. Lias : Oberland badois. » acutirostris. Calc. de Solonhofen. » speciosus. Calc. de Kelilheim. » oniatissimiis. Calc. de Kehllieim. * » mandibularis. Calc. d'Eichsttedt. * » lepturus. Calc. de Kehlheim. ' » eiiodiis Egert. Argile d'Oxford , Chip- penliam. Belonostomus acutiis. Lias: Whitby. " » ^■/MtiKg'ifp (tenellus). Lias : Lyme-Regis. » sphyrcenoides. Calc. de Solenliofen. >i Mûnsteri. Calc. lithographique de Bavière. ' >. tenuirostris. Calc. de Solenliofen. " » suhulatus Miinst. Calc. de Solenliofen. * •' veiitralis. Calc. de Solenliofen. » » Kochii Miinst Calc, de Kehlheim. * » leptosteus. Oolite de Stonesfield. * o biachysomtis. Calc. de Solenhofen. Saurostomus esocimis. Lias : Oberland badois. * » spec. ined. Lias : Lincolnshire. Megalurus lepidotus. Calc. de Solenhofen. » brevicostatus. Calc de Kehlheim. .< elongatus Miinst. Calc. de Kehlheim. » paiviis Mûnst. Calc. de Kehlheim. Macrosemius rostratus. Calc. de Solenhofen. " " brevirostris. Oolite de Stonesfield. Pycnodontes. Sphœrodtis microdon. Lias : Lyme-Regis. Pycnodus rhombtis. Etage inconnu. Torre d'Orlando. .) gigas. Porllandien de Suisse et d'Allemagne. .. Nicoleti. Porllandien de iNeuchàtel. » Bucklandi. Calcaire de Stonesfield, Caen. 1. didymus. Calcaire de Stonesfield. )( rugulosus. Oolite sableuse de Sulgrave e( Cul- worlli ( Northamptonshire ) . >. timbonatiis. Forest-Marble ? Ool. de Stonesfield , Yorksliire , Jur. m. Normandie. u ovalis. Calcaire de Stonesfield. .. Hugii. Porllandien : Soleure, Le Banné, Viliars. Mantellii. Forêt de Tilgate (Jura supérieur). Sns- sex Ralisbonne. » n /a• latidens. Porllaiidieii de Soleiire. » radiatus. Cale, de Caen, Pui'beck, Stonesfield. * " (ii«coirfpi.Oolite de Little Gibraltar prèsd'Oxford. » il/(iH• ci/ciJa/is. Cale, de Solenhofen. Gyronchus (Scaphodus) ohlongus. Calcaire de Stoncslield. * » platuius. Cale, de Solenhofen. * Scrobodus suhovatus Miinst. Cale- de Solenhofen. * » pimctatissimus. Cale, de Kehlheim. Microdon elegans. Calcaire de Solenhofen. * » rhomhoidalis. Cale, de Solenhofen. » hexagonus. Cale, de Solenhofen. * » macropterus. De Kehlheim. » analis. Cale, de Solenhofen. * » perlatus. Stonesfield. * .) trigonus (^ Pycnodus) i}Le?)\.QXiQ%^\ç\A. * » ^iiJosKs Mimst. Calc. de Kehlheim. * » radiatus. Cale, de Pui'beek. , Ool. de Stonesfield. * Periodus marginalis. Oolite de Dundry ? Stonesfield ? ■^ » abdominalis. Cale, de Solenhofen. * » platurits. Cale, de Solenhofen. Sphwrodus gigas. Argile de Kimmeridge, Sliotover; Ool. de » Undina striolaris Minist. Cale, lithographique de Bavière. Stonesfield ; Jura supérieur, Suisse. » « Kohleri Minist. Cale, lithographique de Bavière. ' " minor. Cale, de Stonesfield. • Ctenolepis Cychis. Oolite de Stonesfield. Gyrodus macrophthalmus. Cale, de Kehlheim. • Gyrosteus mirabilis. Lias: Whilby, Lyme-Regis. frontatus. Cale, de Kehlheim. ... . „, 1 i- 1 11 ■ ACIPENSERIDES. ■> rugosus Munst. Cale, de Kehlheun. ?/»î6i7ici*«. Oolite de Durheini, (Baden)j Stonesfield. ° Chondrosteus acipenseroides. Lias : Lyme-Regis. " jurassiens. Portlandien de Soleure. Terrains crétacés. Cestraciontes. Acrodus rugosus. Cale, de Macstricht. ^r,, , j i /> I. T 11 . " fransve/\s«s. Craie blanche : Sussex , Lewcs. ' Ptychodus acutus. Gault. Tolkstone. » spectabilis. Craie blanche : Lewes. Stropkodus asper. Craie blanche : Lewes. .,,,„.,,,, » punctatus. Grès-vert : Kehlheim. » gibberulus. Craie blanche : Lewes. ^ „.,,., o » sulcatus. Grès-vert : Maidstone. ■■ arcuatus. Craie blanche : Lewes. articulatus. Craie blanche : Lewes. Hybodontes. mammillaris. Craie : Kent , Sussex , Belgique, Uyhodus sulcatus. Çx■ô:Kh\M^c\^e■.L&^^■çs. Belluno, Paris, Ouedhmbourg, Strehla, Ben- natek, Delaware. Squalides. » decurrens. Craie : Lewes , Rouen , Bockum , Scylliodus antiquus. Craie de Kent, Burham. Belluno, Bennatek.Ouedlimbourg, Ratisbonne, Thyellina angusta Miinst. Baumberge, près Miinster. Montagne de Ste-Catherine. Notidanus microdon. Craie blanche : Sussex, Kent , Cam- » altior. Craie blanche : Sussex. bridge , Quedlimbourg. » polygyrus. Craie: Quedlimbourg, Lew^es, Sus- » pedinatus. Craie blanche : Sussex. sex, Kent, Cambridge, Belgique. Corax pristodontus. Cale, de Maëstricht. latissimus. Craie : Lewes, Bockum, Belluno, » Kaupii. Cr. marn. Aix-la-Chapelle, Haldem. Bennatek , Sussex , Belgique. » falcatus. Craie bl. Kent, Sussex , Brighton ; Planer : » Mortoni. Grès-verl : Etats-Unis. Strehla , Quedlimbourg. XLIll Corar appendiciilatus. Calc. de Maëstriclit, Salzgiuor. afjillis Mi'insl. Calc. de Maëstriclil. Calcocddo gihhendiis. Craie marneuse : llaldem. •• denticiilatus. Calc- de MaëstriclU. Sphyrna druticiilata MiillSt. l'Iâlier : Slrellla. Jicniipristis scira? Craie: llalisboiiiic et Ilaldeni. Carcharias tennis. Grès-verl: Sentis. » aciitus. Cr. mai'ii. Boei• angitsliis. Craie de Kent, Maëstricht, Aix-la-Cha- pelle. * » elongatiis. Craie de Lcwes. * " depressiis. Grès-vert : Gand et Ralisbonne. * » marginalis. Craie de Kent. * » Couloni. Calcaire jaune de Neuchàtel. * ., minor. Argile de Speelon. Acrotemmts Faba. Craie de Kent, Lewes. Sphœrodus crassus. Craie de Maëstricht. Il mitrula. Grès-verl de Ralisbonne. * » neocomensis. Calcaire jaune de Neuchàtel. Gyrodus cretacous. Craie de Lewes. » angustus. Craie de Maidstone , Lewes. « rugulosus. Grès-verl de Ralisbonne? » Miinsteri. Grès-verl de Ralisbonne. n minor. Argile de Speelon , Yorkshire. * » mnmmillaris. Craie de Kent, Lewes, Clayton. CÉLACANTHES. Macropoma Mantelli. Craie blanche : Lewes , Sussex , Cam- bridge, Chimay. * » Egcrtoni. Gault : Speeton. SCLÉRODERMES. Acanthoderma ovale. Schistes de Glaris. » spinosiim. Schistes de Glaris. Acanthopleurus serratus. Schistes de Glaris. * ') hrevis Egerl. Schistes de Glaris. Dercetis elongatus. Lewes , Sussex. * » scutatus Miinst. et Agass. Weslphalic. Percoides. Sphenocephalits fissicaiidiis. Quadersandslein deWeslpIialie. Acrogastcr parvus. Quadersandslein de Westphalie. IToploplery.v antiqiiiis. Quadersandslein de Westphalie. Beryx Zippei. Planer de Bohême. » ornatus. Craie blanche: Sussex. A) radians. Craie blanche : Sussex. X microcephaliis. Craie blanche : Sussex. » germamis. Quadersandslein : Westphalie. Acanus ovalis. Schistes de Glaris. M Regley. Schistes de Glaris. » arciiatiis. Schistes de Glaris. » ohlongus. Schisles de Glaris. XLIV Acanm minor. Schistes de Claris. Podocys minutus. Schistes de Glaris. * Rhacolepis latiis. Craie du Brésil. * » buccalis. Craie du Brésil. » .. 0//erm. (AmblypterusOlfersii). Craie du Brésil. AULOSTOMES. Fistularia Kœnigii. Schisles de Glaris. MUGILOIDES. * Calatnopleurus cylindricus. Craie du Brésil. SCOMBÉROIDES. * Voiner priscus. Schistes de Glaris. Palœorhynchum longirostre. Schistes de Glaris. » Egertoni. Schistes de Glaris. glarisianum Blainv. Schistes de Glaris. latum. Schistes de Glaris. médium. Schistes de Glaris. Colei. Schistes de Glaris. microspondylum. Schistes de Glaris. Paliviphyea longiis. Schistes de Glaris. » brevis. Schistes de Glaris. » latus. Schistes de Glaris. Arbhœun glarisianiis. Schistes de Glaris. " brevis. Schistes de Glaris. Isurus macrurus. Schistes de Glaris. ' Pleionemits macrospondylus. Schistes de Glaris. Anenchelum glarisianum Blainv. Schistes de Glaris. » isopleurum. Schistes de Glaris. » dorsale. Schistes de Glaris. " heteropleurum. Schistes de Glaris. latum. Schistes de Glaris. * >> longipenne . Schistes de Glaris. Nemopteryx crassiis. Schistes de Glaris. » elongatus. Schistes de Glaris. Enchodus halocyon. Craie de Lewes. » Faujasii. Craie de Maestricht. XlPHlOIDES. Tetrapteriis minor. Craie de Lewes. SPHYRjENOIDES. Hypsodon lewesiensis. Craie de Lewes. " » sauroides. Craie de Lewes. Saurocephalus lanciformis Harl. Craie de New-Jersey. » striatus. Craie d'Angleterre. Saurodon leanus Hays. Craie de Lewes. * Cladocyclus lewesiensis. Craie de Lewes. * » Gardneri. Craie du Brésil. ESOCIDES. Istieus grandis. Grès-vert de Westphalie. •• macrocephalus. Grès-vert de Westphalie. » microcephalus. Grès-vert de Westphalie. gracilis Mïnist. Grès-vert de Westphalie. Halécoides. Osmerus Cordieri. Grès-vert d'ibbenburen en Westphalie. » glarisianus. Schistes de Glaris. Osmeroides Monasterii. Grès-vert de Ringenrode , près de Munster. » microcephalus Miinst. Grès-\'ert : Baumberge. « lewesiensis. Craie de Lewes. " >■ granulatus. Craie de Lewes. Acrognathus Boops. Craie de Lewes. Aulolepis typus. Craie de Lewes. Clupea brevis. Schistes de Glaris. " .> megaptera Blainv. Schistes de Glaris. " " Scheuchzeri Blainv. Schistes de Glaris. Halec Sternbergii. Planer de Bohême. Famille douteuse. * Uropteryx elongatus. Schistes de Glaris. " Microspoiidyhis Escheri. Schistes de Glaris. ' Elopides Couloni. Schistes de Glaris. Monte-Bolca et Liban. Squalides. * Galeus Curieri. Monte-Bolca. Raies. * Torpédo gigantea. Monte-Bolca. "* Narcopterus bolcanus. Monte-Bolca . * Trygon Guzzolœ. Monte-Bolca. * >i oblongus. Monte-Bolca. Pycnodontes. Pycnodiis Platessus. Monle-Bolca. * .) orbicularis. Monte-Bolca . Sclérodermes. Blochius longirostris. Monle-Bolca. Rhinellus furcatiis. Liban. * " nasalis. Monte-Bolca. Ostracioii micrurus. Monte-Bolca. XLV Gymnodontes. Diodon teiuiispinus. Mdiilo-Rolca. • » Eiinaceiis. MoiUc-liolca. LOPHOBRANCHES. Calamostoma hreviciilum. Monte-Bolca. " Syngnathiis opisthoptcrus. Monte-Bolca. Percoides. * Pristigciiys macrophthalmus. Monte-Bolca. Myripristis homopterygins. Montc-Bolca. » Icptaca util IIS. MontC-Bolca. Holocentrum pygmœum. Monte-Bolca. ■< pygœum. Monte-Bolca. Cyclopoma gigas. Monlc-Bolca. " spinosiim. Monte-Bolca. Lates gracilis. l\Fonte-Bolca. " gihhiis. Monte-Bolca. » notœns. Monte-Bolca. Apogon spinosus. Monte-BoIca. Lahrax Icpidotiis. Monte-Bolca. » schizurus. Montc-Bolca. Stnerdis inicracanthus. Monte-Bolca. " pygmœiis. Monte-Bolca. £noplosus pygopterus. Montc-Bolca. Dules temnopteiiis. Monte-Bolca. .. mcdiiis. Monte-Bolca. Pelâtes quindecimalis. MontC-Bolca. Serranns occipitalis. Monfe-Bolca,. >• ventralts. Monte-Bolca. * » microstomus. Monte-Bolca. Sparoides. Sparnodus macrophthalmiis. Monte-Bolca •> ovalis. Monie-Bolca. » altivelis. Monte-Bolca. » micracanthus. Monte-Bolca. " elongatus. Monte-Bolca. Pagellus microdon. Monte-Bolca. ' " leptosteus. Liban. Dentex leptacanthus Monte-Boica. brevicejis. Monte-Bolca. » microdon. Monte-Bolca. * » crassispimis. Monte-Bolca. * » ventralis. Monte-Bolca. SCIÉNOIDES. Pristipoma furcatum. Monte-Bolca. Odonteus sparoides. Monte-Bolca. COTTOIDES. Ptrrygocephalus paradoxus. Monte-Bolai. CallijHeryx spcciosus. Monte-Bolca. >> recticaudus. Monto-Bolca. GOBIOIDES. (Jobius macruriis. Monte-Bolca. >> microcephalus. Monte-Bolca. Teuthyes. Acanthtirus tennis. Monte-Bolca. » ovalis. Monte-Bolca. Naseus nuchalis. Monte-Bolca. » rectifrons. Monte-Bolca. Chétodontes. Sentiophorus velifer. Monte-Bolca. " velicans. Monte-Bolca. Ephippus longipennis. Monte-Bolca . " ohlongus. Monte-Bolca. Scatophagus frontalis. Monte-Bolca. Zanclus hrevirostris. Monte-Bolca. Pomacantlius suharciiatus. Monte-Bolca. Platax altissimus. Monte-Bolca. » macropterygius. Monte-Bolca. .. Papilio. Monte-Bolca. Pygœiis gigas. Monte-Bolca. » nohilis. Monte-Bolca. » ohlongus. Monte-Bolca. » dorsalis. Monte-Bolca. » nuchalis. Monte-Bolca. » Coleanus. Monte-Bolca. * " Egertoni. Monte-Bolca. * » gihhus. Monte-Bolca. Toxotes antiquus. Monte-Bolca. AULOSTOMES. Fistularia tenuirostris. Monte-Bolca. Aulostoma holcense. Monle-Bolca. XJrosphcn fistulaiis. Monte-Bolca. *' Amphisyle longirostris. Monte-Bolca. Rhamphosus aciileatiis. Monte-Bolca. Pleuronectes. Rhombiis minimiis. Monte-Bolca. Scombéroides. Gusteronemus rhomheus. Monte-Bolca. » ohlongus. Monte-Bolca. Acanthonemus filamentosus. Monte-Bolca . Vomer longispinus. Monte-Bolca. • » parvulus. Liban. Lichia prisca. Monte-Bolca. Trachinotus tenuiceps. Monte-Bolca . Carangopsis latior. Monte-Bolca. » dorsiilis. Monte-Bolca. '« analis. Monte-Bolca • * » maximus. Monte-Bolca. Amphistium paradoxum. Monte-Bolca. Ductor leptosomus. Monte-Bolca. Thynnus propterygius. Monte-Bolca. • » bolcensis. Monte-Bolca. Orcynus lanceolatiis. Monte-Bolca . ). latior. Monte-Bolca. Cyhium speciosum. Monte-Bolca. " Xiphopterus falcatus. Monte-Bolca. SPHYRvENOIDES. Sphyrœna bolcensis. Monte-Bolca. n gracilis. Monte-Bolca. » Amici. Scliistes du Liban. * » maxima. Monte-Bolca. Rhamphognathus paralepoides. Monte-Bolca. Mesogaster sphyrœ^iioides. Monte-Bolca. Blennioides. Spinacanfhus blennioides. Monte-Bolca. Labroides. Labrua Valenciennesii. Monte-Bolca. LOPHIOIDES. Lophius brachysomtis. Monte-Bolca. .\THÉRIN01DES. * Atherina macrocephala. Monte-Bolca. ♦ » minutissima. Monte-Bolca. XLVI ESOCIDES. Holosteu-B esocinm. Monte-Bolca. Halécoides. Engraulis evolans. Monte-Bolca. Clupea macropotna. Monte-Bolca. ). dentex Blainv. Murazxo-Strultiano. Bciirardi'&\Mm . Liban, St.-Jean-d' Acre. brevissima Blainv. Schistes du Liban. « lata. Schistes du Liban. teniiissima. Radusaet Mondrino, près de Bimini. • minima. Schistes du Liban. "» » leptostea. Monte-Bolca. " t. catopygoptera. Monte-Bolca. " » minuta. Monte-Bolca. Platinx elongatus. Monte-Bolca. • » Gigas. Monte-Bolca. • Cœlogaster analis. Montc-Bolca. ' Cltipeina macrocephala. Monte-Bolca. Anguilliformes. Anguilla latispina. Monte-Bolca. » ventralis. Monte-Bolca. Cl brevicula. Monte-Bolca. " >i hranchiostegalis. Monte-Bolca. ' >. interspinalis . Monte-Bolca. " « leptoptera. Monte-Bolca. £nchelyopus tigrinus. Monte-Bolca. " Sphagebranchus fonnosissimus. Monte-Bolca. " Ophisiirus acuticaudus. Monte-Bolca. • Leptocephaliis Tœnia. Monte-Bolca. • " gracilis. Monte-Bolca. • » médius. Mcinte-Bolca. Terraius» tertiaires. LÉPIDOIDES. Lepidotus Maximiliani. Cale, grossier, Paris. Pycnodontes. Pycnodus toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. Periodus Kœnigii. Argile de Londres, Sheppy. Sphœrodus lens. Terrains tertiaires d'Osnabruck. irregularis. Terr. tert. d'OElingen (Œlingerberg) ,. parvus. Terrains tertiaires de Cassel. cinctus. Cale, gross. de Styrie. Env. devienne. truncatus. Terrains tertiaires d'Osnabruck. Gyrodiis lœvior. Argile de Londres , Sheppy. Phyllodus toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. plantis. Argile de Londres , Sheppy. polyodus. Argile de Londres , Sheppy. .. margiiialis. Argile de Londres, Sheppy- » .) irrc^M/aris. Argile de Londres, Sheppy. « ,) merfiMs. Argile de Londres, Sheppy. "Pisodus Owenii. Argile de Londres , Sheppy. SCLÉRODERMES. « Glyptocephalus radiatus. Argile de Londres , Sheppy. Xl.VII — GVMNODONTES. • Diodon Scillw. Terrain tertiaire d'Italie. ACIPENSERIDES. *Acipenser toliapicus. Argile de Londres. Rayes. Ptychoplcurus Faitjasii. Environs de Paris. Myliohatcs Sternhergii. Brenla. Oioenii. .argile de Londres , Sheppy. aciitiis. .\rgile de Londres , Slieppy. canaliculattis. .\rgile de Londres, Sheppy. .1 lateralis. Argile de Londres, Sheppy. • >• Brongniarti. Gand. • » TOfi^-jri/i aZis. Argile de Londres: Sheppy, Barton. toliapicus. Argile de Londres , Sheppy. goniopleurus. Argile de Londres , Sheppy. " .. Dixoni. Argile de Londres , Snssex. • » striatus. Argile de Londres , Sheppy. ). punctatus. Argile de Londres , Sheppy. .1 gyratm. Argile de Londres , Sheppy. .. jugalis. Argile de Londres , Sheppy. • >. nitidus. Argile de Londres: Sheppy, Barton. • H Colei. Argile de Londres , Sheppy. heteropleurus. Argile de Londres. >. Regley. Bruxelles. • » angustus. Eckelsheini. Aetohatis irregularis. Arg. de Londres : Sheppy, Siissex. ' >> subarcuatas. Arg. de Londres: Sheppy, Barton. " » arcuatus. Molasse suisse. " Zygobates Studeri. Molasse suisse. " » ^oorfwartZu. Crag, Norfolk. Raja antiqua. Crag. Norfolk. Raja (Actinobatis) ornata. Plaisance. Pristis bisulcatus. Argile de Londres , Sheppy. • » Hastingsice. Argile de Londres , Sheppy. » » acutidens. Sable de Bagshot. Squalides. Notidanus serratissimus. Argile de Londres , Sheppy. H primigenius. Molasse suisse. Coran Egertoni. Maryland. Galeocerdo adiinctus. Molasse suisse. » minor. Molasse suisse. Neudôrfl. Hemipristis serra. Molasse : Suisse et Souabe. Neudôrfl. Glyphis hastalis. Argile de Londres, JU-^iy Carcharodon megalodon. Dax; molasse Suisse; crag. Ma ryland. » rcctidens. Noyant. Carcharodon productm. Malte, Alzey, Apt. > polygynis. Molasse suisse, Maryland. sulcidcns. Castell-Anjualo ; Soissons. >. auriculatiis. Dax. . angiislidens. Kressenberg. >• turgidus. Flonheini. » lanceoîatus. Kressenberg. toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. « megalotis. Maryland. !• disauris Gand. » subserratus. Argile de Londres, - isj^u^j, • » Escheri. Molasse suisse ; Kressenberg. ' Otodus obliquas. Argile de Londres: Sheppy, Sussex. » lanceoîatus. Kressenberg. « macrotus. Argile de Londres , Sheppy; calcaire gr. Véleuil. » tricuspis. Wilhelmshôhe. » suhplicatus Mïuist. Blinde. » trigonatus. Kressenberg. • apiculatus. Yétcuil. Oxyrhina hastalis. Molasse suisse; Enzersdorf. » xiphodon. Environs de Paris , Dax. » trigonodon. Vallée du Rhin. » plicatilis. Castell-Arquato. » quadrans. Molasse suisse, Vallée du Rhin. « leptodon. Wurenlos , Flonheim. » Desorii. Molasse suisse .Wurtemberg, Osnabruck, Bûnde. » crassa. Vallée du Rhin. » minuta. Osnabruck. Lamna elegans. Argile de Londres, Sheppy; cale. gr. Pai'is, Grignon , Dax , Bordeaux , Valogne , Monipellier', Italie. Crag (remanié). . cuspidata. Molasse suisse. Vallée du Rhin. » compressa. Argile de Londresp^lc. gr. Chaumont. » denticulata. Molasse suisse , Vallée du Rhin. crassidens. Fer pisolit. Moeskirch , Enzersdorf. (Odontaspis) Hopei. Argile de Londres, Sheppy. „ 1. eec^tcaZis. Arg. de Londres, Sheppy. n » contortidens. Molasse suisse ; valléf du Rhin , Thiengen , Enzersdorf ; Crag, Angleterre. , » dubia. Molasse suisse. Chimérides. Ischyodon helveticus Egert. Molasse suisse : Olten. "Elasmodits Hunterii Egert. Argile de Londres , Sheppy. Psaliodus compressus. Argile de Londres , Sheppy. Edaphodon Bucklandii. Sable de Bagshot. XLVIII Edaphodon leptognathus. Sable de.BagsllOt. « ,. eurygnathiis. Argile de Londres : Siissex. " Passalodon rostratus. Sable de Bagshot. Percoides. Lates macrurus. Calcaire grossier : Sèvres. Lahrax major. Calcaire grossier : Passy. Smerdis ventralis. Gypse de Montmartre. » macrurus. Lignite d'Apt. » minutus. Gypse d'Aix en Provence. Pcrca lepidota. Cale, d'eau douce d'OEningen. » angusta. Lignites de Menât. Beaumonti. Gypse d'Âix en Provence. Sparoides. * Bentex Faujasii. Cale, grossier : Nanterre. " Sargus Cumeri. Gypse de Montmartre. COTTOIDES. Cottus hrei-is. Calcaire d'eau douce d'OEningen. » >. Aries. Gypse d'Aix en Provence. " papyraceus. Lignites de Monte-Viale (Vicentin). CnÉTODONTES. Macrostoma altam. Cale, grossier : Nanterre. Holacanthus microcephalus. Cale, grossier : Châtillon. Platax JVoodwardi. Crag de Suflblk. SCIÉNOIDES. * Sciœnurus Boiccrhankii. Argile de Loudres : Sheppy. * >. crassior. Argile de Londres : Sheppy- MUGILOIDES. Miigil princeps. Gypse d'Aix en Provence. , Cyprinoides. Acanthopsis angustus. Calcaire d'eau douce d'OEningen. Cobitis centrochir. Calcaire d'eau douce d'OEningen. » cephalotes. Calcaire d'eau douce d'Œningen. Gobio analis. Calcaire d'eau douce d'OEningen. Tinca furcata. Calcaire d'eau douce d'Œningen. leptosoma. Calcaire d'eau douce d'Œningen. micropygoptera. Calcaire d'eau douce de Steinheim Leiiciscus œtiingensis. Calcaire d'eau douce d'Œningen. latiusculus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. •> pusillus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. » /feie;»/»*. Calcaire d'eau douce d'Œningen. » leptus. Tripoli du Habiclitswald. » macrurus. Lignites de Bonn, de Stôschen (Sic- bengebirge ) » papyraceus. Lignites des environs de Bilin. Leuciscus Cephaîon Zenk. Lignites. Hartmanni. Calcaire tertiaire de Steinlieim. gracilis. Calcaire tertiaire de Steinheim. 1) hrevis. ? ? Aspius gracilis. Calcaire d'eau douce d'Œningen. » Broiigniarti. Lignites de Menât. Rhodeus elongatus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. latior. Calcaire d'eau douce d'Œningen. Cyclurus T'alenciennesii. Lignites de Menât. minor. Calcaire d'eau douce d'Œningen. Cyprinodontes. Lehias Cephalotes. Terrains tertiaires d'Aix en Provence. ., Go/jio Miinst. Lignites de Senssen (Fichtelgebirge) . » Meijeri. Environs de Francfort. „ crassicaudus. Argile de Pezaros , Marnes de Gesso, St.-Angelo. .. perpusillus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. ESOCIDES. Esox Otto. Marnes diluviennes de Silésie. „ lepidotus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. Sphenolepis squamosseus. D'Aix en Provence. Cuvieri. Plâtrières de Montmartre. Halécoides. Mallotus villosus Cuv. Côtes d'Islande. Alosa elongata. Tripoli d'Oran. e Cœlocephalus salmoneus. Argile de Londres , Sheppy. " Megalops priscus. Argile de Londres. Notœus laticaudus. Gypse de Montmartre. » Halecopsis lœvis. Argile de Londres de Sheppy. » Clupea Goldfussii. Environs de Bin.gen. Anguilliformes. • Anguilla multiradiata. Calcaire d'Aix en Provence. pnchyura. Calcaire d'eau douce d'Œningen. Labroides. 'Labrus Ibbetsoni. Molasse suisse. Scombéroides. Acanthonemus Bertrandi. Schio (Vicentin). Hemirhynchus DesHayes. Calc. gross., environs de Paris. Cybium macropomum. Argile de Londres, Sheppy. "Gouiognathus coryphœnoides. Arg. de Londres, Sheppy. « „ maa-illaris. Argile de Londres , Sheppy. Xiphioides. - Tetrapterus priscus. Argile de Londres , Sheppy. • Cœlorhynchus rectus. Argile de Londrts, Sheppy. • » sintiatus. Argile de Londres , Sheppy. XLIX SPHVRiENOIDES. Sphyrœuodils /)»iscî/«(Dictyodiis Ow. ) Arg. de Lond. Sliepi)y . " " c)omrfp«s. Argile de Londres , Sheppy. " Hypsodon toliapicus. Argile de Londres, Slieppy. " >• ohlongus. Argile de Londres. Famille douteuse. • Ccelopoma Colei. Argile de Londres , Sheppv- * ■) lœve. Argile de Londres, Sheppy. " Brachygnathus tenuiceps. Argile de Londres, Sheppy. " Rhynchorhinus hranchialis. Arg. de Londres , Sheppv " Pachycpphaliis cristatus. Argile de Londres , Sheppy. ° Podocephalus nitidus. Argile de Londres, Sheppy. " Bothrosteus latus. Argile de Londres , Sheppy. "" » è»c»j»/>ons. Argile de Londres , Sheppy. • Rhinocephalus planiceps. Argile de Londres , Sheppy. " Amphcristus toliapicus ¥.ôn\^. Arg.de Londres, Shepjiy. * Ptychocephalus radiatiis. Argile de Londres, Sheppy. Formations inconnue». Chimérides. C eiatodus Kaiipii. Elasmodus Greenoughii. Egert. Grès-vert? Arg. de Lond. Squalides. Notidanus recurvus. Tertiaire ? Corax planus. Craie? Sphyrna prisca. Craie ? " diihia. Molasse P >i lata. Hemipristis paucidens. Molasse ? Carcharodon subauriculatus . Maëstricht? » semiserratus. Malte? » heterodon. Normandie? " leptodon. Tertiaire'r' Otodus recticonus. Malte ? Oxyrhina retroflexa. Tertiaire? Lamna (Odontaspis) acutissima. Tertiaire^ • " duplex. Tertiaire' Rayes. Myliobates micropleiirus. " Stokesii. " suturalis. Aetohatis sulcatus. Pycnodontes. Sphœrodua discus. Algarves en Bortugal. » coniciis. Ile de Ceylan. oculus-serpentis. Algarves en Portugal. Gyrodus runcinatus. Smerdis latior. Percoides. Scombëroides. Ze-i, ts priscus. CHAPITRE r RENSEIGN'EMENS SUR LES COLLECTIONS DE POISSONS FOSSILES QUE J'AI EXAMINÉES , ET SUR LES MATÉRIAUX QUI ONT ÉTÉ A MA DISPOSITION POUR EN DÉTERMINER LES ESPÈCES. L'examen des sources auxquelles on peut puiser pour approfondir son sujet, étant toujours la première chose à faire dans un travail scientifique , je ne crois pas m'imposer une lâche inutile en commençant cette publication par une énumération de toutes les collections que je sais renfermer des poissons fossiles , de tous les ouvrages dans lesquels on trouve des données ♦sur cette matière, et de toutes les communications directes qui m'ont été adressées. Cela me fournira en même temps l'occasion d'acquitter ma dette envers les sa vans qui ont bien voulu favoriser mes recherches soit en me faisant part de leurs observations , soit en me con- fiant des matériaux. La comparaison réitérée des originaux d'une description étant d'ailleurs souvent indispensable pour arriver à des résultats certains , qu'une première observation ne fait parfois qu'entrevoir , j'aurais craint de laisser des doutes sur l'authenticité de mes recher- ches , ou d'en rendre la vérification longue et difficile , si je n'avais pas publié ce chapitre et les suivans. C'est en d828 que je commençai à m'occuper des poissons fossiles. M. Rodolphe Wagner, maintenant professeur à Goltingue, ayant publié à cette époque, sur les fossiles du Musée de Munich , une petite notice , dans laquelle il faisait surtout ressortir le nombre et la beauté des poissons indéterminés de cette collection, j'eus l'idée d'exploiter un champ si peu cultivé. Je ne pouvais cependant croire , avec M. Wagner, que tout fût encore à créer dans ce domaine. Etant alors étudiant en médecine à l'université de Munich , je demandai à M. le professeur Fuchs , aux soins duquel les fossiles sont confiés , la permission d'examiner en détail les Ichthyolithes ; ce qu'il m'accorda très-libéralement , en me donnant toute espèce de facilités pour mon travail. A peine eus-je parcouru les armoires dans lesquelles les fossiles étaient renfermés, que j'entrevis tout ce que j'aurais à faire pour les déterminer rigoureusement. Cependant , plusieurs des professeurs de l'Université, entre autres MM. DôUinger, Oken eî Martius, m'encouragèrent dans mon entreprise, tandis que MM. Schubert et Wagler, direc- ToM. F 1 — 2 — leurs des collections zoologiques , mirent à ma disposition tout ce que le Musée possède en poissons vivans et en squelettes. Dès-lors , tous les momens que je pus dérober à l'étude de la médecine furent consacrés à l'examen des poissons fossiles , et tous les jours de vacances employés à faire de petits voyages pour chercher de nouveaux documens dans les nombreuses collections du midi de l'Allemagne. Le souvenir de l'accueil et des encouragemens dont j'ai été comblé partout, est encore si présent à ma mémoire, que je ne puis m'empêcher d'en témoigner ma reconnaissance à ceux qui m'ont si généreusement aidé dans une carrière nouvelle et difficile. Plus tard, en 1831 et 1832, je pus étendre plus loin mes courses, et j'allai à Paris, espérant recueillir quelques débris sur les traces des naturalistes français. Gr.âce à leur bienveillance, je pus aussi moissonner ici h pleines mains. En Suisse, dans ma patrie , à laquelle je m'estime heureux de pouvoir, dès à présent , consacrer mon avenir, j'ai trouvé des monumens scientifiques qui remontent au temps de Gessner et de Scheuchzer. Qu'il me soit permis de récapituler ici, par ordre chronologique, les observations que j'ai faites dans toutes ces collections jusqu'à l'époque où je publiai la première livraison de mon livre. A Munich, j'ai étudié, pendant plusieurs années, dans le Musée de l'Académie, la riche collection de fossiles des schistes de Solenhofen , qui s'y trouve, et qui est en grande partie due aux efforts de Sômmering. Les Ichthyolithes de Monte-Bolca , dont le Musée possède un assez grand nombre d'espèces , proviennent de la collection de Cobrès. Les poissons du Mans- feld, dont il y a beaucoup de plaques, sont généralement très-bien conservés. On y trouve aussi quelques espèces du Brésil et une grande quantité de dents de Squales. Les pièces les plus rares et les plus remarquables de ce Musée sont les diverses espèces de Solenhofen. A Bayreuth , où je fis un voyage en 1829 , M. le comte de Munster mit à ma disposition, non-seulement tout ce que renfermait alors sa magnifique collection , mais il me promit encore des dessins de tous les poissons qu'il se procurerait plus tard , et qu'il a bien voulu m'adresser régulièrement au fur et à mesure que sa collection s'est accrue. Cette collection est , sans contredit , la plus complète en fossiles de Solenhofen ; c'est là où il faut aller les étu- dier. Elle contient, en outre, des poissons d'Eichstaedt , de Kelheim, de Daiting, de Monte- Bolca , de la craie de Munster , du Zechstein ; des dents de Pycnodontes du Muschelkalk , des terrains jurassiques et tertiaires; des dents de Cestraciontes de la Craie et des dents de Squales de tous les terrains où l'on en trouve. A Neuboîirg , sur le Danube, j'ai vu quelques poissons de Solenhofen, chez M. le conseil- ler Grasegger , qui possède le seul exemplaire que l'on connaisse maintenant de Pterodac- lylus brevirostris. A Bamberg , M. Lindner a une collection intéressante de fossiles de Solenhofen. A Erlangen , il y a aussi, dans le Musée, des poissons de Solenhofen. Le /l/»see de Vienne, que je visitai en 1830, possède des poissons de Monte-Bolca, de Solen- hofen et d'autres localités, mais que je n'ai pas tous suffisamment examinés. M. Partsch me les a fait voir avec son obligeance accoutumée , quoique la plupart des caisses qui les conte- naicnt fiissoiU encore fermées. Les mieux conservés sont ceux de Caslellamare. Maintenant cette belle colieclion est rangée , et fournira sûrement de nouvelles richesses à celui qui pourra les étudier. Avec MM. Fitzingcr et Ilcckel, j'ai vu plus en détail les poissons vivans, surtout ceux des lacs et des rivières de l'empire autrichien , et quelques espèces curieuses de l'Amérique du Nord . entre autres une espèce nouvelle d'Acipcnser, qui lie les Esturgeons aux Loricaires, et dont M. Heckel a fait son genre Scaphirhynchus. A Francfort, j'ai examiné les nombreux poissons rapportés d'Afrique par M. Ruppell , et les beaux squelettes qu'il en a préparés. M. H. de Meyer m'a envoyé successivement des poissons très-intéressans de l'argile plastique des environs de Francfort et des schistes de Solenhofen. A Carlsriihe, M. Gmelin m'a laissé emporter chez moi et examiner très à loisir la belle collection de poissons fossiles d'Oenigen qui se trouve au Musée du Grand-Duc , et qui pro- vient du couvent de Meersbourg; j'y ai vu en outre de beaux échantillons de poissons fossiles de Monte-Bolca et de Solenhofen , une assez grande quantité de fort belles plaques de Glaris, ■quelques plaques de Seefeld et du Mansfeld, enfin une fort belle série de dents de Squales. La collection de l'école polytechnique possède , par les soins de M. le professeur Walchner, plu- sieurs espèces intéressantes de poissons fossiles , entre autres un Sauropsis , un Aspidorhyn- chus, un Saurostomus, un Leplolepis et un Pholidophorus du Lias de TOberland badois; de plus , quelques poissons d'OEningen , de Solenhofen , de Neidingen , du Mansfeld •, et des dents de Squales du calcaire grossier et de la molasse. M. Alex. Braun m'a communiqué des poissons de Seefeld , du Mansfeld , de Munster-Appel , des dents du grès bigarré de Deux- Ponts et d'espèces tertiaires. M. de Haber m'a remis quelques plaques du Mansfeld , de So- lenhofen et un petit Anenchelum de Glaris, très-complet. M. Klausing a de belles dents de Squales des terrains tertiaires du grand-duché de Bade, et des écailles de Lépidoïdes des gypses du Keuper. A Heidelberg , j'ai vu plusieurs espèces intéressantes chez M. le chevalier de Leonhard, surtout de beaux Amblypterus macropterus, un Leuciscus du Habichtswald, un Lebias de Si- nigaglia, et un magnifique Palaîorhynchum de Glaris. Au comptoir minéralogique , il y a quelques espèces intéressantes de la houille, du Zechstein de Thûringe, de Solenhofen et de Glaris. Mais c'est la collection de M. le professeur Bronn qui en réunit le plus grand nombre , provenant de Munster-Appel , de Saarbriick , de Solenhofen , du Habichtswald , de Siniga- glia , de Monte-Bolca , de Monte-Viale , beaucoup de dents de Squales et quelques Cestra- cionles de la craie, etc. A Durrheim, près de Villingen, M. le baron d'Althaus conserve un grand nombre d'exem- plaires du Leptolepis Bronnii , et surtout une pièce unique , le Tetragonolepis semicinctus de M. Bronn, et une belle plaque dentaire de mon Gyrodus umbilicus. M. de Buch m'a indiqué un grand nombre de localités qui m'étaient inconnues et où l'on trouve des débris de poissons fossiles. A Stuttgardt, j'ai pu étudier, très en détail, la collection de M. Zieten. C'est chez lui que se trouve le fragment d'après lequel j'ai rétabli le singulier genre Ptycholepis du Lias de Boll ; il a aussi quelques poissons de Solenhofen. Avec la permission de M. le conseiller Hartmann, j'ai examiné, dans la collection de la Société d'agriculture du Wurtemberg, des poissons de Monte-Bolca , de Steinheim près d'Ulm , du Lias wurtembergeois , de Seefeld , du Mansfeld , des dents de Squales et des Pycnodontes. M. le professeur Jœger a réuni, dans le Musée royal , beaucoup de dents de Squales de la molasse , du calcaire grossier et de la craie , quel- ques Pycnodontes d'Angleterre, surtout du grès vert, des Lépidoïdes fort intéressans , entre autres ceux du Lias wurtembergeois. Il y a de plus , dans cette collection, des poissons de la houille de Saarbriick , du Zechstein de Mansfeld, de Solenhofen , de Steinheim, d'Oenigen et d'Islande. A Tuhhnjen , M. Schiibler m'a remis tout ce que possède le Musée. Ce sont quelques espèces de Monte-Bolca , de Steinheim et d'Oeningen , des dents de Squales de la Molasse et du Jura, et surtout un grand nombre d'échantillons d'une brèche osseuse intermédiaire entre le grès du Lias et le Keuper, remarquable en ce qu'elle est presque complètement composée d'os de poissons et de reptiles. A Gœppingen, M. le docteur Hartmann possède la plus belle collection de poissons du Lias que j'aie vue jusqu'en 1833; il a, de plus, quelques espèces remarquables de Steinheim et de Monte-Bolca, et des dents de Squales des terrains tertiaires de la Souabe. J'ai reçu, à différentes reprises, de M. d'Alberti de JFilhehnshall , une immense quantité de fragmens de poissons fossiles du grès bigarré , du Muschelkalk , du Keuper et du grès du Lias des environs de Rottweil et de Tœbingen ; ils ont été d'autant plus intéressans pour moi , que je ne possédais encore que peu de chose de ces formations. Ils sont en partie identiques avec ceux des environs de Lunéville. Le Musée de Zurich possède la plus belle collection que je connaisse de poissons fossiles des schistes de Claris , un assez grand nombre d'espèces d'Oeningen , et quelques exemplaires de Monte-Bolca et du Liban. Cette collection est très-importante, parce qu'elle renferme les originaux de l'ouvrage de Scheuchzer et une partie de ceux de Knorr et Walch, qu'il eût été impossible de déterminer sans ces pièces. C'est à M. le professeur H. R. Schinz que j'en dois ja communication. M. le professeur Lavater, qui possède aussi une fort belle collection, a poussé l'obligeance jusqu'à me confier, pendant plusieurs mois, ses nombreux poissons fossiles d'Oeningen ; il a aussi de beaux exemplaires de poissons de Claris. Le Musée de Berne doit à M. Studer une série complète de dents de Squales de la Molasse, et en particulier de beaux fragmens d'une espèce nouvelle de Myliobates ( mon Zygobates Studeri) ; il y a , de plus , des Pycnodontes du Jura et de fort beaux exemplaires de poissons de Claris. Le Musée de Bàle possède aussi beaucoup de superbes exemplaires de poissons du schiste de Claris ; cette collection peut même rivaUser avec celle de Zurich. Il y a, de plus, quelques espèces de Monle-Bolca, de Solenhofen , du Mansfeld et de Biiigen. Le fossile le plus remar- quable de cette collection est l'exemplaire original du Limulus fossile de Solenhofen , figuré dans le grand ouvrage de Knorr et Walch. M. Hugi , à Soleure , a recueilli une grande quantité de débris de poissons fossiles du Jura suisse , entre autres beaucoup de Pycnodontes , de Cestraciontes et d'ichthyodorulithes du calcaire à Tortues des environs de la ville. M. le professeur Scheitlin , à St. Gall , a de beaux exemplaires de poissons de Claris et (juelques échantillons de Monte-Boica , d'Oeningen et du Mansfeld. Le Musée de Lausanne a quelques poissons de Monte-BoIca et de Muse près d'Autun. M. Thurmann m'a envoyé de Porrentruy quelques dents de Squales et de Cestraciontes de la Molasse et du Jura. Au Musée de ISeuchàtel, il y a quelques espèces de Monte-Bolca, dos Pycnodontes du Jura, des dents de Squales de la Molasse , et surtout des préparations ostéologiques de poissons provenant de ma collection. Le Muséum d'histoire naturelle de Paris a été pour moi l'une des mines les plus riches que j'aie exploitée, et, grâce à l'obligeance de MM. Cuvier, de Blainville, Cordier, Valenciennes, Régley et Laurillard, j'ai pu examiner, très-en détail, tout ce qui s'y trouve. La collection de poissons fossiles la plus importante qui existe maintenant , et en même temps qui offre le plus d'intérêt historique , est , sans contredit , celle du comte de Cazzola , qui a fourni les originaux pour VJttiolitologia veronese publié par Séraphin Volta , conjointement avec d'autres savans italiens. Cette immense collection, acquise, l'an VII , par Bonaparte , est aujourd'hui exposée dans les galeries du Muséum. M. de Blainville l'a examinée de son côté, lorsqu'il a écrit l'article Ichthyolithes du Nouveau Dictionnaire des sciences naturelles ; enfin , je l'ai entièrement revue et complètement décrite vers la fin de 1831 et pendant les huit pre- miers mois de l'année 1832, et j'ai inscrit mes déterminations sur le revers de toutes les plaques. Une seconde collection, très-importante, qui fait partie du Muséum de Paris, a été recueillie dans le Mansfeld par les soins de M. de Humboldt ; c'est la plus complète que je connaisse de ces schistes ; elle contient des espèces qui n'ont pas encore été décrites. Il y aussi, au Muséum, un très-grand nombre de poissons de Muse près d'Autun, donnés par M. de Bonnard , et plusieurs de ceux du calcaire grossier des environs de Paris donnés par M. Des- Hayes. Les exemplaires des plâtrières de Montmartre , qui sont figurés et décrits dans les Re- cherches sur les ossemens fossiles de Cuvier, s'y trouvent aussi. On remarque en outre au Muséum des poissons fossiles de Sheppy, donnés par M. Pentland ; quelques espèces de la craie de Kent, données par M. Mantell ; quelques poissons des houilles de Saarbriick , du Lias d'An- gleterre, des terrains jurassiques de France, entre autres de la Normandie et de la Bourgogne, quelques plaques de Solenhofen , de Claris , d'OEningen , d'Aix , d'Apt , de Menât , du Li- ban , etc. , et une immense quantité de dents de Squales , de Cestraciontes et de Pycnodontes, malheureusement toutes pêle-mêle, et sur les gisemens desquelles il y a peu de données pré- — 6 — cises. Déjà M. Cuvier préludait à un ouvrage sur les poissons fossiles par des notes éparses dans la grande histoire naturelle des poissons qu'il publiait avec M. Valenciennes , lorsqu'après avoir examiné mon portefeuille de dessins et entendu le compte que je lui rendis des résultats auxquels j'étais parvenu par mes recherches, il me permit d'utiliser tous les matériaux qu'il avait réunis dans un but semblable au mien. Il poussa la bienveillance jusqu'à déclarer qu'il renonçait à écrire l'ouvrage qu'il avait annoncé sur les poissons fossiles , et qu'il m'abandon- nait un sujet sur lequel j'avais réuni un si grand nombre de matériaux. De pareils faits n'ont pas besoin de commentaires. C'est sans doute à cette honorable distinction que j'ai dû, en grande partie, les encouragemens que j'ai obtenus plus tard. Et si je me plais aujourd'hui à rapporter ce trait de la vie de Cuvier, ce n'est point pour m'en glorifier, mais pour honorer la mémoire du grand naturaliste , auquel on a si souvent reproché , sans motifs , de ne pas assez encourager les jeunes savans. Après la mort de Cuvier, M. Cordier m'a accordé les mêmes facilités pour l'examen des fossiles du Muséum. M. de Blainville a bien voulu aussi me permettre de continuer le travail que j'avais commencé sur l'ostéologie des poissons vivans , dans les galeries d'anatomie comparée, où M. Laurillard m'a toujours aidé avec la complaisance que les naturalistes lui connaissent. M. Valenciennes, qui est maintenant chargé seul du travail colossal de décrire tous les poissons vivans, m'a aussi facilité très-obligeammenl la comparaison que j'ai dû faire des fossiles avec les espèces vivantes, dont le Muséum de Paris possède maintenant la plus belle collection qui existe. La collection de l'Ecole des mines possède de fort beaux exemplaires des poissons fossiles d'Aix , de Narbonne, de Menât, quelques-uns d'OEningen, de Claris, de Monte-Bolca , de Montmartre, de Solenhofen , des terrains jurassiques et surtout du Lias d'Angleterre, du Mansfeld et d'Autun. MM. Elle de Beaumont et Dufrénoy me les ont communiqués avec une rare libéralité. Dans la collection de la Société géologique de France , j'ai vu des poissons de Solenhofen , de Seefeld et d'Aix , donnés par M. Boue , et une espèce d'Alose rapportée d'Oran par M. Ro- zet, qui en a également remis des exemplaires aux Musées de Paris et de Strasbourg. M. Alex. Brongniart a de fort beaux exemplaires de poissons fossiles du Mansfeld , d'Autun, de Sunderland et de Claris, des dents de la craie de Kent et de Gand, des plaques de Monte- Bolca , du Liban , d'Oeningen , d'Aix , de Menât , et une grande quantité de dents de Pycno- dontes et de Squales, surtout intéressantes par l'exactitude avec laquelle sont indiquées les localités d'où elles proviennent. M. Régley possède quelques beaux poissons fossiles entiers et des débris trôs-intéressans , provenant des plàtrières de Montmartre , de Sinigaglia, d'Aix, de Menât, du calcaire grossier des environs de Paris , de Monte-Bolca , de la craie de Meudon , de Kent et de Belgique , des terrains jurassiques de Normandie, plusieurs plaques de Claris, du Mansfeld et d'Autun. C'est dans sa collection que se trouvent maintenant la plupart des espèces que possédaient Lamé- therie et Faujas ; quelques-uns seulement ont passé dans les collections du Muséum d'histoire — 7 — naturelle. Après la mort de M. Réglej , celle colleclion est devenue la propriété de M. J. Amie, avocat. M. DesHaves m'a communiqué beaucoup de fragmens de poissons fossiles des environs de Paris, surtout des Pycnodontes, des Ceslraciontes , des dents de Raies et de Squales et leurs vertèbres . a^ec l'indication exacte de leur gisement. M. Penlland m'a remis des fragmens de poissons fossiles de Cailhness, des plaques très-bien conservées de Monte-Bolca , un très-grand nombre de plaques de Sinigaglia , et surtout quel- ques espèces très-curieuses des marnes secondaires apennines de Torre d'Orlando , près de Castellamare , dans la baie de Naples. M. Cordier possède des poissons fossiles des mines de houille de Saarbriick. M. A. Boue m'a fait voir des dents de Squale des terrains tertiaires de l'empire d'Autriche. M. Bertrand-Geslin m'a adressé l'esquisse de deux poissons intéressans de Schio, et M. \'ir- let celui d'un fragment du grès vert de Morée. M. Voltz a réuni au Musée de Strasbourg quelques espèces de Monte-Bolca, d'OEningen, de Transylvanie , de Bingen , des dents de Stonesfield et de quelques aulres localités d'An- gleterre, quelques plaques intéressantes de Solenhofen et un très-grand nombre de dents de Squales. Il existe en outre dans ce Musée une riche collection des espèces que l'on trouve dans les mines de houille de Saarbriick , recueillie vers la fin du siècle dernier par Hermann. M. Voltz a eu l'obligeance de confier à mes soins, pendant plusieurs années, tous ceux de ces fossiles qu'il avait réunis lui-même ; tandis que j'ai examiné , avec M. Duvernoy, les poissons décrits par Hermann. A Caen, M. de Magneville m'a communiqué une espèce nouvelle du genre Tetragonolepis , remarquable par les aspérités qui recouvrent ses écailles. M. Eudes-des-Longschamps m'a remis des fragmens remarquables de Ceslraciontes, trouvés dans le calcaire de Caen. Ces débris, entre aulres mon Pristacanlhus, ont des formes si bizarres, qu'on a de la peine à se faire à l'idée qu'ils proviennent réellement de poissons. M. le docteur Gaillardot , à Lunéville , possède des dents , des rayons de nageoires et des écailles de plusieurs espèces très-curieuses du Muschelkalk que j'ai examinées et décrites. M. Hope m'a envoyé de Londres une belle collection de poissons fossiles de Sheppy, con- tenant surtout des dents de Squales , quelques têtes de Clupéo'ides et des vertèbres de Scombé- roides. J'ai reça, en outre, d'Angleterre des dessins de M. le D' Traill, et je dois à M. Lyell des notes importantes sur plusieurs gisemens à poissons , et sur les collections d'Angleterre , dans lesquelles on trouve des poissons fossiles et que j'ai examinées plus tard. Tôt après avoir achevé l'impression de ma première livraison , je fis en juillet i 83.^ un voyage en x\llemagne dans le but d'examiner quelques collections que je ne connaissais pas encore , et de revoir celles que je n'avais pas vues depuis longtemps. J'ai eu la satisfaction de découvrir un assez grand nombre d'espèces entièrement nouvelles pour moi et de recueillir des renseignemens plus complets sur plusieurs de celles dont l'existence ne m'était connue qjie — 8 — par des fragmens ; j'ai même trouvé des espèces de plusieurs genres dont je n'avais point encore entrevu l'existence. A Zurich, j'ai trouvé la collection publique enrichie de quelques pièces précieuses des schistes de Claris, entre autres d'un Acanus très-complet, et du plus grand et du plus bel exemplaire d'Anenchelum que j'aie vu jusqu'ici. C'est l'espèce que j'ai nommée An. latuni ; cet échan- tillon est si complet qu'il ne laisse rien à désirer sur l'organisation de ce singulier genre. Il est évident maintenant que les Anenchelum et les Pateorhynchum appartiennent à la famille des Scombéroïdes. Le premier de ces deux genres , qui sont du reste très-voisins , se rapprochent extrêmement des Lepidopus ; le Pala;orhynchum, au contraire, a plus de rapport avec le genre Histiophorus. Cette découverte est importante à cause de la détermination géologique du terrain d'où proviennent cesichthyolithes. J'ai aussi eu le plaisir de rencontrer chez M. Meyer, trésorier de la ville de Zurich , celles des plaques originales représentées dans les Piscium querelœ de Scheuchzer, que je n'avais point encore pu retrouver. M. Meyer possède aussi les cuivres de cet ouvrage , qui mériterait bien d'être réimprimé , dans un moment où l'on s'occupe d'une manière aussi suivie de travaux paléontologiques , et où il est si rare de pouvoir se pro- curer les anciens ouvrages qui traitent des fossiles. A Munich , M. André Wagner a fait l'acquisition , pour le Musée , de quelques poissons nouveaux de Solenhofen , entre autres d'un fort grand Gyrodus très-complet , d'un nouveau genre que j'ai nommé Macrosemius , et de quelques autres espèces moins remarquables. Parmi le petit nombre d'espèces qui existent à Fribourg , M. le professeur Perleb m'en a fait voir quelques-unes de fort rares , que je n'avais pas décrites précédemment , savoir le Thrissops Cephalotes , les Leptolepis polyspondylus et contractus , et de très-grosses dents de l'Hemipristis serra. Dans la collection de M. de Voith , conseiller supérieur de la direction des mines à Ratis- bomie, j'ai vu un très-grand nombre de fort beaux exemplaires de poissons de Kelheim, parmi lesquels j'ai reconnu un genre nouveau et une disaine d'espèces inédites, surtout de beaux Gyrodus, qui m'ont servi à remplir les grandes lacunes qui existaient encore dans les caractères de ce genre. Maintenant cette collection appartient à M. le comte de Munster. M. l'inspec- teur Emmerich m'a aussi remis quelques poissons du même gisement. Cependant, c'est à la collection de M. le comte de Munster à Bayreuth et au Musée de Prague que j'ai dû, dans ce voyage, le plus grand nombre d'objets nouveaux. M. le comte de Munster, à force de soins , est parvenu à acquérir toutes les espèces intéressantes qui ont été découvertes à Sohlenhofen : aussi ai-je trouvé chez lui un très-grand nombre de beaux exemplaires de poissons de cette localité , d'autres de Kelheim , du Lias et du Muschelkalk des environs de Bayreuth, avec un très-grand nombre de dents de Pycnodontes et de Squales accompagnés d'indications très-exactes sur leur gisement. J'ai trouvé en somme dans sa collec- tion plus de quarante espèces nouvelles , parmi lesquelles je ferai surtout remarquer quatre genres nouveaux de la Craie de Westphalie. Pendant mon séjour à Bayreuth , M. le comte — 9 — de Miinslor a fait encore l'acquisilion d'une Irc^s-grando collection de fossiles de M. Barlh . conseiller anli(iiie à Augsbouri^- . dans laquelle se trouvaient aussi des espèces nouvelles de poissons. Peu de temps après, M. le comte de Î^Iiinster m'a adressé des figures représentant des dents et des rayons de Squales , trouA es dans les dépôts tertiaires des environs de Meck- lembourg et de Lubeck , et dans le Brandebourg et la Poméranie. Le Musée de Prague doit à la générosité du prince de Taxis la belle collection de fossiles que M. le docteur Schnitzlein avait réunis à Mohnheim, et qui contient un très-grand nombre de poissons de Solenhofen , de Daiting et d'Eichsta;dt, parmi lesquels j'ai trouvé des espèces nouvelles très-remarquables. De son côté, M. le comte de Sternberg a doté le Musée national de la Bohème de sa magnifique collection de plantes fossiles et de deux genres nouveaux de poissons fossiles du PlaMier de la Bohème, qui ont un haut intérêt géologique. J'y ai aussi vu un très-grand nombre de dents de poissons des différentes formations de la Bohème . sur le gisement desquelles M. Zippe m'a donné tous les renseignemens nécessaires. kErlanrjen, M. Rod. Wagner m'a remis un poisson nouveau de la Craie et un de Solen- hofen , faisant partie des collections de l'université. A Pappenhehn, j'ai vu quelques beaux poissons chez M. le docteur Rœtenbacher , surtout la queue d'un Caturus, beaucoup plus grand que tous ceux que j'avais examinés jusqu'alors ; j'y ai vu aussi quelques plaques intéressantes, qui se trouvent maintenant au Musée de Leyden. Je n'ai pas examiné le poisson même qui se trouve à Cidmbach, chez M. Weltrich; mais j'en ai vu un plâtre, très-bien fait, chez M. le comte de Mimster, et j'ai pu m'assurer par là que c'est le Lepidotus Gigas , le même que l'on a trouvé déjà sur tant de points dans le Lias. M. le professeur Jœger, de SlutUjardt, m'a envoyé , de la part de M. Hehl, conseiller des mines , des débris de poissons de l'oolite inférieure du Wurtemberg , qui étaient tout nou- veaux pour moi , et quelques fragmens de la Molasse que je ne connaissais pas encore. Chez M. Hartmann , à Gccppincjen , j'ai trouvé une espèce nouvelle du Lias, appartenant au genre Tetragonolepls , qui est déjà si nombreux en espèces propres à cette formation. M. Walchner, à Carlsvuhe, m'a remis quelques poissons nouveaux. M. FitziuQer m'a donné de nouveaux renseignemens sur ceux du Musée de Fienne. M. le professeur Meissner , à Bàle, m'a adressé un grand poisson de Vérone. Pendant la réunion des naturalistes allemands à Breslau , j'ai eu l'occasion de voir plu- sieurs poissons fossiles très-intéressans , qui avaient été adressés à la section de géologie par M. de Dechen. Comme l'une de ces espèces était nouvelle et qu'elle avait été trouvée sur le sol de la Silésie , je l'ai nommée Pala^oniscus vratislaviensis , en mémoire de la réunion. J'en ai vu encore un grand nombre d'exemplaires au Musée de Breslau et dans la collection de M. Otto, et plus tard, à Waldenburg , dans celles de M. Bocksch et de M. Mielenzki. M. Otto m'a en outre communiqué beaucoup de fragmens du Muscheikalk de Silésie , appartenant aux mêmes espèces que l'on trouve à Lunéville , en Wurtemberg et dans le grand-duché de Bade ; TOM. I. 2 — io- de plus , je lui dois les os d'un Esox fort remarquable , trouvé dans les marnes diluviennes de la Silésie et différent de l'Esox Lucius , que j'ai nommé E. Otto. M. de Leonliard m'a adressé, de la part de M. Klippstein, le dessin de plusieurs dents trouvées par M. le conseiller aulique de Klippstein , dans le Zechstein de Thalilter. C'est une espèce nouvelle d'Acrodus , dont M. le comte de Miinster a fait depuis son genre Dictea. M. Elie de Beaumont m'a aussi envoyé des dessins d'un poisson du calcaire grossier des environs de Paris , trouvé à Châtillon , près de Bagneux , dont l'original est déposé dans la collection de l'école des mines. Comme il arrive ordinairement , c'est en dernier lieu que l'on apprend à connaître ce qu'on a à sa porte : M. le pasteur Chatelanat, de St. -Maurice , près Grandson , au canton de Vaud, m'a adressé une collection de dents de Squales et de Myliobates de la Molasse , des . plus belles que j'aie jamais vues. Elles ont été recueillies sur la rive méridionale du lac de INeu- chàtel , près de la Tour de la Molière. Je dois à M. Louis Coulon des dents de poissons du terrain néocomien des environs de Neu- chàtel et des ichthyoliles de Vérone ; enfin à M. Auguste de Monlmollin , des dents de Pyc- nodontes du Jura supérieur, semblables à celles que M. Hugi a trouvées dans les environs de Soleure , des dents de Squales de la Molasse de Joliment et de fort beaux exemplaires des poissons d'Autun. Je connaissais déjà près de 600 espèces de poissons fossiles , que j'avais , pour la plupart , décrites et fait dessiner , et je croyais ainsi mon ouvrage très-avancé lorsque je me rendis en Angleterre au mois d'août 1834, dans l'intention de soumettre le résultat de mes recherches à l'épreuve de quelque nouvelle découverte. Le nombre des espèces et des genres nou- veaux que j'y observai, fut si considérable , que je me retrouvai, pour ainsi dire , au com- mencement de mon travail , près de succomber sous le poids du fardeau que je m'étais im- posé, et pressentant le moment où les espèces fossiles que je connaissais déjà , se perdraient au milieu de celles dont on pouvait entrevoir la découverte. Car pour celui qui est habi- tué à tenir compte des associations naturelles entre les êtres organisés , de leur distribution géographique , de leur coexistence dans certaines localités , il est des faits qui , recueillis ac- cidentellement, semblent ne pouvoir rester isolés. Telle fut la découverte d'un grand nombre de fragmens qui attestaient l'existence de beaucoup de genres et d'un nombre inappréciable d'espèces qui jusque là avaient échappé à l'observation. Si l'on songe en outre que les re- cherches qui ont conduit à ces résultats n'embrassent qu'un espace très-limité , la pensée de- meure accablée sous le poids d'une richesse pareille, et l'imagination la plus active n'est pas en état d'aller au-devant de tout ce que nous avons à attendre de l'investigation des con- trées où les paléontologistes n'ont pas encore pénétré, et même de fouilles plus soigneuses dans les localités les mieux connues. Le nombre des espèces nouvelles que j'ai déterminées en Angleterre, en 1834, s'élève à environ 250 , appartenant à toutes les formations géologiques, et provenant de localités très- — 11 — différentes. Ceux qui proviennent des terrains d'Angleterre , dont làge géologique est exac- tenjcnt connu , m'ont fourni de nond)reux points de comparaison avec les terrains du conti- nent, et vérifié les rapports (jue j'avais signalés entre les espèces d'une même époque, et (jue Ton reconnaît jusque dans les espèces encore inédites. J'ai eu la satisfaction de voir ainsi se conlirmer tous les résultats généraux que j'avais énoncés précédemment dans la préface de mon ouvrage , dans le Bulletin de la Société géologicpie de France , dans le Jahrbuch de Leonhard et Bronn , et à la réunion des naturalistes allemands à Breslau , en 1833. Malgré cette effrayante accunmlation de matériaux, j'ai continué à publier régulièrement les objets les plus in téressans que j'ai observés, réservant, pour les Supplémens, les espèces qui n'ont qu'un intérêt local ou purement zoologique. Un aperçu exact des sources auxquelles j'ai puisé tant de matériaux nouveaux, ne peut manquer d'intéresser les naturalistes du Continent, qui , malheureusement pour eux et pour les progrès de la science , ne connaissent pas assez les ressources scientifiques qu'offre l'Angle- terre. A la suite de ces indications , j'entrerai dans quelques détails sur l'ensemble de mes recherches. Je voudrais, par ces communications, encourager les géologues à faire de soigneuses recherches sur la position géologique des moindres fragmens de poissons fossiles qu'ils pourront trouver , et qui perdent si souvent tout leur intérêt parce qu'on ignore leur origine. Ce sont surtout des travaux particuliers de ce genre qui pourront avancer la culture du champ que j'ai entrepris de défricher. A Londres , le Musée britannique m'a offert plusieurs espèces très-intéressantes de poissons fossiles, provenant pour la plupart d'OEningen , de Claris, de Lyme-Regis et de Sheppy. Les premières faisaient partie de la collection du feu docteur Ammann , de Schaffhouse ; j'y ai retrouvé les originaux des figures que m'avait communiquées Cuvier. M. Kœnig m'en ayant facilité l'examen avec la plus grande obligeance, j'ai pu y reconnaître le grand poisson abdominal dont j'avais vu le dessin chez M. Cuvier ; c'est un grand exemplaire de mon Tinca furcata, et non point le Leuciscusœningensis. Parmi les poissons de Claris, il y a une magni- fique espèce nouvelle du genre Fistularia. M. Cray m'a aidé à comparer les espèces des Indes les plus remarquable que possède le Musée , et en particulier les dessins de Hamilton-Bucha- nan et du général Hardwick , auquel je dois aussi une superbe mâchoire du Rhina Ancylodon figurée dans la Zoologie des Indes. Je dois encore à la complaisance de M. Cray d'avoir pu disséquer un très-beau Lépidostée du Musée britannique, conservé dans l'esprit de vin. La Société géologique de Londres est une de ces institutions qui , organisée sur les bases les plus libérales , favorise de son influence tout ce qui peut contribuer , même indirecte- ment, aux progrès de la science. Je dois en particulier aux vues larges et généreuses du Président et des membres du Conseil de cette Société d'avoir pu faire à Londres un travail qui , sans l'appui et l'autorisation d'une association aussi considérée , serait devenu impossible , et qui même n'a point d'antécédent dans l'histoire des sciences naturelles. Trouvant épars dans tous les Musées des trois royaumes unis une quantité prodigieuse de documens nouveaux — i2 — et importans pour mon ouvrage , j'étais embarrassé sur la manière d'en tirer le meilleur parti , et il me paraissait presque impossible de faire dessiner sur place, surtout dans les petites villes, les pièces les plus importantes que j'y trouvais. Mais telle est la libéralité des savans anglais, que tous ceux dont j'ai examiné les collections, même les directeurs de tous les Musées publics que j'ai visités (j'ai examiné en tout soixante- trois collections), ont con- senti à me laisser emporter à Londres tous les exemplaires qui me paraissaient pouvoir jeter quelque nouveau jour sur l'histoire naturelle des poissons fossiles. A la demande de M. le docteur Buckland, M. Greenough, alors président de la Société géologique, et MM. Sedgwick, Murchison et Lyell, m'ont en outre procuré l'assentiment de la Société pour déposer tous ces trésors dans un local particulier de Sommersethouse. Là, M. Lonsdale, conservateur des col- lections de la Société , m'a aidé à ranger les deux mille exemplaires de poissons fossiles que je rapportais, et que j'avais choisis, sur environ cinq mille pièces, en parcourant l'Angleterre et une partie de l'Ecosse et de l'Irlande. Une pareille faveur est inappréciable, surtout quand on pense à la difficulté qu'il y a de transporter des objets aussi fragiles, et dont la perte se- rait irréparable. L'extension que j'ai pu donner ainsi à mes Recherches pourra seule en fournir la mesure , lorsque j'aurai publié tous les matériaux que j'ai été à même d'étudier à cette époque. Si les naturalistes qui font des travaux particuliers , savent ne pas abuser de pareilles libéralités , elles deviendront à l'avenir de plus en plus fréquentes, et il en résultera des avantages réels pour la science. J'ai pu par ce jnoyen compléter les caractères de plusieurs espèces nouvelles en comparant directement différens fragmens épars dans plusieurs collec- tions, et constater l'existence d'un grand nombre d'espèces qui seraient restées douteuses sans ces rapprochemens. J'ai pu, en outre, choisir pour mes dessins les pièces les plus ca- ractéristiques, et achever mes descriptions d'après toutes les autres plaques. Pour ne rien négliger dans cette occasion, j'ai fait venir immédiatement à Londres M. Dinkel, l'artiste qui a dessiné la plupart des planches originales des Recherches sur les poissons fossiles , le char- geant de peindre tous les exemplaires qui m'ont paru indispensables pour compléter mon livre. Dans la collection de la Société géologique, que M. Lonsdale a parcourue avec moi, j'ai trouvé un grand nombre de poissons fossiles de difïérentes localités de l'Angleterre, entre autres , de nombreuses géodes de Gamrie , des poissons des schistes de Caithness , du calcaire magnésien , du Lias de Lyme-Regis , de Portland , de nombreuses dents du Mountain-Limes- tone , de Stonesfield , de Tilgate , du Gault , de la Craie et du Crag , de beaux Ichthyodoru- lithes du Lias, des vertèbres, des dents et des fragmens de poissons de Sheppy. La plupart des originaux des planches publiées dans les Trans. de la Soc. par MM. Sedgwick, Murchison et de la Bêche s'y trouvent réunis. J'ai remarqué encore une superbe collection de poissons tertiaires, recueillis par S. A. le duc de Northampton à Radusa en Sicile, et des dents de Squales et de Raies provenant de Carriban-Cliff aux Indes, et indiquant un terrain tertiaire. La pièce la plus remarquable de cette collection est certainement une espèce de Raie prove- nant de Solenhofen , et qui constitue un genre nouveau. M. Lonsdale m'a encore communiqué, — 13 — de la part de M. Martin , un supcM-be oxcniplaire du Lcpidolus Filloni , d'après lequel non- seulement j'ai pu compléter les caractères de celte espèce , mais encore étendre et préciser les caractères du geine; et de la part de M. Auldjo, plusieurs exemplaires de Pycnodus Rliombus de Terre dOrlaudo près de INapIes, qui, d'après leur fréquence sur des plaques d'assez pe- tites dimensions , me font penser que les individus de cette espèce ne vivaient pas isolés. Le Musée des Chirurgiens de Londres, maintenant sous la direction du savant et modeste M. Clift. est, comme chacun sait, l'une des plus belles collections d'anatomie comparée qui existent ; il contient une série de dents de poissons très-instructive et un assez grand nombre d'espèces fossiles de difTérentes localités, que M. Owen a eu la complaisance de me faire voir en détail. Le musée du Service-uni de l'Armée et de la Marine contient quelques poissons fossiles de Monte-Bolca , du Connecticut, de Durham, et un Cybium macropomum de l'argile de Lon- dres, très-intéressant en ce qu'il a été trouvé à Londres même, dans les docks de Sainte-Ca- therine. La jolie collection de M""" Murchison contient plusieurs poissons fossiles d'un grand intérêt, entre autres une tète de Tetragonolepis Leachii complètement détachée de la roche, et sur laquelle on peut parfaitement bien étudier les os du crâne ; de plus , une tête de Sauroïde du Ijias-, encore indéterminée , une belle série de dents de Squales et de M} liobates du Crag de Sufïolk , et de grandes dents d'Hybodus et de Psanimodus de l'oolile. La collection de M. Murchison contient, en fait de poissons fossiles, des choses très-remar- quables et dun haut intérêt scientifique , entre autres , de nombreux exemplaires des schistes d'OEningen, d'Aix, de Seefeld , de Gamrie et de Caithness, d'autant plus précieux qu'ils proviennent des mêmes gisemens sur lesquels M. Murchison a publié, seul ou conjointement avec MM, Sedgv^'ick et Lyell , des mémoires géologiques importans. Mais c'étaient ceux des terrains de transition qui excitaient plus particulièrement ma curiosité , surtout depuis que MM. Sedgwick et Murchison avaient subdivisé ces terrains en plusieurs étages distincts. Je trouvai effectivement dans la collection de M. Murchison une masse considérable de poissons de cette époque à laquelle on allait jusqu'à refuser des traces de cette classe d'animaux qui y revêtait un caractère particulier, déjà appréciable d'après les fragmens qu'on possédait alors. L'étude minutieuse de ces poissons deviendra nécessairement le point de départ, pour ap- précier définitivement les progrès du développement de toute la classe, depuis sa première apparition dans les eaux qui recouvraient la surface du globe. Je citerai en particulier, comme les plus intéressantes, parmi les espèces du vieux grès rouge, les Cephalaspis Lyellii, Lloydii, Lewisii, et les espèces du genre Holoptychius; parmi celles du terrain silurien, l'Onchus Mur- chisoni, et d'autres espèces encore indéterminées. Chez M. Lyell, j'ai vu les plus beaux Cephalaspis Lyellii que je connaisse, et sans lesquels je n'aurais , je crois , jamais reconnu pour ce qu'ils sont les fragmens de ce genre que l'on trouve le plus ordinairement. En effet, les têtes détachées de ces poissons ressemblent plutôt, ~ ik — I à cause de la position de leurs yeux et du prolongement de leurs parties latérales, à des écussons de Trilobites ou à des bivalves ouvertes, qu'à des têtes de poissons. On les a même généra- lement envisagés comme des débris de Trilobites. Les exemplaires de M. Lyell proviennent du vieux grès rouge d'Ecosse, et ont été trouvés à Glammis en Forfarshire. J'ai vu aussi chez M. Lyell une belle série des poissons tertiaires qu'il a recueillis en Sicile , mais que je n'ai pas encore pu déterminer, et plusieurs dents intéressantes de Pycnodontes et d'Hybodontes de l'oolite de Malton et du Forest-Marble de Shawford , envoyées p'ir M. Bowerbank. La collection de M. Stokes, que j'ai eu le plaisir d'examiner avec MM. Fitton et Broderip , est surtout riche en zoophytes; mais elle contient aussi beaucoup de poissons fossiles remar- quables, en particulier un fort bel Aspidorhynchus acutirostris de Solenhofen , le même dont il existe un dessin dans le portefeuille des poissons fossiles de la bibliothèque de Cuvier, plusieurs autres espèces rares de Solenhofen , entre autres un Leptolepis dubius avec des Cololithes, et une espèce nouvelle de Belonoslomus , voisine du Belonoslomus Mûnsteri , une nouvelle espèce de Tetragonolepis , le T. dorsalis , et une grande quantité de dents détachées, en particulier des Psammodus de Bristol, des Pycnodontes de Dundrey, et des Myliobates dont le gisement n'est pas connu. Ces poissons font maintenant partie de la grande collection de lord Enniskillen et de sir Ph. Egerton. M. Daniel Sharpe m'a aussi remis une espèce de Myliobates de Sheppy , d'autant plus inté- ressante , que les chevrons dentaires ont conservé leur position naturelle sur les os de la mâchoire. C'est le premier exemplaire que j'aie vu dans un état de conservation aussi par- fait. M. Yarrell , président de la Société zoologique de Londres, m'a fait remarquer dans sa belle collection de poissons d'Angleterre plusieurs espèces inconnues jusqu'alors aux naturalistes, et dont il a publié depuis la description dans son Histoire naturelle des poissons de ce pays. MM. W. Jardine et Selby, qui ont lu , à la réunion des Naturalistes anglais à Edimbourg , un mémoire plein d'intérêt sur les Salmonidés indigènes , m'ont encore appris à en con- naître plusieurs espèces et variétés qui ne se trouvent pas sur le continent. ■ Lors de la publication de ma première livraison , j'en étais encore à me demander s'il ne serait pas possible que les mâchoires de Stoneslield , décrites comme des Didelphes , ap- partinssent à la classe des poissons. Mais après en avoir vu moi-même et examiné très-soi- gneusement plusieurs, j'ai reconnu ce que cette supposition avait d'invraisemblable. Ce sont bien des mammifères, mais il me semble qu'on se hasarde trop en les envisageant comme des espèces de Didelphes. L'exemplaire de la collection de M. Broderip est devenu classique par la description qu'il en a publiée ; il y en a plusieurs autres au Musée d'Oxford , et une au Musée de Yorck. Le beauté de la collection de coquilles de M. Broderip est trop remarquable pour que je n'en fasse pas mention en passant : chaque espèce y est représentée par une série de variétés de tous les âges , et dans tous les états de développement possibles. M. le docteur Richardson, de Chatam, l'auteur de la Faune boréali-américaine , a poussé — ^;) — robligeanco jusqu'à in'apporler lui-inùino à Londres une espèce nouvelle de Lépidoslée, pro- venanl du lac lluron. A Oxford, M. le professeur Buckland m'a fait voir Irès-en détail le riche Musée qu'il a fondé et qu'il a si rapidement agrandi. On y trouve des fossiles de toutes les parties de l'An- gleterre , surtout des ossemens danimaux vertébrés , en particulier les mammifères de Kirk- dale , sur lesquels les Reliquiœ dihwianœ ont jeté un jour tout nouveau, et les reptiles des terrains oolitiques , dont M. Buckland a encore augmenté le nombre par ses travaux. Parmi les nombreux poissons qui s'y trouvent , j'ai remarqué les types de plusieurs genres nouveaux, et un nondire encore plus grand d'espèces inédites. Les pièces les plus intéressantes sont des têtes de Scond)éroïdes de Sheppy , qui ne peuvent pas être rapportés aux genres déjà établis, un nombre immense d'écaillés , de dents et de fragmens de squelettes de Stoneslield , parmi lesquels j'ai découvert plusieurs espèces que je ne connaissais point, et qui m'ont servi à compléter les caractères de celles dont j'avais précédemment reconnu l'existence , d'après le petit nombre d"exem])iaires qui existent sur le continent. MM. Buckland et de la Bêche dé- signent sous le nom d'Ichlhyorulilhes ces grands rayons de nageoires que l'on a pris jus- qu'ici pour des défenses de Balistes ou de Silures , mais qui appartiennent à des genres éteints de ma famille des Cestraciontes. Il yen a un très-grand nombre au Musée d'Oxford, prove- nant de toutes les formations antérieures à la craie. On y trouve également une très-grande quantité de dents détachées de tous ces poissons , et des Squales et des Myliobates de l'argile de Londres. Les exemplaires de poissons entiers qui s'y trouvent , proviennent surtout du cal- caire magnésien, du calcaire portlandien et du Lias de Lyme-Regis ; il y en a même plu- sieurs espèces nouvelles. Dans la masse de coprolithes que M. Buckland a recueillis, et qui proviennent de différentes formations, entre autres de la houille, du Lias et de la Craie, j'ai re- connu les écailles de plusieurs espèces de poissons contemporains des grands Sauriens et des poissons voraces dont ces coprolithes proviennent. M. Buckland m'a aussi communiqué , de la part de M. Flesher, une espèce nouvelle de Pholidophorus , trouvée dans l'oolite ferru- gineuse , près de Northampton. Mais la plus grande obligation que j'aie à M. Buckland est de m'avoir accompagné dans tout mon voyage en Angleterre , de m'avoir fait remarquer les points les plus intéressans pour la géologie , et de m'avoir conduit chez tous les géologues qui possèdent des poissons fossiles , et dans tous les musées de province où il savait que l'on en conserve. Sans lui je n'aurais probablement pas vu la moitié des collections que nous avons visitées ensemble , et je n'aurais surtout pas pu recueillir des renseignemens aussi précis sur le gisement des fossiles que l'on y conserve. Les collections de sir Philippe Egerton à Oulton-Park , et de lord Cole à Florence-Courl , sont des plus importantes pour l'élude des poissons fossiles , à cause du grand nombre d'es- pèces qu'elles contiennent , et qui proviennent de toutes les localités où l'on a déjà trouvé des ichthyolithes. Il n'y a sur le continent que la collection de M le comte de Miinster et celle du Musée de Paris qui les égalent. Les espèces qui se trouvent réunies dans les collections des — 16 — deux amis anglais , sont à-peu-près les mêmes ; car ils se sont ordinairement partagé les plaques correspondantes des espèces qu'ils ont pu acquérir. Outre de nombreuses es- pèces provenant des localités les plus intéressantes d'Angleterre , j'ai surtout été surpris d'y rencontrer des espèces nouvelles de Solenhofen , et encore plus étonné d'y trouver les types de six genres nouveaux et d'une douzaine d'espèces inédites des schistes de Glaris, dont je n'avais trouvé aucune trace dans les collections suisses les plus considérables. Les autres proviennent en particulier de Malte , de Newbury en Amérique , d'Oeningen , de la molasse suisse, des lignites de Bonn , du calcaire de Steinheim , de Radusa en Sicile , de Monte-Bolca , de Shcppy, de la craie de 3Iaëstricht , de Kent, d'Amérique et de Quedlimbourg , de Tilgate et d'Hastings, de Purbeck, de l'argile de Shotover, de Stonesfield, de Boulogne-sur-Mer, du Lias de LYme-Regis, de Seefeld , du Muschelkalk et du grès bigarré d'Allemagne, du Zech- stein d'Eisleben et d'Ilmenau , de la houille de Saarbruck et de Munster-Appel , du Mountain- Limestone de Bristol , etc. Les collections d'Edimbourg m'ont offert des nouveautés bien extraordinaires , provenant surtout des carrières de Burdie-House, qui sont devenues un terrain classique pour la géologie. En décembre 1833, M. le docteur Hibbert a lu à la Société Royale un mémoire concernant le calcaire de Burdie-House , et tendant à démontrer que les couches de ce calcaire (qui forme une des assises inférieures de la formation houillère des environs d'Edimbourg), diffèrent essentiellement du calcaire carbonifère ordinaire, dont l'origine est évidemment marine, et qu'elles forment un dépôt particulier d'origine lacustre ou fluviatile. Les premiers fossiles ca- ractéristiques qui ont été découverts dans cette localité , sont des plantes semblables à celles que l'on trouve dans la houille , un poisson ayant l'apparence des poissons d'eau douce , une dent parfaitement bien conservée , semblable à celles des Crocodiles , des coprolithes assez nombreux, et surtout une immense quantité de petits fossiles ressemblant beaucoup aux Cypris Faba. Une pareille découverte intéressait vivement la géologie , et devait encourager à de nouvelles recherches ; aussi la Société Royale , à l'instigation de son secrétaire perpé- tuel , M. Robison , a pris dès-lors des mesures pour empêcher la dispersion de fossiles aussi précieux et pour assurer aux sciences la propriété définitive du résultat des fouilles faites dans ces carrières. M. Robison a mis en particulier beaucoup de soin à conserver jusqu'aux moindres fragmens significatifs, et à les rapporter autant que possible aux grandes pièces desquelles ils s'étaient détachés. C'est ainsi que s'est formée la belle collection de la Société Royale, qui s'enrichit encore tous les jours de quelque pièce nouvelle. De son côté, M. le docteur Hibbert poursuivait ses belles découvertes et ses intéressans travaux, et enregistrait au fur et à mesure les nouvelles espèces de fossiles qui reparaissaient au grand jour. Les cahiers de janvier et d'avril de V Edinburyh new philosop. Journal , contiennent des détails très-inléressans sur les fossiles qui ont successivement été trouvés , et sur leur gisement , ainsi que plusieurs figures de dents extraordinaires que l'on a découvertes, et qui pro- viennent d'un animal de taille gigantesque. Enfin, dans une des séances de la section de — 17 — Géologie de l'Association Britannique , réunie à Edimbourg en d83'l, M, Hibbert a donné un résunié détaillé de toutes ses découvertes , d'où il résulte que le calcaire de Burdie-Houso contient une grande variété de plantes, de petits entomostracés et de petites coquilles, plu- sieurs poissons inédits et des ossemens, des dents , des écailles et des coprolithes d'animaux gigantesques. Parmi les poissons dont la collection de M. le docteur Hibbert contient de beaux exemplaires , on remarque une espèce de Palœoniscus appelée par M. Hibbert P. Ro- bisoni, remarquable par sa forme élancée et la ténuité de son corps; le type d'un nouveau genre, voisin des PaK-ooniscus et des Platysomus, que j'appelle Eurynotus crenatus, dont le bord postérieur des écailles est crénelé (c'est à M. le professeur Jameson que je dois les plus beaux exemplaires de cette espèce) ; une troisième espèce qui appartient au genre Pygop- terus, et qui a reçu le nom de P. Bucklandi. Quant aux Ichthyodorulithes de cette localité, ils sont si différens de ceux que l'on connaissait déjà , que j'en ai fait un genre particulier sous le nom de Gyracanthus formosus. Mais le genre le plus remarquable de cette localité est sans contredit le Megalichthys Hibberti. Il repose sur l'existence de dents énormes, coniques et légèrement comprimées , dont les plus grandes ont au moins deux pouces et demi de long , qui sont entièrement recouvertes d'une couche d'un émail encore brillant , et qui ont à leur base de grosses rides verticales , semblables à celles que l'on observe à la base des dents de l'Ichthyosaurus platyodon, du Lophius piscatorius et du Lepidosteus Spatula. Avec ces dents, l'on a trouvé des écailles aussi grosses que celles des Crocodiles , et différens os de la tète qui proviennent certainement du même animal. La position de ce fossile extraordinaire dans la série des vertébrés a paru un moment douteuse. M. Hibbert croyait pouvoir le ranger dans la classe des Reptiles ; mais après un mûr examen , j'ai dû adopter une autre opinion , à laquelle j'ai aussi ramené M. Hibbert : c'est que ces débris proviennent d'une famille par- ticulière de poissons qui ne comprend que deux genres dans la création actuelle , mais dont les représentans peuplaient surtout les mers qui recouvraient la terre avant la déposition des terrains crétacés , famille que j'ai appelée Sauroïdes , à cause des nombreux rapports que ces poissons ont avec les reptiles de l'ordre des Sauriens. M. Hibbert a donné de jolies figures de tous ces fossiles dans l'ouvrage qu'il a publié sur la géologie des environs d'Edimbourg. Si je me suis un peu plus étendu sur les fossiles de Burdie-House que sur ceux des autres localités , c'est parce que leur organisation particulière a soulevé des questions d'une grande importance pour la géologie et pour la science des fossiles Les discussions qui se sont enga- gées à ce sujet , sont de nature à faire époque dans l'appréciation des formes de la vie orga- nique que révèlent les fossiles des différentes époques géologiques, puisqu'elles ont démontré que les types primitifs des êtres qui ont habité successivement la terre offrent, dans les pre- miers âges , une réunion de caractères qui se trouvent d'abord combinés dans certaines classes , mais qui en disparaissent plus tard , pour se développer de nouveau dans d'autres classes , lorsque celles-ci se différencient de plus en plus. Afin d'encourager les travaux qui seraient faits sur ces fossiles , l'Association britannique a voté une somme de cent guinées que TOM. I. 3 — <8 — le comité, chargé de diriger ces recherches, a mis à ma disposition, pour me faciliter l'exé- cution des dessins des poissons fossiles d'Angleterre qui m'ont paru nouveaux et que je me propose de décrire. Outre les espèces mentionnées ci-dessus , la collection de M. le docteur Hibbert renferme de beaux poissons fossiles de Caithness , d'Ashford en Derbyshire , de Monte- Bolca , de Menât, et des dents de Toolite de Malton et de Sheppy, Outre les Eurynotus déjà indiqués plus haut, M. le professeur Jameson possède aussi plusieurs autres espèces de Bur- die-House , une tête de Cephalaspis du vieux grès rouge , très-remarquable en ce que c'est la seule que j'aie vue recouverte de toutes ses belles écailles perlées, et une plaque de ces grosses écailles du vieux grès rouge de Fifeshire que M. le docteur Fleming a décrites et figurées dans VEdinb. Journal ofNat. et Geogr. Sciences, n° 2. Il y a aussi au Musée d'histoire naturelle de l'Université quelques poissons fossiles de Monte-Bolca. M. le docteur Traill m'a communiqué une superbe collection de poissons fossiles des îles Orkney , sur le gisement desquels il a lu un mémoire intéressant à la section de Géologie. Quelques-unes des espèces qu'il a trouvées sont les mêmes que celles que MM. Sedgwick et Murchison ont représentées dans leur Mémoire sur les schistes de Caithness ; mais la plu- part sont nouvelles ; elles constituent même plusieurs genres nouveaux , dont le plus singulier est certainement le Cheirolepis, auquel j'ai donné le nom de M. Traill. Je dois également à M. Traill une belle collection de poissons de la Guyane, parmi lesquels j'ai trouvé plusieurs genres dont je désirais depuis longtemps faire la dissection. Lord Greenock m'a appris à connaître plusieurs espèces de la houille que je n'avais point encore rencontrées. Il a découvert à New-Haven, près d'Edimbourg, dans la formation houillère , un gîte de géodes de fer carbonate , dont la plupart ont pour noyau des pois- sons fossiles qui présentent les plus grands rapports avec ceux du Hundsrûck, mais parmi les- quels j'ai remarqué des pièces inédites. J'ai encore trouvé chez lui plusieurs fragmens et des écailles très-bien conservées de Megalichthys , provenant de la houille même des environs d'Edimbourg. M. Léonard Horner m'a aussi fait part de fragmens intéressans de poissons, trouvés dans la houille d'Edimbourg , et en particulier de rayons de nageoires de forme arrondie , qui m'é- taient inconnus. M. Jameson Torrie m'a communiqué un beau choix de poissons de Caithness, de Gamrie, d'Autun, de Torre d'Orlando, de Monte-Bolca, d'Aix et de Sinigaglia, parmi lesquels j'ai trouvé des exemplaires qui m'ont servi à compléter les caractères de plusieurs espèces que je connaissais déjà. Chez M. Copland, j'ai vu une collection semblable, dans laquelle j'ai re- marqué un beau Mesogaster sphyraînoïdes de Monte-Bolca. Cette espèce paraît fort rare ; je n'en connais encore que trois plaques. M. le docteur Knight , d'Jberdeen, m'a fait un très-bel envoi d'Ichthyolithes de Gamrie, parmi lesquels j'ai trouvé une espèce nouvelle et de fort beaux exemplaires de celles que j'a- vais déjà vues de cette localité. — 19 — I\I. le professeur Johnson , de Durham, m'a remis un très-bel exemplaire de Platysomus du calcaire magnésien. A /faltiiigton, le musée de sir John Trevelyan m'a paru trés-remarquable ; il contient sur- tout une collection magnifique de coquilles et d'échinodermes. Parmi les poissons, j'ai trouvé un bel exemplaire du Polj odon Folium , des Syngnathus , des Lophius et des Ostracions cu- rieux et des nicàchoires et des dents séparées de difïérens genres. M. Walter Trevelyan m'a communiqué de beaux exemplaires des poissons de New-Haven et de Durham , et des dents du Lias, de Stonesfield et de Sheppy, parmi lesquels se trouvent des espèces non décrites. La collection de plantes fossiles du Musée de Neivcastle-sur-Tyne est l'une des plus im- portantes qui existent; elle comprend surtout des originaux de la Flore fossile anglaise de MM. Hutlon et Lindley. M. Hutton, qui s'occupe principalement de l'agrandissement de la collection et de la réunion de toutes les pièces qui peuvent éclairer et compléter l'histoire des espèces dont on ne connaît encore que des fragmens , y a réuni tout ce que les immenses mines des environs ont produit jusqu'ici de plus remarquable. Parmi les poissons que possède le Musée , on remarque de grandes écailles de Megalichthys de Burdie-House , des rayons de Gyracanthus , des poissons de Caithness , et plusieurs beaux exemplaires de ceux du calcaire magnésien d'East-Thickley. . M. AVitham , de Lartington , l'auteur des Recherches sur la structure interne des végétaux fossiles, possède, dans son joli musée, la plus belle collection de poissons fossiles du calcaire magnésien qui existe. Ce sont , pour la plupart , les originaux des belles planches qui ont été publiées par M. Sedgwick dans son Mémoire sur les relations géologiques du calcaire magné- sien (Magnesian Limestone). A la demande de M. Buckland, M"*^ Anne Surtees, de Hlainsforth, a eu l'obligeance de m'envoyer aussi les plus beaux fossiles qu'elle possède de cette formation. Le Musée de ÏFithy est important pour l'étude des fossiles en général , à cause de la grande quantité d'objets précieux qu'il contient, et notamment par les poissons fossiles qui s'y trouvent. M. Young y a réuni plusieurs espèces du Lias que je ne connaissais point en- core , entre autres un Lepidotus et un Pachycormus , remarquables par leur état de conser- vation parfaite, et des fragmens gigantesques d'un poisson qui surpassait certainement par sa taille tous ceux dont on a découvert jusqu'ici des traces : ce sont des os de la tête, entre autres un os frontal de plus d'un pied de long , et des arcs branchiaux brisés , avec des frag- mens de nageoires. On n'a pas encore trouvé les dents de ce géant marin que je désigne sous le nom de Gyrosteus. Les autres ichthyolithes sont de Monte-Bolca ; il y a aussi beau- coup de Pycnodontes et d'Hybodontes de l'oolite de Malton. Le poisson indiqué à page 82 du 2""^ vol. comme une espèce douteuse de PaK-eoniscus , d'après la pi. 16, fig. 7 et 8 [V^ édi- tion) de la Géologie de Yorkshire de M. Young, est le Lepidotus mentionné ci-dessus et con- sidérablement réduit. J'appelle maintenant cette espèce Lepidotus semiserratus. M. Henri Belcher, M. Ripley et M. Young m'ont encore communiqué plusieurs beaux exemplaires de leurs collections particulières. — 20 — Le Musée public de Scarboromjh , confié aux soins de M. Williamson , contient aussi de beaux poissons du Lias des environs ; ce sont les mêmes espèces qu'à Witby ; il y a également des dents de l'oolite de Malton et de l'argile de Speeton. M. le docteur Murray en possède aussi plusieurs dans sa collection particulière, entre autres un Dapedius Orbis de Barrow sur la Soar. M. Beane a aussi plusieurs espèces intéressantes du Lias et du calcaire magnésien, mais surtout de beaux morceaux du grand poisson de Witby. Le Musée d'York s'étend tous les jours par les soins de M. le professeur Phillips. Je ne connais pas de collection qui soit mieux disposée pour faciliter l'étude. Il contient beaucoup de poissons fossiles, parmi lesquels il y en a de très -remarquables, surtout du Lias de Witby et de Barrow, de Swanage, du Bedfordshire , du calcaire magnésien, de Clarence Railway, et de la formation houillère. Parmi les fragmens, on remarque de belles mâchoires de Slingsby , des dents de l'oolite de Malton , de l'argile de Speeton . de la craie de Wiltshire et de l'argile de Sheppy. Dans sa collection particulière, M. Phillips possède un poisson remar- quable du terrain houiller de Halifax , de belles séries de dents de Stonesfîeld , de l'oolite d'Atford et de la craie de Wiltshire. M. J. Allis m'a aussi conmiuniqué un beau poisson de Portiand , des vertèbres et des dents de l'argile de Speeton , et un ichthyodorulithe du terrain houiller de Clee près de Ludlow, qui m'était inconnu. L'bistitution philosophique et littéraire de Leecls possède un très-joli musée , dans lequel on remarque deux têtes de poissons fossiles d'une rare beauté, dont l'une a environ un pied de long, ainsi que le tronc du poisson qui portait la plus grosse de ces têtes. Tous les os du crâne, de la face et de l'appareil hyoïde sont visibles et recouverts, comme les grandes écailles du tronc , d'un émail finement pointillé. Ces pièces , qui proviennent du terrain houiller, m'ont paru identiques avec les fragmens du Megalichthys Hibberti que j'avais vus quelques jours auparavant à Edimbourg. M. le professeur Phillips en avait envoyé à M. Cuvier des des- sins qui se trouvent encore dans le portefeuille de poissons fossiles du grand naturaliste français. M. Randyl, à Stockson, m'a communiqué de beaux exemplaires des Palaîoniscus du cal- caire magnésien. M. Pease, de Darlington , a bien voulu aussi me confier les siens. M. le ré- vérend Denison , à Oxford, m'en a également envoyé de la même formation, qui sont très- bien conservés , ainsi qu'une belle tête d'une espèce encore inconnue de Sheppy. Lord Fitz-William a eu l'obligeance de me faire voir lui-même , à fFentworth , quelques plaques d'un grand Lepidotus de Loftus r c'est la même espèce que l'on a trouvée à Witby et à Scarborough. A Manchester, M. le docteur Holme m'a fait voir de beaux exemplaires de Palœoniscus du Zechstein . M"° Baker , de Northampton , a bien voulu m'envoyer les beaux poissons fossiles qu'elle possède dans sa collection. Il existe une belle lithographie du plus parfait de ces exemplaires, que j'avais vue à Paris chez M. Cuvier : c'est le Lepidotus de Nine-Churches. Les autres sont des espèces nouvelles. — 21 — Dans le Muséum de M. Weaver , à Jiinnimjham, il se trouve un ningni(i(iuo Telragono- lepis, constituanl une espèce nouvelle. Ce fossile unique, qui est la propriété de M. Greaves . a été trouvé à Stralford sur A^on. M. Slrickland m'a fait remettre un très-beau choix de poissons de Portiand , composé d'exemplaires presque parfaits ; Tune des espèces est mon Lepidotus minor, l'autre une espèce inédite du genre Microdon , qui ne s'est encore trouvée qu'à Solenhofen , et tout récenuueut en fragmens à Stonesfield. Les fragmens incomplets ne sont pas encore déterminés. Dans le musée de M. Crosthwaite , à Kesivich, j'ai vu une demi-màchoire très-singulière d'un poisson du Mountain-Limestone , qu'il ne m'est pas encore possible de rapporter à un genre tonnu. A Lh-erpoot , MM. Parker et Tinné m'ont donné divers objets d'histoire naturelle auxquels j'attache beaucoup de prix ; ils m'ont aussi communiqué des renseignemens fort inléressans sur les poissons de la Guyane. Le Musée de cette ville possède un superbe Gasteronemus rhombeus de Monte-Bolca. Dans le Musée de la Société Royale de Dublin, M. Scouler m'a fait voir les originaux des ligures qui accompagnent les Mémoires de MM. Graydon et Bozza sur les poissons de Monte- Bolca, insérés dans le 5""^ vol. des Transact. de l'Académie irlandaise, p. 281 et suiv. Ce sont : le Gasteronemus rhombeus , le Myriprislis homopterygius , le Sparnodus elongatus , et un poisson composé d'une tête de Sparnodus ovalis et du corps d'un Lichia prisca. Il v a aussi plusieurs beaux poissons de Monte-Bolca au Musée du Collège de la Trinité. M. Ma- cartney m'a fait voir la collection anatomique de l'Université, où l'on remarque de beaux sque- lettes. Le Musée du Collège des Chirurgiens renferme ime belle collection de squelettes, dans laquelle se trouvent les squelettes de quelques poissons rares. Mais ce que j'ai vu de plus intéressant à Dublin , c'est un grand nombre de Cervus megaceros , avec des bois gigan- tesques et plusieurs squelettes très-complets de cette espèce. Ces fossiles sont assez communs dans ce pays , pour qu'on les voie quelquefois figurer comme ornement à l'entrée des parcs, ou môme comme enseigne au-dessus de la porte des tavernes. J'en ai aussi vu plusieurs pen- dant mon séjour chez lord Cole , à Florence-Court. Quant à la collection de poissons fossiles de lord Cole (maintenant lord Enniskillen ), elle est mentionnée plus haut à page 15. M. Scouler possède, dans sa collection particulière, quelques poissons rares du terrain houiller d'Ecosse , qu'il a bien voulu me communiquer. Je ne saurais trop me louer de la libéralité , de l'obligeance et de la prévenance des savans irlandais. En arrivant à Bristol , je ne connaissais encore que quelques fragmens de poissons fossiles du calcaire carbonifère, que j'avais vus chez M. Cuvier. Je désirais surtout voir les fossiles de cette formation peu connue sur le continent , mais qui me paraissait devoir être très-riche en poissons fossiles, d'après quelques échantillons de roche que j'avais vus ailleurs et qui en contenaient de nombreux fragmens indéterminables. Mon attente n'a pas été trompée. Le Musée de l'Institut de Bristol , fondé par Miller, renferme maintenant les belles collections de — 22 — ce naturaliste , et avec elles aussi les exemplaires originaux de toutes les planches de son ou- ^rage sur les Crinoïdes. Par les soins assidus de M. Stutchbury, secrétaire de cette Institution, et de M. le docteur Riley, le Musée s'étend encore tous les jours. II renferme surtout de ma- gnifiques séries des fossiles que l'on trouve dans les terrains de Bristol et des environs. En fait de poissons, j'y ai trouvé plusieurs espèces nouvelles et même des genres nouveaux du calcaire carbonifère (Mountain-Limestone) mais seulement des dents et des rayons épineux de dorsales ; ils appartiennent tous à la famille des Cestraciontes, On y remarque aussi une immense quantité de fragmens , provenant d'une espèce de brèche osseuse qui se trouve sous les couches inférieures du Lias ; parmi ces fossiles , il y a des espèces nouvelles , mais plusieurs m'ont paru identiques avec celles du Keuper , que M. d'Alberti a recueillies en Wurtemberg. Les autres poissons du Lias sont de larges plaques portant plusieurs rangées de dents d'A- crodus et d'Hybodus de Lyme-Regis. Il y a aussi beaucoup d'Hybodontes et de Pycnodontes, ainsi que des Ichthyodorulithes de la grande oolite et de Stonesfield, des dents et des palais de Raies, et des têtes de Sheppy. L'Institution doit à M. le docteur Fox un superbe exemplaire d'une espèce nouvelle de Tetragonolepis du Lias blanc de Banwall, et à MM. Mathew Wright et William Cloyfield, de beaux exemplaires d'Ichthyodorulithes du Lias et de la houille de Dudley. M. J. N. Sanders a fait hommage à l'Institution d'une Raie fossile , qui est certaine- ment l'une des découvertes les plus remarquables faites dans le Lias de Lyme-Regis. M. Rilev a très-bien décrit cet animal sous le nom de Squalo-Raja, et lui a assigné sa véritable place parmi les poissons cartilagineux. M. Grant, prenant, d'après la description de M. Riley, le prolongement du museau pour des mâchoires , pense que c'est plutôt un reptile. Mais l'examen attentif que j'en ai fait me permet d'assurer que c'est un genre particulier de la famille des Raies , différent de tous ceux qui existent maintenant. Dans la collection particulière de M. Riley, j'ai observé de belles dents de la craie et de Sheppy. La collection de M. Cum- berland est très-riche en poissons fossiles ; j'y ai remarqué plusieurs espèces nouvelles , que M. Cumberland a bien voulu me confier pour les faire dessiner, entre autres des poissons du Lias de Lyme-Regis, de Bath, de Hastings, de la craie et de Sheppy. Parmi ces derniers, il se trouve des plaques de plusieurs rangées de dents, qui constituent un genre nouveau que je distingue sous le nom de Phyllodus. M. Cumberland m'en a donné un dessin qu'il avait fait lui-même. M. Johnson possède aussi une très -belle collection de fossiles, dans laquelle on remarque des poissons superbes , dont plusieurs sont inédits : tels sont un Mi- crodon de Purbeck , un Pholidophorus de Bath , plusieurs mâchoires complètes d'Acrodus et d'Hybodus, et de très-grands Tetragonolepis du Lias ; enfin des dents et des ichthyodo- rulithes du calcaire carbonifère. Sachant qu'on avait trouvé à Lyme-Recjis tant de fossiles de toutes les classes du régne animal , et des plantes si curieuses , je devais m'attendre à découvrir dans cette localité un plus grand nombre de poissons fossiles que ceux qui avaient été signalés avant que l'on s'en occupât d'une manière suivie. Le résultat de mes recherches a surpassé toute attente. A — 25 — lA'nie-Koi^is même, j'ai vu dans la collection de miss E. l'hilpol treiile-qualre espèces nou- ^•elles de poissons du Lias de celle localilé seulement , dont plusieurs appartiennent à des genres nouveaux, sans compter toutes celles que j'avais déjà vues dans d'autres collections. et que je retrouvais ici. Ne pouvant rester que quelques jours à Lyme-Regis, miss Pliilpot a bien voulu consentir à me laisser emporter toutes ces espèces pour que je pusse les décrire en détail. Cette collection m'a été d'autant plus précieuse, que miss Philpot et Marie Anning ont pu m'indiquer avec certitude quels sont les ichlhyodorulithes qui correspondent aux diffé- rens types de dents. Avec cette clef, j'ai pu atteindre d'importans résultats, et rapporter, dans d'autres formations , diverses formes de dents et de défenses les unes aux autres , en com- binant tous les modes d'association déjà connus de ces fragmens. La collection de miss Philpot contient en outre de très-belles dents de la craie de Penhay et de Wiltshire. Tout le monde sait que le Musée de M. Mantell , à Briyhton, est une collection classique pour la craie et la formation des Wealden. Les soins minutieux que M. Mantell a donnés depuis bien des années à ses fossiles , les ont rendus plus parfaits que ceux des autres musées : car souvent il est parvenu à les détacher entièrement de la roche dans laquelle ils se trouvaient, ou du moins à les mettre en relief, en enlevant toutes les matières solides qui recouvraient les parties les mieux conservées de l'animal. Il a donné dans ses ouvrages de belles planches d'une partie de ces espèces. Sa collection contient aussi le plus grand nombre d'espèces des Wealden ; mais comme elles ne sont pas toutes figurées dans son ouvrage sur les fossiles de Tilgate , je dirai qu'elles appartiennent aux genres Lepidotus , Pholidophorus et Hybodus . qui caractérisent les terrains oolitiques. En descendant le Rhin pour aller en Angleterre , j'ai visité quelques collections intéres- santes qui m'ont aussi fourni des matériaux importans sur les poissons fossiles. L'absence de M. Kaup m'a fait passer outre à Darmsladt, où il existe aussi, à côté des cé- lèbres ossemens d'Eppelsheim , une grande collection de poissons fossiles qui mériterait d'être examinée attentivement. Mais à Francfort y ai examiné à loisir les trésors nouvellement arrivés du dernier voyage de Riippell. Ces collections sont aussi vastes, aussi admirables et d'une im- jxtrtance aussi grande pour la science, que celles de sesprécédens voyages. Parmi les poissons, j'ai surtout étudié les squelettes qu'il a rapportés, et j'ai fait un catalogue complet de toutes les espèces de la mer Rouge, afin de pouvoir les comparer avec celles des difïérens bassins tertiaires circonscrits. M. Riippell m'a fait remarquer sur le Polypterus quelques particularités encore inconnues de son organisation. M. Hermann de Meyer m'a montré les fossiles du mu- sée que je n'avais pas encore vus, entre autres un Acanthodes Rronnii avec de petites ven- trales ; un petit poisson de Mellili, qui est mon Cottus papyraceus; et un autre de Nicolsia qui n'est pas déterminable. Dans la collection particulière de ce savant, j'ai trouvé de belles séries de dents de Squales de Flonhcim , d'Ufhofen , d'Alzey et d'Eckelsheim. M. de Meyer m'a aussi communiqué des notes détaillées sur le petit Lebias de l'argile de Francfort. Je ne pense pas que le fossile décrit et figuré par Riippell , dans ses Fersteinerungen aus der — 24 — Kallisch te fer formation von Solcnhofen, soil un simple coprolithe, comme l'a cru M. de Meyer. Je crois au contraire que c'est un tube organique , et la différence dans la substance corticale de ce fossile m'en paraît la preuve ; c'est probablement un fragment d'intestin , plutôt qu'un animal entier ; il provient peut-être, comme les Lombricaires, de quelque poisson , ou même d'un Saurien de Solenhofen, Le Musée de Bonn est devenu classique , depuis que M. Goldfuss a commencé à décrire ce qu'il contient. Toutes les classes y sont également représentées; celle des poissons se distingue par de belles plaques de la craie de Westphalie, représentant plusieurs espèces nouvelles qui appartiennent aux genres Istieus, Beryx, Engraulis et Osmerus. Il y aussi beaucoup de dents de la craie et du grès-vert , quelques poissons de Claris , de Solenhofen , de Dainting et du Zechstein , une grande espèce nouvelle de Leuciscus des lignites de Bonn , deux dents de Psammodus rugosus de l'Eifel, identiques avec celles du calcaire houiller de Bristol, et plu- sieurs espèces de dents de Squales des environs d'AIzey. J'ai aussi reçu à cette époque divers envois contenant plusieurs objets précieux; M. C. Pré- vost en particulier m'a fait remettre la figure d'une espèce nouvelle de Pachycormus des Vaches Noires. M. Jules Amie m'a communiqué les figures d'une belle collection de poissons fossiles du Liban, la plupart nouveaux pour moi, et qui me permettront enfin de déterminer les rapports des poissons de cette localité avec ceux des terrains déjà bien connus. M. Car- teret, qui a hérité de la collection de M. Régley, a eu la complaisance de permettre à M. Din- kel de terminer pour moi les dessins des espèces nouvelles qu'elle renferme. M. Partsch m'a envoyé des poissons fossiles de Hongrie et de la Basse-Au triche , et M. Fit- zinger un long mémoire manuscrit sur tous les poissons fossiles à lui connus , ainsi qu'un catalogue très-détaillé de toutes les espèces que possède le Musée impérial de Vienne , et de celles qui se trouvent dans la collection de M. Partsch. M. Engelmann a bien voulu me faire faire un dessin parfaitement exécuté du grand Cétacé du déparlement du Haut-Rhin , qui est dans la collection de la Société industrielle de Mul- house, et avec lequel on a trouvé des dents de Lamna, que M. Voltz possède maintenant. M. le comte de Munster, qui, pendant l'été de 183i, a fait un voyage géologique dans différentes parties de l'Allemagne , a eu l'attention de m'envoyer des calques de toutes les espèces intéressantes qu'il a observées dans différentes collections , avec des descriptions très- exactes de leurs caractères les plus importans. La plupart de ces espèces me paraissent réellement nouvelles ; il y en a qui doivent être d'une beauté remarquable. J'ai aussi reçu de Suède , de la part de M. Nilsson , une petite caisse contenant des poissons fossiles. Ce sont des espèces nouvelles très-intéressantes du Lias et de l'époque de la Craie. iNe voulant rien négliger de ce qui pourrait contribuer à compléter mes Recherches sur les poissons fossiles, et à consolider les résultats que j'avais obtenus, je suis retourné en Angle- terre en dSoS, pour y revoir les nombreux matériaux que j'avais déjà examinés Tannée \ précédente, et en particulier pour collationner les dessins que M. Dinkel avait faits depuis — 2S — (pio je l'avais laissé à Londres, lors do mon preniiei- voyage. Désiranl achever ce travail le plus tôt possible, j'avais pris avec moi nn second artiste , M. Weber, qui jusque là avait été chargé du soin de lilhographicr mes planches , espérant que par leurs efforts réunis ces messieurs réussiraient à terminer pendant l'été les dessins des objets indispensables pour mon ouvrage. Mais telle est la richesse des collections que j'ai pu examiner, et telle est la li- béralité de ceux à qui elles appartiennent, que notre travail s'est accru chaque jour, et que M. Dinkel a dû faire un séjour de sept ans à Londres, pour dessiner tous les fossiles dont il m'importait de posséder des figures. Aussi mes porte-feuilles se sont-ils remplis au point que si je ne m'efforçais pas constamment d'abréger mon texte et de réunir le plus grand nombre possible de figures sur chacune de mes planches , je serais obligé de doubler au moins le nombre de mes livraisons pour y comprendre toutes ces nouvelles découvertes. Cependant , loin d'imiter les éditeurs d'ouvrages dont le succès est assuré , et de ftiultiplier à l'infini le nombre de mes livraisons, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour réunir dans dix-huit livraisons une masse de matériaux à peu près double de ce que je comptais faire entrer dans douze lorsque j'en ai commencé l'impression. La vente de mes dessins originaux m'a fourni les moyens de faire un pareil sacrifice, et c'est avec plaisir que je chercherai de cette ma- nière à avancer des recherches qui ont fait pendant nombre d'années les délices de ma vie. Quiconque connaît les difficultés de tout genre qu'il faut surmonter pour mettre en train la publication d'un ouvrage aussi étendu et d'une exécution aussi difficile que celui-ci , ne pourra disconvenir que c'était une entreprise gigantesque pour un simple particulier sans appui. Ce n'est même qu'au moyen de sacrifices inouïs, dans ma position, que je suis par- venu à réaliser mon projet de faire connaître tous les poissons fossiles que je parviendrais à déterminer rigoureusement. Il est vrai que l'appel que j'ai fait aux savans , de concourir à cette œuvre scientilique , a eu partout du retentissement , et que de toutes parts des maté- riaux importans m'ont été communiqués avec la plus grande bienveillance. Mais cet empres- sement même , à mettre à ma disposition les trésors de toutes les collections , a augmenté encore mon embarras , par l'obligation qui en est résultée pour moi , de décrire et de publier tout ce qui m'a été confié. C'est sans doute pour alléger le fardeau d'une pareille obligation qui m'était en quelque sorte imposée , que l'Association Britannique pour la- vancement des Sciences , a renouvelé en 183.^ le don de cent guinées qu'elle avait af- fecté l'année précédente aux recherches qui seraient faites en Angleterre sur les poissons fossiles. Cette somme m'ayant été adjugée par le Comité chargé d'en diriger l'emploi, a été employée . en partie , au transport des milliers de poissons fossiles qui ont été réunis pen- dant plus d'une année dans les appartemens de la Société géologique de Londres , et en partie à les faire dessiner par mes artistes. Si de pareils encouragemens sont honorables pour celui qui les reçoit, ils ne font pas moins honneur aux associations scientifiques qui comprennent aussi noblement leur mission. Parmi les nouvelles acquisitions que j'ai faites en 1835, celles qui proviennent d'Angle- ToM. I. 4 — 26 — terre occupent le premier rang. Pendant la session de l'Association Britannique pour Tavan- cement des Sciences, à Dublin, M. le capitaine Portlock a fait voir à l'assemblée une espèce très-remarquable de PaKToniscus du grès-bigarré, que je décrirai sous le nom de P. catop- terus. C'est le premier poisson entier qui ait été découvert dans cette formation. Depuis, il a été envoyé à la Société géologique de Londres un bloc de cette même roche, de trois- pieds de long sur un et demi de large , sur l'une des faces duquel on ne voit pas moins de deux cent cinquante-deux exemplaires de cette espèce. Le Rév. M. Williams a exposé dans la même séance plusieurs fort beaux poissons du Lias de Wliitby, entre autres un Pachycormus et plu- sieurs Dapedius Orbis très-complets. M. R. Hutton m'a donné à cette occasion des renseigne- mens précieux sur le Mallotus villosus fossile d'Islande. Il en possède plusieurs beaux exem- plaires, rapportés par feu M. Gieseke, qui lui assura que les géodes dans lesquelles on trouve ces poissons continuent à se former sur les côtes. Maintenant donc l'identité de cette espèce avec un poisson vivant doit paraître toute naturelle ; ce n'est plus une exception à la loi générale que j'ai reconnue, savoir, que toutes les espèces fossiles non contemporaines de celles qui vivent aujourd'hui , en diffèrent spécifiquement. A Londres , M. Lyell m'a communiqué des poissons du Lias , des dents de Pycnodontes du calcaire alpin des bords du lac de Thoune , et des vertèbres de Squales du Lœss des environs de Bâle. Ces vertèbres diffèrent bien certainement de toutes celles de la molasse que j'ai vues jusqu'ici ; et l'on ne saurait par conséquent supposer qu'elles proviennent de formations infé- rieures à ce dépôt limoneux. M. Lyell possède en outre un fossile extraordinaire , que je n'ai pas osé envisager comme un poisson , bien que , procédant par voie d'exclusion , les paléon- tologistes qui l'ont vu l'aient éloigné du règne végétal et des classes inférieures du règne animal , pour le reléguer dans le domaine de mes recherches. Il a bien quelque ressemblance éloignée avec les formes bizarres de certaines Raies ; mais tout son corps semble recouvert d'écaillés imbriquées. Les carriers qui l'ont découvert dans le vieux grès-rouge d'Ecosse, l'ont fait passer, en le vendant , pour un Chérubin pétrifié. Ce fossile a aussi acquis une grande célébrité par les allusions du Traité de Bridgewater de M. Kirby qui le concernent. La sa- gacité des naturalistes a été jusqu'en 1840 à l'épreuve au sujet de cette relique; mais à cette époque , cherchant de nouveau à en déterminer la nature, nous avons reconnu, M. Buck- land et moi , que c'était une portion de la carapace d'un Crustacé colossal de l'ordre des Entomostracés. M. Greenough m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles de différentes localités , entre autres d'Ezzeit en Egypte , et une quantité de dents de Squales des terrains tertiaires d'Italie et de la craie d'Angleterre, dont plusieurs m'étaient inconnues, et sur le gisement desquelles il m'a fourni des indications très-exactes. Les plus curieux de ces fossiles sont les mâchoires d'une Chimère , dont malheureusement on ne connaît pas l'origine. La collection de la Société Géologique de Londres contient beaucoup d'ichthyolithes que je n'avais pas vus précédemment. Pour les réunir tous sous mes yeux , M. Lonsdale a eu l'obli- 27 geance de fouiller les immenses magasins de la Société. Les plus nouveaux sont de très-grands poissons de Malte, de la famille des Scombéroïdes (donnés par M. Collings) , une grande mâ- choire de Chimère de la craie de Cambridge, et un poisson du gault (donnés par le Rév. M. Hailstone), de très-beaux poissons d'Aix , parmi lesquels se trouve un genre nouveau (don- nés par M. Bentham), des poissons de Sheppy ( donnés par M. Nicholson) , un Pholidophorus inédit (donné par M. Fitton), une belle collection d'ichthyolithes de Solenhofen (donnée par M. Hailand) , et les fossiles de Caribary Cliff (donnés par M. Colebrooke), qui sont men- tionnés dans le premier volume de la seconde série des Transactions de la Société, p. 133. M. Kcenig m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles du Musée britannique , qui étaient restés enfouis jusqu'alors , entre autres plusieurs espèces de Sheppy constituant des genres nouveaux , un bec de Prislis très-bien conservé , et une fort belle collection de pois- sons du Liban envoyés par Lady Stanhope. Le Musée du Collège des Chirurgiens contient aussi une assez grande quantité de poissons fossiles , que j'ai eu le plaisir d'examiner avec M. Rich. Owen , et parmi lesquels j'ai reconnu plusieurs espèces nouvelles de Sheppy et des terrains oolitiques d'Angleterre. Dans la collection de la Société Zoologique de Londres, j'ai vu pour la première fois le Polypterus dti Sénégal, et quelques poissons curieux qui constituent de nouveaux genres. Le Polypterus m'intéressait surtout comme l'un des représentans actuels de cette grande famille des époques géologiques anciennes, que j'ai désignée sous le nom de Sauroïdes. Le marquis de Northampton a bien voulu soumettre à mon examen une série très-con- sidérable d'ichthyolithes de Monte-Bolca et de Torre dOrlando. Lord Cole et sir Phil. Egerton ont de rechef réuni dans leurs collections un grand nombre de poissons fossiles nouveaux, entre autres des séries très-complètes de toutes les espèces de Pholidophores de Lyme-Regis , et même un genre nouveau de cette localité , ainsi que des exemplaires de plusieurs espèces déjà connues, qui en rectifient et en complètent les ca- ractères. Sir Phil. Egerton , en particulier, a découvert dans la houille du comté de Stafïord plusieurs espèces et même quelques genres qui sont nouveaux pour cette formation. M. Murchison a reçu de M. Garner de Stoke des exemplaires de ces mêmes espèces , trouvés dans le nord de ce comté. Il a lui-même découvert dans le prolongement méridional de ce vaste dépôt de houille , au nord de Wolverhampton , de nombreux fragmens de Megalichthvs et de Diplodus, et, à Le-Botwood, dans un calcaire d'eau douce du terrain houiller de Shrewsbury (qu'il envisage comme l'étage le plus récent de la formation houillère du centre de l'Angleterre), une espèce nouvelle de Ctenodus. — M""" Murchison m'a communiqué de nouveaux poissons du grès-vert et de la craie d'Angleterre. — M. Stokes m'a encore remis des mâchoires de plusieurs espèces nouvelles de Myliobates de Sheppy. — M. John Murray fîls a réuni une très-jolie collection de poissons d'Aix, parmi lesquels j'ai reconnu une nou- velle espèce d'Anguille. — M. le docteur Somerville en possède aussi plusieurs de Monte- Bolca et de Torre d'Orlando , et M. Benjamin Phillips quelques-uns du Liban et de Lyme- — 28 — Régis. — M. Bowerbank a une belle collection de poissons de Sheppy. — M. Briglit m'a com- muniqué de ces mêmes poissons de Sheppy, et d'autres de la craie de Kent. — M. Goodhall m"a fait voir un bel Ichthyodorulithe de l'argile d'Oxford. M. Ed. Charlesw orth , qui a étudié tout particulièrement le Crag d'Angleterre, m'a com- muniqué une très-belle collection des poissons fossiles de ce terrain ; ils diffèrent tous de ceux qui habitent la mer du Nord. — M. Buxton, de Shenuyliam , m'a adressé une série éga- lement très-considérable de poissons de cette formation ; et M. Woodward, de Nonvich, m'en a transmis de tout semblables, accompagnés des dessins qu'il en a fait faire. A Cambridge , M. le prof. Sedgwick m'a fait voir la belle collection de fossiles du Collège de la Trinité , où se trouvent aussi déposées toutes les collections géologiques que ce savant a recueillies dans ses voyages. Parmi les poissons, j'ai remarqué de nombreux ichthyolithes de Barrow sur la Soar, et un Caturus de Solenhofen, qui est sans contredit le plus grand et le plus beau poisson fossile que l'on possède de cette localité ; il est presque entier et a plus de sept pieds de longueur. Une des parties les plus intéressantes de ce Musée est l'ancienne collection de Woodward , qui renferme un grand nombre d'Ichthyolithes , de Glossopètres et de Buffonites , et en particulier tous les originaux des fossiles figurés dans l'ouvrage d'Au- gustin Scilla sur les corps marins pétrifiés, que Woodward avait achetés du savant italien. Cette collection est d'autant plus précieuse , qu'elle servira à vérifier et à déterminer exacte- ment toutes les figures de Scilla, dont plusieurs seraient indéterminables sans les originaux ; je citerai entre autres la fig. 1 de la pi. XII, qui représente un superbe fragment d'une es- pèce très-remarquable de Phoque, qui n'a point encore été décrite et qui diffère notablement de tous les Phoques vivans. J'ai décrit ce fossile sous le nom de Phocodon. — Lord Ch. Harvey m'a communiqué de très-belles dents et des vertèbres de Stjuales de la craie de Cambridge. Il possède aussi des dents et des vertèbres d'une nouvelle espèce dichthyosaure de cette même formation. — Par les soins de M. le prof. Sedgwick, j'ai obtenu du Musée de Sunderland l'envoi d'un exemplaire très-complet d'un Platysomus du calcaire magnésien de Durham. M. le prof. Jameson m'a envoyé un grand nombre de fragmens de quelques espèces nou- velles du calcaire de Burdie-House. M. Robinson m'a aussi communiqué tout ce que la Société Royale d'Edimbourg a acquis de nouveau de cette localité , et entre autres une immense plaque qui prouve que les écailles arrondies figurées par M. le docteur Hibbert ne sont point, comme je l'avais pensé, les écailles dorsales impaires du Megalichthys , mais qu'elles appar- tiennent à un poisson qui en diffère génériquement et que je décrirai sous le nom de Holop- tychius. Je dois aussi des fragmens très-instructifs de ce poisson à M. Hibbert, qui a bien voulu m'envoyer aussi tout ce qu'il a pu se procurer de nouveau de Burdie-House , entre autres les belles mâchoires qu'il a figurées et décrites à la fin de son mémoire sur cette formation. M. Mantell a encore enrichi sa belle collection de plusieui-s espèces nouvelles , entre autres d'un Gyrodus de Tilgate et d'un nouveau genre de la famille des Pycnodontes , provenant de — 29 — la craie des Soiillulowns , et que j'ai nommé Acrolemnus. M. Weekcs m'a aussi communi(|ué un nomeau Gjrodus de la craie du comté de Kent. Miss E. Philpot a de nouveau rassemblé un assez grand nombre de poissons du Lyas de Lyme-Kegis , qui diffèrent en partie de ceux que l'on connaissait déjà de cette formation ; il s'est même trouvé dans le nombre plusieurs types de genres absolument nou>'eaux ou inconnus jusqu'ici dans le Lias. J'ai reçu en outre, par les soins de lord Cole , deu^s^ espèces nouvelles de cette formation, découvertes par M. Marder. M. le professeur Silliman m'a envoyé différentes dents de Squales fossiles des Etats-Unis. A la même époque, j'ai reçu de M. le comte de Sternberg , un rouleau considérable de beaux dessins, représentant toutes les espèces de poissons fossiles du Musée de Prague, que j'avais désignées comme les plus intéressantes de cette collection. M. le docteur Buckland a fait une découverte du plus grand intérêt pour llctblhyologie en reconnaissant que plusieurs fragmens d'os fossiles, rapportés successivement à divers rep- tiles , étaient des mâchoires de Chimères. II a lu à la Société Géologique de Londres , dans sa séance du k novembre I83S, un mémoire sur ces fossiles, parmi lesquels il a distingué quatre espèces, dont deux proviennent des couches supérieures de la formation jurassique, et les deux autres des terrains crétacés. Depuis, j'en ai vu encore deux autres espèces dans les collections de la Société Géologique et de M. Greenough. Dans cette même séance, j'ai communiqué les résultats de mes recherches sur les Ichthyolithes provenant des couches qui constituent le sol de l'Angleterre. Leur nombre s'élève à quatre cents espèces, dont la moitié environ paraît jusqu'ici appartenir exclusivement à l'Angleterre. Cependant , d'après la masse énorme de fragmens indéterminables que j'ai vus, je me suis convaincu qu'il y aurait encore des découvertes importantes à faire dans le système silurien , dans le terrain houiller, dans le Crag, et surtout dans l'argile de Sheppy, qui n'est pas moins riche en poissons fossiles que les schistes de Monte-Bolca. Je ne doute pas que quelqu'un qui s'établirait pour quelque temps à Sheppy, ne parvînt à réunir xme centaine d'espèces de celte localité. M. Elie de Beaumont a de nouveau rassemblé de très-beaux poissons fossiles du calcaire grossier des environs de Paris, qui appartiennent aux familles des Scombéroïdes , des Ché- todontes et des Perches. M. Valenciennes m'en a communiqué de très-curieux, de Menât, qui deviendront le type d'un nouveau genre , ainsi que d'autres d'Oran , et des dents de Pycnodontes de l'argile de Kimmeridge de Thieffram , département de l'Aube. En Allemagne , M. le professeur Braun, de Baireuth , m'a communiqué de la part de M. le président d'Andrian le dessin d'une mâchoire supérieure de Placodus, qui se trouve déposée dans la collection du cercle de Baireuth , fondée par M. d'Andrian, et qu'ont surtout enrichie les dons de M. le comte de Munster. Cette mâchoire est très-intéressante, en ce qu'elle com- plète les caractères de ce singulier genre , et le rend plus extraordinaire encore qu'il ne pa- raissait d'abord. En avant des dents molaires , qui ont été décrites par M. le comte do — 30 — Munster, et d'après lesquelles j'ai établi ce genre , se trouvent six dents coniques séparées des molaires par un intervalle assez considérable ; quatre de ces dents ressemblent à des inci- sives, et les deux externes, un peu plus grandes, à des canines. Ce sont ces mêmes dents que l'on avait déjà trouvées détachées , et que j'avais cru pouvoir rapporter aux os pharyn- giens de quelque grand poisson inconnu. M. Braun m'a envoyé en outre un dessin d'une série de sept dents d'un Acrodus du Muschelkalk , rangées encore dans leur position natu- relle, comme on les voit sur la belle plaque d' Acrodus nobilis du Musée de Bristol. M, le professeur Walchner m'a envoyé tout récemment des dents de Squales du grès-vert des Alpes qu'il a recueillies dans le canton d'Appenzell , et un exemplaire d'Ichthyolithe du Lias de Golhland. M. Kaup m'a communiqué un très-grand nombre de dents de Squales de différentes loca- lités bien déterminées , parmi lesquelles il s'est trouvé plusieurs espèces nouvelles ; il m'a aussi fait voir plusieurs beaux exemplaires de poissons de Monte-Bolca et d'autres formations , qui font partie de la collection du Musée de Darmstadt. M. d'Alberti m'a fait un très-bel envoi supplémentaire des débris de poissons qu'il a trouvés dans la formation triasique du Wurtemberg : il y a plusieurs de ces espèces qui sont nou- velles et de nombreuses pièces qui complètent les caractères de celles qui sont déjà connues. En Suisse, j'ai aussi obtenu des envois de plusieurs espèces nouvelles. M. Arnold Escher de la Linlh m'a remis une masse de dents de la molasse du canton de Zurich et du grès-vert des Alpes; M. le professeur Studer m'a également communiqué tout ce que le Musée de Berne a acquis de nouveau en fait de poissons fossiles. Chez M. Hugi, j'ai vu derechef plu- sieurs espèces nouvelles pour le Jura , entre autres de très-beaux Asteracanthus , des Psam- modus , des Periodus , des Lepidotus , et des dents qui appartiennent évidemment au Mega- losaurus. Le plus curieux de ces fossiles est à mes yeux une plaque dentaire du genre Dio- don, que M. Hugi prétend provenir de la formation jurassique; mais j'ai tout lieu de croire que ce genre ne se trouve que dans les terrains tertiaires. M. Thurmann m'a envoyé tous les fragmens de poissons fossiles qu'il a recueillis dans les couches jurassiques des environs de Porrentruy ; ils sont pour la plupart identiques avec les nouvelles espèces que j'ai vues en Angleterre. M. Aug. de MontmoUin a acquis de beaux exemplaires de divers Pycnodontes du Jura neuchàtelois , plus complets que ceux que nous possédions déjà. Enfin, le Musée de Neuchâlel a fait l'acquisition d'une magnifique collection de poissons fossiles de Glaris , qui comprend plusieurs espèces nouvelles et même des genres encore inédits. La formation du Muschelkalk , que je croyais d'abord très-pauvre en poissons , s'enrichit tous les jours de nouvelles découvertes. M. d'Alberti, à qui je devais déjà mainte espèce in- connue des géologues, m'en a encore adressé en 1836 plusieurs du Muschelkalk du Wur- temberg , qui ne se trouvent dans aucune des nombreuses collections de fossiles de ce terrain — 31 — que j"ai examinées depuis quelques années. Cependant c\st au zèle de M. Mougeot (pie j"ai dû les additions et les communications les plus importantes sur les poissons du Musclielkalk. Je viens de recevoir par ses soins tout ce que sa collection et celles de M. Ilogard, d'Epinal , et de M. Perrin, de Lunéville, contiennent de plus intéressant en fait de poissons. 11 s'est dere- chef trouvé plusieurs espèces nouvelles parmi le grand nombre de pièces dont se compose cette magnifique série , ce qui m'a mis en état de compléter la description de plusieurs es- pèces déjà connues en partie, et de déterminer avec plus de précision la nature de quelques fossiles encore très-douteux. M. Hogard, à qui je devais déjà de nombreux dessins de ces dé- bris, a eu l'attention de joindre à cet envoi des figures très-exactes de tous ceux que con- tiennent les trois collections mentionnées ; et M. Mougeot m'a donné sur leur gisement tous les renseignemens qui m'étaient nécessaires pour en compléter l'histoire. M. le comte de Munster m'a encore adressé une suite de notes très-importantes sur les pois- sons fossiles qu'il a observés depuis l'année dernière, accompagnées de croquis très-nets. Ces notes contiennent des indications précises sur le gisement de plusieurs espèces de dents de Squales figurées dans mes planches, mais dont j'ignorais en partie l'origine. J'ai pu ainsi compléter mes descriptions de ces fossiles, avant de les livier à l'impression. Ce n'est pas sans intention que j'avais fait lithographier avant l'impression du texte plusieurs planches de dents , exactement déterminées sous le rapport zoologique , mais sur la position géologique desquelles je manquais de renseignemens suffisans. Par ses observations, M. de Miinster a comblé en grande partie ces lacunes ; il m'a en même temps indiqué beaucoup de localités nouvelles pour im grand nombre d'espèces. Ces notes contiennent en outre des observations critiques sur quelques espèces déjà décrites, et la description détaillée d'une vingtaine d'espèces entiè- rement nouvelles, parmi lesquelles un Squale presque entier des schistes de Kellieim , qui constitue un genre nouveau auquel M. de Munster propose de donner le nom d'.EIlopos. J'ai intercalé ces précieux documens dans le texte de mon ouvrage, au fur et à mesure que les livraisons ont paru. Dans le Jahrbuch de Leonhard et Bronn, 1831, page S38, M. le comte de 31ùnster est revenu sur l'opinion que j'avais émise relativement aux Lombricaires , dans lesquels je ne vois que des intestins de poissons , et a fait des réserves pour certaines espèces rapportées à ce genre, qui lui paraissent ne pouvoir rentrer dans cette catégorie. Ces restrictions me paraissent cependant être les mêmes que celles que j'avais déjà faites aussi ( Jahrbuch 1833. p. 676) ; ensorte que, loin de différer d'opinion, comme il pourrait le sembler, je crois que nous sommes parfaitement d'accord. Sir Phil. Egerton m'a annoncé la découverte qu'il a faite de quelques nouveaux poissons fos- siles de la craie et du Lias. M. Voitz m'a aussi communiqué quelques espèces qu'il a recueil- lies dans le midi de la France. Pendant le cours des années 1837, 1838 et 1839, j'ai continué à recevoir des rensei- — 32 — guemens précieux pour l'histoire des poissons fossiles, qui ont encore étendu le champ de mes recherches . La majeure partie des poissons fossiles que j'avais observés en Angleterre ont été dessinés ; ceux de la collection du comte de Munster l'ont été également , grâce à l'obligeance avec laquelle ce savant a bien voulu surveiller et diriger l'artiste qui les a peints. J'ai pu dès-lors achever certaines parties de mon texte et cesser de morceler son impression. En continuant ma publication sur ce pied , j'espère parvenir à embrasser dans le cadre que je me suis pro- posé de remplir, l'ensemble des connaissances qu'il est possible d'acquérir maintenant sur les poissons fossiles en général. Heureux que je suis d'avoir ouvert une carrière nouvelle aux recherches paléontologiques , je n'espère pas moins laisser à mes successeurs une riche mine à exploiter. Différentes publications qui ont été faites récemmment , me donnent l'agréable certitude que bientôt les travaux particuliers sur les poissons fossiles vont se multiplier , et qu'un contrôle toujours précieux à l'avancement de la science va s'établir sur le terrain où j'ai poussé ces recherches. Parmi ces publications, je signalerai comme les plus intéressantes un Catalogue des poissons fossiles contenus dans les collections de lord Cole et de sir Phil. Egerton, publié par ce dernier et qui contient les noms de I9d espèces , avec des indications très-pré- . cises sur les formations d'où elles proviennent et des renvois aux planches qui ont été pu- bliées. Il a paru dès-lors une nouvelle édition de ce catalogue , considérablement enrichie et augmentée. M. le D"^ Buckland a rédigé im Mémoire sur plusieurs genres nouveaux de poissons fossiles très-extraordinaires , découverts dans le sable de Bagshot , et inséré par extraits dans les Proceedings de la Société géologique de Londres pour 1838. M. John. H. Red' field a également publié un Mémoire sur les poissons fossiles du Connecticut et du Massa- chussetts. Pour avoir moins de publicité , les travaux de M. le comte de Miinster n'en ont pas moins d'importance ; depuis plusieurs années il a découvert un grand nombre d'espèces nouvelles dont il m'a toujours transmis des dessins accompagnés de descriptions plus ou moins détaillées et très-bien faites. M. le D"^ Mougeot en a fait autant à plusieurs reprises, et tout récemment encore il m'a transmis une espèce nouvelle d'Hybodus du Muscheikalk de Lunéville. M. le D"^ Buckland m'a envoyé le dessin d'une superbe mâchoire inférieure de son Chiniciera Townsendii , et d'une dent nouvelle de la houille de Coalbrookdale ; lord Cole m'a remis un dessin et un plâtre d'une immense dent du Psammodus porosus du calcaire car- l)onifère d'Eastry , comté de Sligo en Irlande , ainsi qu'un squelette presque entier de la craie, et différens Cestraciontes et Hybodontes du calcaire carbonifère d'Irlande. M. Mur- chison m'a aussi envoyé des dessins de plusieurs poissons de la baie d'Ethie près de Cromarty : ce sont les mêmes espèces que celles de Gamrie. Au passage par Neuchâtel d'un envoi con- sidérable de poissons fossiles d'OEningen destinés à lord Cole , j'ai eu occasion de recueillir des renseignemens nouveaux sur plusieurs espèces que je connaissais déjà. Puis j'ai dû à M. le professeur Walchner la communication de plusieurs dents du grès-vert des Alpes de St-Gall et d'Appenzell. parmi lesquelles il s'est trouvé de nouveau une espèce nouvelle du genre 00 Carcharias. M. le ])rofesseur Zippe m'a commun upié un dessin d'un Palasoniscus de Braunau, et M. Kôchlin un poisson nouveau du calcaire d'eau douce de Lorrach, dans le grand duché de Bade. M. le professeur Pusch m'a envoyé une espèce nouvelle de Pologne. M. Romer m'a transmis des dessins très-détaillés de deux espèces trouvées dans les environs d'Hildes- heim et qui sont identiques avec celles de Purbeck ; c'est le Lepidotus minor et le Microdon radiatus. J'ai aussi reçu du Musée de Strasbourg, par les soins de M. de Billy, un envoi con- sidérable de poissons fossiles d'Oran et d'Aix en Provence, et de M. C. Nicolet , de la Chaux- de-Fonds , de nombreuses dents et des os de plusieurs poissons de la molasse et des fragmens de mâchoires avec des dents des terrains néocomiens et jurassiques. M. Stutchbury, de Bristol, m'a fait un très-belenvoi de dessins d'espèces nouvelles de la collection de M. Johnson et du Musée de Bristol. M. Redfield m'a communiqué divers pois- sons fossiles des Etats-Unis , sur lesquels il a publié une notice très-intéressante. Pendant mon séjour à Paris au printemps de 1838, M. DesHayes m'a remis un poisson nouveau du Liban, et M. Michelin plusieurs espèces nouvelles de différentes localités. M. Michelotti m'a adressé de Turin divers poissons de Monte-Bolca. Lors de la réunion des naturalistes alle- mands à Fribourg, en 1838, M. le comte de Mandelslohe m'a donné un fragment très-bien conservé de la mâchoire d'un poisson très-rare du Lias de Wurtemberg. M. Audouin a déposé au Muséum de Paris une belle collection de poissons fossiles des schistes d'Autun. M. le capi- taine Ibbetson m'a donné plusieurs dents de la molasse de Thunstett , parmi lesquelles il se trouve une espèce nouvelle de Pycnodonte. M. Wilh. Schimper m'a envoyé de Mulhouse un très-beau poisson de la molasse du dé- partement du Haut-Rhin , qui constitue un genre nouveau. M. Hull m'a aussi communiqué plusieurs très-beaux poissons de Claris, parmi lesquels il s'est trouvé une espèce nouvelle. J'en ai également dû plusieurs très-remarquables de la même localité à M. A. Escher , qui a même découvert dans ces schistes si remarquables un oi- seau de la taille d'une petite hirondelle. Ce fossile appartient maintenant au Musée de Zurich. Au Musée de Cenève, j'ai encore vu plusieurs poissons intéressans de Claris, de Monte-Bolca, d'OEningen et de Mansfeld. Enfin en visitant la Perte-du-Rhône , j'y ai trouvé moi-même plusieurs dents de Lamna du grès-vert. Ayant appris qu'il s'était formé en Angleterre plusieurs collections de poissons fossiles que je n'avais pas vues , et que les découvertes s'étaient considérablement accrues dans ce domaine depuis que j'avais visité pour la dernière fois les Iles Britanniques, en 1835, je ré- solus d'y retourner en 1840, afin de pouvoir examiner ces nouvelles richesses avant de ter- miner mon ouvrage. Je me proposais en même temps de rechercher en Ecosse des traces de glaciers que je supposais y avoir existé, d'après certains faits que j'avais recueillis depuis quelques années sur ce sujet dans nos Alpes. A tous égards j'ai eu à me féliciter des résultats de ce voyage , car non seulement j'ai appris à connaître un grand nombre d'espèces de pois- sons fossiles entièrement nouvelles pour moi , mais encore j'ai dû à la générosité de lord TOM. i. 5 _ sa — Francis Egerton de pouvoir poursuivre ces recherches sans entraves. Les dessins innombra- hles que j'avais été obligé de faire faire depuis que je m'occupe de poissons fossiles m'avaient entraîné à des dépenses qui surpassaient de beaucoup mes ressources et qui me faisaient vive- ment désirer de me décharger d'un fardeau aussi onéreux. Lord Francis , avec son empressement habituel à protéger tout ce qui lui paraît utile, me proposa de faire l'acquisition de ma collec- tion. Les conditions avantageuses qu'il m'a accordées en me remettant immédiatement le prix de mes dessins , tout en les laissant à ma disposition aussi longtemps qu'ils me seront néces- saires pour achever cette publication, m'ont permis d'étendre considérablement mes der- nières livraisons , sans charger les souscripteurs du surcroît des dépenses que j'ai été appelé à faire pour cela. La quatorzième livraison contient déjà les matériaux de deux livraisons , et cependant elle a été livrée aux souscripteurs au même prix que les précédentes. J'en ai agi de même pour les quinzième et seizième livraisons , et je compte étendre encore davan- tage les deux dernières , par lesquelles je me propose de terminer pour le moment cet ou- vrage. C'est à la libéralité de lord Francis Egerton que le public scientifique sera redevable de cet avantage ; je ne réclame pour moi d'autre.mérite que celui d'avoir fait un pareil usage des facilités qui m'ont été accordées. Lord Enniskillen, ci-devant lord Cole, et sir Philipp Egerton ont continué à soutenir mes efforts de leur bienveillant appui. Non seulement ils ont mis à ma disposition, comme autrefois, toutes les richesses qu'ils ont acquises depuis que j'avais visité pour la dernière fois leurs musées, mais encore ils ont fait dessiner à leurs frais tous les objets que j'ai dé- signés comme nouveaux dans leurs collections. Déjà la plus grande partie de ces dessins sont entre mes mains. Le nombre des espèces nouvelles dont ils ont enrichi la science est vraiment étonnant. Lady Gordon Cumming a puissamment contribué à étendre le cercle de nos connaissances sur les poissons fossiles d'une formation réputée jusqu'ici très-pauvre en débris organiques. Dans une carrière qu'elle a fait exploiter à dessein , dans le terrain dévonien ( Old Red ) du nord de l'Ecosse, elle a découvert un nombre prodigieux de poissons fossiles, formant une faune ichthyologique nouvelle , inconnue jusqu'alors. Mais elle ne s'est pas bornée à collecter ces précieux débris ; aidée de sa fille , lady Seymour , elle les a peints avec une vérité et une précision de détails qui exciteraient la jalousie des peintres d'histoire naturelle les plus ha- biles. Lady Gordon a daigné mettre tous ces précieux matériaux à ma disposition , ensorte que j'ai pu les réunir au rapport que l'Association britannique pour l'avancement des sciences m'a demandé sur les poissons de cette formation. Il semble que de toute part le terrain dévo- nien acquiert une nouvelle importance. M. Hugh Miller a fait connaître en détail, dans un joli volume intitulé « the Old Red sandstone, » toutes les richesses que ce terrain renferme dans les environs de Cromarty. Le premier il a découvert ces fossiles de forme bizarre, à carac- tères hétérogènes, que l'on a voulu ranger tantôt parmi les Tortues, tantôt parmi les Crusta- cés , et que quelques naturalistes ont même pris pour de grands Coléoptères aquatiques , et dont O -J je crois avoir reconnu la véritable nature , en les rangeant parmi les poissons , où ils fornienl un genre à part, que j'ai désigné sous le nom de Plericlilliys. Antérieurement, M. le docteur Fleming avait déjà publié la description de queUiues écailles de poissons provenant du vieux grès rouge. C'est sans contredit au célèbre professeur d'Aberdeen qu'est due la première dé- couverte de poissons fossiles dans le terrain dévonien. Je lui dois en particulier la communica- tion de plusieurs beaux poissons fossiles de cette formation. M. le docteur Malcolmson , de son côté, a considérablement étendu nos connaissances sur celle faune ichthyologique , en recueil- lant pour rillustrer une foule de documens qu'il a publiés dans un mémoire inséré dans les Transactions de la Société géologique de Londres. M. le professeur Jameson a ajouté à tous ces ])récieux rcnseignemens une collection considérable de poissons fossiles de l'étage supérieur de celle formation , recueillis par M. Andersen dans le Fifeshire et parmi lesquels se sont trouvées plusieurs espèces nouvelles. Le gisement de ces fossiles est décrit avec détail dans un mémoire de M, Anderson sur la géologie de Fifeshire. L'auteur a même déjà figuré quelques-unes de ces espèces dans son mémoire. M. le docteur Traill a augmenté le nombre des espèces propres à l'étage inférieur de cette formation , par l'acquisition qu'il a faite dé plusieurs types nouveaux des îles d'Orkney. J'ai également dû à M. Slrickland quelques espèces provenant de ces mêmes localités. M. Alexandre Roberlson m'a adressé un cahier de dessins supérieurement exécutés , représentant des poissons fossiles du vieux grès rouge des environs d'Elgin , qui se trouvent dans sa collection et dans celles de MM. Duff, Martin et Lawson , et au Musée d'Elgin. M. le Révérend Gordon m'a aussi communiqué quelques espèces des environs d'Elgin. Enfin j'en dois aussi plusieurs espèces à M. Webster de Balrodery. Parmi ses échantillons j'en ai trouvé plusieurs d'un grand intérêt, parce qu'ils m'ont fait connaître que le genre Pterygotus que j'avais établi , il y a plusieurs années , sur des fragmens très-imparfaits , n'appartient point à la classe des poissons, mais bien à celle des Crustacés. Une pareille erreur semble à peine possible , et cependant elle paraîtra excusable lorsque je ferai connaître les caractères de ce curieux fossile , dont un botaniste célèbre n'avait pas hésité à ranger certaines parties parmi les Algues. Les Séraphins fossiles des carrières de Forfarshire, que M. Lyell avait soumis à la section de Géologie de l'Association britannique réunie à Edimbourg en 1834, sont de ces mêmes Crustacés gigantesques du terrain dévonien. Ils offrent des rapports éloignés avec les Enlomoslracés gigantesques du terrain houiller , décrits sous les noms d'Eidotea et d'En- ryplerus. La Société d'agriculture d'Ecosse possède également plusieurs poissons fossiles inté- ressans du terrain dévonien. Les beaux travaux géologiques de MM. Murchison et de Verneuil, en Russie, ont considérablement étendu les limites géographiques de la formation de VOld Red. L'examen que j'ai fait des poissons fossiles rapportés de ces contrées lointaines par M. Murchison et qu'il a bien voulu soumettre à mon examen , m'ont conduit à ce résultat inattendu, que la plupart des espèces de Russie sont parfatiement identiques avec celles d'E- cosse. Je crois qu'une bonne partie des ossemens fossiles figurés par M. Kutorga sont des débris de ces poissons. Il résulte de tout ceci que VOld Red Sandstone rivalise en richesses — 36 — ichthyologiques avec les formations qui ont passé jusqu'ici pour fournir le plus grand nombre de poissons fossiles. La formation houillère est devenue une mine de plus en plus fertile. M. le capitaine Jones a, à lui seul, découvert plus de quarante espèces nouvelles de dents ou de rayons de pois- sons fossiles du calcaire carbonifère d'Irlande, qu'il m'a toutes communiquées ; tandis que M. Alexandre Roberlson m'a fait part d'une magnifique collection d'espèces du calcaire de Burdie-House , à l'aide desquelles les renseignemens que j'avais obtenus jusqu'ici sur ces pois- sons ont été considérablement étendus. Lja collection de la Société Royale d'Edimbourg a aussi acquis plusieurs pièces précieuses de cette formation , grâce aux soins persévérans de son se- crétaire perpétuel , Sir John Robison. Lord Greenock m'a communiqué plusieurs beaux pois- sons de cette même formation , entre autres une mâchoire très-bien conservée de l'Holopty- chius Hibberti, appartenant à M. Witham. J'en ai dû d'autres non moins intéressans à l'obli- geance de M. Goodsir. A Glascoiv , M. Rankine m'a communiqué un nombre si considérable d'espèces nouvelles de la houille des environs de cette ville , qu'en les examinant il me sem- blait que j'abordais une formation nouvelle. Sa magnifique collection , qui fut exposée au Musée de l'Université, par les soins de M. le docteur Scouler, lors de la réunion de l'Associa- tion britannique pour l'avancement des sciences, jointe à celle de M. le capitaine Jones , laisse entrevoir des découvertes plus intéressantes encore , lorsqu'on possédera des exemplaires plus ou moins parfaits de tant d'espèces dont il n'existe que de minimes fragmens dans les collec- tions. M. le capitaine Portlock a réuni dans le Musée du cadastre à Dublin une collection con- sidérable de fossiles, parmi lesquels j'ai surtout remarqué des espèces fort intéressantes de poissons, du terrain houiller, que M. Portlock a bien voulu me confier. Les collections de Manchester m'ont également offert de précieux matériaux pour l'histoire de poissons fossiles de la houille. Par leur diversité ces espèces le cèdent à peine à celles des terrains tertiaires. La collection de M. Bowman, celle de la Société géologique, celle de la Société d'histoire na- turelle, celle de M. Mellor, et surtout celle de M. Binney, m'ont offert le plus d'espèces nou- velles. M. Williamson m'a de nouveau communiqué plusieurs espèces nouvelles de la houille de Leeds. Plus j'avance dans mes Recherches sur les poissons fossiles et plus je sens que ce que j'ai pu faire jusqu'à présent dans ce domaine de la science n'est qu'un aperçu bien in- complet , qui , dans peu d'années , apparaîtra à peine comme une ébauche vague , du vaste sujet que j'avais d'abord cru pouvoir embrasser dans son ensemble. Les nouvelles acquisitions que j'ai faites en espèces des terrains jurassiques , proviennent ex- clusivement des magnifiques collections de Lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. Lord Enniskillen , dans un voyage qu'il a fait sur le continent en 1841 , a encore ajouté aux obliga- tions que je lui avais déjà , en me confiant de nombreuses espèces nouvelles qu'il a acquises en Allemagne et en Suisse , et en me faisant part de ses remarques critiques sur les espèces des collections qu'il a examinées. M. Strickland m'a aussi communiqué une jolie petite espèce nou- velle de Pholidophorus du lias de Worcester. — 37 — La fornialion crélacée ne s'est pas enrichie dans la même proportion ; cependant je dois à M. lioAvnian la communication dune collection considérable d'espèces de dilTérens geiu'es et de très^nombreux individus, qui lui a été adressée du nord du Brésil par M. Gardner. L'assem- blage de Cycloïdes et de Cténoïdes de genres éteints que l'on trouve dans celte localité , réunis à des genres de Gano'ides , ne me permet pas de douter que le terrain d'où proviennent ces poissons n'appartienne à la formation crétacée. La description que M. Bowman a donnée du gisement de ces fossiles confirme cette supposition. M. le marquis de Northampton m'a aussi communiqué plusieurs échantillons très-bien conservés de cette même localité. M. BoAverbank m'a de plus fait connaître plusieurs espèces nouvelles de la craie et du grès vert d'Angleterre. J'en ai également vu de très-beaux de la craie des environs de Worthing, chez M, Dixon , qui est sur le point de publier de très-belles planches de ces fossiles. Pour les terrains tertiaires c'est surtout la collection de l'argile de Londres de M. Bower- bank qui mérite particulièrement de iixer l'attention des paléontologistes , car elle est unique dans son genre. Les poissons en particulier mériteraient un travail monographique pour être décrits d'une manière convenable. En réunissant ceux des collections de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton, il faudrait y consacrer un travail de plusieurs années ; car*j)our les déter- miner rigoureusement, il serait indispensable d'étudier, pièce à pièce, tous les os de leur charpente et d'examiner leurs dents avec les détails minutieux qui ont fait faire à M. Owen de si belles découvertes paléontologiques. M. Wood m'a fait part de plusieurs espèces curieuses du crag; M. Hamilton m'a également fait voir celles de la Société géologique de Dublin ; mais c'est particulièrement à M. le marquis de Northampton que je suis redevable de la conmiunica- tion des espèces tertiaires les plus récentes , provenant des environs de Palerme , et qui étaient entièrement nouvelles pour moi. La collection de la Société géologique de Londres a continué à s'enrichir de poissons fos- siles de toutes les formations, et grâce à l'activité infatigable de M. Lonsdale, ils sont main- tenant rangés méthodiquement comme tous les autres fossiles de cette riche collection , en- sorte que j'ai pu les examiner dans leur ensemble. C'est ici le lieu de mentionner les travaux de M, Owen sur les poissons fossiles. Dans son Odontographie, il a établi plusieurs genres nouveaux, parfaitement bien caractérisés d'après la structure de leurs dents. M. Fischer de Waldheim a aussi publié plusieurs notices sur les poissons fossiles , qui ne me sont pas encore parvenues , bien qu'elles me soient dédiées et qu'elles aient paru depuis plusieurs années. Les communications les plus récentes qui m'ont été adressées concernent principalement les poissons du vieux grès rouge. J'en ai déjà fait une mention détaillée dans le rapport sur les poissons fossiles de cette formation que j'ai adressé, en 1812, à l'Association britannique pour l'avancement des sciences lors de sa réunion à Manchester. Je me bornerai à rappeler ici que les découvertes les plus importantes qui ont été faites dans ce domaine , sont dues à MM. Pander, Asmus, Murchison et de Verneuil qui ont considérablement augmenté le nombre — 38 — des espèces que j'avais étudiées en Ecosse en 1840. Tout récemment M. le comte de Kayser- ling m'en a aussi adressé quelques pièces intéressantes. J'ai également appris à connaître par M. Bronn des fragmens authentiques des genres Bothryolepis et Asterolepis de M. Eich- wald , dont je n'ai pas encore pu me procurer le mémoire. L'inspection de ces pièces m'a convaincu que ces prétendues écailles sont des os de la tête de mes genres Glyptosteus et Che- ionichthys. M. Parrot, qui s'est aussi occupé de ces ossemens, a fait voir que plusieurs espèces de Monticulaires de Lamarck ( Hydnophores Fischer ) , loin d'être des polypiers, étaient des os de poissons. Ce sont des os de mesChelonichthys. J'ai reçu en outre divers envois de ditîérentes localités renfermant des espèces que je ne connaissais pas encore. M. le D' Reuss de Billin m'a envoyé un fragment de mâchoire et quel- ques dents très-curieuses de la formation crétacée ; M. Pilla , plusieurs très-beaux poissons des Apennins , de Pietra-Roja et de Torre d'Orlando , qui se rapprochent de ceux de Solen- hofen ; M. Sismonda, deux poissons du terrain tertiaire supérieur du Piémont; M. Bouchard , un nombre assez considérable de dents et d'écaillés des environs de Boulogne-sur-Mer ; M. le professeur Zeuschner, plusieurs dents et quelques empreintes du calcaire jurassique des en- virons de Craôovie et de la chaîne du Tatra; M. Eschricht des géodes du Mallotus villosus d'Islande avec des exemplaires de ce poisson conservés dans de la liqueur ; M. Krantz une collection de dents du calcaire carbonifère d'Irlande; MM. Omalius d'Halloy et Dumont, des empreintes d'écaillés des terrains houillers et de transition de Belgique ; M. Hœninghaus, d'autres empreintes de ces mêmes terrains des provinces Rhénanes et des poissons entiers du terrain tertiaire de Mombach; M. Moricand , plusieurs beaux poissons du Liban; M. de Hagenow, des écailles et des vertèbres de poissons de la craie de Poméranie; M. le comte de Mandelslohe, de très-beaux poissons du Lias de Wurtendjerg ; enlin au moment de mettre cette feuille sous presse, je reçois de M. Elie de Beaumont une collection très-intéressante de poissons fossiles du Brésil. Lord Enniskillen et sir Philipp Egerton ont continué à me communiquer des dessins de toutes les espèces nouvelles dont ils ont enrichi leurs collections et des renseignemens cir- constanciés sur leurs caractères et leur gisement. Sir Philipp surtout m'a fait part d'un travail monographique sur les Chimères fossiles, dont la publication jettera un jour nouveau sur cette famille encore si peu connue. Il m'a fait espérer des renseignemens semblables sur les autres poissons fossiles de sa collection , qui ne sont pas encore compris dans mes livraisons. On ap- préciera l'importance de pareilles communications , lorsqu'on saura que j'ai souvent dû prendre mes notes, pour ainsi dire, en courant, dans les nombreuses collections que j'ai examinées, et que j'ai rarement pu revenir sur ce premier examen , ne possédant pas moi-même de collec- tion de poissons fossiles. Je terminerai cette énumération par une réflexion générale. Sur le point de publier pro- chainement la dernière livraison , que j'ai annoncée, de mes Recherches^ et de clore ainsi tem- porairement cet ouvrage , je me sens oppressé par la masse des matériaux qui restent entre — 39 — mes mains et qu'il m'a été impossible d'élaborer jusqu'à présent comme je l'aurais voulu. J'es- père ne pas trop présumer de l'intérêt que portent à la science ceux qui ont bien voulu me les confier, en pensant qu'ils voudront bien les laisser encore à ma disposition jusqu'à ce que j'en aie acbevé la description. On comprendra peut-être l'embarras dans lequel je me trouve . à cet égard , lorsque je dirai , que tout en publiant les dernières livraisons de cet ou- vrage, j'ai rassemblé des matériaux pour une dizaine de livraisons supplémentaires que j'au- rais voulu pouvoir fondre dans le corps de mon livre, mais dont l'abondance des matières me force d'ajourner indéfiniment la publication. NOTICE SUR LES COLLECTIONS QUE JE N'AI PAS VUES. Ce qui m'a été dit de ces collections me fait penser qu'elles contiennent encore des espèces qui me sont inconnues. Si les personnes qui les possèdent voulaient bien me les communi- quer , elles me rendraient un grand service , si , cependant , elles préfèrent les décrire et les faire figurer elles-mêmes , je m'empresserai de leur adresser tous les renseignemens qui pourraient contribuer à compléter leur travail. Ayant examiné des milliers de ces fossiles, j'ai acquis une très-grande facilité à les déterminer, et je pourrai aisément orienter ceux qui voudront se vouer aux recherches qui m'ont presque exclusivement occupé depuis plusieurs années. Comme je ne souhaite rien autant que l'avancement de cette partie de l'histoire na- turelle, et que ce n'est pas l'avantage qu'il pourrait m'en revenir que je cherche dans ce travail, mais les progrès de la science, ce sera toujours avec empressement que je sacrifierai à ce but , même la petite ambition que peut avoir un auteur de nommer et de classer lui- même les objets qu'il examine. Les personnes qui tiendraient simplement à avoir mes déter- minations , pour leurs collections , voudront bien m'adresser leurs fossiles à Neuchâtel ; pour peu que les localités d'où proviennent ces objets soient indiquées exactement, je serai am- plement dédommagé du temps que je consacrerai à les mettre en ordre , en apprenant à con- naître de nouveaux gisemens. Au reste , je ne crois pas inutile de rappeler que les plus pe- tites collections peuvent contenir des objets précieux , et qui ne restent ordinairement enfouis que parce que leurs propriétaires y attachent ou trop ou trop peu de valeur. Malgré le grand nombre d'espèces d'Italie que l'on voit dans les Musées cités aux pages qui précèdent, il est très - probable que, dans les collections de ce pays on en trouvera encore beaucoup que je n'ai pas rencontrées jusqu'à présent ; je le crois d'autant plus que , dans les grandes collections on a seulement réuni de grands exemplaires marquans , tandis qu'il y a une foule de petites espèces que je n'ai ordinairement trouvées que dans les petites collections particulières. On peut donc croire qu'en faisant des recherches sur les lietix mêmes, on sera récompensé par une riche moisson. — hO — Les principales collections qu'il me reste à voir, sont r à Turin, le Musée public et la col- lection (le M. de la Marmora, qui possède des poissons fossiles provenant d'un calcaire mar- neux subapennin , semblables à ceux de Sinigaglia , dans la Romagne ; il en a aussi d'autres, trouvés dans le voisinage du lignite tertiaire subapennin. A Milan, la collection du Conseil des mines. M. le comte Borromeo en possède aussi une fort belle, et M. Cristofori a, dans la sienne, un assez grand poisson, dans un calcaire à aspect jurassique, des environs de Malaga, en Espagne. Le Musée de l'université de Padoue et celui de Pane sont riches en poissons de 3îonte-Bolca. M, le professeur Catulo possède surtout des dents des terrains secondaires et tertiaires; on peut s'en procurer chez Senonez, marchand à Fenise. A Ficenza, il y a plusieurs collections d'Ichthyolithes du Monte-Bolca, entre autres celle de la Biblio- thèque et celle de M. Marzari. La magnifique collection de Castellini a été réunie au Musée de Padoue ; elle contient environ deux cent soixante-et-dix numéros de poissons seulement , la plupart ayant les deux plaques correspondantes ; il y a surtout une Raie remarquable , dont on dit la charpente osseuse, et qui ne se trouve ni dans le Musée de Paris, ni dans la collection du comte Gazzola , à Férone. Cette dernière est la plus riche en poissons de Monte- Bolca et la mieux conservée. Il y a encore, k Férone, quelques autres petites collections. A Plaisance, dans la collection de M. Cortesi, il y a des os, des vertèbres détachées, des dents et une tète de poisson, trouvés dans les collines subapennines du Plaisantin et du Parmesan. A Parme, il y en a d'autres chez M. le professeur Guidotli , chez M. le comte Lenate, chez M. le professeur Jan , chez M. le comte Sanvitale, et dans la collectioii de l'université. Le cabinet d'histoire naturelle de Reggio et de Modène en contiennent aussi. A Lodi , il y a aussi une collection intéressante chez un employé de l'hôpital. Les plus beaux exemplaires des poissons de Sinigaglia se trouvent à Bologne , chez l'abbé Ranzani et dans le cabinet de l'u- niversité ; il y en a dans le cabinet de Pesaro , chez M. le professeur Canali de Perugia, et à Macerata, dans les Marches. Le cabinet de Florence possède beaucoup de poissons de Monte- Bolca, et des dents de Squales et de Raies des terrains tertiaires de l'Italie centrale. Le doc- teur Agostino Sassi, à Gènes, a aussi une collection intéressante. Enfin, M. Monticelli, à Na- ples , possède des poissons fossiles de Pietra-Roja et de Castel-a-Mare. Il existe encore en Angleterre quelques collections que je regrette beaucoup de n'avoir pas eu le temps de visiter et qui contiennent, dit-on , de fort beaux poissons fossiles. Tels sont le Musée de Bath, qui renferme essentiellement des fossiles de la formation oolitique, celui de Cantorberry où se trouve un grand nombre de fragmens de poissons fossiles de Sheppy , et les collections de Miss Bennett, de M. Pearse et de M. Meade. En Allemagne , il y a quelques collections intéressantes que je n'ai pas encore examinées. Dans la collection du Conseil des mines de Klagenfurth , il y a un grand poisson bien con- servé , dans vm gisement tout semblable à celui de Sinigaglia et provenant de Radeboy ( gîte du soufre amorphe brunâtre). En Croatie, on a trouvé plusieurs autres espèces de poissons avec des insectes de différens genres , des Coléoptères, des Hyménoptères et des Diptères. Chez — /il — M. Partsch, à f ieiiiic , il y a beaucoup de restes de poissons d'une marne subapenuine de ^i- collsc-lii(z, en Moravie. M. Wellrich, à Cidmhuch, a des poissons du lias; il y en a aussi dans la colleoliou de liunz , et de ceux de Solenbofen h Nurembenj , ffnrtzbowg et Mannheim. Le Musée de Berlin possède des poissons du Liban, rapportés par MM. Ehrenl)erg- et Ilcuiprich : la collection de Schlotlheini, (jui a été acqnise à ce musée, renferme des poissons d'OEningen, de Solenbofen et du Mansfeld. A Hfunsler, dans la collection du Lycée, on conserve quel- ques poissons de la craie. Le Musée de Halle en possède beaucoup et de fort beaux du Mans- feld ; il y en a aussi dans la collection du D"^ Sack et dans celle de l'Ecole des mines d'Eisle- hen. et deFreyherg. On en voit encore dans les collectionsc^publi([ues de Marboury , de Glcssen. et de Dresde; et dans celles de feu Link à Leipzk, et de M. Cotta à Tharand. Le D' Geinitz en possède aussi plusieurs de différentes formations. Il y a également des poissons fossiles à Ifalberstadt , à Hildesheim et à Minden. La collection du prince de Fiïrstenberg au cbàleau de Donau-Eschimjen contient surtout des espèces d'OEningen. Au Musée de Pesth, l'on conserve des icbtbyolithes du calcaire jurassique du Platensee. M. François de Rosthorn, à ff'olfsberg, en Carinlhie , en possède de Sagor sur la Save (Carniole ) , tirés d'une couche de lignite subapennine ; le schiste marneux jurassique inférieur de Raibel lui a aussi offert quelques poissons de médiocre grandeur. J'ai appris que M. Simon, de Francfort-sur-VOder, possède ini poisson contenu dans un morceau d'ambre ; n'en ayant jamais vu de semblable , je si- gnale ce fait à l'attention des naturalistes. Il serait très-important de s'assurer dans quel état est ce poisson et de constater s'il n'appartient point à quelque espèce vivante. En France, il existe aussi plusieurs collections dont l'examen fournira certainement encore quelques espèces nouvelles. S. Nimes, M. Séguier a réuni un assez grand nombre d'ichthyo- lilhes du Monte-Bolca, surtout intéressans parce que la plupart des plaques sont doubles et qu'elles n'ont pas été ressoudées lorsqu'elles étaient brisées. MM. Bertrand-Geslin , à Nantes ; Lecocq, à Clermont ; Marcel de Serres, à Montpellier : Defrance, à Sceaux, et ^\alferdin, à Paris , possèdent aussi des poissons fossiles. M. Botta a envoyé à Paris une collection consi- dérable d'ichthyolithes du Liban , qu'il se propose de décrire à son retour. Les espèces que possédait M. de Drée ont passé en Angleterre, et en partie au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Les journaux ont annoncé qu'en construisant la grande caserne de cavalerie de la rue de Lille à Falenciennes , une pierre blanche des carrières d'Hordain s'était tout-à-coup partagée en deux pendant qu'on la travaillait, et avait offert sur ses deux parois, d'un côté en creux et de l'autre en relief, un poisson parfaitement figuré , appartenant « au genre des poissons vo- lans. » Si ce fossile a été conservé et déposé dans quelque Musée public ou dans quelque collec- tion particulière, il serait très-intéressant d'en avoir une bonne ligure. * Les collections se sont tellement multipliées que, même en Suisse , il y en a plusieurs que je n'ai pas encore pu examiner ; les plus intéressantes sont celles du couvent de St-Urbain , qui possède tous les fossiles figurés par Lany . dans son Historia lapidum figuratorum Helve- ToM. I. • 6 — k^ — (iœ: celle du couvent de Rheinait , celle de la bibliothèque de -S<- (?«//, celle de M. le pasteur Steinmiiller à Rheineck , et celle du D"^ Schla^pfer, à Trogen. On aurait lieu d'être surpris si , dans toutes ces collections , il ne se trouvait pas de nou- veau un grand nombre d'espèces inédites. J'ai d'autant plus lieu de le croire que l'inspec- tion des collections que je ne connaissais pas encore lorsque j'ai publié ma première livraison . m'a conduit à tripler au moins le nombre des espèces que j'étais parvenu à déterminer rigou- reusement à cette époque. On peut dès-lors s'attendie à voir la liste se grossir encore pendant long-temps ; et je ne serais pas surprisde la voir s'élever à quelques milliers lorsque l'on aura eu , pendant quelques années, les yeux fixés plus attentivement sur cette partie de la paléonto- logie. Ce résultat serait d'autant moins surprenant que le nombre des espèces vivantes, réunies dans le seul Musée de Paris, dépasse déjà six mille. Dans les fouilles que l'on fera doré- navant, il faudra non-seulement tâcher de recueillir des exemplaires plus complets des espèces déjà connues, mais surtout avoir particulièrement égard au gisement des ichlhyolilhes , noter soigneusement les fossiles qui les entourent dans le banc où ils gisent, et même ceux que Ion (rouve à certaine distance dans le voisinage ; enfin il faudra tenir compte de la position qu'oc- cupe le poisson dans la roche. On sent qu'une juste appréciation de toutes ces circonstances peut nous conduire à des données plus ou moins positives sur les mœurs des poissons fossiles. Quant aux fragmens épars dans les couches , il importe peut-être davantage encore de les re- cueillir avec soin et de ne réunir que ceux d'une même localité, pour ne pas s'exposer à rap- porter à une même espèce des parties différentes de plusieurs espèces distinctes, ou pour ne pas distinguer spécifiquement sur des différences peu inqîortantes des parties dont on reconnaî- trait l'analogie, si on les voyait dans une série plus complète. Celle observation s'applique surtout aux dents de Squales qui, dans plusieurs genres, varient de forme et de dimensions suivant la place qu'elles occupent dans la gueule. Il serait aussi bien important de s'assurer par le gisement à quelle espèce se rapportent telles dents , telles vertèbres et tels rayons de na- geoire que l'on trouve isolés ou mélangés avec ceux d'autres espèces. Les gros rayons . par exemple, que l'on a jusqu'ici attribués à des Silures ou à des Balistes , et que l'on désigne sous le nom d'Ichtliyodorulites , proviennent de plusieurs genres de Placoïdes qui n'existent plus ; il importerait de pouvoir les rapporter tous aux différens types de dents que l'on trouve dans les mêmes couches , et je ne doute pas qu'on y parvienne en tenant compte du mode d'associalion de ces débris. Enfin, il est quelques formations dont les poissons paraissent être plus rares que d'autres et sur lesquels il faudra diriger plus particulièrement son attention dans des recherches ultérieures : tels sont en particulier les terrains de transition , la houille et la craie. ^5 CHAPITRE II. RENSEIGNEMENS SUR LES OUVRAGES DANS LESQUELS ON TEUT TROUVER DES DOCUMENS SUR LES POISSONS FOSSILES Dans cet aperçu des ouvrages qui contiennent des observations sur les poissons fossiles, j'ai seulement énuniéré ceux qui traitent ex-professo de ces organismes et ceux dans lesquels ils sont mentionnés avec intention de les déterminer ou de les rapprocher de leurs types. J'ai omis tous ceux qui ne contiennent que l'indication des localités ou des terrains dans lesquels on trouve des iclithyolithes : sans cela j'aurais été obligé de citer tous les manuels de géologie. Je dois primitivement à M. Bronn les titres d'une partie des notes bibliographiques qui suivent ; cependant la plupart ont été vérifiés depuis sur les originaux. J'en ai recueilli moi- même un très-grand nombre dans la magnifique bibliothèque de M. Cuvier, qui m'en avait accordé le libre accès , et où j'ai trouvé presque tous les ouvrages qui traitent des poissons fossiles. Pour en faciliter la revue, je les rangerai tous par ordre alphabétique. Agassiz (L.) , Untersuchungen iiber die fossilen Fische der Lias-Formation. — Leonh. u. Br. Jahrb. 1832, p. 159. — Outre la description de plusieurs espèces et de plusieurs genres nouveaux, ce mémoire contient un résumé très-concis des principes de ma classification et des principaux résultats auxquels j'étais arrivé alors, dans mes recherches sur les poissons fossiles. Agassiz (L.). Untersuchungen ïiber die fossilen Siisswasser-Fische der tertiaren Formationen. — Leonh. it. Br. Jahrb. 1852, p. 129. Agassiz (L.), Uber das Alter der Glarner-Schiefer formation nach ihren Fischresten. — Leonh. u. Br. 1\. Jahrb. 1834, p. 301. — Dans cette notice, le célèbre gîte à pois- sons de Glaris, qui a si longtemps passé pour appartenir au terrain ardoisier de transition, est rapporté à la série crétacée d'après les rapports de ses poissons fossiles avec ceux des formations secondaires les plus récentes. Agricola , De Lapillis ex Pisce quodam Italije. — Commcrc. Norib. 1735, Hebd. XXVII . p. 210, fig. Alberti (von), Beitrag zu einer Monographie des Bunten Sandsteins, Muschelkalks u. Keu- pers, etc, Stuttg. u. Tiib. 183'i. — kk — Anderson (J.), On the Geology of Fifeshire. — Prize Essays and Transact. HighI. Soc. 4 840. — Contient des figures de poissons du vieux grès rouge. Andbe,\f, (.J.-G.-R.) Briefe aus der Sclnveiz nach Hannover geschrieben in deni Jahre 176.5. Zurich et Winterthur , 1776, k". fig. Argenville (A. J. Desallier d' ) , L'Histoire naturelle éclaircie dans une de ses parties princi- pales, rOryctologie , etc. Paris 175S, k°, fig. — Tab. 18, fig. 1, représente le Pachycor- mus macropterus Agass. , et fig. 2, le Leucicus oeningensis Agass. Bayeri (Joh. Jac), Oryctographia Norica , etc. Norimb. 1708, 4°. fig. — Supplementa , ibid. 1730, k°, fig. — Oryctogr. cuni Supplem. Norimb. 1758, fol. fig. Bayeri (Joh. -Jac.) Monumenta rerum petrificatarum. Norimbergîe , 17.57, fol. — Contient quelques figures d'Ichthyolithes de Solenhofen. Barrère (P.), Observations sur l'origine et la formation des Pierres figurées, et sur celles qui, tant extérieurement qu'intérieurement, ont une figure régulière et déterminée. Paris 1746, 8°. Barriîsgton (D.), Descriptio fossilis in Hamptoniensi comitatu reperti. — Philos. Trans. LXIII , p. 171. — C'est une écaille de poisson. Barry, Lettre à M. Faiijas de Sl-FomJ. — Ann. Mus. V, p. 64. Bartholinus (Casp.), Dissertatio de Glossopetris. Hafn. 1704, 4°, et 1706 , 12°. Berger (H.), Die Versteinerungen der Fische und Pflanzen im Sandstein der Coburger Ge- gend. — Cob. 1832, 4", fig. Bertrakd-Gesliin. Poissons de Monte-Bolca. — Férussac , Bull, des se. natur. 182S, IV. Bertraivd-Geslin. Aperçu géognostique sur le bassin gypsfeux d'Aix, département des Bou- ches-du-Rhône. — ^ Mém. Soc. dhist., Paris , L p. 273. — Contient des notes sur les pois- sons fossiles par M. de Blainville. Beurard, Notice sur des Ichthyolithes mouchetés de mercure sulfuré , trouvés dans le dépar- tement du Mont-Tonnerre. — Journ. des Mines, XIV, p. 409. Blainvilxe (de), Sur les Ichthyolithes ou les Poissons fossiles. — Nouv. Dict. d'Hist. nat. XXVIII, 1818. — (Trad. allem.) Die versteinerten Fische, geologisch geordnet , etc. Am dem Franz, mit Ânmerk. und einer Forrede v. J. J. Kruger. Quediinb. u. Leipz. 1 823, 8". C'est le premier ouvrage dans lequel soient énumérés tous les poissons fossiles connus alors. Il m'a été utile à cause du grand nombre de localités qui y sont indiquées ; mais les descrip- tions sont loin d'être complètes et les déterminations paraissent ne pas reposer toujours sur la comparaison des pièces nécessaires. Du reste, à cette époque^ il eût été difficile de mieux faire sans se vouer complètement à l'ichthyologie. Je rapporterai toutes ces indications aux espèces auxquelles elles appartiennent. Ce mémoire a été traduit en allemand par Kriiger, qui l'a enrichi de beaucoup de notes bibliographiques relatives surtout aux ouvrages an- ciens. Defrance l'a reproduit en abrégé, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, à l'article « Poissons fossiles. » — 45 — Boccom:. Intorno aile Glossopctre. — Mus. di Fis. Obs. XXXII , p. 179. Bonnaire-Mansv'y. Cosmogénie et origine des pétrifications, 8". Paris, 1824. BoiTUDET, Histoire naturelle des Ichlhyodontes , ou Dents fossiles qui ont appartenu à la famille des Poissons. h°, fig. BoiiRDET, Notice sur des Fossiles inconnus, qui semblent appartenir à des plaques maxillaires de Poissons dont les analogues AÎvans sont perdus, et que j'ai nommés Ichthyosiayones. Genève et Paris, 1822, U\ fig. BouBGUKT , Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des Pétrifications dans les quatre par- ties du monde ( ou aussi : Traité des Pétrifications , etc.) Paris et La Haye , 1 742 , h°, fig. BozzA. Sur les poissons de Monte-Bolca. — Transact. of the Irish Acad. V. Bro>'n (H.) Italiens Tertia>r - Gebilde und deren organiscbe Einschlùsse. Heidelberg , 1831. 8°. BronjS (H.). Ueber die fossilen Reste der Papierkoble bey Geistinger-Busch im Siebengebirge. — Leonh. Zeitschrift fur Minéralogie 1828. vol. 1, p. 374, tab III. — Description et figure du Leuciscus papyracens. Bromn (H.) Ueber einige Pelrefacten Sammlungen in Italien. — Leonh. Zeitschrift fur Miné- ralogie, 1828, VI, p. 417. Bronn (H.) Uebersichl der bedeutendsten geognostischen Sammlungen in England. — Leonh. Zeitschrift fur Minéralogie, 1829. Bronn (H.) Ueber die Pappenheimer fossilen Fische. — Leonh. Zeitschrift. 1828, vol. 2, p. 608. Bronn (H.) Ueber die Fisch-Abdriicke in Eisenstein-Nieren des Mittelrheinischen Steinkohlen- Gebirges und iiber Palœomscum macropterum insbesondere. — Leonh. Zeitschrift fur Minerai. 1829. vol. 2, p. 483. Bronn (H.) Ueber zwei fossile Fischarfen : Cyprinus coryphœno'ides und Tetragonolepis semidnc- tm aiisdem Gryphitenkalke bey Donau-Eschingen. — Jahrbuch fur Miner. Geogn. etc. von Leonhard und Bronn. 1830. p. 14. — Le premier de ces poissons est mon Leptolepis Bronnii, le second est devenu le type d'un genre qui compte maintenant plusieurs espèces. Bruckmann (Fr. Ern.), Petrefactum singulare, dentem seu palatum piscis Ostracionis refe- rens. — Ephem. Nat. Cur. Act. IX, p. 116. Brtickmann (Fr. Ern.), Centuria Epistolarum itinerariarum I-lII. Wollïenb. 1 742-1 7S0, 4". fig. (Cent. I, Ep. 29, De Glossopetris et Chelidoniis.) — Cet ouvrage renferme quelques figures très-médiocres ; mais il est remarquable à cause des idées singulières qu'il renferme sur l'origine des fossiles. Il dit, par exemple , des Sphœrodus figurés tab. 1 . f. VI et Vil : « in lerrae stralis a succis mineralibus forsan sus- cepti ? » — Tab. 4. f. IV. Pijcnodiis : « hos phaseolos ad dentés piscium reclè referunt. — « — Tab. 4. f. V. Ptychodm : « an sit insectum marinum petrificatum? an non recliù^ palatum vel dens molaris piscis majoris marini ? » — 46 — Brïtckmann (Fr, Ern.), De Figura Lapidum ex Pisce quodam Indico, cum effigie Sancti Pé- tri, St Pelerstein genannt. — Commerc. Norib. 1739, Hebd. XXVII, p. 209, fig. BucKLA^D (Rev. D' Wili.), Geology and Mineralogy, considered with référence to natiiral Theology. London 1837, 2 vol. 8°. — Renferme un résumé très-bien fait de l'état de nos connaissances sur les poissons fossiles à cette époque. BiTCKLAND (Rev. D"^ Will.), A notice on the fossil beaks of four extinct species of fishes. re- ferrible to the genus Chimœra , wliich occur in the oolitic and cretaceous formations of England. — Proceed. Geol. Soc. Lond. vol. 2, 1835. BucKiAMD (Rev. D'^Will.), On the discovery of fossil fishes in the Bagshot sands at Goldworth- Hill. — Proceed. Geol. Soc. Lond. vol. 2, 1858. BuRTiN (Fr.-X. de) Oryclographie de Bruxelles, etc. Brux. 1784, fol. fig. BuTTNERS. Rudera diluvii testes. Leipzig 1710. in-4. 1 vol. — La fig. 2, Tab. 18, repré- sente le Palœoniscus Freiesleheni ; la Tab. 14 un Palœorhynchum. Cet ouvrage mérite d'être étudié. Byam (Fr.) a. Pond (Arth.), Epistola^ de Imagine Piscis , lapidi. in insulâ Antigoa exciso, im- pressà. — Philos. Trans. XLIX , 1. p. 296. Catullo (J.-Ant.) Saggio di zoologia fossile , overo osservazioni sopra li petrefatti délie pro- vincie Austro-Venete. Padova, 1827, k°. fig. Chaklesvn^ortii (Edouard), On some fossil teeth of the genus Lamna. — Magaz. of Nat. Hist. 1839. — Représente différentes dents de Squales de l'argile de Londres. Charlesw^orth (Ed.) Notice sur le Carcharias megalodon. — Loudon Magazin of Natur. Hist. 1837. CoLLiNSON (P.), Observations on the Belluga-Stone. — Philos. Trans. n° 483, p. 451. CoNYREARE and Phillips. Outlines of the geology of England and Wales , etc. London , 1 822. CoLUMNA (Fab.), Disserlatio de Glossopetris. Roma^ 1616, 4° (avec son ouvrage De Pur- pura). Réimprimée danS Scilla de Corporibus marinis lapidescentibus , Roma; 1747, 4°. CoLE (Lord) , Fossil fish from Engi in the canton Glaris , in Switzland , in the possession of Lord Cole. August 1829. — Lithographie in-folio représentant un très-bel exemplaire de mon Palœorynchum latitm. CoLE (Lord) , Dapedius politus from Lyme-Regis. — Lithographie in-folio représentant un exemplaire très-remarquable d'une espèce particulière de Dapedius , à laquelle je donne le nom de D. Colei , et sur lequel on peut étudier une partie du squelette. CuviER (G.) , Mémoire sur les Os de Reptiles et de Poissons des carrières à plâtre des environs de Paris. — Ann. Mus. XVI, p. 113 , fig. CuviER (G.) Recherches sur les ossemens fossiles. Paris, 1822. — Le y vol. contient la des- cription des poissons fossiles de Montmartre, avec figures. CuviER et Valencienkes. Histoire naturelle des poissons, Paris, 1828. 16 vol. jusqu'en 1843. — kl — Desi.okgchamps (Eudes), Mémoire sur un Fossile du calcaire de Cacn, présumé êlre une dé- fense caudale d'une espèce inconnue de Mourine ou llaie-Aigle. — Mém. Soc. Linn. Cal- vad. Il.p. 271. Deskoyers ( JuI.) . Observations sur un ensemble de dépôts marins plus récens que les terrains tertiaires du bassin de la Seine , etc. — Ann. Se. nat. 1 828 , XVI , p. 1 71 et 102. Desnoyers (J.) Observations sur quelques systèmes de la formation oolitique du N. 0. de la France, et particulièrement sur une oolite à fougères, de Mamers , dans le département de la Sarthe, — Annales des se. nat., 1825, IV, p. oS3. DuvERNOY. Notes sur quelques dents fossiles d'Oran. — Comptes-rendus de l'Acad. des se. 1857, p. 491. Egerton (Ph. Grey). A systematic and stratigraphical Catalogue of the fossil Fish in the Ca- binets of Lord Cole a. sir Ph. Grey Egerton , etc. Lond. 1837, k". — T édit., augmentée de plusieurs espèces. Ann. a. Mag. N. H. 1841, VII, p. 487. Faujas-St.-Fond (B.) Histoire naturelle de la montagne de St. -Pierre de Maëslricht. Paris, 1799 , grand 4°. fig. — Donne des figures de quelques dents de poissons fossiles. Faujas-St.-Foisd (B.) Essai de géologie, ou Mémoires pour servir à l'histoire naturelle du globe. Paris, 1809-10, 5 vol. 8°. — Le chapitre 4 du premier volume est consacré aux poissons fossiles, dont il donne quelques mauvaises ligures. Faujas de St-Foisd (B.), Notice sur le gisement des Poissons fossiles des environs d'Aix (Bouches-du-Rhône).— Ann. Mus. VIII, p. 220. Faujas de St-Fojnd (B.), Notice sur le Piquant ou l'Aiguillon pétrifié d'un Poisson du genre des Raies, etc., trouvé dans une carrière des environs de Montpellier. — Ann. Mus. XIV, p. 377, fig. — Il constitue un nouveau genre de la famille des Raies. Faujas de St-Fond. Mémoire sur un poisson fossile trouvé dans une des carrières de Nan- terre, près de Paris. — Ann. du Mus. vol. I. p. 353-3.^6. — C'est le Denlex Fauj asi Agass. Faujas de St-Fond. Mémoire sur une grosse dent de Requin trouvée dans les carrières des environs de Paris. — Annales du Muséum vol. IL p. 103, fig. Fischer (Golfhelf). Notice sur quelques animaux fossiles de la Russie, dans les Nouveaux Mémoires de la Société impériale des naturalistes de Moscou, k". Moscou, 1829, I. p. 281. Fischer (Gotth.), Lettre à M. L. Agasslz , sur deux Poissons fossiles. Moscou 1838, 4", fig. — Cette lettre forme le 2" Cah. des Recherches sur les Ossemens fossiles de la Russie. Fischer (Gotth.) Prodomus Petromatognosia; animalium systematicae. ---Nouveaux Mémoires de la société des naturalistes de Moscou, t. L Fischer (Chr. Gabr.), Dissertatio de Bufonite. Regiom. 1714, 4°. Flemiisg ( J.) , Notice of the Remains of a Fisch found connected with a Bed of Coal at Clack- mannan. — Edinb. N. Phil. Journ. 183.5^ Oct. — Ce sont des plaques d'écaillés de Me- galichlhys. — kS — Flemikg (J) , On the occurence of the Scales of vertebraled animales in the Old-Red Sands- tone of Fifeshire. — Edinb. Jouni. of nat. and geograph. scienc. 1851 . FoRTis (Alb.), Extrait dune lettre sur différentes Pétrifications. — Journ. de Pkys. XXVIII, p. 161. FoRTis (Alb.), Lettera al Sign. Abbate Testa sopra i Pesci ischelelriti de Monti di Bolca. — Opusc. sceltiXVI, p. 196. FoRTis (Alb.), Transunto délia Replica al Sign. Abb. Testa negli Ittioliti de" Monte Veronesi. Opusc. Scelt. XVI, p. 336. (Gauthier). Observations sur l'histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture, 6 vol. k". — Cet ouvrage anonyme est de Gauthier; il contient la figure d'un poisson de Monte- Bolca. Gazola. Lettera al signor Scortcgagna sopra un pesce petrificato. Verona 180S , in-8". Germar, Ueber die Fisch-Abdriïcke im bituminosen Mergelschiefer der Grafschaft Mannsfeld. — Leonh. Min. Taschenb. XVIII , p. 61, fig. (iERMAR. Ueber die Pappenheimer fossilen Fische. — Keferstein ; Deutschland geogn. dar- gestellt. vol. IV, tom. II, p. 89. Gesneri (Joh.) Traclatus physicus de petrilîcatis. Lugduni Balavorum, 17o8 , 8". Geyer (J. Dan.), De Glossopetris AIzeinsibus et Montibus conchiferis. (In ejusd. Triglâ med. Francof. 1687, h\ fig.) Gœritz (J. a.), Abhandlung von Schlangenaugen u. Schlangenzungen. — Bikhn. Miscell. phys.-med. 1727, p. 167. Graydon ( G.) , On the Fishes enclosed in the Stone of Monte-Bolca. — Trans. Irish Acad. V , p. 287. Guettard. Nouvelle collection de mémoires sur différentes parties des sciences et des arts. Paris, 1786, fol. — Le tome 3 contient p. 116 un mémoire sur les Glossopètres , et p. 188 un autre sur les Bufonites; enfin, p. 129, des observations sur les poissons fossiles du Liban , avec figures. Hessel. Sur les poissons du schiste tripoléen de Cassel, dans Leonh. Zeitschr., 182o, II. — Sur les poissons d'Aix , ibid. I. — Sur ceux du schiste tripoléen de Francfort, ibid. 1827, I. HiBBERT (S) , Discovery of fossil Fish , the tootli of a saurian Reptile , and other Remains in the Limestone of Burdiehouse , near Edinburgh. — Scotsm. Newsp. Dec. 1833. HiBBERT (S.), Additional îNotices relative to the Freshwater Limestones in the vicinity of Edinburgh, belonging to the carboniferous Group of Rocks. — Edinb. N. Phil. Journ. Apr. 1831. HiBBERT (S.), Report on the Fresh-water Limestone of Burdie-House , near Edinburgh. — Trans. Roy. Soc. Edinb. 185d. Hitchcock A Sketch of the Geology, Minerology, and scenery of the Régions contiguous to the River Connecticut : wilh a geological Map and Drawings of Organic Remains , and oc- — /i9 — cnsioiiel Bolanical Motices. — Amer. Journ. VII. 1S!23, p. 1-86 et 201-236. — Contienl une notice sur les Poissons fossiles de la formation houillère d'Amérique. Hitchcock (Ed.), Final Report on the Geology of Massachusets, 2 vol. k". Amherst and JNor- thampton 1841 . HoEVEL (colonel de). Planche représentant une dent de grand Squale, trouvée dans la mo- lasse à Junghof (en Souabe). Hoffmann (Ern. Chr.) , Sendschreiben an BrucJoitaiin vom l'rsprunge der Mansfeldischen Ivupferschiefer. und den darinnen und darauf belindlichen Fischen. — Grund. Nat. u. Kunst- gesch. I, p. 463. JussiEu ( Ant. de) , Sur les Pierres appelées Yeux de Serpents et Crapaudines. — Mém. Acad. Se. Par. 1723, p. 296, fig. Karg. Die Versteinerungen von OEningen. — Denkschriften der Gesellschaft von Aerzten und Nalurforschern Schwabens. Tubingen , I, 1805. fciRCHER (Athan.), Mundus subterraneus in libros XII digestus. Amstel. 1664, 1665, 2ao1. fol. fig.— Ibid. d678. — (Belgicè) Onderaardsche JVeereU, Amst. 1682, fol. KcENiG (Ch.), Icônes fossilium sectiles, un cahier fol., sans date. — Contient quelques figures de poissons de Monte-Boica et du Lias. KoMG (Em.), De Glossopetris in Helvetiâ repertis. — Ephem. Nat. Cur. Dec. 2, Ann. VIH. Obs. 143, p. 305. KisoRR (G. Wolfg.) , Lapides Diluvii testes, quos in ordines et species distribuit, suis colori- bus exprimit , «rique incisos in lucem mittit. Norimb. 1755-72 , fol. îîg. — (allem.) Samm- Iiimj von Merkwilrdigkeiten der Nalur ii. Altertkumern des Erdbodens, welche petrifcirtf Kiirper enthdlt , etc. — (Contin. par J. E. J. Walch). Die Naturgeschichte der Versteine- rungen , zur ErlJiuterung der Knorrischen Sammiung von Merkwiirdigkeiten der Natur. II-IV, ïh. Niirnb. 1768-73. fol. fig. — (Trad. holland.) Knorrii et fFalchii Opus in't Nederduitsch vertaald door M. Houttuyn, met versheide Aanmerkimjer . Amst. 1773, fol. — Cet ouvrage contient de très-bonnes figures de plusieurs espèces de poissons fossiles de Solenhofen et d'OEninsfen. Knox. Sur les dents de Squales. — Brewster Edinb. Journ. of Scienc. n" 9. KuRZE (G. A.) Commentatio de Petrefactis, quae in schisto bituminoso mansfeldensi reperiun- lur. Hallse 1839. 4°. • — L'auteur donne d'excellentes figures de plusieurs espèces de pois- sons de cette formation. KuTORGA (St.) , Beitrag zur Geognosie und Palaeontologie Dorpats und seiner nâchsten Umge- bungen. St.-Pétersbourg , 8" 1835, KuTORGA (St) , Zweiter Beitrag zur Geognosie und Palaeontologie Dorpats und seiner nâchsten Umgebunden. St.-Petersbourg , 8° 1837. KuTORGA (St) , Beitrag zur Kentniss der organischen Ueberresle des Kupfersandsteines am westlichen Abhange des Urals. St.-Pétersbourg. 8" 1838. ToM. I. 7 — 50 — Lacépède (comte de). Sur un Poisson fossile trouvé dans une couche de gypse à Montmartre près de Paris. — Ann. Mines, X, p. 234. Lange (C. Nie), Historia Lapidum figuratorum Helvetiîe ejusque vicinise , etc. Lucerne et Venet. 1708, i°, fig. — Les originaux de cet ouvrage se trouvent dans le couvent de St. -Urbain, au canton de Lucerne. Les fig. 1 et 2 de la T. 6 sont le Leuciscus oeningensis Agass. Quoique les f. .3 , Tab. 6 et f . 4 , Tab. 7 portent le même nom, elles représentent le Palseoniscus Freieslebeni Agass., qui ne se trouve pas en Suisse. Leach et DE LA BÊCHE. Figure du Dapedium, nouveau genre de poisson fossile. — Tran- • sactions de la Société géologique de Londres. 2* sér. vol. i. — Dans chaque volume des Transactions, il y a la figure de quelque poisson ou de quelque fragment de poisson fossile : mais aucun n'y est rigoureusement déterminé ni bien décrit. LeiCtH (Cari), The Natural History of Lancashire , Cheshire and the Peak in Derbyshire, elc. Oxf. 1630, fol.; 1700, fol. fig. Leibkinecht. Hassiœ subterranea* spécimen. Giessa? et Francofurti, 1750. Leibnitius (God. Guil.), Protogœa, s. de prima facie Telluris et antiquissimœ Historiœ vesti- giis in ipsis Nalurcie Monumentis. Gott. 1 749 , k°, fig. — (Trad. allem.) Bayr. 1 749 ,8". — Contient trois figures de Palœoniscus. Lister (Mart.), Observatio de Glossopetrà tricuspidi non serratà. — Philos. Trans. IX, n° 1 10, p. 223. LuiD(Edw.), Lithophylacii Britannici Ichnographia , s. Lapidum aliorumqueFossilium Brilan- nicorum singulari (igurà insignium, quotquot hactenùs vel ipse invenit, vel ab amicis acce- pit, distributio classica ; etc. Lond. 1690, 8°, fig.— Lips. 1699, 8°, fig. — Oxon. 1760, 8°, fig. (avec des additions par G. Huddesford.) — Contient de bonnes figures de Pycno- dontes et de Cestracion'.es. Maffei (Scip.), Délia formazione de'Fulmini , raccolto de varie sue Lettere , in alcune délie quali si tratta anche degl' Inselti rigenerantise , e de' Pesci di mare su'i Monti , etc. Verona 1747, 4^ — (Trad. allem.) Leipz. 1758, 8". Mantell (Gideon). The fossils of the soulh downs; or illustration of Ihe Geology of Susses, 4°. London, 1822. Mantell (Gideon). illustrations of the geology of Sussex with figures and descript. of the fossils of Tilgate-forest, 1827, 4°. Mantell (Gideon). The Geology of the South-East of England, 8°. London, 1833. — Dans ce manuel M. Mantell reproduit les fossiles qu'il a décrits dans ses grands ouvrages géo- logiques ; il adopte lopinion que j'ai énoncée dans le .Jahrbuch de Leonhard sur les dents soi-disant de Diodons et sur les rayons de Balistes : ce sont des débris de Squales dont les genres n'existent plus. Mantell (Gideon). Folio-plate containing 4 figures of fossil fishes with descript,, etc. London, 1825. -^ 51 — Maraldi. Poissons fossiles. — Mémoires ildAcad. des sciences de Paris. 1703. hist.22.8°p. 27. Weroati (iMicli;i.>lis). Melalloliieca valicana. Konia' I7i7. fol. fig. 1719. fol. lig. — Compila- lion sans valeur et sans août. Meîszel (Chr.), De generalione Lapiduin vulgô Biifonum et Echinomelris. — Ephem. Nal. Cur. Dec. II, An. 9. Obs. 72. p. 118, fig. Meyer (Hcrm. v.), PaLTologica. ziir Gescliichte der Erde und ilirer Bewohner. Frankf. 1832, 8°. MoRO (Ant.-Laz.) De'crostacei e degli altri marini corpi che si trovano su'monti. Venezia . 17^10, k" MouGEOT. Renjarques sur les accroissemens de la galerie d'histoire naturelle au Musée des Vosges, en 185S-36. — Contient une notice sur les fossiles, et en particulier sur les pois- sons fossiles de la formation triasique. MouGEOT. Récapitulation des objets d'histoire naturelle déposés au Musée départemental des Vosges. — Annales de la Soc. d'émulat. des Vosges. 1842. — Contient également des re- marques sur les poissons fossiles du Muschelkalk. Munster (Graf Georg zu). Ueber einige ausgezeichnete fossile Fischzàhne aus dem Muschel- kalk bei Bayreulh. Bayreuth 1830. k°. — Cette brochure ne se trouve pas dans la librai- rie; elle représente les dents du Placodns Gigas Agass. MuiN'STER (Graf Georg zu) Beitrâge zur Petrefactenkunde. Bayreuth 1839. k°. 5 part. — Cet ouvrage contient des renseignemens très-précieux sur plusieurs genres nouveaux de pois- sons fossiles des ])Ius remarquables. MuRCHisoN (Rod. Iinp. ) On the bituminous shist and fossil fish of Seefeld , in the Tyrol. Phi- losoph. — Magazine and Annals. new. ser. vol. VI, n° 31, 1859, p. 17-20. — Cet article qui contient les indications de Valenciennes sur ces poissons, est reproduit dans Leonhard Zeitschrift. 1830, vol. I. MuRCHisoN (Rod. Imp.). The Silurian System , founded on geological Researches in the coun- ties of Salop , Herreford , Radnor, Montgomery, Caermarthen, Brecon , Pembroke, Mon- mouth , Gloucester, Worcester, and Stafford ; with descriptions of the coal-fields and over- lying formations. London 1839, 2 vol. k". Mylius (Gottl. Fr.), Memorabilia Saxonia; subterranea, i. e. Des unterirrdischen Sachsens selt- same Wunder der Natur. Leipz. 1 709 , 1718, 2 vol. k", fig. — Les figures de cet ouvrage ne sont point mauvaises, elles représentent quelques espèces du Zechstein. >iLSON. Petrificata Suecana formationis crelacese , fol. Londini Gothor., 1827. — Contient des ligures de quelques dents de Squales. Parkinson. Organic remains of a former World. LonJon 1808-1811 , k°. 3 vol. Parkinson. Outlinesof Oryctology. London, 1822, 8°. Passy. Description géologique du département de la Seine-Inférieure, Rouen, 1832. k". — Une des planches de l'Atlas est consacrée à des figures de dents de poissons fossiles. — 52 — Paterson (Rob.). On the fossil organic remains foiind in the Coal formation at Wardie , near Newhaven. — Edinb. new Phil. Journ. 1837. Phillips (John). Iliustralions of the geology of Yorkshire. York, i829 , k°. — Pars alter. London 1856. PoND(Arth.), Letter concerning the same stone. Philos. Trans. p. 297. — (Voy. Byam a Pond ) Pbestwich (J.) , Sur les Ichthyolilhes de Gamrie, dans le Banffshire. — Lond. a. Ed. .Phil. Mag. 1835, VII, p. 325. Prévost (Const.) Observations sur les schistes calcaires oolitiques de Stonesfield en Angle- terre , dans lesquels ont été trouvés plusieurs ossemens fossiles de mammifères. — Ann. Se. nat. Avril 1825. Prévost (C.) , Note sur un Ichthyolithe des rochers des Vaches Noires. — Ann. Se. nat. III, p. 243. Procaccini-Ricci. Osservazioni sulle Gessaie del terri torio Sinigagliese. Roma , 1828, 8°. Pryne (Abr. de la), Fossil Shells and Fishes in Lincolnshire. — Philos. Trans. n" 266, p. 677. Badd. m, p. 491. Redfield ( J. How.), Fossil Fishes of Connecticut and Massachusetts, with a Notice of an un- described Genus. 1836, 8°. Reiskius (Joh,), De Glossopetris Liineburgensibus epistolica Commentatio , etc. Lips. 1684 , 4%fig. Norimb. 1687. 8% fig. Riley. Sur le genre Squalo-Raja. — Lond. Edinb. philos. Journ. 1853. Rivière , Comment, de Dentibus petrefactis variorum Piscium , quo simul ii cum dentibus recentibus ejusdem generis comparantur. — Comm. Acad. Monsp. I, p. 75. RupPEL (D'.-Ed.) Abbildung und Beschreibung einiger neuen oder wenig bekannten Ver- steinerungen , von Solenhofen, 4°, Francfort, 1829. — Contient les écailles d'un grand Lepidotus. Saussure (de). Voyage dans les Alpes, précédé d'un essai sur l'histoire naturelle des envi- rons de Genève. Neuchàlel , 1779-96, 4 vol. 4°. — Le troisième volume contient des notes sur les poissons fossiles d'OEningen de la collection de Lavater , et sur celle de M. Sé- guier à Nîmes. Scheuchzer (J. Jac), Piscium Querelae et Vindiciae. Tiguri 1708, 4°, fig. ScHEUCHZER (J. Jac), Bilduisse verschiedener Fische, welche in der Sûndfluth zu Grunde gegangen. Zurich 1708 , 4°. Scheuchzer (J.-J.) Muséum diluvianum quod possidet Scheuchzer. Tiguri 1716, in-8. Scheuchzer (J.-J.) Herbarium diluvianum coUectum. Lugduni Batavorum 1723 , fol. — Cet ouvrage contient aussi quelques figures de poissons de Glaris. Schlotheim. Die Petrefacten - Kunde auf ihrem jetzigen Standpunke. Gotha, 1820 , 8°, Nachtrag 1821-23. — 53 — ScnooLKRAFT. Muriiona congpr. — Sillima)in Americ. Jouni. 1822, V. p. 23. ScHROTER , Von oiiier bosoiulorii ilroyeckiglcMi Fischzahnart ans Malllia. — Schrot. Journ. IV, p. 402. SciLLA ( Aug.) , La vana Speculazione desingannala dal Scnso , Lettera responsiva circa i Corpi inarini che poti-ilicati si ritrovano in varii liioghi terrestri. Nap. 1670, U°, fig. — (Latine) De corporibus niarinis lapidescenlibus ; ace. Tab. Columnae Diss. de Glossopétris. lloina' 1747, k°, %.; ibid. 17S2, 4°; ibid. 1750, k\ ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Descrizione di un Pesce petrificalo esistentc in Viccnza. Vie. 1805, 8". ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Al Sign. Faujas-St-Fond , etc. Memoria epistolare per servire di Schia- rimento alla Descrizione di un Pesce petrificato scavato in altissimo nelle vicinanze di Bolca. Padova 1807, k°. — Le poisson dont il est question dans cette brochure nie paraît être le Galeus Cimeri Agass. , à en juger d'après la figure. ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Schiarimenti etc., relativamente a quanto fu scritlo sino qui sopra rittiolito esistente nella pubblica Biblioteca Bartoliana in Vicenza. Padova 1821, 8°, fig. ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Al rinom. Sign. Dott. L. Jgassiz , Epistola sommaria contenente nuovi Schiarimenti intorno all'Ittiolito esistente nella pubblica Biblioteca di Vicenza. Padova 1841,8°, fig. Sedgwick (Ad.), On the geological relations and internai structure of the magnesian Limes- tone, and the lower portions of the new red Sandstone séries. — Trans. Geol. soc. Lond. vol. IV. — Ce mémoire contient de très-belles planches représentant plusieurs espèces de poissons du calcaire magnésien d'Angleterre. Sloane (Hans) , An Account of the Tongue a Pastinaca marina fréquent in the Seas about Jamaica and lately dug up in Maryland and England. — Philos. Trans. XIX , n° 232 , p. 674. Sloane (Hans), Von den versteinerten Zungen der Rochen mit dem Pfeilschwanze. — Phi- los. Trans. n° 232. — Leskens Uebersetz. I, 2, p. 218. SowERBY (Georg.), Sur un Ichthyodorulithe. — Zool. Journ. 1825. Spada (J. Jac.) , Catalogus Lapidum Veronensium iâiojiopœMv i. e. propriâ forma prœditoram, qui apud eundem asservanlur. Veronae 1739 , 4°. (2" édit. augmentée), Catalogus Corpo- rum lapidefactorum Veronensium, etc. Ver. 1744, 4°, fig. — La tab. 2 représente le Se- miophorus velitaris Agass- Sternberg (Comte de). Poissons fossiles du Terrain jurassique , dans la collection du comte Coronini à Gortz , près de Trieste , dans la Flora , ou gazette botanique de Ratisbonne , 1826, L — Add. Feuill. I, p. 53 et 54. Testa, Lettera su i Pesci fossili del Monte-Bolca , in risposta alla précédente del Sign. Abbate Fortis sulo stesso argumento. — Opusc. scelt. XVI, p. 217. (Voy. Fortis, Lettera, etc.) Testa, Brève Transunto délia Lettera terza su i Pesci fossili del Monte-Bolca. — Opusc. scelt- XVI, p. 416. — 5^ — ToRRUBiA (Jos.), Apparato para la Histoiia natiiral Espannola. Madr. 1755, fol. fig. — (Trad. allem.) f^othereituny zur Naturgeschichte von Spanien ; iibers. mit Zusàtzen v. Chr. G. von Vh/t. Halle 1773, i°, fig. TuDECcius (Sim. Al.), De oculis Serpenlum et Linguis Melitensibus. — Ephem. Nat. Cur. Dec. I, 1678-79, Obs. 119, p. 287. Uke (David), The Histor} of Riitherglen and East-Kilbirdfe. Glasgow 1793. — Contient d'as- sez bonnes figures d'un Ichthyodorulithe et de différentes dents de poissons du terrain boni lier. Valt/snieri (Ant.) Racolta di varie osser\'ationi spettanti all'Istoria medica e naturale. Ve- nezia, 1710, 8°; 1728, k". — Avec une mauvaise figure d'un poisson de Monte-Bolca. Vallisnieri (Anl.). De'corpi marin clie su'monti si trovano, délia loro origine, etc. Vene- zia, 1721,4°. VoiGT (God.), De Piscibus fossilibus et volalilibus. Witt. 1667, k°. VoLTA (Séraphin) Ittiolitologia veronese del museo Bozziano, ora annesso a quello del Conte Gioramballista Gazola, e di altri gabinetti di fossili veronesi, con la versione latina. A'^erona 1796, grand in-fol., avec 76 plancbes gravées sur cuivre. — Malheureusement le contenu de cet ouvrage ne répond pas au luxe de l'exécution typographique. Toutes les parties du sque- lette sont très-grossièrement rendues ; il n'y a , dans la plupart des figures . ni précision ni vérité dans le contour des os et surtout des vertèbres. Des individus mal rapiécés et souvent même formés de fragmens d'espèces différentes, cimentés avec de la cire, y ont reçu des noms qui n'appartiennent quelquefois à aucune des parties de ces monstrueuses compositions. Il y a cependant aussi un grand nombre de plaques qui sont bien représen- tées ; mais il n'y en a que deux qui soient bien déterminées. Quant à la plupart des autres, on dirait que l'auteur a jeté au hasard, sur les planches de son ouvrage, le nom d'un poisson quelconque de la Méditerranée. Il y a bien peu de figures dont le nom désigne seulement le genre auquel elles appartiennent ; et alors encore des plaques de la même espèce, nommées différemment, viennent rappeler que ces nominations ne reposent pas sur la comparaison des exemplaires entre eux. Il y a plus encore : une seule plaque a servi d'original à deux figures différentes, et elle est décrite comme le type de deux espèces dis- tinctes. C'est la fig. 1 de la tab. 13, et la fig. 1 de la tab. 17. Wagner (R.) Sur la collection de fossiles du musée de Munich. — Kastner's Archiv., 1829. Walcott (Joh.) Descriptions and figures of pétrifications found near Bath. London, 1775 , in-8°. Wallbaum ( J. Jul.) , Beschreibung eines versteinerten Hornes von einem Sâgefische. — Schr. Berl. Naturf. Fr. V,'p. 477. Wedel (G. Wolfg.), De Truttâ saxatih. — Ephem. ÎSat. Cur. 1673-74, Dec. I, p. 70, fig. Welsch, Lapilli ex capitibus Piscium veri , Gemmœ Piscium. — Hecat. l. Obs. 28, p. 42. Welsch (G. Hier.), Mustela fossilis. — Hecat. I, Obs. 14, p. 22, fig. — 55 — WiLLiAMSON (W. C), Sur les poissons fossiles de la houille de Lancaslershirc. — Lond. a. Kd, Phil. Mag. 1858, \II , p. 86. WiTRY (de), Sur les dénis de Squales. — Mém. Acad. Bruxelles, II. WiTRY ( de ) , Sur les («lossopèlres et les Bufoniles. — Méni. Acad. Brux. , I , p. 3 , fig. WoLFARTii (Peter). IIislori;c naturalis Hassite inferioris pars I. Cassel 1719. fol. fig. — Les planches de cet ouvrage sont remarquables par leur exactitude ; ce sont les plus belles (pie l'on possède des poissons du Zechstein. WooDWAKi). Synopfical Table of british organic remains. London, 1830. WoRJUus (01. ^^^), Dissertatio de Glossopetris. Hafn. 1686, h°. ^OUKG (George). A geological Survey of the Yorkshire Coast. Witby, 1822 , k°. Zenker Benlreibung u. Abbildung des Le ucisc us Cephalon Zenk , avec flg. Leonh. et Bronn. Neues Jahrb. 1833. — Outre qu'il existe déjà un Leuciscns Cephalus parmi les espèces vi- vantes , l'espèce fossile à laquelle M. Zenker a donné un nom tout semblable ne me paraît différer en rien du L. papijracus. (Anonyme), Description dun Poisson fossile trouvé dans un bloc de Gypse de Montmartre. — Journ. de Phys. LVII, p. 320. fAnomjme). Fossil lish found near stowe nine Churches. — Lithographie in-folio représentant le grand Lepidotus du Lias du comté de Northaœplon . qui fait partie de la collection de Mis Baker. (Anonymej. Lettera al signor Abate D"^ Francesco Venini Dominico Testa su i pesci fossili del 3îonte Bolca. Milano 1793, 8°. Transactions of ihe Geolog. Society of London , 1811 jusqu'à maintenant. — Cet ouvrage contient des planches magnifiques de poissons fossiles et la description de quelques es- pèces. NOTICE SUR LES DESSINS INÉDITS QUI PEUVENT ÊTRE CONSULTES. Outre les oirvrages imprimés , il est un autre genre de collections qui m'ont été de la plus grande utilité ; ce sont les recueils de dessins ou les notes manuscrites que plusieurs natura- listes ont bien voulu me communiquer. Mais il est surtout une de ces collections dont je dois faire mention plus particulièrement ; c'est le portefeuille qui contient les dessins que Cuvier avait réunis lorsqu'il se préparait à publier un ouvrage sur les poissons fossiles , qui devait faire suite à sa grande Ichthyologie. Il fait maintenant partie de la bibliothèque du Jardin des plantes que le gouvernement français a enrichie de la bibliothèque si précieuse de M. Cuvier. Ce recueil pourra dorénavant être consulté par tous les naturalistes. — ce- pendant mon séjour à Paris, M. Cuvier ayant bien voulu me remettre tous les matériaux qu'il avait réunis sur les poissons fossiles, m'avait aussi confié ce portefeuille, auquel j'ai em- prunté divers renseignemens importans que je crois devoir consigner ici.. Cette énumération faite sous les noms que j'ai donnés aux différentes espèces qui s'y trouvent représentées , pourra en faciliter l'examen à ceux qui voudront les voir en détail. En juin 1832, j'en ai fait un catalogue complet; mais en le rapportant ici, j'omettrai toutes les planches détachées d'ou- vrages qui ont été publiés , pour citer seulement celles qui sont inédites ou que je n'ai vues nulle part ailleurs. Palœoniscus Freiesleheni Agass. Un dessin , sans indication de localité, ni de formation. Palœomsciis spec. Une partie de la cuirasse écailleuse d'une espèce de Palfconiscus , semblable à celui que j'ai appelé Pal?eoniscus fultus, mais dont les écailles sont plus grosses. Ce dessin porte l'inscription suivante : « From the middle-greys. Belong to M. Gibson. » — Cette espèce me paraît être le Paheoniscus elegans du calcaire magnésien. Palœoniscus Blaimillei Agass. Une plaque avec deux poissons de la montagne de Muse, près d'Autun, du cabinet de M. Faujas ; dessinés au crayon. Tetragonolepîs HJagim-ille Agass. Une belle figure portant cette note de la main de M. Cuvier : (( Poisson fossile, trouvé à Caen et communiqué par M. de Magneville. Avril 1821 . » ispklorhynchus acutirostris Agass. Dessin d'un bel exemplaire de la collection de M. Stokes , où l'on voit surtout bien les éccailles. Il est ployé en forme de croissant. Note : « G. Scharf del. London 1829. » Gyrodus minor Agass. Dessin original de la petite espèce de Gyrodus, qui est figuré dans l'ouvrage de Phillips, sur le Yorkshire. « In the possession of C. Preston Esq. foundt at Speeton. » «« Donné par M. Phillips. » » Pijcnodus spec. Dessin d'une petite espèce : « Fixed in bones which lies in the white F. marble or else in the fine graine Malton Limestone. » Sur la même feuille , ime dent du grand Carcharias, de Sheppy, de grandeur naturelle. « Donné par M. Phillips. » Psammodiis disporus Agass. « De M. Hugi ; palais fossile de , du Jura. » Sur la même feuille il y a aussi des dents de Squales fossiles du Jura , communiquées également par M. Hugi. Bnchodus halocyon Agass. Nouveau genre de la famille des Scombéroïdes. « Amsterdam. Ca- binet de M. de Reinwardt, mâchoire de poisson de Maëstricht. » Lophius hrachycornms Agass. Dessin sans indication. L'espèce est originaire de Monte-Bolca. Platax altissimus Agass. Dessin d'un exemplaire très-bien conservé, mais sur lequel il n'existe aucune donnée. L'espèce se trouve à Monte-Bolca. Palœorhynchiim latum kgass. Lithographie anglaise, in-folio, d'un bel exemplaire de cette espèce , avec l'inscription suivante : « Fossil fish in slate from Engi in the canton Glarus , in Switzerland , in the possession of Lord Cole. Augst. 1820. » J'ai vu depuis ce fossile dans la collection de lord Enniskillen à Florence-Court. — o/ Leplolepis duhius Xgass. Sous le titre de : lieschreibung eincs fliegcnden Aniphibiolillicn, avec deux planches lilliographiées, il existe un mémoire de M. Suckow, sur leipiel Cuvier avait inscrit celte reniarcjue parfaitement juste : «Plaque de poisson fossile dl'yichsta'dl, au ca- binet de Maunheim.)) Perça lepidota Agass. «J. Curtis, fol., 1822, d'OEningen. iMusée britaunicpie.» Esox lepidotns Agass. «J. Curtis 1822.» Egalement d'OEningen et du Musée brilannicpie. Tinca furcata Agass. Dessin d'un très-grand exemplaire. «Th. LcNvin del.» Poisson d"OEnin- gen, du Musée britanique. D'après le dessin, j'avais pris ce fossile pour mon Leuciscus œningensis; l'examen de l'original m'a montré que c'est le Tinca furcata. 11 y a trois autres dessins du Leuciscus œningensis, dessinés par .1. Curtis, 1822, dont deux moyens et un petit. Rhodeus elongatus Agass. Egalement d'OEningen et du Musée britanni(|ue. «J. Curtis 1822.» Sauropsis. Deux dessins en couleur qui rendent à peine les contours de deux poissons (hi genre Sauropsis, envoyés par M. le D"". Buckland, et qui se trouvent au Musée d'Oxford. «In the Kentish Rag or the Portland Bed of Garsington near Oxford 1821 . In possession of M. Woodcock of Lincoln CoU and of M. Barker of Lincoln Coll.» Blochius longirostris Volta. Dessin de la partie postérieure du tronc; sans indication. Lepidotus Gigas Agass. Une lithographie anglaise, in-folio, envoyée par M. Buckland, portant cette inscription : «Fossil iisch found near Stowe nine Churches, near iNorlhanq)ton , in Lias.» Cet exemplaire se trouve dans la collection de Miss Backer à Northampton. Meyalichthys Hibherti Agass. Dessin de la tète et de la partie antérieure du tronc , avec les deux pectorales, provenant de la Houille des environs de Leeds. Donné par M. Phillips. — De plus, les originaux des ligures de l'ouvrage de M. Phillips. Lepidotus Mantellii Agass. Lue planche représentant les corps organisés fossiles des terrains de la forêt de Tilgate. Ce sont les dessins originaux de l'ouvrage de M. Mantell. Gyrodus Cuvieri Agass. Dessin de la mâchoire inférieure de cette espèce, portant en note: «Deux ont été trouvées au fort de la tour de Boulogne-sur-mer, à la marée basse, sur un rocher qui ne se découvre que dans les basses marées et par le vent d'Est. Nemopteryx crassus Agass. Deux grands dessins d'un poisson de Claris dont les originaux se trouvent dans les collection de Lord Enniskillen et de Sir Philipp Egerton. 11 y a encore, dans ce portefeuille, quelques observations sur les synonymes du Palœoniscus Freieslebeni et des notes sur le gisement des ichthyolilhes de Thuringe, d'Autun et de Saar- brùck. Ces dernières sont de la main de MM. de Humboldt, de Bonnard et A. Boue, à l'adresse de M. Cuvier; elles datent de 1824. Grâces à la générosité de Lord Francis Egerton, la collection complète des dessins originaux des planches de mon ouvrage se trouvera bientôt déposée dans la bibliothèque de la société géologique de Londres, où elle pourra être consultée par ceux qui voudront faire des études — 58 — spéciales sur les poissons fossiles. Outre les figures gravées sur mes planches, celte collec- tion renferme une foule de dessins d'exemplaires qui montrent diverses particularités intéres- santes que je n'ai pas toujours pu reproduire dans mes livraisons; souvent même ce sont des dessins d'exemplaires plus parfaits que ceux que j'ai décrits et que j'ai eu occasion d'observer plus tard. Enfin cette collection renferme les dessins d'un grand nombre de plaques corres- pttndantes de celles que j'ai publiées et qui servent à compléter les caractères des espèces (ju'elles représentent. Ces cartons renfermeront en réalité une collection complète de tous les poissons fossiles que j'ai examinés et qui m'ont ofïerl assez d'intérêt pour mériter d'être dessinés. Je dois mentionner encore ici les nombreux dessins qui m'ont été adressés par Lord Ennis- killen, Sir Philippe Egerton et le comte de Miinster, bien qu'ils soient restés à ma disposition personnelle; car sans ses communications importantes je n'aurais eu que des renseignemens très-incomplets sur une foule d'espèces. INVITATION AUX GÉOLOGVES. Je crois être agréable aux géologues en leur olTrant dès-à-présent tous les renseignemens qu'ils pourraient désirer sur les poissons fossiles qu'ils possèdent, et qui ne sont pas encore décrits dans mon ouvrage. Pour faciliter leurs comparaisons et pour compléter leurs catalogues des fossiles caractéristiques, je déterminerai toutes les espèces qu'ils voudront bien me confier. Ce sera en même temps un service qu'ils me rendront en me fournissant les moyens d'étendre mes recherches, de compléter mes descriptions et d'apprendre à connaître de nouvelles localités. Maintenant que cet ouvrage est achevé je pourrai aussi accélérer davantage les dé- terminations que l'on pourrait me demander et je ne me verrai plus réduit à garder par devers moi pendant des années des exemplaires qui me seront adressés. — 59 — CHAPITRE III. INDICATION DES LOCALITÉS DANS LESQUELLES ON CITE DES POISSONS FOSSILES, DONT JE N AI POINT ENCORE VU D EXEMPLAIRES. (]ette notice pourra être utile aux personnes qui voudront s'occuper de la détermination des poissons fossiles, en dirigeant leur attention sur les espèces des formations dont je n'ai pas encore pu étudier suffisamment les ichtliyolithes; peut-être aussi me vaudra-t-elle quelque nouvelle communication de la part de ceux qui en possèdent. Je me suis borné à indiquer les localités dont la formation géologique est connue plus ou moins exatement , sans parler de celles sur lesquelles nous n'avons que les données vagues de voyageurs auxquels la géologie était complètement étrangère. Les localités dans lesquelles on cite des poissons que je n'ai pas eu occassion d'examiner, se sont beaucoup diminuées depuis le commencement de la publication de mon ouvrage, grâce à la libéralité avec laquelle on me les a communiqués de toutes parts. Parmi celles qu'il importerait particulièrement d'étudier d'une manière détaillée, je citerai: Dans la groupe des terrains de transition : les nombreux débris trouvés dans le vieux grès- rouge des environs de Riga , que M3I. Pander et Assmus ont recueillis, et ceux qu'a signalés M. Eichwald. En général, les espèces des terrains les plus anciens sont encore très-imparfaitement connus. Dans la formation houillière : les poissons recueillis par M. Rankine dans les environs de Carluke et ceux que M. Binney a réunis dans les environs de Manchester. Dans le Zechstein : les poissons signalés par M. Murchison dans le gouvernement de Perm. Dans la série oolitique : les poissons de Pietra-Roja près de Naples; ceux de Raibel en Carinthie; ceux de l'île de Crête; ceux du Platensee en Hongrie. Dans la série des dépôts crayeux : les poissons du grès des Carpathes de Jablunka en Gal- licie ; ceux des roches siliceuses subapennines de Dobromil et ceux du Liban dont je n'ai encore vu qu'un très-petit nombre d'espèces. — 60 — Dans les dépôts tertiaires ; les fragmens des poissons de l'argile de Londres, de la forma- tion d'eau douce de l'île de Wight et du Hanipshire; ceux qui ont été rapportés des Indes et des Etats-Unis ; ceux de Radeboy, de Nicolschitz et de Wieliczka et ceux de Sagor sur la Save. aa-^.as 61 CHAPITRE IV. i)i:hmaïologik, et e^ partuhlieu des écailles de poissons. Il ne peut pas entrer dans mon plan de commencer ici un traité complet de l'organisation des poissons en général ; ce serait entreprendre un travail qui est devenu très-difficile depuis la publication du premier volume de la grande Ichthyologie de MM. Cuvier et Valenciennes , et qui , dans une introduction à des recherches sur les poissons fossiles , serait superflu dans plusieurs de ses parties essentielles. Cependant, malgré les nombreuses difficultés qui entravent une pareille entreprise, je tâcherai de la réaliser en publiant mon Histoire naturelle des pois- sons d'eau douce de l'Europe centrale, en tête de laquelle je placerai les résultats généraux de toutes mes observations anatomiques sur les poissons. Comme le squelette, les écailles et les dents sont les seules parties que l'on trouve à l'état fossile , je dois me borner ici à donner une idée des rapports qui existent dans l'organisation entre ces difTérens systèmes et à faire connaître leur conformation dans les différentes familles de la classe. Cette exposition pourra servir de guide à ceux qui, voulant connaître les fossiles seulement, ne peuvent pas faire une étude spéciale de l'ichthyologie ; elle expliquera en même temps tous les termes propres dont je me suis servi dans la description des espèces. Par-là je pourrai aussi faire connaître plus exactement les caractères qui distinguent , dans les diflférentes classes du règne animal , les parties détachées des systèmes organiques dont il va être question , afin que personne ne prenne à l'avenir une écaille , un os ou une dent de poisson pour des parties analogues d'autres animaux, comme cela a eu lieu assez souvent. J'aurai même quelquefois occasion de faire remarquer combien il est difficile de ne pas confondre ces pièces entr'elles et de ne pas prendre, par exemple, des os ou des dents pour des écailles. La peau, dont les écailles sont une production particuHère, mérite, chez tous les animaux, une attention particulière ; et l'on a , malheureusement pour la zoologie , beaucoup trop né- gligé son étude à tous égards. Depuis les polypes et les méduses, où elle ne se détache pas encore de la masse du corps, depuis les échinodermes et les mollusques, où elle forme des têts calcaires, depuis les articulés chez lesquels elle se constitue en anneaux cornés, jusque chez les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, où elle porte des écailles lamel- leuses, des plaques cornées, des plumes et des poils, dans toutes les classes elle alïecte une structure particulière et produit des parties solides différentes. L'on conçoit aisément la raison ToM. I. 9 — 62 — de ces modifications : destinée à protéger le corps de l'animal contre les influences du monde extérieur qui l'entoure, la peau est le reflet de l'action et de la réaction qui s'établit entre l'être qui se développe et le milieu dans lequel il vit. Et si l'on a droit de dire que le sque- lette est, dans un animal, l'empreinte matérielle de l'esprit qui a agi durant sa vie, l'on peut affirmer aussi que la peau est le reflet des rapports qui existent entre cet être et le milieu ambiant. Dans cette position , elle participe d'un côté de l'organisation de l'animal qu'elle protège, de l'autre, des conditions d'existence dans lesquelles celui-ci est destiné à vivre. Elle est donc le champ d'action de toutes les influences extérieures et le moyen par lequel toutes les actions intérieures se transmettent au dehors. Elle est un organe essentiel de l'ani- mal, empreint de toutes les particularités de son existence et de son organisation, qui se trouvent ainsi traduites au dehors et soumises directement au regard de l'observateur. Aussi son simple aspect suffit-il, dans beaucoup de cas, pour nous faire entrevoir la structure d'un ani- mal que nous n'avons encore jamais vu, tant sont intimes les relations qui existent entre tous les organes. Son étude, sous ce point de vue, sera donc, on le conçoit à l'avance, d'une très- grande importance pour la zoologie comparée , et surtout pour l'examen des fossiles dont on ne trouve que l'empreinte extérieure. Comme les tégumens généraux sont la limite matérielle de tous les êtres organisés, et des- sinent à l'extérieur les particularités de leurs formes , je devrais avant de traiter plus spé- cialement de l'organisation de la peau , entrer ici dans quelques détails sur la configura- tion générale du corps ; mais ce serait m'écarter trop de mon sujet. Je dirai seulement que la forme d'un être quelconque est déterminée par les proportions des trois dimensions de l'étendue, telles qu'elles se combinent dans les difi"érentes espèces, sous des aspects très-divers. Ces dimensions déterminent donc aussi les différentes régions que nous avons l'habitude de distinguer chez les animeaux. La direction longitudinale établit les proportions entre les parties antérieures et postérieures, la tête, la poitrine, l'abdomen et la queue. La largeur nous fait distinguer la droite et la gauche , quelles que soient du reste les proportions quantitatives de l'un ou de l'autre côté de l'animal , et c'est de ces rapports que résulte la symétrie. La hau- teur , qui ici devient épaisseur , rappelle les différences qui existent entre les régions dorsale et ventrale, ou, suivant la position de l'animal, entre sa partie supérieure et inférieure, diffé- rences essentielles qui remontent jusqu'à la séparation du blastoderme en un feuillet séreux et un feuillet muqueux, desquels naissent deux ordres d'organes si différens par le rôle qu'ils jouent dans la vie. Il n'est aucune classe du règne animal qui présente des formes aussi variées que la classe des poissons. 11 y en a qui sont parfaitement sphériques, comme les Diodons. D'autres sont discoïdes ou circulaires et aplatis; cette forme se présente dans deux cas très-différens ; elle résulte ou du rétrécissement excessif ou du développement démesuré des deux dimensions du .'orps; dans le premier cas, le corps est comprimé et très-élevé, mais aussi très-étroit, comme - 63 - dans lesVomers, les OrUiagorisques, tandis que dans le second cas, il est très-déprimé, aplati et très-large, oomiye dans certaines Raies. D'autres espèces sont ovales, plus ou moins allon- gées et légèrement comprimées sur les flancs; c'est la forme la plus ordinaire des poissons, et on leur donne alors le nom de poissons réguliers, tels sont les Carpes, les Truites, etc. A mesure que la direction longitudinale prévaut considérablement, l'on arrive par tous les intermédiaires possibles (les Brochets, par exemple) aux poissons allongés, qui sont tantôt cy- lindriques (les Anguilles), tantôt comprimés ou aplatis comme un ruban (les Cépoles); il y en a même qui sont d'une longueur excessive comparativement à leur largeur et à leur hauteur (les Gymnètres, les Ophisures). Cependant les formes les plus bizarres sont celles qui sont li- mitées par des surfaces plus ou moins planes et qui circonscrivent des figures anguleuses , triangulaires, carrées, pentagonales ou hexagonales (les Coffres et les Syngnathes). Il y a même dans cette classe des genres dont les deux côtés ne sont pas symétriques, qui, aplatis sur un flanc, sont voûtés sur l'autre, et dont les os du crâne sont tellement disproportionnés, que les deux yeux sont tournés d'un seul côté de l'animal (les Soles, etc.). Le caractère essentiel de la peau est d'envelopper complètement l'animal et de former ainsi une sorte de squelette extérieur qui le protège sur toute sa surface , comme le squelette os- seux protège et entoure les organes intérieurs. Dans les animaux sans vertèbres, il n'y a pas d'autres parties solides que celles qui sont produites par les tégumens ou qui en dépendent ; cependant on aurait tort, pour cela, de les paralléliser avec le squelette osseux des animaux vertébrés, qui est exclusivement propre à ces derniers et qui n'a point d'analogie avec les pièces solides des classes inférieures. Ce sont bien plutôt les productions de la peau, qui, dans les vertébrés, représentent le squelette extérieur des animaux sans vertèbres; et même on peut les paralléliser complètement dès que l'on tient compte des progrès de l'organisation dans les différens dégrés du règne animal , qui doivent nécessairement établir des diiïéreoces considérables dans la manifestation des parties analogues chez les animaux supérieurs et chez les inférieurs. Car, tout comme nous remarquons des différences très-frappantes entre les pro- ductions de la peau des animaux sans vertèbres, de même nous en observons de très-grandes dans les différentes classes d'animaux vertébrés. Au reste, chez tous, ces métamorphoses de la peau ont une disposition particulière à la surface du corps et présentent des relations constantes avec les autres systèmes organiques. Cependant la peau ne s'étend pas seulement à la surface extérieure du corps, elle pénètre aussi dans les cavités intérieures qu'elle tapisse , et à la surface desquelles elle produit égale- ment des parties solides de différente structure, auxquelles sont attribuées différentes fonc- tions, par exemple les dents et toutes les plaques cornées qui, dans plusieurs classes, recou- vrent la curface intérieure de l'intestin. II faut donc distinguer deux modifications essentielles de la peau et par conséquent aussi deux modifications du squelette dermique, l'une qui re- couvre la surface extérieure des animaux, et l'autre qui se développe à leur surface inté- _ 64 — rieure. Ces deux genres de squelette existent simultanément dans les animaux sans vertèbres et présentent entre eux des relations très-intimes et des connexions nombreuses, comme nous le verrons plus tard. On les voit aussi en plusieurs endroits passer insensiblement de l'un à l'autre par les ouvertures superficielles des cavités intérieures du corps. Ils existent aussi constamment tous les deux dans les animaux vertébrés, qui sont en outre doués d'un appareil intérieur osseux dans les cavités et autour duquel sont placés tous les organes. Dans celte grande division du règne animal, non-seulement les deux modifications du squelette dermique présentent des connexions nombreuses , mais encore elles sont les deux intimement liées au squelette osseux, et l'on remarque sur plusieurs points du corps des transitions sensibles de l'un à l'autre, par exemple dans les poissons, entre les pièces operculaires et les écailles, entre les os de l'occiput, l'humérus et les écailles, entre les dents et les os pharyngiens, etc., etc. Il existe de plus un antagonisme constant dans le développement des trois genres de squelette que nous venons de distinguer; les parties de l'un prennent un accroissement d'au- tant plus considérable que celles de l'autre sont moins complètes dans différentes régions du corps. Personne n'a encore mieux saisi ces rapports des différentes modifications du squelette que Carus; personne ne les a examinées plus en détail, mais aussi personne ne les a exposées d'une manière plus diffuse que lui, dans son ouvrage sur les parties essentielles de la char- pente osseuse et coquillère. Quant au développement de la peau , l'on pourrait d'abord être tenté d'envisager tout le feuillet séreux du blastoderme comme le premier rudiment de l'enveloppe commune du corps. Cependant les observations qui ont été faites dans ces derniers temps sur le développement de l'œuf, nous portent plutôt à considérer le feuillet séreux comme la base commune de la- quelle naissent également les os, les muscles et la peau. Celle-ci se sépare ensuite en plu- sieurs couches parmi lesquelles on distingue d'abord l'épiderme ; plus tard on voit se former le réseau malpighien, le corion et la couche musculaire sous-jacente. Dans les poissons, la peau est toujours beaucoup plus tendue à la surface du corps que dans les autres animaux; réunie aux muscles par du tissu cellulaire serré, elle n'est jamais douée d'autant de mobilité que dans les autres vertébrés. Dans la classe qui nous occupe , c'est le corion et les parties solides produites à la surface de la peau et que l'on nomme écailles , qui acquièrent le développement le plus considérable. Cependant, pour se faire une juste idée de la structure des écailles, dont il doit surtout être question dans ce chapitre, il est indispen- sable de connaître les rapports des différentes couches qui se forment dans les tégumens des animaux supérieurs et notamment chez l'homme. D'abord V épidémie, la partie la plus extérieure de la peau, peut être envisagé, sous le point de vue le plus général, comme une couche membraneuse de substance cornée, qui re- couvre toute la surface de l'animal, qui l'isole du monde extérieur, qui abrite les parties — 65 — d'une organisation pins délicate, et qui, comme mauvais conducteur de la chaleur, conserve à l'animal celle qui lui est propre. L'épiderme est insensible et se reproses correspondent au milieu d'une — 100 — seule vertèbre. II y a même chez quelques Requins, les Scyllioides, les Galeus, les Carcharias et les Mustelus , des pièces particulières , au moyen desquelles ces apophyses intercalaires se ferment en ogives ; de pareilles pièces surnuméraires se trouvent aussi au-dessus des neura- pophyses qui ne sont pas complètement fermées en ogives. Les poissons osseux sont exempts de ces anomalies. Enfin les vertèbres de plusieurs poissons ont aussi de véritables apophyses transverses , analogues à celles qui se trouvent chez les animaux supérieurs. Mais ces apophyses ne se voient que très-rarement et seulement sur la partie caudale , par exemple chez le Polyptère et chez quelques Pleuronectes. Si on essayait d'établir une échelle graduée du développement successif de la colonne ver- tébrale chez les poissons , on aurait les degrés suivans : i) Corde dorsale continue, avec une gaine fibreuse qui forme un tube pour la moelle épinière; point de parties solides; point de divisions vertébrales. Mijxinoides , Ammocœtes, Branchiostoma. 2) Corde dorsale continue ; à la face extérieure du tube de la moelle , des neurapophyses cartilagineuses qui ne sont par fermées; des apophyses intercalaires. Petromyzontes. 3) Corde dorsale continue ; neurapophyses fermées et hémapophyses cartilagineuses ; côtes cartilagineuses; des apophyses épineuses supérieures. Accipenser, Chimères, Polyodon. h) Corde dorsale continue ; neurapophyses et hémapophyses ossifiées et fermées ; des apo- physes épineuses supérieures et inférieures; côtes et apophyses osseuses. Lepidosiren; la plupart des Ganoides fossiles. 5) Corde dorsale continue; avec des compartimens intérieurs invisibles à l'extérieur. Pièces périphériques complètes, cartilagineuses. Grisets (Notidanus). 6) Vertèbres distinctes, incomplètement ossifiées; creusées en doubles cônes; pièces périphé- riques cartilagineuses. Acanthias; Centrina. 7) Vertèbres distinctes , ossifiées ; apophyses incomplètement ossifiées ; des apophyses inter- calaires. Requins en général. 8) Vertèbres distinctes , en doubles cônes ; des apophyses intercalaires ; des pièces surnu- méraires pour la fermeture des neurapophyses. Scyllium; Galeus; Carcharias; Mustelus. — 101 — 9) Vertèbres en doubles cônes; apophyses ossifiées. Des apopliyses musculaires. Tous les autres poissons osseux, excepté ceux des rubriques suivantes. iO) Vertèbres en doul)les cônes. De véritables apophyses tranverses. Polypier e; Pleuronedes. U) Vertèbres à face articulaire antérieure bombée et à face postérieure creuse. Type des reptiles. Lépidostée. La colonne vertébrale ne forme pas à elle seule toute la charpente du tronc. Le système des nageoires verticales qui est commun à tous les poissons sans exception, en fait aussi partie intégrante. Pour bien comprendre les divers degrés de perfection des nageoires , il importe aussi de remonter au développement embryonique. Aussitôt que le tronc de l'embryon commence à se détacher du vitellus, sur lequel il est collé, dans l'origine, par la face ventrale, on appercoit une doublure de la peau entourant le tronc en haut et en bas, et qui forme comme une frange tout autour de la partie postérieure du corps. Cette frange est formée uniquement de la peau, sans appui solide quel- conque: c'est la nageoire impaire continue. Elle commence au milieu du dos, au-dessus du foie , se continue en augmentant de hauteur autour de la queue , atteint son plus grand déve- loppement vis-à-vis de l'extrémité caudale, se rabaisse graduellement vers l'anus, est ici inlerrompue par l'ouverture anale, mais se continue au delà sous la cavité abdominale, jusque vers !e foie, où elle disparait. L'extrémité caudale de cette nageoire est arrondie et non fourchue. Le développement ultérieur de l'embryon amène des changemens considérables dans l'arran- gement de cette nageoire II s'y forme des rayons en très-grand nombre, des arêtes fines et à peines visibles, mais cependant plus développées dans la partie caudale que sous le ventre. Avec l'apparition des rayons , la nageoire impaire se divise en autant de lambeaux que le poisson possède de nageoires impaires. Cette division se fait par résorption ; il se forme des échancrures , d'abord peu profondes , aux endroits qui correspondent à ceux qui , chez le poisson adulte, ne sont pas garnis de nageoires impaires. La région abdominale se dé- garnit la première; les autres échancrures s'abaissent jusqu'au bord du corps, et il en résulte ainsi des nageoires impaires séparées , mais qui rappellent cependant encore leur forme première , en ce qu'elles s'élèvent très-insensiblement. La caudale reste longtemps arrondie ; elle se tronque ensuite verticalement, et ce n'est que fort tard qu'elle prend cette forme de croissant qu'on observe chez beaucoup de poissons. La forme de la colonne vertébrale est étroitement liée au développement du système des nageoires impaires, et c'est pourquoi nous nous sommes réservé d'en traiter ici. Dans l'em- bryon, la corde dorsale, d'abord droite, aboutit au milieu de extrémité de la nageoire ToM. 1. 14 — 102 — impaire. Mais petit à petit, son extrémité commence à se courber et à former un arc dont la convexité est tournée en bas. L'extrémité de la corde ne correspond plus alors au milieu de la caudale; celle-ci est au contraire attachée au-dessous de la corde. Plus tard, les vertèbres osseuses se développent autour de la corde et forment par leurs apophyses aplaties et soudées une large plaque caudale, sur laquelle la nageoire reprend de nouveau une forme symétrique. Nous retrouvons des phases analogues dans la série des poissons parvenus à l'âge adulte. Chez le Branchiostoma lubricum, une seule nageoire continue entoure la partie postérieure du corps, qui n'est point arquée en haut. Les nageoires des Myxinoides et des Pétromyzontes, qui, comme celles du Branchiostoma, sont. dépourvues de rayons solides, montrent déjà des divisions plus ou moins sensibles et parfaitement semblables à celles qu'on rencontre chez les embryons. Chez d'autres poissons, d'une conformation plus relevée, il existe une nageoire continue sans entailles, mais elle est pourvue de rayons; cette conformation est commune à tous les poissons allongés et sveltes, tels que les MurénoideSy les Tœnioides et quelques autres genres de forme semblable appartenant à différentes familles. La courbure de la partie postérieure de la queue est un fait de la plus haute importance. On la retrouve chez tous les Placoides de notre époque, sauf les Cyclostomes. Il n'y a pas jusqu'aux Raies et aux Chimères à la queue grêle et terminée souvent en un lilet très-mince et long, chez qui l'on n'observe cette insertion infère de la nageoire caudale. Quelques genres de Ganoides, tels que les Esturgeons et le Lépidostée, ont également la colonne dorsale recourbée. Dans ce cas, les nageoires sont toujours pourvues de rayons et distinctement séparées les unes des autres, comme chez l'embryon, au moment où la courbure commence à se déclarer. Cette forme de la queue acquiert encore plus d'importance, lorsqu'on la considère sous le point de vue paléon- tologique. Tous les poissons antérieurs à la déposition du Lias, quels que soient d'ailleurs la famille et le genre auxquels ils appartiennent, ont la colonne vertébrale courbée en haut et la nageoire caudale insérée au bas de cette courbure. Mais aussi tous ces poissons appartiennent aux deux ordres des Placoides et des Ganoides. On ne trouve point de Cténoides ni de Cycloides dans les couches antérieures à la craie. En revanche, il n'y a, ni dans la création actuelle, ni dans les époques antérieures, aucun poisson adulte appartenant à ces deux derniers ordres, qui ait la colonne vertébrale redressée et la nageoire caudale insérée en bas, tandis que cet arran- gement de la caudale est propre aux embryons, à une certaine époque de leur existence. 11 y a donc, comme nous l'avons dit ci-dessus, une certaine analogie ou plutôt un certain parallélisme à établir entre le développement embryologique des Cycloides et des Cténoides et le dévelop- pement génétique ou paléontologique de toute la classe. Envisagée sous ce point de vue, nul ne contestera que la forme de la caudale ne soit d'une haute importance pour les considérations zoologiques et paléontologiques , puisqu'elle démontre que la même pensée , le même plan . qui préside aujourd'hui à la formation de l'embryon, s'est aussi manifesté dans le développe- ment successif des nombreuses créations qui ont jadis peuplé la terre. — 105 — D'après rarrangement des nageoires verticales nous admettons donc les degrés suivans de développement. 1) Nageoire membraneuse, continue, sans rayons, se poursuivant en avant au delà de l'ouverture anale; extrémité caudale droite; insertion bilatérate de la caudale. Bi'ancfi iostoma . ' 2) Nageoire membraneuse, sans rayons; extrémité caudale droite; insertion bilatérale de la caudale ; séparation incomplète des nageoires. Cyclostomes. 3) Nageoire continue; insertion bilatérale de la caudale; rayons osseux. Anguilliformes; Tœnioides. h) Nageoires séparées; rayons cartilagineux ou osseux. Colonne verébrale recourbée; in- sertion inférieure de la caudale. Plagiostomes ; Chimères; Esturgeons; Lépidostée; tous les Placoides, sans exception, et tous les Ganoides antérieurs à la déposition du Lias. 5) Nageoires séparées ; colonne vertébrale droite ; insertion bilatérale de la caudale ; une plaque caudale. Cténoides; Cycloides, à l'exception des familles mentionnées ci-dessus; Ganoides du Jura, de la Craie et de l'époque actuelle, à l'exception du Lépidostée et des Esturgeons. Les rayons des nageoires verticales sont soutenus par des osselets dont le nombre est ordinai- rement égal à celui des rayons, et que l'on a nommés surépineux, interépineux ou interapophy- saires. La forme de ces os est en général celle d'une lame de couteau à double tranchant, dont la pointe est enfoncée entre les apophyses épineuses , dans le feuillet tendineux médian , qui sépare les muscles latéraux, et dont l'extrémité supérieure est terminée par une facette articu- laire arrondie, sur laquelle le rayon est articulé. On trouve souvent des osselets surépineux chez les poissons qui n'ont pas de rayons; dans ce cas, leur étendue indique toujours l'étendue de la nageoire embryonale impaire. Très-souvent aussi , il y en a deux et même trois et quatre pour une seule apophyse épineuse , ce qui montre bien que l'opinion qui envisage ces sur- épineux comme appartenant au système vertébral , comme des prolongemens des apophyses épineuses, des démembremens des neurapophyses et des hémapophyses*, est entièrement erron- née. Il suffit d'ailleurs de rappeler qu'il existe des surépineux chez des poissons dont la nageoire se continue sous le ventre et dont les hémapophyses ne sont pas fermées par un prolongement épineux. Dans l'origine, il existe aussi des interépineux au devant des rayons de la caudale, et, chez tou| les poissons sans plaque caudale bien développée, c'est dans cet endroit qu'on les rencontre. Mais chez les poissons à caudale séparée, qui sont pourvus d'une plaque caudale, les inlerépineux ont disparu et sont soudés avec les apophyses vertébrales en une seule plaque osseuse. La forme et la grosseur des interépineux varient à l'infini, mais ils sont pour- — 104 — tant toujours en rapport avec les apophyses épineuses ; quelquefois même ils sont soudés à ces dernières ou imbriqués comme des tuiles; dans le premier, cas ils sont dilatés et élargis de manière à former une cloison longitudinale. Le système des nageoires paires est composé de deux paires, dont les unes, les pectorales, sont toujours situées au-dessus de la gorge, des deux côtés du cœur, tandis que les autres, les ventrales , quoique placées sous le ventre , varient singulièrement de place , depuis la gorge jusqu'au voisinage de l'anus. Les nageoires pectorales apparaissent de très-bonne heure chez l'embryon, longtemps avant les ventrales et presque en même temps que la nageoire impaire, sous la forme de deux bou- tons, situés derrière le cœur. On aperçoit presque en même temps le commencement de la ceinture thoracique, sous la forme d'un pli distinct qui descend derrière l'oreille et se réunit à celui de l'autre côté par une pointe au-dessous du cœur. Ce pli se modifie ensuite et devient une seule pièce cartilagineuse, qui se sépare en plusieurs pièces par l'ossification. Indépen- demment de cet arc , qui est le premier rudiment de la ceinture thoracique , il se développe dans le bouton extérieur, qui continue toujours à grandir, une plaque cartilagineuse, sur la- quelle se montrent les rayons. Cette plaque, qui au commencement, est simple et indivise, ne se partage en plusieurs pièces que par l'ossification. La nageoire pectorale de l'embryon est donc composée de trois parties distinctes; d'une partie interne qui forme l'arc de la cein- ture; d'une partie moyenne qui se compose des os carpiens, et enfin d'une troisième partie extérieure, les os du métacarpe et les rayons. Nous retrouvons les mêmes formes chez les poissons cartilagineux. Chez les Requins, la ceinture thoracique n'est composée que d'une seule pièce arquée en avant , formant un angle aigu au devant du cœur et cachée en arrière dans les chairs, au-dessus de la colonne verté- brale. Elle porte une seule pièce en forme de fléau, le représentant du bras et de l'avant-bras, sur laquelle reposent un grand nombre de petits cylindres, qui portent les rayons et forment quelquefois une double et triple rangée. Il est évident que cette pièce unique de la ceinture thoracique représente toutes les différentes pièces de l'arc scapulaire, c'est-à-dire la clavicule, le coracoidien et l'omoplate. Mais une ceinture thoracique composée d'une pièce unique ne pourrait subsister avec l'ossification; aussi le scapulaire ou l'omoplate est-il composé, chez les poissons osseux, de deux pièces, dont l'une, grande et fourchue, touche celle de l'autre côté au haut de la nuque , tandis que la seconde continue le bord du chambranle , sur lequel l'operclue se meut pour fermer l'ouverture des branchies. La clavicule est ordinairement d'une grandeur démesurée; elle forme la partie inférieure de l'ouverture branchiale, et touche la clavicule de l'autre côté par son extrémité antérieure. C'est cette pièce que Cuvier a appelée Vhumérus. Enfin le coracoîrfe est en général représenté par un stylet long et effilé, dirigé en arrière et caché dans les chairs; il est composé, dans la plupart des cas, de deux pièces. Le bras et l'avant-bras sont représentés par deux ou trois pièces de forme très-variable. — 105 — suivant que la nageoire est courte et ramassée, ou longue cl pédiculée. Ces pièces qui, quand elles sont au complet, correspondent à l' humérus, au cubital et au radial , forment derrière la clavicule une charpente perforée, sur laquelle se fixent les muscles de la nageoire. En avant de ces pièces, se trouve un certain nombre de cylindres osseux de grandeur variable, qui s'ar- ticulent en général au cubital, et sur lesquels les rayons sont inqilantés. Us correspondent sans doute au carpe et au métacarpe. La forme et le nombre de ces pièces sont soumis à des variations infinies. Nous nous bornons à mentionner ici le type particulier des Raies , où les pectorales atteignent un déve- loppement très-considérable, étant attachées à la tête par un système particulier de carti- lages, les cartilages des nageoires céphaliques, qui forment un arc autour de la tète et du cou, et viennent se joindre sur la pointe du nmseau. Ces cartilages sont exclusivement propres aux Raies et n'existent chez aucun autre animal. Pour le reste, la conformation de la pectorale est assez conforme à celle que l'on rencontre chez les Requins. Les nageoires ventrales des poissons varient beaucoup selon leur insertion , et on sait que l'on en a fait la base d'une classification générale. Elles n'apparaissent que fort tard chez l'embryon, sous la forme de deux petits boutons attachés à la peau du ventre, mais elles n'ont, dès l'origine, aucune communication avec le reste du squelette. Elles manquent à tous les poissons qui conservent la nageoire embryonale impaire , et n'apparaissent qu'avec le type à colonne vertébrale courbée. Néanmoins, tous les poissons des formations géologiques anté- rieures à la craie sont abdominaux, d'où il faut conclure que les nageoires ventrales entrent de très-bonne heure dans le plan général du squelette. La nageoire se compose toujours de deux parties, une interne, la partie coxale et une partie externe, les rayons; on ne connait pas d'exemple où la partie interne existe sans les rayons , comme cela a lieu pour les nageoires pectorales. La partie coxale consiste, chez les Plagiostomes, en une seule trame cartilagineuse, formant la cloison située à travers la partie postérieure de la cavité abdominale, tandis qu'il y a , chez les poissons osseux , deux os triangulaires qui se touchent par leur côté interne et se soudent souvent en une seule lame. Les rayons des nageoires méritent une attention toute parlicuhère. On en distingue en général deux espèces, les rayons mous qui sont flexibles et divisés à la fois dans le sens de la longueur et tranversalement, et les rayons durs et épineux, qui sont d'une seule pièce osseuse. Le mode d'implantation des rayons est soumis à des variations nombreuses. On peut établir comme règle générale , que tous les rayons osseux portés par des osselets interépincux sont munis de faces articulaires d'ordinaire très-compliquées, mais qui souvent aussi ne sont que de simples ginglymes. Les rayons fixés sur des plaques réunies, ou sur des os carpiens ou coxaux, sont par contre toujours bifurques à leur base et embrassent par deux branches le bord de la pièce sur laquelle ils se meuvent. Les deux bras de cette fourche sont en général droits dans la caudale, mais recourbés dans les nageoires paires, où la base du rayon ressemble à une pince — 106 — de dentiste. Il est par conséquent toujours facile de reconnaître de quelle nageoire un rayon détaché provient; une base à facette articulaire indique les nageoires dorsale et anale, une fourche à bras droits la caudale , une pince à bras fléchis les pectorales ou les ventrales. Les rayons mous se trouvent en plus ou moins grand nombre dans toutes les nageoires. Ils sont formés d'une substance osseuse , et les divisions longitudinales et tranversales proviennent de ce que cette substance osseuse se dépose en capsules ou cellules de grandeur variable, qui se superposent les unes aux autres et se multiplient de plus en plus vers l'extrémité du rayon. Les rayons durs par contre sont formés d'une seule pièce; on les rencontre dans toutes les nageoires , sauf la caudale , et l'on a invoqué leur présence dans la partie antérieure de la (lorsale comme une caratère de classification de premier ordre. Je renvoie au chapitre sur la classification des poissons pour de plus amples détails sur cette matière. • Avant de quitter ce sujet, je dois encore signaler une espèce particulière de rayons, qui ne se rencontre que chez les Ganoides, et qui olïre plusieurs particularités de structure fort remarquables : ce sont les défenses dont plusieurs Siluroides , les Balistes et d'autres Ganoides sont armés , et qui se trouvent aux mêmes endroits que les ra} ons durs dans les Acanthoptérygiens. Ces rayons sont articulés sur les interépineux ou adaptés sur les os du carpe , comme les autres rayons , mais , au lieu d'être formés de substance osseuse , ils pré- sentent au contraire une composition analogue à celle de l'émail dont les écailles de ces poissons sont recouvertes, et qui, dans le plus grand nombre de cas, est de la véritable dentine. Faute de matériaux, je n'ai pas encore pu pousser mes recherches sur ce sujet aussi loin que je l'aurais désiré. Je dirai cependant que jusqu'ici je n'ai encore trouvé de rayons semblable chez aucun Acanthoptérygien, en sorte que cette structure particulière pourra servir à reconnaître les rayons fossiles. Les rayons des Chondroptérygiens, comme nous le verrons tout-à-l'heure , présentent aussi une struture toute particulière. On rencontre chez les poissons cartilagineux trois espèces de rayons, des cartilagineux, des cornés et des défenses formées de dentine. Les premiers, les rayons cartilagineux, corres- pondent par leur structure aux rayons mous des poissons osseux. Ils sont composés de petits cylindres reunis en fils; leur division longitudinale se fait de la même manière que dans les rayons mous , c'est-à-dire que deux cylindres se superposent à un précédent , et les doubles rangées ainsi commencées se continuent. Mais ce qui distingue surtout ces rayons des rayons mous des poissons osseux, c'est que les divisions sont allignées latéralement, de ma- nière à former des lignes droites ou plus ou moins ondulées sur l'ensemble des nageoires , tandis que ces mêmes divisions horizontales, chez les poissons osseux, alternent entr'elles et ne se correspondent pas. Un autre point à signaler, c'est que les pièces dont ces l'ayons sont composés sont de véritables cylindres, tandis que dans les rayons des poissons osseux, ce sont des boites creuses à l'intérieur. Les rayons cartilagineux sont implantés d'une manière très- simple sur la base sur laquelle ils se meuvent : l'extrémité du premier cylindre est tronquée , — 107 — et repose sur la pièce qui la porte par une face lisse. Il y est fixé par la membrane fibreuse qui entoure les cartilages et qui se continue sans interruption de l'un à l'autre. On ne ren- contre iamais de rayons cartilagineux bifides à la base. Les rayom cornés se rencontrent surtout chez les Requins et les Chimères. Ils ne montrenl aucune trace de division transverse et ne se divisent pas non plus dans le sens longitudinal. Leur nombre est très-considérable; il y en a quelquefois plusieurs centaines dans une seule nageoire. Je ne puis mieux les comparer qu'aux fibres des fanons de Baleines qui sont réunies les unes aux autres et formées également d'une substance parfaitement homogène. Il y a dans chaque nageoire, deux rangées de fibres collées ensemble par le milieu et dont les extrémités inférieures embrassent les pièces sur lesquelles elles reposent , comme des fourches. Le mode d'insertion de ces rayons est donc analogue à celui des rayons des poissons osseux, qui ne sont pas portés par des osselets interépineux, comme par exemple les rayons de la caudale. Les grandes défenses que plusieurs poissons cartilagineux portent dans leurs nageoires, sont formées exclusivement de dentine parfaitement caractérisée par des canaux médullaires et des tubes calcifères, comme on en rencontre dans les dents des mâchoires. Ces rayons ne sont jamais articulés sur les pièces qui les portent, comme les défenses des poissons osseux; ils ne sont pas non plus composés de deux moitiés latérales, comme c'est principalement le cas des défenses propres aux nageoires impaires des poissons osseux. Ils sont au contraire taillés en biseau et leur extrémité est suspendue librement dans la chair, ou implantée comme un fourreau sur un support cartilagineux , à peu près comme les cornes des ruminans cavi- cornes sur leurs supports osseux. La cavité, qui résulte de cette implantation ne se ferme pas d'abord en arrière, et il reste toujours une rainure le long du bord postérieur. Ce sont ces caractères conslans qui m'ont conduit à la connaissance de la véritable nature de ces rayons fos- siles appelés IchthyodoruUthes , que l'on trouve en si grande quantité isolés dans les couches de la terre, et qu'on avait envisagés comme des défenses de Silures ou de Balistes, tandis qu'ils l)roviennent en réalité de poissons cartilagineux appartenant à plusieurs familles. Les détails fournis par l'embryologie sur le développement des rayons des nageoires, ne sont pas encore suffisans pour qu'il soit possible d'en tirer des conséquences sur la valeur respective de leur formation. Il est évident cependant que les nageoires sans rayons sont les moins par- faites ; les rayons cornés paraissent venir ensuite , puisqu'on voit , chez les embryons , où les rayons commencent à se former, une infinité de petits traits droits dont le nombre est de beaucoup supérieur à celui des rayons de l'adulte, et qui ne montrent pas la moindre trace de divisions transversales. Les défenses me paraissent de tous les rayons ceux qui ont l'orga- nisation la plus parfaite, puisque l'on en voit, chez les poissons osseux, qui paraissent être le résultat de la soudure d'un ou de plusieurs rayons primitifs. Si nous essayons maintenant d'établir une échelle de gradation d'après les données que l'étude collective de l'embryologie et de l'anatomie comparée nous ont fournies sur le déve- — 108 — loppement du tronc, nous trouverons en premier lieu qu'il est impossible de placer sur une même ligne tous les êtres d'une même classe et encore moins ceux de tout le règne animal. Il n'y a, selon nous, aucun être qui soit absolument et sous tous les rapports inférieur à tel autre. C'est l'ensemble de l'organisation qu'il faut considérer, et c'est elle seule qui peut servir de guide dans le rang que Ton assigne à telle famille ou à tel genre. Aussi bien , c'est par la prépondérance que les auteurs ont alternativement accordée à tel ou tel organe qu'on peut s'expliquer les différences notables qui régnent dans les systèmes. FORIVIE EMBRYONALE DU TRONC. Le corps est élancé , svelte , plus ou moins comprimé latéralement , surtout dans la partie postérieure. 1) Point de système vertébral; corde dorsale droite, sans pièces vertébrales. Point de membres paires. Nageoire embryonale continue : Branchiostoma, Nageoire impaire plus ou moins séparée: Mijxinoides , Jmniocœtes. â) Système vertébral incomplètement développé; pièces vertébrales paires, sans partie centrale. Nageoire impaire séparée; corde dorsale droite; point de membres pairs; neurapo- physes cartilagineuses. Pétromyzon. 5) Système vertébral incomplet; apophyses osseuses sans parties centrales. Nageoire con- tinue. Pectorales et ventrales styliformes. Lépidosiren . U) Système vertébral complet, ossifié. Nageoire impaire continue, avec des rayons. Pec- torales développées. Point de ventrales : Jpodes anguilli formes. Des ventrales : Divers Gadoides. FORIVIE NORBIALE. Le corps est plus ou moins fusiforme, comprimé latéralement; diminuant en arrière. Système vertébral incomplet; pièces périphériques sans corps central. Nageoires impaires distinctes. Caudale infère. Corde recourbée. a. Pièces périphériques (neurapophyses et hémapophyses) cartilagineuses: Esturgeons, Chimères. h. Pièces périptériques osseuses. Ganoides fossiles. — 109 — 2) Système vertébral complet. Des pièces périphériques et des parties centrales. Nageoires impaires tlislinctes. Caudale infère. Corde dorsale recourbée. a. Nerlèbres incomplètes; pièces périphériques incomplètes, cartilagineuses. Gfisels (Nolidanus). b. Vertèbres distinctes, incomplètement ossifiées, creusées en doubles cônes; pièces périphériques cartilagineuses. Acanlhias, Centrina. c. Vertèbres distinctes, ossifiées; apophyses incomplètement ossifiées; des apophyses in- tercalaires : Requins en (jénéral. d. Vertèbres distinctes , en doubles cônes. Des apophyses intercalaires. Des pièces sur- numéraires pour la fermeture des neurapophyses: Scylliiwi, Galeus, Carcharias, Mustelus. .'5) Système vertébral complet. Vertèbres à faces articulaires. Caudale infère. Lepidosteus. h) Système vertébral complet. Vertèbres à doubles cônes. Caudale bilobée. Insertion par- tagée. Plaque caudale. Sciénoides, Sparoides, Sconibéroides, lUuyiloides, Labroides, Percoides, Gobioides, Trigloides (Joues cuirassées), Callionymes, Cyprinoides, Salmonidés, Lucioides, Clupéides, Siluroides. FORME ANORMALE. Corps aplati latéralement. 1) Système vertébral incomplet. Point de pièces centrales. Caudale infère. Platysomus (du Zechstein et de la Houille). 2) Système vertébral complet. Caudale bilobée. Plaque caudale. a. Corps symmétrique. Fomers, Teuthies, Squamipennes. b. Corps asymmélrique. Pleuronectes. Corps arrondi. i) Système vertébral incomplet. Pterichthys , Coccosteus (Terrains de transition). 2) Système vertébral complet. Plectogna thés, Sclérodermes . Corps aplati d'en haut. Développement excessif des pectorales. Raies. ToM. I. 45 110 DE LA TETE. Nous appelons tête tout cet ensemble d'appareils qui, chez les poissons, est situé au devant des pectorales, enveloppe les parties centrales du système nerveux ainsi que les principaux or- ganes des sens et préside à l'exercice des fonctions de la respiration et en partie à celles de la nutrition. La tête des poissons se distingue de celle des autres vertébrés en ce que, à peu d'exceptions près, tout l'appareil respiratoire est logé dans la tète. Nous distinguons le crâne, ou la boite qui enveloppe le cerveau et les organes des sens , et qui est , pour ainsi dire , le noyau de toute la tête et la face qui est composée de pièces mobiles servant à la nutrition et à la respiration. Nous allons d'abord nous occuper du crâne, et nous chercherons à nous rendre compte des lois qui président à sa formation , de la même manière que nous l'avons fait pour la colonne vertébrale , en nous appuyant à la fois sur l'embryologie et sur l'anatomie com- parée. Les figures deTab. J. etK. représentent les diverses phases du développement de la tête osseuse. Les mêmes parties y sont toujours designées par les mêmes chiffres, et pour en facihter l'intelligence, on a fait colorier les os de la face, tandis que ceux du crâne sont restés en noir, Nous donnerons une analyse détaillée de ces deux planches à la fin de ce chapitre. DU CRANE. U n'y a aucun point de l'anatomie des poissons qui ait été plus discuté que celui de la composition du crâne, et aujourd'hui même, après tout ce qui a été dit et écrit sur ce sujet, les analomisles sont loin de s'entendre. Ce fut surtout à propos des discussions sur la compo- sition vertébrale de la tête , que l'on examina plus attentivement le crâne des poissons et les diverses pièces qui entrent dans sa composition. L'on commença. par analyser celles qui existent aussi chez les autres vertébrés et l'on chercha à ramener le tout à un type général , celui de la formation par vertèbres. Les adversaires de cette doctrine trouvèrent de leur côté, dans ces mêmes pièces, des argumens contre l'interprétation que cherchait à leur donner l'école des philosophes de la nature. Le principal tort que l'on eut des deux côtés, fut de s'attacher trop à la tête des poissons osseux et de négliger l'étude des poissons cartilagineux, ainsi que celle des types à squelettes à demi-ossifiés, qui forment le passage entre les deux formes. L'embryologie ne fut pas même consultée, et il faut convenir que, même de nos jours, elle n'a pas avancé de beaucoup la solution du problème. En revanche, les formes primitives ont été examinées dans ces derniers temps avec le plus grand soin , chez les pois- sons inférieurs et, grâces aux recherches de M. Miiller sur l'anatomie comparée des Myxinoi- des, il est possible maintenant de suivre, en quelque sorte d'échelon en échelon, la compo- sition génétique de la tête. Rien n'est instructif comme de comparer ces données avec celles que M. Vogt a recueillies sur la formation embryologique du crâne dans son Embryologie des — 111 — Salmoncs qui forme le premier voluiue de mon Histoire jialurelle des poissons d'eau douce de lEurope cenirale. Reportons nous un instant à l'état embryoFiique du poisson. Dans lembryon, la corde dorsale (Tab, J. iig. 1 — y, 7 et 8 ; Tab. K. lig. U; A.), (jue nous avons reconnue être l'axe j)nncipal autour duquel se forment les vertèbres et,4eurs dépendances, ne linit pas avec la dernière Aertèbre; elle se continue encore dans la base du crâne. Elle est dabord entourée d'une substance particulière, sans forme déterminée. Cette substance, plus solide et plus opaque que le reste de la substance embryonique, enveloppe également l'extrémité antérieure de la corde, la partie postérieure du cerveau, l'épencépliale et les vésicules des oreilles qui se forment à côté de ce dernier. La corde se prolonge jusqu'à la base de l'épencéphale, où elle se termine en pointe allongée, sur la limite entre l'épencépliale et la partie moyenne du cerveau ou le mésencéphale. On ne distingue aucune autre formation particulière autour ou au-dessous du mésencéj)liale ou du prosencéphale , qui puisse faire croire qu'il existe déjà, à cette époque reculée de la formation embryonique, une enveloppe séparée pour ces parties du cerveau ou pour les organes des sens qui en dépendent, tels que les yeux et le nez. Cet état de chose dure très-longtemps chez l'embryon des poissons; cependant petit à petit une enveloppe membraneuse se développe et il se dépose une plus grande quantité de matière constitutive dans les endroits où des parties plus solides devront être formées; mais il est impossible de distinguer aucune forme arrêtée avant l'apparition des cartilages. C'est seulement quand ceux-ci sont formés, qu'on appercoit des contours précis et qu'on peut suivre le développement de ces formes primitives, qui n'ont rien de commun avec les formes du crâne, tel qu'il existe dans le poisson adulte. L'extrémité antérieure de la colonne, avons-nous dit, se voit au miheu de la base du crâne, où s'avançant jusque vers le mésencéphale, elle se termine en pointe effilée. Elle est entourée de chaque côté d'une masse épaisse de cartilage, qui s'étend latéralement sous les oreilles et entoure ces dernières d'une espèce de capsule. Dans l'intérieur de cette capsule cartilagineuse, sont creusées de larges cavités destinées aux parties membraneuses de l'oreille. La base carti- lagineuse de l'épencéphale représente ainsi une plaque assez large, séparée au milieu par la corde dorsale et tuméfiée des deux côtés en deux capsules pour les oreilles. C'^st la plaque que M. Vogt nomme plaque tmcltale (B. Tab. J. fig. 1, 2, 4, 6; Tab. K. fig. k.). 11 ne parait pas que les deux parties latérales de cette plaque communiquent entrelles. La séparation est complète, d'après M. Vogt, et les deux parties ne sont qu'appliquées latéralement contre la corde , mais elles se recourbent un peu sur les parois latérales de l'épencéphale , où elles se terminent d'une manière vague, en passant probablement à une membrane fibreuse, qui enveloppe le reste de l'épencéphale. 11 en est autrement à la base du crâne; ici la substance cartilagineuse se continue en avant, en formant deux bâtons de forme cylindracée qui s écartent sur les côtés, circonscrivent un espace lenticulaire dans lequel l'hypophyse du cer- — 112 — veau est située, et se rapprochent de nouveau sous le prosencépbale, pour former une seconde plaque indivise, la plaque faciale (D. Tab. J. fig. 2, 6 — 8 ; ïab. K. iîg. k.). Les anses latérales, (G. Tab. J. fig. 1 , 2, i, 6, 8, 9; Tab. K. fig. U.) comme on a appelé les deux bâtons carti- lagineux qui entourent l'hypophyse, y aboutissent et font corps avec elle. D'après cela , le crâne de l'embryon est fort simple dans sa première apparition ; il n'existe encore de cartilage qu'à sa base, sous forme de deux plaques, une antérieure et une posté- rieure, qui sont réunies par deux anses latérales. Les oreilles seules sont enveloppées de capsules cartilagineuses, qui dépendent de la plaque nuchale; les yeux et le nez, comme tout le reste du cerveau, ne sont protégés que par des membranes fibreuses, qui, à ce qu'il parait, ne font pas même corps avec les parties cartilagineuses. Il est difficile de dire ce que de- viennent ces parties et quels sont leurs rapports avec les os et les cartilages des poissons adultes; car les recherches de M. Vogt sur l'embryologie des Salmones ne vont pas au de-là de l'éclosion, et celles plus anciennes de M.Rathke sur le développement du Blennie vivipare commencent l'étude de la formation du squelette à une époque beaucoup plus avancée. On a cependant quelques raisons d'admettre que ces parties primitives persistent d'une certaine manière dans l'ossification , et que la grande dissemblance qui règne entre la tête complète- ment ossifiée et celle de l'embryon, a son origine en partie dans le fait, que l'ossification n'est pas une transformation pure et simple des parties cartilagineuses en os, mais que les carti- lages, de leur côté, continuent aussi à se développer, si bien que l'ossification et la formation de cartilages marchent de pair. L'ossification s'opère toujours de dehors en dedans, de telle sorte que lorsque la capsule destinée à protéger le cerveau et les sens est achevée, il se forme des plaques protectrices à la face extérieure, qui petit à petit envahissent toute la capsule et font disparaître le cartilage. 11 faut par conséquent distinguer deux sortes d'ossification; l'une qui tend à transformer inmiédiatement les parties primitives du crâne embryonique en os ; l'autre, qui tend à déposer autour de ce noyau des plaques protectrices, qui se déve- loppent non-seulement, comme on l'a cru jusqu'ici , sur la face extérieure, mais aussi sur les parois latérales et sur la face inférieure du crâne. Nous chercherons à suivre ces transforma- tions dans la série de types que nous fournit l'anatomie comparée. Le Branchiostoma lubricum (Amphioxus lanceolatus Yarrell), cet animal si curieux de la famille des Cyclostomes , forme le premier gradin de l'échelle. Il n'a qu'une corde dorsale ; les parties centrales du système nerveux ne sont entourées que d'une enveloppe membraneuse et ne montrent aucune enflure, aucune trace de ganglions particuliers. La corde dorsale aboutit à l'extrémité antérieure du corps , comme elle aboutit chez l'embryon , sous le mésencéphale , et l'on ne découvre aucune trace de parties plus solides autour de son extrémité. L'état adulte de ce poisson est donc en quelque sorte analogue à l'état embryonique des autres types immédiatement après la formation de la corde dorsale et avant le développement d'une tête particulière. — 115 — L'Àinmocœtes branchiaUs (Tab. J. (ig. 1 — 3.), de la môme famille, est d'une organisa- tion déjà plus parfaite, qui correspond à celle de l'embryon au mo^nent de la première appa- rition des cartilages. La corde dorsale (A) se termine en pointe au-dessous de la limite entre répencéphale et le mésencéphale ; de chaque côté est appliquée latéralement une masse dure et cartilagineuse qui forme deux capsules pour les oreilles (B) et se continue en avant sous la forme de deux anses latérales cylindriques (C) qui circonscrivent un espace pyriforme, entouré seulement d'une membrane (E). Ces deux anses se réunissent de nouveau sous le prosencé- pliale , mais sans former une plaque faciale (D) ; car le point de réunion n'est pas plus large que l'une des anses prise isolément. Tout le reste du crâne est membraneux (F), et cette membrane fibreuse, assez épaisse, est partout attachée aux pièces cartilagineuses, mais l'adhérence n'est pas tellement forte, qu'on ne puisse l'enlever facilement et l'isoler complète- ment des cartilages. La pointe de la corde dorsale s'avance librement dans l'espace compris entre les anses latérales , absolument comme dans l'embryon des Salmones. Ici aussi, l'hypo- physe et même le mésencéphale tout entier reposent sur la membrane qui ferme cet espace. On le voit, cet état est absolument celui de l'embryon. Mais l'Ammocœtes se distingue encore par une autre particularité qui ne se remarque que plus tard chez lembryon. L'ouverture de la cavité nasale , qui est unique chez les Cyclostomes , se trouve immédiatement au devant de l'extrémité antérieure de la capsule membraneuse du cerveau; elle aboutit à un canal assez spacieux qui se dirige obliquement en arrière , passant entre la réunion des anses latérales et la membrane qui ferme le trou de la base du crâne en haut , et entre la muqueuse de la bouche en bas , pour se terminer en cul de sac près de la pointe de la corde dorsale ; de ma- nière que le plafond de la cavité buccale est séparé du plancher cérébral par la portion posté- rieure en cul de sac du canal nasal. Ce plafond de la bouche ne reste pas membraneux; il s'y forme une plaque dure , cartilagiheuse (G), qui s'adapte de tous côtés sur la paroi inté- rieure de l'espace circonscrit entre les anses latérales, et forme ainsi un faux plancher du crâne. On pourrait appeler cette plaque , qui a tout à fait la forme de l'espace compris entre les anses latérales auxquelles elle adhère, plaque buccale (G) ; c'est le vestige de ce système de plaques protectrices qui se développent autour de la capsule primitive du cerveau, et qui, par leur soudure avec les formations primitives, rendent si difficile l'étude de la composition du crâne. La crâne de l'Ammocœtes renferme ainsi les élémens suivans : une capsule mem- braneuse pour le cerveau (F); une base cartilagineuse, composée de l'extrémité de la corde (A), une plaque nuchale (B) à capsules pour les oreilles; deux anses latérales cylin- driques (C) réunies en avant sans le concours d'une plaque faciale particulière , et enfin une plaque buccale (G), formant le plafond de la bouche. Nous retrouvons chez les Mijxinoides (Tab. J. fig. 7 — 9.) les mêmes élémens un peu mo- difiés. Les anses latérales (C) sont plus allongées et la plaque buccale (G) a la forme d'un long cartilage spatuliforme élargi et concave au milieu, reposant par sa tige postérieure sur la 13* — 114 — plaque nuchale (B). La plaque faciale (D) est large et munie de nombreux processus destinés aux tentacules de la bouche et formant les soutiens des lèvres. Les anses latérales et la plaque nuchale détachent également des processus latéraux qui forment un système très-compliqué de cartilages, dont nous traiterons plus en détail, au chapitre de la face. Les Pétromyzontes enfin (Tab. J. fig. k — 6.) sont le dernier type de la classe des pois- sons qui montrent des anses latérales distinctes. La plaque nuchale (B) est grande et s'avance en arrière sur la face inférieure de la corde , sous forme de deux processus effilés; en avant, elle se continue dans les deux anses latérales (C) qui sont très-courtes et qui n'embrassent qu'un très-petit espace presque circulaire (E), dans lequel est logée l'hypophyse du cerveau. La plaque faciale (D) est très-grande et occupe presque toute la base du prosencéphale et du mésencéphale ; un grand arc cartilagineux s'avance depuis la plaque faciale en bas, tourne en arrière, et rentre dans la plaque nuchale; c'est sur lui que repose l'œil; il est l'analogue d'un arc semblable , mais beaucoup plus rapproché de la ligne médiane , qui se trouve chez les Myxinoides , et qui porte l'échaffaudage des cartilages faciaux. Ce second arc cartilagineux des Pétromyzontes n'est pas du tout l'analogue des anses latérales si largement ouvertes de l'Ammocoetes, comme on pourrait être tenté de le croire au premier abord. Nous verrons au contraire en traitant de la face , qu'il constitue l'arc ptérygoklien qui , dans les Cyclostomes , comme dans les embryons, n'est pas encore séparé du crâne par des faces articulaires. La capsule du cervau est cartilagineuse sur les côtés, membraneuse en haut et elle ne se laisse plus séparer de la base du crâne, comme chez les genres précédens. La plaque buccale (G) ne se sépare pas non plus de la plaque faciale; et le canal nasal ne se loge plus entre le plafond de la bouche et le plancher du cerveau ; car ces deux parties n'en forment plus maintenant qu'une seule. Ici finit la série des formes, que l'on pourrait appeler embryonales; les Plagiostomes (Tab. J. fig. 10 et H ; Tab. K. fig. 1.) et les Chimères (Tab. J. fig. 12.) montrent déjà une affinité plus grande avec les poissons o;>seux. Le crâne n'offre qu'une seule boîte cartilagineuse qui est moulée intérieurement sur les contours du cerveau et qui a en outre une grande fontanelle sur le devant , au dessus du prosencéphale et des trous pour la sortie des nerfs. On y reconnaît distinctement trois com- partimens; le premier ou le compartiment postérieur (B) est rétréci en arrière, élargi en avant et encaissé de deux côtés entre des masses considérables de cartilage qui entourent les organes de l'ouie, qui sont complètement isolés de la cavité cérébrale; le second comparti- ment (C) est plus large et séparé du premier par une forte saillie du plancher de la cavité cérébrale; il est compris entre les grands creux dans lesquels sont logés les yeux; ces derniers organes reposent sur un plancher mince de cartilage recouvert d'un plafond peu large de la même substance; enfin le troisième compartiment (D), le plus large de tous, communique de chaque côté par un grand trou avec les fosses nasales qui sont entourées d'un anneau — 116 — scmimcmbrancux en forme d'enlonnoir, et tournées en dehors cl en l)as. La base thi crâne est toute unie; elle s'étend au de-là des fosses nasales au moyen d'un prolongement médian recourbé en haut, qui forme le bout du museau et qui est attaché à l'anneau nasal par deux apophyses latérales recourbées. Mais en examinant l'anneau de plus prés, et surtout en le plaçant sous un jour favorable, après avoir enlevé le toit de la cavité cérébrale (Tab. J. fîg. 11.), on voit s'y dessiner des parties plus épaisses et d'autres endroits presque trans- parens, tant le cartilage y est mince. Le plancher de l'épencéphale entre les oreilles est plus épais; c'est la plaque nuchale (A). De-là partent deux bras latéraux, entourant l'hypophyse du mésencéphale , sur lesquels les cloisons de l'orbite sont posées ; ce sont les anses latérales du crâne (C). L'espace qu'elles entourent est très-étroit et fermé par la soudure de la plaque buccale avec les anses, comme c'est aussi le cas chez les Ammocœtes; enfin, la partie qui porte le prosenséphale est de nouveau plus épaisse, les anses latérales y aboutissent et nous y retrou- vons la plaque faciale (D), qui se prolonge en avant dans le museau. Le caractère saillant des Plagiostomes consiste donc en ceci : la boîte cérébrale qui était encore membraneuse chez les Cyclostomes, est devenue cartilagineuse, à une fontanelle près; elle s'est soudée et confondue d'un côté avec la base embryonalc du crâne , de l'autre avec la plaque protectrice inférieure , la plaque buccale, de manière à ne former avec elles qu'une seule capsule. L'Esturgeon (Tab. K. fig. 3. et Vol. 2. Tab. E.) établit, par la conformation de son crâne, un passage des plus remarquables entre les poissons cartilagineux proprement dits, et les pois- sons osseux. Une boite cérébrale unique, sans sutures ni fontanelles, formée seulement de cartilage, enveloppe l'organe nerveux central; elle est percée en arrière par l'extrémité anté- rieure de la corde dorsale, autour de laquelle se développe la plaque nuchale. Il faut couper le crâne dans toute sa longueur (Vol. 2. Tab. E. fîg. 5.), pour s'apercevoir que les anses latérales existent. Le creux qui reçoit l'hypophyse du cerveau , traverse le cartilage , et n'est fermé que par la plaque buccale osseuse qui est dessous ; c'est autour de ce creux que le car- tilage est le plus développé. Pour tout le reste, le crâne de l'Esturgeon ne se distingue guère de celui des Plagiostomes, si ce n'est par l'absence d'une articulation occipitale, qui est de- venue impossible à cause de la persistance de la corde dorsale. Mais ce qui rend l'Esturgeon surtout intéressant, c'est la présence de plaques protectrices osseuses, tant à la face supérieure, qu'à la face inférieure du crâne. Ces plaques enveloppent complètement les deux faces de la boîte cérébrale. A la face inférieure du crâne, il n'y a qu'une seule lame osseuse, qui s'étend depuis l'occiput jusqu'au bout du museau, et dont la partie postérieure s'avance même en arrière sur la corde dorsale , de manière que les premières côtes sont fixées sur la plaque buccale. Cette extension postérieure de la plaque buccale rappelle en quelque sorte ce que l'on trouve chez les Pétromyzontes. Les plaques supérieures appartiennent évidemment à la peau et sont la continuation de celles qui se voient le long du dos et sur la ligne médiane du tronc. Leur nombre et leur disposition varient considérablement chez les diverses espèces. — IIG — Aussi, je crois que tous les efforts qu'on pourrait tenter pour ramener ces plaques supé- rieures au type des os qui existent à la même place chez les poissons osseux, seraient inutiles. Nous avons suivi dans les types qui précèdent les modifications que les parties intégrantes du crâne subissent dans la série des poissons cartilagineux. Nous y avons reconnu trois élé- mens d'abord entièrement étrangers les uns aux autres, mais qui par leur fusion et leurs combinaisons déterminent les formes diverses que nous avons décrites. Ce sont : i) la base ver- tébrale du crâne représentée par l'extrémité antérieure de la corde dorsale, entourée de sa gaîne et de la plaque nuchale portant les deux vessies auditives, et par la continuation de la plaque nuchale dans les anses latérales du crâne et dans la plaque faciale. Nous verrons par la suite, en traitant de la composition vertébrale de la tête, si ces élémens s'accordent ou non avec les bases que nous avons établies pour expliquer la formation des vertèbres des poissons ; 2) l'enveloppe cérébrale qui constitue un second élément du crâne; d'abord membraneuse, elle se solidifie en devenant cartilagineuse et se soude alors avec la base vertébrale en une seule masse de manière à en rendre les limites primitives méconnaissables; 3) enfin nous avons reconnu un troisième système, celui des plaques protectrices qui apparaît simultanément avec les deux autres , mais d'une manière indépendante et se soude bientôt avec eux dans le crâne informe des Plagiostomes. Il est digne de remarque, qu'aussitôt que leur substance se modifie , ces différens systèmes se séparent de nouveau pour aussi longtemps que leur consti- tution est différente. C'est ainsi que chez les Cyclostomes, où la boîte cérébrale reste entière- ment ou en partie membraneuse, elle se sépare nettement de la base vertébrale et des plaques protectrices, qui sont composées d'un cartilage dur. C'est ainsi que chez l'Esturgeon, les plaques protectrices, en s'ossifiant, se séparent de la base vertébrale et de la boite cérébrale , qui restent cartilagineuses; c'est ainsi que, chez beaucoup d'autres poissons osseux, lesSalmones et les Brochets par exemple , la boîte persiste à l'état cartilagineux sur le plafond du crâne et demeure séparée des plaques protectrices qui la couvrent en dehors , tandis qu'en bas , elle se soude, en s'ossifiant, avec la base vertébrale et la plaque protectrice buccale. Mais il y a ici une distinction à faire, c'est que l'ossification occasionne la formation de plusieurs pièces en- chevêtrées. Son caractère essentiel est donc de séparer, tandis que les crânes qui restent car- tilagineux sont toujours coulés comme d'un seul jet; c'est entre autres le cas des Plagiostomes, où les différens élémens, qui sont formés de la même substance, deviennent aussi tout-à-fait méconnaissables. Dans les crânes ossifiés, on reconnaît encore les traces des anciennes sépa- l'ations, alors même que l'ossification est complète. Dans les crânes cartilagineux au contraire tout est confondu. En abordant maintenant l'ostéologie du crâne des poissons osseux (Tab. J. fig. 2i — 16. Tab. K. fig. 5.), nous chercherons surtout à faire ressortir le développement que subissent les parties fondamentales du crâne, que nous venons de reconnaître dans l'embryon et chez les poissons cartilagineux , en indiquant en même temps les principales modifications que les — 117 — divers os subissent sous l'influence des variations auxquelles la forme du crâne est assujettie. JNous commencerons par établir à quelle formation élémentaire les divers os appartiennent, et après avoir reconnu le rôle que chaque os joue vis-à-vis des élémens embryonniques, nous étudierons les rapports variés sous lesquels ils se montrent chez les poissons osseux en général. On retrouve dans la tète osseuse, la plaque nuchale avec ses dépendances, les vessies audi- tives. Sa base forme la continuation de Taxe du corps, déterminée par la corde dorsale; ses excroissances latérales enveloppent l'organe auditif, et son prolongement supérieur s'arque en ogive sur la moelle épinière , qui entre par le trou occipital dans la cavité cérébrale. Le plancher de la cavité cérébrale est lui-même formé , dans sa partie postérieure , par la plaque nuchale, sur laquelle repose l'épencéphale, et c'est l'os occipital et ses démembremens qui occupent la place de cette plaque. C'est, en effet, le basilaire (2.) de Cuvier, os en général court et cylindrique, qui porte la facette conique qui s'articule avec la première vertèbre par laquelle le crâne est joint à la colonne vertébrale, chez tous les poissons. Or ce basilaire, contient l'extrémité antérieure de la corde dorsale; il s'est par-conséquent développé comme un anneau autour de cette dernière ; aussi renferme-t-il , ainsi que les pièces centrales des vertèbres, des restes de la corde dans sa cavité articulaire creuse. La moelle allongée et la base de l'épencéphale reposent d'ailleurs sur sa face supérieure et dans sa face articulaire est creusée une partie de la fossette qui reçoit le sac du labyrinthe de l'oreille. Il est donc évident que cet os est formé des deux parties cartilagineuses latérales qui entourent l'extré- mité de la corde dorsale; aussi porte-t-il tous les caractères d'une pièce centrale de vertèbre. Mais le basilaire, comme l'indique son nom, ne forme que la base de cette partie du crâne; c'est ce qui fait qu'il n'est que très-peu visible dans un squelette monté, étant recouvert en bas par une plaque prolectrice , le sphénoïde principal , et en haut par les occipitaux latéraux (10), qui sont posés sur lui et qui entourent les flancs de l'épencéphale, embrassant entr'eux le grand trou occipital, qui donne passage à la moelle allongée. La partie postérieure des cavités et des canaux faisant partie des organes auditifs est creusée dans l'intérieur des occipitaux latéraux, qui forment en général la paroi occipitale du crâne en bas, et la partie inférieure et postérieure de sa paroi latérale. Ces mêmes occipitaux donnent aussi passage au nerf respira- toire des poissons, ou nerf vague, au moyen d'un trou de forme et de grandeur très-variables. Tantôt ils forment l'ogive du grand trou occipital, p. ex., chez les Salmones, les Cyprins, les Percoides, les Gadoides et d'autres, ou bien ils ferment entièrement la paroi latérale du crâne, touchant en bas au basilaire, en avant à la grande aile du sphénoïde, et en haut au temporal. Tantôt ils sont très-reduits , et de grands espaces , remplis du cartilage primitif de la boite cérébrale, se voient sur les côtés du crâne entr'eux et les os que je viens de mentionner, ainsi que sur la face postérieure du crâne entr'eux et les occipitaux externes et supérieurs. Mais quelque petits qu'ils soient (et c'est principalement le cas chez les poissons à occiput aplati, comme les Siluroides, les Anari'hichas et les Sparoides), ils sont presque toujours dis- Ton. I. 16 — 118 — tinctement séparés du balisaire. Ce n'est que chez le Polyptère et plusieurs autres Sauroides fossiles, qu'ils s'unissent à ce dernier, de manière à ne former avec lui qu'un seul os. Il est évident , d'après cela , que les occipitaux latéraux correspondaient à la partie postérieure de la vessie auditive ossifiée. L'ossification s'effectue, comme toujours, de dehors en dedans, de sorte que, chez beaucoup de poissons, on trouve la face cérébrale de ces os tapissée intérieu- rement d'une couche plus ou moins épaisse de cartilage. Au-dessus de l'occipital latéral sont placés deux autres os ordinairement en forme de cônes, dont la base est tournée vers la cavité crânienne, tandis que le sommet s'avance en arrière, sous forme de crête ou d'apophyse plus ou moins saillante : ce sont les occipitaux externes [9), dont la grandeur parait être en rapport inverse avec celle des occipitaux latéraux. Dans les tètes plates et larges, où les occipitaux latéraux sont petits, les occipitaux externes s'élar- gissent et s'allongent en arrière en une forte crête, formant l'angle supérieur du crâne; en revanche , ils s'amincissent et disparaissent dans les têtes hautes , où les occipitaux latéraux acquièrent des dimensions notables; souvent aussi ils ne se touchent pas au milieu, laissant un espace plus ou moins considérable entr'eux. C'est ce qui arrive aussi aux occipitaux latéraux en bas et à l'occipital supérieur en haut. Cet espace, variable d'après la forme de la face occipitale du crâne, parait vide sur les fossiles. Il arrive aussi que les occipitaux latéraux ne se rencontrent pas au-dessus du trou occipital et ne ferment pas l'ogive. On dirait alors qu'une large fente médiane entame tout l'occiput. Les occipitaux externes, quoique revêtus souvent d'une couche plus ou moins épaisse de cartilage à la face interne (reste de la boîte auditive cartilagineuse) ne peuvent jamais être enlevés, sans mettre le cerveau et l'organe auditif plus ou moins à nu; et toujours il y a une partie des canaux semicirculaires qui sont cachés dans des creux de la face cérébrale de l'os. Il est dès-lors plus que probable que ces os ne sont que la partie postérieure et supérieure de la vessie auditive primitive qui s'est ossifiée; d'autant plus que ces os, qui sont séparés dans tous les autres poissons s'unissent dans le Polyptère aux occipitaux latéraux pour ne former avec eux qu'une seule pièce. La paroi occipitale du crâne est fermée en haut par un os impair, plus ou moins plat, rond à sa base et très-souvent surmonté d'une crête médiane de forme et de volume très-variable, c'est ïoccipital supérieur (8.). Dans les têtes hautes et comprimées latéralement, tels que les Vomers etc., la base de cet os est très-mince, souvent allongée, touchant en arrière aux occipitaux externes, en avant aux pariétaux et aux frontaux; dans ce cas, la crête médiane est élancée, haute, plate, semblable à la lame d'un couteau rond; tandis que dans les têtes larges, plates ou arrondies, où l'espace que l'os doit couvrir est beaucoup plus grand, la base est grande et plus ou moins ronde et la crête, au lieu d'être érecle, est souvent nulle, ou bien elle avance obliquement en arrière et même en bas pour se souder quelquefois avec les neu- rapophyses des premières vertèbres. Cet os ne peut pas non plus s'enlever sans mettre à dé- couvert les parties supérieures des creux auditifs. II constitue la clef de voûte de l'ogive repré- — 119 — scntée par Tensemble des occipitaux qui, dans les poissons osseux, ont remplacé la plaque nuchale, les vessies auditives et la partie postérieure de la boîte cérébrale qui recouvrait l'épcncépliale d'en haut. Il est plus difficile de dire quels os sont formés par les anses laléralcs du crâne. Cepen- dant, si Ton se rappelle que les deux cylindres cartilagineux qui unissent la plaque nuchale à la plaque faciale, sont les soutiens du niésencéphale , que ce sont eux qui embrassent, dans l'espace qu'ils circonscrivent, Ihypophyse du cerveau, nous aurons dans ce fait un indice pour nous guider dans linlerprétalion des métamorphoses de l'ossification. L'hypophyse ne manque jamais aux poissons, et quelle que soit sa grandeur relative, elle est toujours logée dans un creux à part de la base du crâne. C'est donc ce creux, qui doit être le reste de l'espace qu'embrassaient les deux anses latérales; ce sont par-conséquent les os qui entourent ce creux et qui reçoivent l'hypophyse, qui doivent avoir remplacé les anses latérales du crâne. Or ces os sont les grandes et les petites ailes du sphénoide. Les grandes ailes du sphénoide {i i .) sont deux os de forme très- variable , d'après la forme de la tête elle-même. Longs et bas dans les têtes aplaties, circulaires dans les têtes plus rondes, ils s'élèvent sous la forme d'une bande étroite et verticale dans les têtes courtes, hautes et comprimées latéralement, protégeant toujours les côtés du mésencéphale , et recevant à leur base l'hypophyse. Ils se touchent sur la ligne médiane et complètent ainsi le plancher de la cavité cérébrale; souvent le creux de l'hypophyse s'est conservé, et un trou rond se voit au milieu de leur réunion médiane. Ils complètent aussi la paroi latérale du crâne en se combi- nant plus ou moins intimement avec l'occipital latéral en arrière, le temporal et le frontal postérieur en haut et la petite aile en avant. Ces liaisons sont plus ou moins intimes suivant l'état de l'ossification à laquelle le crâne parvient. Chez certains poissons, les sutures sont enche- vêtrées; chez d'autres, il reste de larges espaces remplis par le cartilage de la boîte cérébrale pri- mitive entre les os, qui très-souvent ne se touchent pas même. La grande aile a toujours un ou plusieurs trous, par lesquels le trijumeau se détache de la cavité cérébrale pour se ramifier dans les organes qu'il sert; souvent aussi le canal sémicirculaire antérieur de l'oreille s'avance assez pour se cacher en partie dans la masse de cet os, et la moitié antérieure du creux des- tinée au sac du labyrinthe y est presque toujours située. La petite aile ou Vaile orbitraire (Ik.) du sphénoide pourrait plutôt provenir de la plaque faciale que des anses latérales. C'est un os plus ou moins carré dans les têtes hautes, déprimé et réduit dans les têtes larges et basses, où il manque même quelquefois complètement. Appliqué contre la face antérieure de la grande aile, il ferme le devant de la cavité cérébrale, touche en arrière au frontal postérieur, en haut au frontal principal, et avant à l'efhmoide crânien, et forme très-souvent avec son correspondant, de l'autre côté, une ogive, qui est sé- parée au milieu par l'ethmoide crânien, et par laquelle les nerfs optiques et olfactifs sortent du crâne. Dans la plupart des cas , cet os ne participe pas du tout à la formation de la base du — 120 — crâne, el l'on pourrait au besoin l'envisager comme formé uniquement de la boîte cérébrale. Mais d'un autre côté , le fait qu'il participe , dans plusieurs poissons , à la formation du creux de l'hypophyse , et que , dans d'autres cas , il se soude intimement à la grande aile , me fait penser qu'au moins une partie de la petite aile doit son origine aux anses latérales du crâne , quand même le i-este serait formé par la boîte primitive du cerveau ou bien par la plaque faciale. Je dirai à la lin de cet article, en exposant mes vues sur l'ossification des parties pri- mitives, quelles sont les raisons qui me font croire que presqu'aucun os n'est formé exclusi- vement de tel ou tel élément primitif, et que la plupart sont nés du concours de plusieurs élémens. La plaque faciale ne donne lieu a aucune ossification importante. Nous avons vu que, chez l'embryon, cette plaque sert de base au prosencéphale et de soutien aux fosses nasales qui y sont creusées. Dans les poissons à museau court et ramassé, où les fosses nasales sont très- rapprochées de l'extrémité antérieure du cerveau, la plaque faciale se transforme intégrale- ment en os ; elle est alors représentée par ïethmoide crânien (le sphénoide antérieur de Cuvier) (IS.), os impair, court, de forme presque carrée dans lequel sont percés les canaux servant aux nerfs olfactifs. Mais dans les poissons dont le museau s'allonge et dont les yeux , au lieu de conserver leur position primitive et latérale, à côté du mésencéphale, se reportent en avant pour se placer devant le cerveau, entre celui-ci el les fosses nasales, les rapports de la plaque faciale doivent nécessairement changer : une partie de la plaque restant à sa place primitive , se transforme en ethmoide crânien, l'autre se reporte en avant, mais ne se transforme jamais en os distinct; elle reste cartilagineuse comme noyau du museau, ou bien, si l'ossification du museau est complète, elle disparait par suite de l'envahissement de l'ossification extérieure. C'est pourquoi les poissons n'ont jamais de véritable ethmoide nasal (les os que Cuvier a nommés ethmoides sont les nasaux), mais seulement un ethmoide crânien. Le système des plaques protectrices est des plus développé dans les poissons osseux. Tous les os qui en font partie sont plus ou moins plats et dans l'origine appliqués seulement en dehors, sur les parties cartilagineuses du crâne, la boîte cérébrale primitive. Aussi peut-on enlever tous ces os sans endommager le moins du monde la forme et l'intégrité de la cavité cérébrale. Mais petit à petit ces os se développent aux dépens de la substance cartilagineuse sur laquelle ils reposent, et l'ossification, se propageant de plus en plus de dehors en dedans, la boîte cérébrale cartilagineuse finit par disparaître et les plaques protectrices entrent en contact immédiat par leur face interne avec la cavité cérébrale, tandis qu'auparavant ils en étaient séparés par du cartilage. Il serait bien important pour l'ostéogénèse du crâne d'exa- miner de nouveau l'ostéologie du crâne des poissons sous ce point de vue, et de rechercher rigoureusement quels rapports il existe entre la masse cartilagineuse et les os dont les crânes sont composés; mais ce travail exigerait des matériaux immenses et des préparations d'une toute autre nature. Pour que des têtes de poissons pussent servir à cet usage, il faudrait qu'elles — 121 — ne fussent pas trop macérées ; il faudrait de plus les conserver à l'esprit-de-vin , le dessèche- ment défigurant les cartilages; enfin il faudrait pouvoir disposer de plusieurs tètes de cha(jue espèce que l'on voudrait examiner, et en faire des coupes longitudinales et horizontales, afin d'étudier aussi les os qui affleurent à la face interne de la cavité cérébrale. Je dois cependant ajouter que les études que j'ai pu faire jusqu'ici sur les poissons de nos lacs et de nos rivièrse, tels que les Cyprins, les Brochets, les Salmones etc. confirment pleinement les vues auxquelles d'autres considérations m'avaient conduites. Les plaques protectrices se développent d'une manière égale sur toutes les faces du crâne. On avait depuis longtemps observé que les plaques osseuses de la face supérieure du crâne étaient en liaison plus étroite avec la peau que les autres os du crâne et l'on avait remarqué qu'elles prenaient quelquefois l'apparence d'écaillés en se recouvrant à leur face externe de l'émail propre à ces dernières. Quelques observateurs allèrent même jusqu'à prétendre que ces os n'appartenaient pas au plan primitif du crâne , mais bien plutôt au système dermique , que c'étaient des écailles qui, par leur développement extraordinaire, avaient empêché la formation de véritables os du crâne. Pour montrer combien celte opinion est erronée, il suffit de rappeler que la plaque buccale, dont nous avons suivi le développement dans les poissons cartilagineux, et que nous retrouverons dans le sphénoïde principal et dans le vomer des pois- sons osseux, est aussi une plaque protectrice, et cependant cet os n'a pas le moindre rapport avec la peau. Le fait est qu'il se développe des plaques protectrices sur toutes les faces du crâne, en haut, en bas et sur les côtés; seulement, en haut, elles sont en liaison plus intime avec la peau , en bas avec la muqueuse de la bouche , et sur les côtés avec les muscles , les tendons et les membranes qui tapissent les faces latérales et unissent les diverses parties en tr 'elles. Les plaques protectrices supérieures se composent de deux os pairs et d'un os impair qui, dans quelques genres seulement, est divisé en deux; ce sont les pariétaux (7), les frontaux principaux (d) et le nasal (5). Les pariétaux (7) n'ont pas, chez les poissons, la valeur qu'on leur reconnaît dans les autres classes des vertébrés. Ils sont petits, minces et ne se prolongent que rarement jusqu'à la ligne médiane. Dans la plupart des cas, l'occipital supérieur avance assez pour toucher le bord postérieur des frontaux, et alors les pariétaux se trouvent réduits à de petites esquilles sur les côtés, qui s'enlèvent très-facilement. Leur grandeur dépend donc essentiellement du développement des frontaux et de l'occipital supérieur. Dans les têtes basses et larges, où la crête de l'occipital supérieur est fort réduite, ils atteignent un volume plus considérable, forment une suture sur la ligne médiane, et dans quelques familles, les Cyprins par exemple, ils sont presque aussi grands que les frontaux. Les pariétaux sont enchâssés entre les frontaux principaux en avant, les temporaux en dehors, l'occipital supérieur et les occipitaux internes en arrière. 16* — 122 — Les frontaux principaux (i) prennent une part beaucoup plus grande à la formation du toit du crâne. Ce sont en général deux grandes plaques larges, réunies par une suture sur la lio-ne médiane, et formant le toit des orbites et celui de la partie moyenne du crâne. Leur forme et leur grandeur dépendent entièrement de celle du crâne. Dans les tètes carrées ou rondes, ils deviennent larges et courts; dans les tètes hautes et comprimées latéralement, ce sont de longues bandes étroites; plus les orbites et les yeux sont grands, plus aussi les frontaux sont resserrés, tandis que les orbites profondes qui cachent de petits yeux, sont tou- jours protégées par des frontaux très-larges. Les frontaux varient peu dans leurs rapports avec les os environnans ; ils sont enchevêtrés en avant avec le nasal , latéralement avec les frontaux antérieurs et postérieurs, et avec les temporaux; en arrière, tantôt avec les pariétaux seuls, tantôt aussi avec l'occipital postérieur. La partie antérieure du crâne enfin est protégée, dans la plupart des cas, par un os impair, le nasal, l'ethmoide de Cuvier. Ce n'est que chez quelques Sauroides, voisins des reptiles, notamment chez le Lépidostée, que cet os est fendu sur la ligne médiane; il rappelle alors les nasaux des reptiles. Chez les autres poissons, c'est une plaque impaire qui forme le bout du museau et au-dessous de laquelle se trouvent creusées les fosses nasales. Plus la tète est large et arrondie à son extrémité, plus aussi le nasal est large et développé, tandis qu'il est très- réduit chez les espèces à museau long et pointu. Les plaques protectrices supérieures forment ainsi un toit complet au sommet du crâne, qui s'adapte en arrière sur les occipitaux externes et supérieurs par les pariétaux, et se pro- longe en avant par les frontaux. Ce toit afTecte les formes les plus variées dans les différentes espèces de poissons. Enfoncé et creux dans les uns, il s'élève dans d'autres en