ifi^r^. PTilfj-'iR'?''- > ^; . m^ ACTBS DE F r LA SOCIETE LINIVIEEIVIIVE DE BORDEAUX. TOME XXI. Troisieme Serie : TOME I \ PARK, CHEZ J.-B. BAILLltiRE, LIBRAIRE , 1' n* lliutelcutlle ,- ly; mCme maison K t«XI>hi:^, MADRID KT NKW-VOBR. A BORDEAliX , CHEZ TH. LAFARGDE, LIBRAIRE Imprimeur lie la Sociite lAnneenne., Run Ptiiis (le Biigno-Cap , 8. 1858. >%*-, ACTES III LA SOCIETE LINNEENNE DI<: BORDEAUX. ^. 83/. />/^, ^irpi^^i DE r F LA SOCIETE LINNEEIVIViE DK BOliDKAUX. TOME X\l, Troisieme Serie : TOME I. A PARiB, i.ii-.UMiu:, Kuc H^ulflcuillc , I;^ ; IVI^ME MAISON K L^»M>li^.^ , MAUhin El N£\V - Tr'T.K A UUKDEAUX , CHEZ TU. l,i%r AIICiUE, I.IIUlAIliE, Imiiriiiieiit 1,MA1I ; Tracbiit du Suedois par M. le D.' W. NYLANDER; Public par les soins de M. Durieu de Maisonneuve; Prfesentfi i I'Academie royale des Sciences de Stockholm , le l<^r Avril 18S3. ( Exlrail des Actes de I'Academie royale des Sciences de Stockholm , pour I'annee i8S2 [ p. 229-531 ]. — StocUholm , 18oi ). AVERTISSSMEMT Un article du r^glement de la Societe Linneenne de Bordeaux porto que les travaux originaux de ses membres seront seuls admis dans lo recueil de ses publications. Suivant le sens litteral de cette disposition , I'oeuvre d'un savant reste completement etranger a la Societe ne pouvait pas trouver place dans ses Actes. Neanmoins , des exceptions i cette regie ayant deja etc admises, mais rares et justement motiv^es, la Societe a cru devoir, une fois encore et pour des motifs graves , deroger k une regie necessaire et dont elle s'est constamment montri^ jalouse de s'e- carter le moins possible. Sur ma proposition, elle a, par son vote unanime du 17 Octobre dernier, df^cide qu'elle reproduirait dans son recueil la ( 2 ) monographie des Characees tie feu Wallman, ties qu'elle aurail pu en obtenir la tratluclion tlu Suetlois en Fran?ais. En mfime temps, elle me faisait I'honneur de me charger de cette publication , et elle me donnait ses pleins pouvoirs a TelTet de prendre toutes les dispositions necessaires k la prompte et entiere realisation de son vote. L'interet qui s'attache a une monographie des Characees suffirait seul pour justifier la decision prise par la Societe et la derogation exception- nelle qu'elle a fait a son reglement. Toutefois , a cette consitleration , il s'en joint de plus puissantes encore. Le beau travail de Wallman , insere dans un recueil a peine connu de nom en France , restait completement ignore chez nous , ou nul botaniste ne soupf onnait meme son existence. Pourtant, le Museum de Paris refoit un exemplaire du recueil Suedois, mais les m^moires contenus dans cet ouvrage etant le plus souvent ecrits dans un idiome que peu de personnes entendent, les volumes sont rare- ment feuilletes , et le tlernier paru , celui qui renferme les Characees de Wallman, etait encore intact, il y a peu de jours, dans la biblioth^que du Museum. Celle de la Societe Linneenne de Bordeaux, si riche en publications des Societes de province et de I'etranger, jouit aussi du rare avantage de recevoir les Actes de I'Academie royale des sciences de Stockholm. Le volume publie en 1851, arrive a Bordeaux il y a peu de temps, allait etre depose aux archives, lorsque, en le parcourant attentivement, je decou- vris la monographie en question. Apres avoir pris connaissance de ce travail, autant du moins que pouvaient le permettre de simples diagnoses latines, je pensai qu'il etait important et utile de lui donner plus de publicite , et que nous rendrions un veritable service a la science et aux botanistes en I'inserant dans nos Actes. En effet , personne n'ignore que , depuis quelques annees surtout , I'etrange el interessante famille des Characees attire particulierement I'attention des observateurs. Aussi tons , sentant combien un travail sys- tematique general sur cette famille manque a la science, appellent de tous leurs voeux un monographe. II y a plus de vingt annees que tous les regards sont tournes vers M. Al. Braun . Ce savant professeur, dont les decisions ont fait loi jusqu'a present en pareille matiere , a des long- temps promis au monde savant une monographie generale des Characees ; mais, absorbe par d'autres travaux, sa monographie tant desires n'a point encore vu le jour, et il est mtMiie permis de supposer qu'elle se fera ( 3 ) longlemps attendre encore. Je u'hesite pas a le declarer : je crois apriori que I'ceuvre de M. Al. Braun eut ete superieure a celle de Wallman, mais je crois aussi qu'a defaut de la premiere, celle-ci aura son merite son prix et son incontestable utilite. C'est un travail bien con? u , bien execute, nettement methodique, d'une concision remarquable, rempli de critique judicieuse et severe, consciencieux surtout, fruit de toute une vie de recherches et d'etude. II vient reraplir une des lacunes les plus regrettables de la botanique systematique, et, a ce titre, il me semble appele a rendre de grands services a la science. Si done la reproduction de cette monographie ignoree est une veritable bonne fortune pour nos Actes, elle ne le deviendra pas moins, je I'espere, pour les botanistes entre les mains desquels tombera ce recueil. Pourtant , et quelque fut son desir de publier en France ce precieux travail , la di0iculte de le faire traduire devenait un obstacle tel pour la Societe Linneenne, qu'il aurait pu I'obliger de renoncer a son projet, si je n'avais ete assez heureux pour obtenir I'inappreciable concours de M. le Df W. Nylander, actuellement a Paris, I'un des botanistes les plus renommes et les plus instruits de I'Europe scandinave , et dont tout le monde connait les beaux travaux lichenographiques , recemment publi(5s chez nous dans divers recueils. Sans doute on aurait pu trouver quelques personnes en etat de traduire du Suedois ; mais pour une traduction aussi speciale , il fallait absolument un savant special. Or, nul , si ce n'est M. Nylander, ne pouvait en ce moment se charger d'une pareille traduc- tion , et elle nous echappait sans lui. Qu'il trouve done ici les remerci- ments et les temoignages de gratitude que je lui adresse au nom de la Societe Linneenne de Bordeaux. Je conserve a I'impression , sans y rien changer, le franf ais de M. Ny- lander. On y remarquera parfois, peut-etre, un cachet etranger, que je n'ai pas cru pourtant devoir chercher a faire disparaitre. La moindre modification que je me fusse permise pouvait m'exposer en meme temps a modifier les idees de I'auteur, idees que le traducteur s'est attache a reprodiiire litteralement. D'ailleurs, le franfais de M. Nylander etant d'une concision et d'une clarte parfaites, il n'etait pas possible de le modifier ou de I'amplifier sans nuire a ces qualites essentielles du style scientifique. Je conserve meme le titre litteral de I'auteur, bien que ce titre paraisse long et quelque peu obscur, et qu'il put etre si facilement remplace par celui de Monographie. Tout ce que je me permets d'ajouter, c'est une table finale, destinee a faciliter les recherches. ( 4 ) II est k peu pres inutile d'observer que I'auteur seul parle dans son travail et que je n'y introduis pas un mot qui lui soit etranger. J'aurais pu , sans doute, y intercaler quelques faits nouveaux relatifs a des Chara- cdes algeriennes , mentionner meme , pour certaines especes rares, des localites franfaises assez interessantes, mais je n'ai pas pense qu'il me fut permis de toucher a I'unitd de I'oeuvre de jWallman , et je la ^nne dans toute son integrite. Ce travail , livre par I'auteur en 1853, a dte imprime a Stockholm en 1854, mais dans le volume des Actes de I'Academie royale des sciences correspondant a I'annee 1852 {Kongl. Vetenskaps-Academiens Handlingnr, foer ar 1852. — Stockholm, 1854), lequel se trouvait sans doute de beaucoup en retard. Ce volume, si rare en France, etant fort difficile a consulter, j'ai pris des mesures pour qu'il puisse etre cite faci- lement par les botanistes , sans qu'il soit necessaire de remonter jusqu'a lui. Ainsi, on en a le titre exact entre les parentheses qui precedent, et on trouvera sa pagination intercalee dans le texte en chiffres italiques. La monographic des Characees commencant le I" volume de la 3' serie des Actes de la Societe Linneenne de Bordeaux, la pagination du tirage 4 part, distribue par M. Nylander a qui la Societe en fait hommage, sera la meme que celle des Actes. Je n'ai pu recueillir que bien peu de renseignements sur I'auteur des Characees , et c'est M. Nylander qui seul a pu m'en fournir. Wallman , savant modeste , botaniste d'un grand merite , bien qu'il nous soit rest6 inconnu jusqu'a present, etait professeur au gymnase de Linkceping. II publia divers memoires de botanique dans le Liljeblad Swensk Flora, 3« ed., et dans le Botaniska Notiser. II est mort en 1853, lorsqu'il venait a peine de terminer sa monographic des Characees, a laquelle il travaillait depuis longtemps et qui n'a ete publiee qu'apres sa mort. Du reste, on s'aperfoit bientotque le temps a manque a I'auteur pour mettre la derniere main a son oeuvre. On regrette surtout que les citations de synonymes soient restees si incompletes et qu'elles manquent souvent des indications necessaires pour remonter aux sources. Bordeaux, le 24 Novembre 1855. DURIEU DE MaISONNEUVE. ( 5 ) Le besoin (1) d'un synopsis systematique de la famille des Charac6es est g^n^ralement reconnu. Depuis I'essai, plein de merite pour son 6poque, de Vaillant (Act. Parisiens. 1719), sur cesveg^taux, ils ont dt6 jusqu'ci ces deniiers temps tellement negliges, qu'on cherche en vain dans les ouvrages systematiques les plus renomm^s un guide dans I'^tude de cette partie de la botanique. Une terminologie vague , des diagnoses faites sans egard a I'histoire des plant es auxquelles elles se rapportent, et d'une generalite telle, qu'elles s'appliquent autant a des genres ou des series entieres, qu'a des especes particulieres , — vous laissent dans I'embarras et prive des eclaircissements que vous cherchez. Dans la plu- part des cas, il est presque impossible de demeler , meme par conjectu- res , Topinion reelle de I'auteur , sans I'aide de dessins exacts et d'e- chantillons originaux. Aussi , par le manque d'un guide indispensable , ces plantes interessantes ont et6 negligees par les botanistes et collec- teurs , et les grands herbiers publics et particuliers , riches en v^getaux exotiques , n'offrent qu'un nombre restreint et des echantillons isol^s de Characees. Un commencement de reforme de cette partie de la botanique syste- matique se fit par la monographic des Chara allemands de Wallroth (Annus botanicus, Halai 1815), ouvrage d'un merite incontestable, quoique I'auteur n'ait pas ete aussi heureux dans la delimitation et I'ar- rangement des especes que dans la definition de la famille et des grou- pes. (p. 232) L'ann^e suivante (1816) parut dans les supplements du Liljeblad Sw. Flora , 3« edition, un travail sur les especes su^doises alors connues. Plus tard, en 1824, Bruzelius, aide des conseils de M. Agardh, (1) La premiere page de I'ouvrage (le Wallman ne porle point de litre special ; elle a le numero 231 : le numerotage des pages suivaules sera indiqu6 dans le texle par des chiffres italiqucs entre parcnlheses. (6 ) publia sous la forme d'une dissertation academique (Observationes in genus Char (E, Lundse, 1824), un synopsis de tousles Chara connus , opuscule de peu d'etendue , mais de beaucoup de valeur pour son dpo- que. Le synopsis des Chara d'Agardh, dans le Systema Algarum (1824), pent etre considere comme une nouvelle edition abregee du travail de Bruzelius. Dix ans plus tard, cette etude recevait une nouvelle direction par la monographie si connue des Chara de M. Alex. Braun (Ann. Sc. nat., 1834, i p. 351 etsuiv. , et dans le Regemlmrg. botan. Zeitiuig, 1835, torn. 1, (p. 49-73). M. Braun a depuis, dans des recueils botaniques et divers memoires, donne des notices sur des Chara de diff^rents pays, mais la monographie complete de toute la famille , longtemps attendue par le public botanique , n'a pas, jusqu'a present , vu le jour. Dans ces circonstances, la courte monographie de M. Braun est devenue si incom- plete actuellement, par suite de I'accroissement considerable du nombre des especes, qu'il faut plutot la considerer comme un stimulant a I'etude de ces plantes que comme un travail systematiquesatisfaisant.Lebesoin pour la litterature botanique, d'un synopsis general des Characees, reste done le meme. Si le petit travail qui suit, en attendant celui de M. Alex. Braun , pouvait remplir cette lacune dans la botanique systematique , et si I'observateur experimente pent y puiser quelques eclaircissements utiles, le but de I'auteur sera atteint. Dans ce synopsis, I'auteur a d'abord pensS qu'il etait de la plus grande importance de bien fixer la valeur des termes. (p. 223) II est en effet devenu necessaire d'adopter une glossologie precise, remplaoantles termes souvent ambigus des divers auteurs, et qui, appli- quee d'une maniere consequente, exprime toujours clairement la pensee propre de I'auteur. Les termes employes s'expliquent par eux-memes , ou ils sont fondes sur des analogies connues dans les autres branches du regne vegetal. Nous avons deja observe que les Characees ont ete traitees par la plu- part des auteurs avanl Wallroth, d'une maniere peu satisfaisante. Un en- tassement prolixe de synonymes anciens, qui n'expriment rien de precis, ne pouvait amener que des confusions inutiles. II serait done d'un luxe peu convenable de citer trop largement les anciens auteurs (Patres), dont les descriptions sommaires, les termes mal definis et les figures grossieres ne permettent que bien rarement une interprMation diagnosti- que certaine dans une famille aussi polymorphe , et maintenant etudide ( T ) sous des points de vue enlierement differents. Parini les botanisles avaiit Linne, Vaillant, le foiulateur du genre Chara, fait exception a cet cgard, et quelques autres nous ont offert des indications que nous avons pu utiliser. Par ces raisons, I'auteur a ete econome de synonynies, comme cela convient, du reste, pour un synopsis ; mais les synonymes cites ont 6t6 soumis a une critique attentive. Quoique ce travail soit d'une port^e gdn^rale, I'auteur a cm , neanmoins , devoir s'altacher particulierement aux botanistes suedois ; leurs especes ont ete citees , autant que les des- criptions, localites et herbiers, nous ont presente des indications sufii- santes et certaines. (;;. 344 ) Les especes des botanistes estimes, dont I'auteur n'a pas eu occasion d'examiner les types, ont ete admises toutes les fois que les descriptions nous ont paru assez precises et completes. Nous avons en general , pris pour regie plutot, d'exposer provisoirement comme especes propres les formes qui s'ecartent notablement des types specifiques reconnus, mais sur lesquelles les botanistes pouvaient avoir des opinions diverses, que d'entremeler ces formes parmi les varietes d'autres especes, oii elles 6chapperaient facilement a I'attention du lecteur. Aussi , la delimitation des formes dans des especes determinees, s'est souvent faite d'une ma- niere tout-a-fait arbitraire. Le grand connaisseur de ces plantes, M. Braun, n'echappe pas completement a ce reproche. A notre avis, chaque espece a ses limites naturelles ; des transitions reelles d'une es- pece a une autre n'existentpas. Mais c'est un des problemes les plus im- portants et les plus difiiciles de la botanique systematique que de savoir, en parfaite conformite avec la nature, rapporter les formes eparses k leur vraie sphere, a leur type ou espece, et pour la solution de ces problemes, il importe que les formes (p. 235) saillantes soient relevees et decintes avec soin. II est vrai que dans la famille des Characees les modifications individuelles prevalent, plus que dans beaucoup d'autres families, et que, dans les premieres, un grand nombre de formes, en apparence tres carac- tdristiques, ne constituent que des productions modifiees par leur habitat; cependant il n'est pas rare, parmi cette multiplicitc de modifications di- verses, d'apercevoir le lien typique qui les reunit. Autrefois, cela pre- sentait des difiicultes considerables. Mais, peul-ctre un jour, I'examen microscopique ici, comme dans la lichenographie, saura dccouvrir des caracteres nouveaux, et par ce moyen plusieurs especes, maintenant absorbees par des especes collectives, seront detachees ct bicn separees d'autres, avec lesquelles nous les confondons encore. ( 8 ) Dans la redaction de ce petit travail , fruit de plusieurs ann^es do recherches et d'etudes , I'auteur a ete soutenu par I'appui bienveillant de botanistes etrangers et suedois. Les collections les plus importantes lui ont ete envoyees par MM. Alex. Braun, Schimper, Ilornenian et Agardh. II a de meme , eu occasion deconsulter plusieurs herbiers publics et par- ticuliers. Par I'exposition d'un certain nombre d'esp^ces, non publiees, quoique distribuees, de M. Braun, il m'a ete possible de rendre ce travail plus complet. J'ai cru pouvoir prendre cette liberty, en conservant toujours consciencieusement les denominations donneespar M. Braun. (p. 236) L'auteur termine cette courte preface en temoignant sa reconnaissance a MM. Wablenberg, Fries, Zetterstedt, Wikstroein, Wahlberg, Jacques Agardh , Hartman pere, Duben, Tbedenius, Wiede, et plusieurs autres jeunes botanistes, parmi lesquels il a le plaisir de compter quelques-uns de sesanciens el^ves. MM. Lindeberg, C. Ilartman, Th. Fries et Goldkuhl, ont particulierement droit k sa gratitude, les trois derniers pour des ren- seignements et extraits communiques des bibliotheques des academies de Stockolm et d'Upsal, et M. Lindeberg, pour sa collection soignee de Cha- racees de la province de Babusie (Bobusla}n) et des alentours du lac Mailarn. M. Th. Fries a eu la complaisance de me communiquer sa col- lection importante de Characees , recolt(5e dans la province natale de Linne(Smolande). (p. ^57) Fam. CHARACEiE Ricii. Planta e tubulo cylindrico, simplici, membranaceo, aut e tubo centrali, aliis minoribus, parallelis, vel dextrorsum spiraliter volutis circunidato cons- structa. Caulis aphyllus, teres, geniculatus, ramosus, ad genicula ramenlis vel radiis verticillatim dispositis stipatus : intercalatis raniis cauli conformibus, verticillis propriis instructis. Organa propagationis dimorpha : Anlheridia (globuli) sphoerica, cinnabarini coloris, intus filis spiralibus repleta ; et Nuculce (sporangia) oblongatse vel globostc, uniloculares, e testa dura, sinistrorsum spiraliter striata, indusio triplici, coronulam apice formantc, inclusa, demum decoloratffi. Plantse aquaticse, perennes aut annuae et fugaces, in recenli statu virentes, exsiccaloe ssepe crusta calcarea obductce, colorem miitantes. 1 Gen. NITELLA. A(jardh cl Endlicher (excl. excl.). Chara Vaillant, Linn, et auctorum pi. Sinipliciter tubulosee (monosiphonica)), niidse, inermes, laeves, tlexiles, diaphanaj, exsiccalaj niembranacea;. ( ) VerticilU radiorum basi nudi, omnino exinvolucrati : racUis fructiferis divisis, furcatis. Organa propagationis in angulo divisurce , rarius in axillis verticilli. Nucula plus minus ad splisericam formam vergcns , striis paucioribus , coronula eva- nida vel conniventi-apiculata. Antheridia epigyna, intrafoliacea (intra brac- teas). Coronula nuculse caduca, ex cellularuni verticillis duobus quinis, su- perimposilis formata. [Braun). M. Braun qui maintenant admet le genre Nitella dans notre sens, se fondant sur des caracteres anatomiques , etablit corame distinction entre les genres Nitella et Char a, que, dans le premier, la coronule ou la cou- ronne des nucules (fruits) consiste en 10 cellules, formant deux cercles superposes, qui ne s'etalent jamais en etoile. La coronule (;>. 228) tomhe avant la maturite du fruit. Dans les Chara, cette coronule est formee par 5 cellules disposees en cercle simple ou quelquefois en forme d'etoile. La coronule chez eux! est persistante. (Cf. Hooker, Journ. of Bot. 1849.) Formatio duplex : a. evoluta internodio basali radiorum primariorum elon- gate : b. nidifica s. aggregala , internodio basali radiorum primariorum abbre- viato, aut fructiflcatione in apice ramulorum intercalatorum verticillos abbre- viates gerentiiim, hinc dense aggregata, glomerulos vel quasi nidos in axillis verticilli aut in apice ramorum formante. La derniere section a les rameaux verticilles (radii, les rayons), moins regulierement divises, I'axe prolonge jusqu'au sommet du verticille, avec des petits rayons d'une longueur inegale aux articulations. Ces petits rayons (bractece spurice) sont plus fins que le rayon principal et entou- rent, comme les bractees dans le genre suivant, les organes de la fructi- fication. Les Nitella sont normalement d'une couleur verte, pure et belle, et ne se couvrent que rarement d'une incrustation calcaire. EUessont toujours formees par un tube simple (monosiphonicce), flexibles, transparentes, et depourvues d'epines (papilles). Les rameaux verticilUs, toujours nus a la base et sans involucre. Les rayons se partagent normalement en divisions symHriques , et sont depourvus de bractees. Par ces caracteres, le genre Nitella se distingue, facilement meme, des Char ce monosiphonicce. Les nucules se trouvent places en dessous, rarement a cole des antheridies, et changent, pendant leur developpement , de couleur et de forme. La plupart des especes sont annuelles, sensibles, non-seulement aux tem- petes (par cette raison elles ne viennent que tres rarement dans la mer), ( iO) maisaussi, k ce qu'il semble, de meme que les Orchid^es et certai- nes autres plantes, (p. 239) aux influences atmosph^riques diverges; d'ou il resulte qu'on les cherche quelquefois en vain dans des localites ou elles abondaient I'annee precedente. Le plus grand nombre des especes de ce genre offrent deux modifica- tions distinctes, une forme diveloppee {forma evoliita) et une fo7ine condens^e (forma nidifica vel aggregata), la derniere ayant la fructifica- tion agglomeree pour ainsi dire en capitules denses ou en petites pelo- tes. Entreces modifications, quoique en apparence tr^s dissemblables, il n'y a aucune difference essentielle. Lorsque la phalange basale se pro- longe, le verticille prend un aspect plus simple, plus lache, et les rayons fructiferes s'^cartent entre eux. Une disposition contraire a lieu, ou lors- que la phalange inferieure du rayon primitif est tres courte et que la division du rayon fructifere commence peu au-dessus de la base, ou lorsque les ramules plus ou moins longs se developpent entre les rayons primitifs, portant a leur sommet des verticilles fructiferes. Selon ces dispositions differentes, les nucules et les anth^ridies sit'gent au fond des verticilles ou dans des capitules particuliers au sommet des rameaux fertiles. Chez certaines especes c'est I'une, chez d'autres c'est I'autre modification, qui est la typique et normale. Ainsi, par ex., \e Nitella flexilis se presente le plus souvent evoluta, le N. capitata, au contraire, toujours nidifica. La plupart des especes europeennes vegetent a la fin de I'dtd et a I'au- tomne ; une seule au printemps. Avec la delimitation que j'ai indiquee deja (1840) dans le Botaniska Notiser, n° \ , les Nitella constituent un genre naturel et constant , n'of- frant que des passages apparents au genre Chara. Dans une familleveg^- tale, ou la formation de la tige predomine, la difference qui existe (p. 240) entre ces deux genres, quant a la disposition des rayons (rameaux verticilles), doit etre consideree comme tres importante, et, conjoin- tement avec la structure simple et le siege des organes de la fructification dans les Nitelles, suffire a leur assigner une place comme genre distinct dans la famille des Characees. Par cette division de la famille en deux genres, la disposition des especes qui s'y rapportent, maintenant accrues d'un nombre considerable , ne pent que gagner en clarte , et en meme temps, rendre plus facile leur etude. Le genre Nitella est en general mieux delimite et plus constant que le genre Chara. Les Nitelles se transforment par la dessiccation en un etat ( 11 ) membraneux en s'applatissant , et ne reprennent par aucun moyen leur forme primitive. En cet etat, surtout lorsque les antheridies, ordinaire- ment tres precoces , sent tombees , la determination exacte des especes est excessivement difficile. Les echantillons doivent par consequent, au- tant que possible , etre etudies a leur etat vivant ou frais , ou aussi etre conserves pour un examen plus complet, dans I'esprit de vin. Conspectus generis. NITELLA. I Sect. — KBRACTEAT^. Axis radii regulariter totus divisus. Fruclificatio ebracleala. f 1 SUBDIV. Radii repetito-divisi. A, Radiolce. Radii passim 5-plicato divisi. «. Crura terminalia infra articulum apicalem continua. 1 N. hyalina De Cayid. 2 N. heterophylla AL Braun. 3 N. congesta Rob. Broivn. ( p. HI ) 4 N. Lhotskyi Al. Braun. 5 N. tenuissima Desv. 6 N. Braunii, mihi. N. africana Al. Braun. b. Crura terminalia infra articulum apicalem articulata. 7 N. gracilis Smith. ^ brachyphyjla Al. Braun. 8 N. vlrgata Al. Braim. 9 N. flabellata Al. Braun. p. nidifica Reichenb. <0 N. flagelliformis Al. Braun. 11 N. pcnicillata Al. Braun. 12 N. Roxburgliii Al. Rraun. 13 N. guineensis Kiilz. (12) B. Dichotomce. Radii passim duplicalo-divisi. 1. Crura terminalia in apiculum articulatim insertuin vei cornicula 2-3^ minuta cxeuntia. 1'i N. condensata Rupr. 15 N. intciTupta Rapr. 16 N. longifurca Rupr. 17 N. norvegica, mihi. 18 N. mucronata Al. Braun. j3. heteromorpha Al. Braun 19 N. Wahlbergiana, mihi. * 20 N. byssoides Al. Braun. * 21 JS. subtilissima Al. Braun. 2. Crura terminalia apice exarticulata. «. Cruribus terminalibus omnino continuis. 22 N. anomala, mihi. 23 N. batracliosperma Reichenbach. p. Cruribus infra apicem passim 1-2-articulatis. N. stelligera ( vid. Sect. 2 ). * 24 N. gloeostacliys Al. Braun. * 23 N. biformis Al. Braun. • 26 N. Hoolvcri Al. Braun. ( p. 242 ) f f 2 SUBDIV. Radii semel ( simpliciter ) divisi C. Furcatoe. Radii simpliciter furcati , vel passim ( abortu ) loco divisurse fracto-geniculali , aut apice breviter corniculati. Ser. Monoicce. 1. Crura terminalia articulata. • 27 N. microphylla Al. Braun. * 28 N. gelatinosa AL Braun. • 29 N. leptostachys Al. Braun. 2. Crura terminalia apice exarticulata. 30 N. translucens Vaillant et Persoon. 31 N. procera, mihi. 32 N. flexilis Al. Braun. /3. nigricans, mihi. ( 13 ) y. iiidifica , mild. 5. glonicriilifera Al. Braun. 33. N. acuminata Al. Braun. ' p. Bellangeri Al. Braun. Ser. Dioicw. 34 N. atrovirens, inihi. 35 N. opaca Agardh. 36 N. capitata Nees von Esenbech. K. laxa longifolia Al. Bravn. b. laxa brcvifolia Al. Braun. c. gloeocephala : 1 oxygyra, 2 lejopyrena, 3 pachygyra. 37 N. macrosperma AL Braun. * 38 N. exigua Rabenhorst. « Sect. — PSEUDOBRACVBATyS. Radiorum axis usque ad apicem verticilli protensus, ad genicula radiis rainoribus bracteis ( spuriis ) axi angustioribus stipatus. a. Radii apice continui. 39 N. stelligcra Bauer. * 40 N. ulvoides Bcrtoloni. ( p. 2i3 ) b. Proli ferae. Radii articulo apicali passim muniti ; sleriles plerumque simplicissimi . * Radii infra apicem articulati. «. Bractese spurise divisae. 41 N. polysperma Al. Braun. 42 N. prolifcra Ziz. * 43 N. gloinerata Desv. /3. Bracteae spuriae simplicissimee. * 44 N. glomerulifera Bupr. * 45 N. Smithii Babington. ' 46 IS. Borreri Babingt. 47 N. Stenhammariana , mihi. * 48 N. antarctica Al. Braun. '* Radii steriles infra arliculum apicalem continui. 49 N. borcalis, mild. ' 50 N. Dregcana Al. Braun. ( 14 ) i«cct. I. EBRtCTEitT/i:. Radiorum axis in radios niinores , crassilie wquales , totus regularitcr divisus. Fructificatio in divisuris ebracteata. Le rayon primitif cesse a la premiere division et se ramifie en petits rayons symetriques d'une ^paisseur egale , et souvent divergents. Les caracteres des deux premieres subdivisions de cette section (EbracteatCB) sont pris des rayons les plus developpes. Les autres rayons s'arretent souvent dans leur ramification, a un degre inferieur, ou ils se tenninent en petites pointes nues, rapprochees (cornicula), au lieu de divisions d^veloppees. Le degre de ramification des rayons , la pointe terminate articul^e ou non articulee, I'articulation des rayons , le siege des nucules et des anthe- ridies , sur le meme pied ou sur des pieds separes , offrent des disposi- tions constantes qui ne changent presque jamais et qui , par consequent, pr^sentent les caractferes les plus surs des subdivisions et des espSces. ( p. 244 ) f 1. SUBDIV. Radii repelito-divisi , cruribus singulis divisurae primariae iterum semel aut bis divisis. A. Radiol^. Radii fructiferi passim triplicato-divisi , apice mucronati. tnucrone articu- latim inserto, aut breviter 2-3-corniculati. Antheridia et nuculae geminatim conjuncla. Le groupe est naturel. Les especes de I'ancien raonde sont ordinaire- ment petites , greles et tres rameuses. Antheridies et nucules , une de chaque, disposes par paires. a. Crura terminalia infra arliculum apicatem continua. 4 !V. byallna : csiule ramoso,validiusculo, radiis attenuaUs;\ erticlWis dis- cretis, glomeratis, imilUradialis ; radiis majoribus 8, 3-plicato-divi- sis , minoribus circiter duplici numero geminaliin inlercalatis , simpli- cibiis vel %-pHcato-divisis ; cruribus terminalibus ventricosis , exsiccatis sublanceolatis y acuminatis vel mucronatis, infra apicem continuis ; nuculis majusculis, subglobosis, 9-striatis Monoica. Gh. hyalina De CandoUc et Dub. Bot. Gall. 1 , 534.— Al. Braun, Monogr. in Regensb. Bot. Zeit. 1835: Ch. pellucida. Ducros. Nitella byalina .4(7an//(, System. Alg. pr. p. —Kiitz. —Al. Dravn, Schwei- zcr Gharac. Regensb. Bot. Zcit. IS'iO, 130 ff. ( ^5 ) Suisse , Lausanne ! entre Rheineck et Fussach , pr6s Bodensee. — France , Provence. — Espagne. L'une des especes les plus petites du genre; haute de 2-3 pouces. Rameux , d'un vert pale, presque incolore, transparent. Les nucules plus larges que le diametre de la tige , les pedicelles courts. — Ressemble au premier aspect au N. tenuvssima , avec lequel il a souvent etd con- fondu , mais s'en distingqe facilement par un port plus robuste , par les phalanges terminales des rayons renflees, et k I'etat sec, ^largies, presque lanceolees. Le N. hyalina presente , au contraire , une affinity r^elle avec les trois especes suivantes. {p. 245) * 2 M. beteropbylla : caule vaiido, elongato ; verliciWis ramosissimis, laxis, mulUradialis; radiis majoribus 7 — 8, 2 — 3-plicato-clivisis, inter- jectis minoribiis nmnerosis, simpliciter vel duplicato-divisis, omnibus attenuatis; cruribus terminalibus cyiindricis fasciculalis (5 — 7), apice articulato-mucronatis. Monoica ? Ch. heterophylla Al. Braun, Linn. XYH. p. 113. Dans les rivieres de la Nouvelle-HoUande , Preiss. Ressemble au precedent , mais sa tige est tres ^paisse , k peu pr6s comme dans le N. translucens , ses verticilles plus ramifies, a articles allonges, les phalanges terminales lin^aires. Lacouleur , d'un vert fence, un peu brunatre. * 3 W. congresta: caule vaiido, elongalo ; verticillis remofis ; radiis dense conglobalis, ricjidiusculis, majoribus 7 — 8, 3 — i-plicato-divisis, interjec- tis minoribus numerosissimis, 2 — 3-plicato-divisis; cruribus terminalibus cyliiidricis fasciculatis {?> — 7), apice articulato-mucronatis; nucuUs in divisuris primi et secundi ordinis aggreyatis, subglobosis, sub 10-stria- tis ; coronula angustata, elongata. Monoica ? Ch. congesta Rob. Brown, Prodrom. p. 346. — Al. Braun, I. c. Nouvelle-Hollande, Brown. Differe des especes precedentes par ses rayons excessivement nom- breux (environ 40) , leur division, etc. Voisin du N. hyalina. Couleur hyaline, tirant sur le brun. ' 4 IS. Ivliolskyl: caule debili; vcrlicillis approximatis confluendbusque ; radiis dense conglobatis, majoribus 7 — 8, 2 — 3-plicato-divisis, inter- jectis paucis minoribus, simpliciter aut duplicato-divisis ; cruribus terminalibus 3 — 5, apice articulato-mucronatis. Monoica? Ch Lhotskyi Al. Braun, 1. c. Nouvelle-IIollande, pros Monero , Preixx. ( 16 ) Plus petit que les deux especes prec^dentes , i tiges greles et a verti- cilles rapproch^s , confluents. D'un vert noiratre ; interin^diaire par le port entre les N. hyaliita et batrachosperma. (p. 246) Les trois especes precedentes se rapprochent beaucoup , et I'auteur est porte a croire qu'elles ne sont que des formes d'une meme espece. 5 W. tennlssltna : pallide vircns, caule filifornii, temcissimo, gracili , subsimpHci; verticillis dlscretis, abbrevialis, glomeratis, laxis, 6 — 8- radialis; radiis triplicato-divisis; cruribus primai et secunda; divi- surse 6 — 7, teniae 4 — 5, terminalibus elongalis , tenuissimis , ojlindri- cis, acutis, in apiculum articulatum, diametro radii plus duplo lon- giorem desinentibus ; nuculis demum ovalibus, minutissimis , 9-striatis ; coronula abbreviata , truncata. Monoica. Ch. tenuissima Z)esv. Journ. d. Botan. II. 313. — Loisel.i^ot. — Reichenb. Flor. excurs. p. 148. — ^1/. Brmm, Monogr. 1. c. — Gautcrer, OEsterreich. Ch. N.»5. — Babington, British Ch. (Annals and Magazin of Natural His- tory, Vol. V. 81. sqq.) Ch. glomerata Flor. Badens. Supplem. Ch. hyalina Anglorum (ex Babington in Ag. herb. 1). Nitella tenuissima Rabcnhorsl, Kryptogam. Pi. p. 196. Fig. Reichenb. Iconogr. Tab. 791, 792. Fig. 1065, <066, 1067 et 1068. — Ganterer I. c. Fig. 1 I — Coss. et Germ. Atlas, Tab. XLI. F. 1. 2 I La figure de Reichenbach exprime bien le port de cette plante , mais elle repr^sente les rayons une seule fois dichotomes , et I'article ter- minal sans pointe articulee. Dans les eaux douces. Angleterre ! Bflft. — Suisse, en plusieurs en- droits dans les lacs. — France, Normandie, Montpellier, Braun. — Allemagne, les regions du Rhin, Carlsruhe ! Braun, Berlin, (Herb. Wahlb.) — Hongrie , Pesth, Kovals. — Danemarck. — Am^rique du Nord, Boston, Greene. — Cette espece rare n'a pas encore H& d^couverte en Sufede, L'une des especes les plus petites et les plus tenues du genre ; haute de 2-3 pouces , ordinairement d'un vert clair. Les nucules tres petits , plus petits que ceux des autres especes europeennes. Le N. tenuissima differe du N. gracilis par des phalanges terminales non articul^es, par sa tige presque simple (p. 247) et des verticilles denses, globuleux, ecartes. 6 M. Brannll : ramosissiiiia, verticillis densis, 6 — 7-radiatis ; radiis 2 — 3- plicato-divisis; cruribus abbrevialis, ad divisuras conslricds , primi ( 1" ) ordinis quiiiis, dilalalis^ scemidi ci (cilii 2 — 1 ; icrmiiiulibus conliimis in apiculum articulatuni \e\cornicula ^ — 2, dilatala, diverfjenUa desi- nentibus ; fructificatione ad divisuras omnium ordimim ; miciila ovali, coronula abbreviata, cylindrica. Monoica. N. Braunii rni'/ii (ined.). Cli. nidifica Issfrl (Ilui'b. Ilonicin.) Afrique, cote de la Guinee ! Issert. Tres fin et tres touffu. II se distingue du N. gracilis par des verticilles denses, des phalanges tcrminales non articulces, a pointe apicale ex- cessivement fine et aciculaire ; du suivant , auquel il ressemble , par des ramules plus courts et plus larges, resserres au niveau des articulations, etc. X. afrScana : rainosissima, verticillis dilTusis, radiutis: radiis 2-3-i)licato- divisis ; cruribus protractis ; apiculo aciculari ; nucula eUiptica, acuta. Monoica. Ch. africana Al. Draun, Monogr. 1. c. Afrique , Senegambie ! PerroUet et Leprieiir ; Tanger, Salzmann. D'un vert fonce , tres raraeux ; se rapproche beaucoup du precedent dont il n'est, peut-etre, qu'une forme. b. Crura terminalia Infra articulum apicalem artictdala. 7 IV. gracilis : subcoespitosa, caulc ramoso ; verticillis diffusis, laxis, 6—7- radiatis; lomissimis, 2 — 3-plicato-divisis, ad divisuras omnium ordi- num fructiferis; cruribus 3 — 5-nis; terminalibus elongalis, tenuissimis, apiculo articulatim inserto, lanccolato, diametro radii 2— 3-plo longiore cruribus infra arliculnm apicalem, 1 — 2-arliculalis ; nuculis demum globosis, 5-striatis ; coronula obsoleta. Monoica. Ch. gracilis Smilli. — Bruzel. Char. — Reichenb. Flor. excurs. — .4/. BrauH Monogr. 1. c. — Fries S. V. Sc. —{p. 248) llarlm. Sk. Fl. 5. suppl.— Gawla : vcrticillis longe interruptis glomcratis ; radiis nu- merosis, ina^qualibiis ; nuculis aggregalis, pluriniis. Monoica? Cli. interrupta Rupr. 1. c. s. \h. Songarie, pres la riviere Dschilantschik. Tres voisin du precedent, mais d'un port different et sans transitions. II presente souvent un facies plus robuste , avec des rameaux plus tenus. A I'etat sec , il est d'un vert vif et luisant. 16 W. longlfurca : verticillis b-radiatis ; cruribus terminalibus 2 — 3- radialis; nuculis sparsis, 5 — b-slriatis. Monoica? Cli. longifurca Riipr. 1. c. s. 10. Souvent mele au N. condenmla. II est d'un vert opaque, fonc6, plus petit que le N. nmcronata et deux fois plus grele. 47 W. norvegfca : hnmUis, lenax, opaca, obscura ; vcrticillis i — 5-ra- dialis ; radiis duplicato-divisis, abbrevialis , dilatatis, divisura priml ordinis 2 — 3-radiata, cruribus angulo redo fere divergenlibus; secun- dariis 2-furcatis, internodio basali cruribus proximis vix longiori, cru- ribus terminalibus continuis, apice obtusatis, rotundatis, submuticis. Monoica. Norwege, Nidelfven dans la paroisso Skiedsino. Srlitibclcr. (p. 25S) ( 22 ) II est beaucoup plus petit que I'espece suivante ; sa consistance ferine, presque fucoide , d'un brun fonc6, opaque; ses rayons sont courts, A divisions divergentes, a angle droit, ses phalanges terminales arrondies. 48 IV. niucronata : laetius vircns, diaphann, flexilis, ramosa, elongala ; verticillis 6-8-radiatis ; radiis simpliciter vel duplicato-divisis , subindo simplicibus, loco divisura) fracto-geniculalis ; divisuris prinii ordinis sub 4-radialis, secundariis bifiircatis, aul in cornicula 2-3 desinentibus; furcis icrniinalibus obtusis, mucrone aciculari nuinitis; nucula ovall , 7-8-striata, coronula abbreviata. Monoica. Ch. mucronata Al. Braun, Flor. Badens. Cryptogam. ; Monogr. 1. c. — Hartm. Sk. Fl. 5 ed. — Ganlerer 1. c. — Rupr. 1. c. — Babinytou British Ch. 1. c. — N'itelia mucronata Kiilz. Phyc. german. p. 256. Fig. Reichenb. Iconogr. fig. 1071 (Ghara flexilis). — iif/sc/io/T' Kryptogam. Gewachse. Tab. 1 . fig. 1 , 2, 3. — Exs. Fries herb, norm ! XII. 1 00. Allemagne, les herds du Rhin, Wurtemberg, Berlin, Carinthie. — Angleterre. — Suisse. — France. — Italie. — Danemark. — Russie, Charkow. — Suede, Stockolm , Bomsjoe ! Wikstrcem; Lidingoe ! Thede- nius; les lacs du Roslag, Lindroth ; Ostrogothie, en plusieurs endroits. — Amerique du Nord, Merrimak, Greene. II est tantot d'un vert tres clair, tantot d'un vert d'olive fence. II nie- sure jusqu'a un pied et davantage ; rameux, flexible, transparent. Les rayons , ordinairement au nombre de 6 , meme de 8 , ou plus nembreux encore; dans ce dernier cas, quelques-uns sent tres courts. Les rayons varient, tantot simples et genicules (comme dans la serie suivante Fiir- catce), tantot, une ou deux fois hifurques ; dans les deux premiers cas, on les trouve souvent munis de 1 — 3 peintes courtes. Nucules et anthe- ridies reunis par paires. |3. beteromorptaa : nidifica, verticillis fructiferis glomeratis, in axillis verticillorum sterilium vel in apicc ramulorum (p. 2S4) inler- calarium; radiis duplicato-divisis; cruribus terminalibus continuis, obtusis, mucrone subtilissimo. Ch. mucronata /3. heteromorpha AL Draxm Monogr. Nitella mucronata var. hetemorpha Coss. et Germ. Fig. Coss. et Germ. XL. D. 4. 5. France. — Allemagne. — Suede, Ostrogothie, dans les fosses aquati- ques pros Ekholm. Ressemble un peu au N. gracilis , mais il a les rayons seulement deux fois divises , plus gros et munis d'une pointe lerminale excessivement fine. ( 23 ) •y. Hloberl : inucronibus lerniinalibus longissiiuis, sublililnis. Al. Bvaun Monogr. — Ch. floxilis Sieber Flor. Muuritii. Afriqiie , ile Bourbon , Sieber. 19 N, %VaII»erglana : capillaris, tenuissima, alrovirens, elongala; ver- ticillis 4 — 6-radialis, interstinctis ramulis brevissimis , nidificis; ra- diis evolutis duplicato-divisis, divisuris utriusquc ordinis 3-furcatis, internodio basali longissimo; cruribus primoe divisurse abbrevialis, terminalibus elongatls, apicearticulato-cuspidatis; fructiflcatione soli- taria (giobulo et nucula coiijugatis) in angulo divisuraj secundarlcc ra- diorum evolutorum, vel aggregata, glomeruliformi in apice ramorum intercalarium; nuciilis verticillorum intercalarium mammiformibus, vcr- ticaliter compressis, argute? — 8-striatis, coronula apiculatis. Monoica. Sudide , Ostrogothie pres Vist. Grand, mais capillaire, tres flexible, d'un vert fonce agr^able. Tigo deux fois bifurquee, a rameaux divergents. Verticilles 4-6-radi6s, k rayons allonges, deux fois trifurques; article inferieur tr6s allonge, ra- mifications de la premiere division courtes , mais a articles terminaux assez longs. Les antheridies et les nucules tantot places par paires k Tangle de division de la seconde ramification, tantot portes sur des rameaux axil- laires courts et rapproches en tetes compactes. Les nucules dans ces tSles sent verticalement comprimes, avec 7-8 stries elevees et une petite cou- ronne a leur sommet. (p. 255) C'est du N. miicronata que cette espece se rapproche le plus , mais son port comme ses caracteres essentiels Ten distinguent assez pour qu'on ne puisse pas I'y reunir. J'ai donne a cette belle espece le nom d'un de mes anciens el6ves, M. J. Wahlberg, qui a rendu des services si ^minents a la zoologie, et pour t^moigner en meme temps mon respect a son frere aine , le digne secretaire de FAcad^mie. 20 W. byssoldca : minima, floxilis, peliucida, dense et intricate ca;spi- tosa; verticillisdensioribus, 6-radiatis; radiis breviusculis, medio sim- pliciter vel duplicato-divisis; cruribus terminalibus mucrone minulis- simo, acute, articulatim inserto apiculatis ; nuculis solitariis, subglobosis, 6 — 7-striatis, striis non prominulis; coronula brevi, obtusa. Monoica. N. byssoides. At. Braitn, Char. Ind. Or. Hookers Journ. 1849. p. 294. Indes-Orienlales, Goromandel, Bellanger. (2.i) •21 M. nabtillssliua : caule tenuissimo; verticillis conformibus, reino- lis, minulis, dcnsis, subgelatinosis, 7-ra(.iiatis; radiis duplicalo-iUvisis ; cruribus terininalibus niucrone articulatim inserto, anguste coiiico, acutissimo apiculatis; nuculis solilariis, oblongis, 8— 0-striatis; coro- nula brevissinia. Dioica. N. subtilissima ^1/. Rraun, Cli. Austr. et Antarct. Honkers Journ. 1849. p. 196. Nouvelle-Hollande, Swan-River, Drummond. -2. Crura terminalia apice continua, exarticulala. a. cruribus eliam infra apicem continuis. 22 IV. anomala : radiis sterilibus simpliciler bifurcatis, evolutis; frucli- ferisaggrcgatis 2-plicato-divisis; cruribus primi ordinis 3, brevissimis; terminalibus 2 — 3, elongatis, omnino, eliam apice continuis, tequali- bus; nuculis in angulo divisune secundarite solilariis geminisve, 7 — 8- striatis. Monoica? Parmi les collections de Desfontaines. Localite inconnue. (p. 256) S'accorde, quant a la division des rameaux verticilles , avec les Dicho- tomce, quant a la formation des phalanges terminales, avec les FurcaUe. Comme ces caracteressont constants et que cetteplante ne pent etre reu- nie A aucune autre espece, ellemerite, comme especepropre, I'attention des scrutateurs. 23 "X. batrarliosperiua :ca'spitosa, atrovirens, validiuscula, elongata; ramulis apice verticilliferis; verticillis approximatis, compaclis, noduli- formibus, gelatina involutis, e radiis primariis prominulis quasi cuspida- tis, 9 — 10-radiatis, intercalatis ramulis numerosis, minimis, verti- cilliferis; radiis latiusculis, simpliciter vel duplicalo-divisis; divisuris utriusque ordinis 3-furcatis, ajquali longitudine; cruribus terminalibus sublanceolatis, in acumen vel cuspidem exarticulatum longe attenua- tis; nuculis niajusculis, giobosis. Monoica? Ch. batrachosperma Reichenb. Flor. excurs. Ch. tenuissima var. batrachosperma .1/. liraun, Monogr. — Ganlerer I. c. — Rabenhorsl Kryptogamenfl. N. batrachosperma Al. Braun. — Kiilz. Spec. Algarum. Fig. Reichenbach Iconogr. n. 1 070. France. — Allemagne, Berlin (Herb. Wahlberg), Lusace, Saxe, pr^s Schwerin , bords du Rhin. — Suisse. — Amerique du Nord. (Gf. Raben- horsl, 1. c.) ( 25 ) II est assez grand, atteint jusqu'i 4 pouces et davantage; mais ses ver- ticilles sont condenses en petites tetes compactes rapproclices , d'un noir verdatre, cuspidees. II a ete rapporle par la plupart des auteurs comma variete au N. tenuissima, avec lequel il n'a en r^alite aucune aflinitqualibiis, niicula duplo longioribus; anllieridiis nuculisque solitariis, lateralibus; nuculis ovalibus, subH-striatis; coronula obtusa, conniventi. Dioica. Ch. Preissii AL Brmtn, Linn. 1. c. — Hooker Journ. 1. c. Nouvelle-Hollande, dans une riviere saumatre , Avon, pres York, Preiss. Espece distincte, voisinedes Ch. hydropilys el fibrosa, mais differente par la position des organes de la fructification, etc. D'un vert sale. Les verticilles assez etales, a rayons courts. Bractees environ de la longueur des entrenoeuds ou un peu plus courtes. Antheridies et nucules petits , presque du meme volume. Les nucules a stries tres saillantes. La plante se couvre d'une legere incrustation. * 13 Cl». flacclda : flexilis, diaphana; caiile tenui, corticalo, aculcis raris, papilkfformibus vel conicis, elongatis obsito; involucri spinis unise- rialibus, duplici radlorum numero, longitudinebractearum, patentibus; verticillis [p. 290) 10 — 12-radiatis, nudis, i — 5-articulatis, internodio terminali ceteris breviore; bracteis ad omnia genicula radiorum, ver- ticillatis, nucula subtriplo longioribus; nuculis :solitariis vel gcminatis, minutis, nucleo fusco-luteo, 9 — M-striato; coronula brevi. Monoica. Ch. (laccida Al. Drauii, Char. Ind. Or. y/ooAe/' Journ. 1. c. p. 290. Indes orientales, Madras, D."^ Wight (Herb. Hook. n» 133). ' 1i Cli. Drnmmondll : rigidiuscula, diaphana, tenuissime incrustata ; caule striate, corticato, papiltis sparsis, inconspicuis munilo ; involu- cri spinulis duplici radiorum numero, uniserialibus, minimis, inconspi- cuis, sursuni adpressis; verticillis 10 — 12-radiatis; radiis ecortlcalis, 6- articulatis; internodio terminali abbreviato. Monoica. Ch. Drummondii Al. Bratiii, Ch. austr. Hooker Journ. 1. c. p. 201. Nouvelle Hollande, Swan-River, Drwnmond (Herb. Hook, n" 1). * 15 Cli. llookeril : rigidiuscula, diaphana; caule stricto, corticalo, acu- lcis subvcrticillatis, brevibus, ventricosis, cuspidatis armato ; involu- cri spinulis duplici radiorum numero, uniserialibus, abbrcviatis, ven- tricosis, sursum adpressis ; verticillis numerosis, concatenatis, 10 — 11- radialis; radiis 4-articula(is; iiilcmodio terminali attenuato, bracleas ( 5:} ) genicull ultimi superante; bracleis in geiiiculis oiiiiiibus, vcrlicillatis, c lata basi cuspidatis, ercctis, antherJdio multo brevioiibus; aiillieridiis solitariis. Dioica. Ch. Hookerii .1/. Braun, 1. c. p. 202. Terre de Van Diemen, Gunn. (Herb. Hook, n" iOOI). b. Caulis inermis. 16 Cli. flbrosa : elongata, filiformis, gracilis, flexilis; caule corlicalo, Ice- vigato, subdiaphano, tcnuissime striato , striis subrectis; verticillis 10 — 1'2-radiatis, distandbus, patentibus, iiivolucri splnulis circilet 10 et pluribiis, uniserialibus, patentibus, cylindricis, attenuatis, dianietro cuulis 3-quinqiiies longioribus, apice cuspiilatis ; ramentis nudis, se- taceis, gracilibus, clongatis, caule multo angustioribus, (p. ^9^) usque ad apicem fructiferis, ad genicula vix constrictis; internodiis valde elon- gatis, terminali abbreviate, apice simpliciter cuspidato ; bracteis ver- ticillatis,6 — 7, flexuosis, cuspidatis, nucula ovata inultoties longiori- bus ; coronulte dentibus obtusis. Monoica. Cli. fibrosa Ag. System. — Bruzel. Gh. — Killz. Sp. Alg. Ch. flaccida ^. Gaudichaudii Al. Braun, Hooker Journ. 1. c. lies Mariannes ! Gaudichaud. D'un vert jaunatre; tres fin et flexible ; baut de 6 — 7 pouces. Remar- quable par ses entrenoeuds ; epines involucrales et bractees allongees. Ou devrait , d'apres les diagnoses donnees des Ch. squamosa Desfont. et Ch. gymnophylla Al. Braun, les rapporter aussi a cette subdivision; mais lorsque je vois des echantillons originaux du premier, de I'herbier Desfontaines, presenter nieme la pbalange basale composee de plusieurs tubes (polijsiphonica) , et lorsque le Ch. gymnophylla semble offrir des passages au Ch. fwlida, la place naturelle de ces deux Chura se trouve dans la subdivision suivante. B. Polysiphonica; proprice, Caulis cl sallini inlernodiiim lainenti anion alterumve composite tubulosa, corticata, sulcata aut striata. La disposition des especes nombreuses de cette subdivision rencontre de grandes diflicultcs , et, selon mon experience , il est presque impos- sible d'arranger les especes en meme temps d'aprfes des caractcres cons- tants et des aflinites naturelles. J'ai admis comme principe general de ma disposition, I'absence ou la presence d'opines oaulinaires et le siege ( 5i ) des organes de la fructification sur le meme pied ou sur des pieds diffe- rents, caractores non sujets a varier. Dans les gronpes plus nombreux , ainsi formes, les especes se trouvont arrangees en series, d'apres les afTi- nitcs naturelles, lorsque ces aflinites ont pu etre bien saisies. Get arran- gement s'appuie encore sur I'application d'un caractere deja considere (p. 292) coinme important parmi les Phanerogames , et qui, dans la fa- mille si variable des Characees, n'est certainement pas a dedaigner, — a savoir : le changement de couleur produit par la dessiccation de la plante. Le Chara tomentosa L. oiTre un exemple de la regie constante suivie par la nature dans ces changements d'une apparence aussi acci- dentelle. Cependant des anomalies ont ete inevitables dans notre dispo- sition, de sorte que , dans quelques cas rares , des especes voisines ont ete rapportces a des groupes differents. Plusieurs especes que I'auteur n'a pu examiner, ne sont decrites que d'une maniere trop incomplete pour qu'on puisse etablir leurs afilnites avec d'autres especes. L'arrange- ment des especes dans les groupes differents , ne pent , par ces raisons , pretendre a une regularite rigoureuse ; il n'est a considerer que comme un guide pratique a I'examen et a la determination des especes connues. M. Braun a applique dans ses derniers ecrits, comme principe de classi- fication, soil pour tout le genre Chara, soit separement pour les Charce ft.(/y}0^?/?ue, les differences des epines involucrales qui sont, ou dirigees dans un sens (uniseriales) , ordinairement en haut , comme les rayons verticilles, ou se partagent dans un double verticille {biseriales) dont I'un se dirige dans un sens oppose a I'autre. La premiere section s'appelle llaplostephanre , la derniere Diplostephance. Mais on pent objecter a cette classification, qu'elle dissocie des series naturelles, par ex. les Gymnopodce , et meme des groupes plus petits, par ex. celui du Ch. fce- tida; d'ailleurs, le caractere sur lequel elle s'appuie n'est pas toujours constant, et elle offre pen d'utilite pratique, parce que la premiere sec- tion renferme seulement un nombre comparativement tres restreint d'especes, pour la plupart transatlanlicjues. Les Diplostephance se parta- gent ensuite dans des subdivisions , (Hablies surtout sur des rapports qui existent entre les tubes peripbcriques et les rayons verticilles , quant a leur nombre et situation, (p. 293) a. Strigoso'. Caulis slrigosus vel aculeolaliis , aut saltern superne papillis raris obsitus. Les epines sont quelquefois excessivement petites et ne sauraient etre distinguees qu'a I'aide du microscope. Dans quelques especes elles torn- (55) bent dc bonne heure, et les Charm foelidce presenlent parfois des formes denudees ; mais en comparant plusieursechantillons de la meme espece, on parvient ordinairement a lover tons les doutes , relativemenl a la presence de ces appendices. f Monoicce. Ser. Gymno])odece [AL Braun). Transatlanticte. Inlernodium basalc ramcntorum ecorticatum, pelluciduiu, cetera ad apicem corticata, vel alternatim simpliciter ct composite tubulosa. Verticilli multira- diati. 17 Cli. Ilydropytls : subflcxilis, subdiaphana ; caule corlicato, tenui, aculeis raris conicis, parum elongatis obsito, subtiliter striate, striis rectis ; involucri spinalis duplici radiorum numero, uniscrialibus, pa- tulis, acicularibus, cuspidatis, diametro caulls parum longioribus ; ver- tlcillis distantibus, 10 — 12-radiatis, erecto-patentibus aut divaricatis; radiis caulls latitudinem subfEquantibiis, 5 — 7-articulalis, usque ad api- cem bracteiferis, nitidulis, ad genicula constrictis ; internodio basali ecorticato, nudo, proximo longitudine tequali aut breviore, ceteris passim cortlcatis, termlnall breviore, attenuate ; bracteis verticillatis, subsequalibus, nucula fere duplo longioribus, cuspidatis ; nucula oblon- go-ovali, perminuta , \\ — 13-striata, solitaria , nuclco atro ; coroiiula brevi, obtusa. Monoica. Cli. Ilydropytis Reichcnb. ap. Mwssl. Amerique duSud, Cayenne ! Richard. — Indes orienlales, Braun I 18 Cli. niKllpcs : caule tenuiter striato, aculeis sparsis, diametro caulis pauilo brevioribus obsito; involucri spinulis acicnlaribus, diametro cau- lis longioribus, numerosis; verticillis 8 — lO-radiatis, fructiferis divarica- tis; internodio ramenti basali ceteris 2 — 3-plo longiore, monosiphonico, ecorticato, reliquis inordinate alternatim composite ct {p. 294) simpli- citer tubulosis ; bracteis numerosis, 6 — 8, verticillatis, subtcqualibus, validis, cylindricis, nucula subrotundo-ovata 3 — i-plo longioribus. Monoica. Cli. nudipes niilii, in Herb. Mus. Reg. Ilolmiens. Amerique du Nord ! Milhlenb. Jaunatre. Ressemble un peu par son habilus au Chara fibrosa. * 19 Cli. follosa : caule supernc papilloso; involucri spinulis cylindricis; ramentis bracteiferis; bracteis 4, nucula obovalo-globosa, 9 — 10-striata, brevioribus. Monoica ? Ch. foliosa mild. Act. Bcrolinens. — I'crs. — Bnizcl. — Ag. System. ( 50) Amerique du Nord , Pensylvanie. Si la diagnose courte et incomplete , de Willdenow est exacte , il se distingue du precedent par des bractees courtes. L'espece est approuvee par M. Braun. (Cf. Silliman Journ. of Sc. vol. XLVI, p. 92. 20 Cli. marllana : caule subtilissime striate, striis rcctis, in sicco col- iapso, piano, inferne subnudo, superne aculeolato, aculeis sparsis, nii- nulissimis, dianietro caulis multo brevioribus ; involucro densissinio, spinalis uniserialibus,patentibus, acicularibus, caulis diametro longiori- bus; verUcillis discretis, patcnli-divaricatis, -10 — 12-radialis; ramentis caule duplo angustioribus, 7 — 8-articulatis, geniculis constrictis, nodo- sis, obscurioribus, usque ad apicem bracteiferis ; internodio basali pro- xiniis 2 — 3-pto-breviori , monosiphonico, nude, ceteris inordinate al- tcrnatim sinipliciter et composite tubulosis ; ramulis intercalaribus brevissimis; bracteis angustissimis, cuspidatis, interioribus i : 2 longio- ribus, sequalibus, nuculam sukequantibus, 2 minoribus itideni ajquali- bus , nucula muUo brevioribus, aversis abbreviatis, stepe obsoletis. Monoica. Cli. Martiusii Al. Brmin, ined. — Cli. Martiana, idem, Schweiz. Ctiar. Amerique , Guatemala ! Envoye de Kegel a M. Thedenius, qui a eu la complaisance de me le communiquer. (p. 295) 21 Cli. ceylonlca : caule gracili, aculeis minutissimis, diametro caulis brevioribus obsito, subtilissime striato; involucri aculeolis biserialibus, acicularibus, diametro caulis brevioribus; verticillis remotis , 11 — 12- radialis; ramentis muKiarticulatis ; inlernodio basali monosiphonico, brevissimo, diametro ramenti vix longiore, intermediis composite, sum- mis simpliciter tubulosis ; bracteis verticillatis, setaceis, inlerioribus nucula longioribus, aversis abbreviatis ; nucula oblonga, 11 — 12-striata, coronula brevi, parum dilatata. Monoica. Ch. ceylonica Klein. — U'illd. Act. Berolinens. — Pers. — Bruzel. — Agardh ! — KiUz. Sp. Alg. Ch. setosa ! Herb. Ag. — Ch. polyphylla ceylonica Al. Braun. lades orientales, Ceylan ! Cote de Malabar. D'un jaune verdatre, de grandeur moyenne. 22 Cl». polypbylla : caule valido, simpliciusculo, subtiliter striato, in- ferne subinermi, superne hispido, aculeis gracilibus, brevibus, dense verticillatis, inferioribus reflexis, supremis erectis; involucri spinulis biserialibus, setosis, diametro caulis multo brevioribus; verticillis 12 — 1 1-radiatis; ramentis ereclo-patcntibus, Iructiferis multiarliculatis ; in- ( 57 ) teniodio basali nionosiplionico, nudo, ceteris uscjiic ad apicem cortica- lis; bracleis 4, tuqualibus, nueiila globoso-ovala, magna, brevioribus ; coroiuila erecta, abbreviata. Monoica. Cli. polyphylla Al. Braun. Moiiogr. 1. c. — Id. Cliar. Ind. Or. , l/uu- hcr Joiirn. 1. c. — Kiilzuir/ Species Algariim p. 522. Cli. capillata Michaux. Amerique, pres Saint-Louis, Missouri ! Engelmann ; Ohio ! Mich. D'un vert clair, gris cendre, par suite de I'incrustation. Par son port ressemblant au Ch. hispida. ' Cli. Ulrliauxil Al. llraii/i. {Si(limu/i Jouni. 1. c. ) , cile conmio \ariett'. * |3. Ueyenlf .1/. Braun. Ciiar. Ind. Or. — Cliura arnuita Meijeit. [p. 296) 23 Cli. Commepjsonnil : oiivacea ; caule gracili, elongate , subliliter striate, superne aculeolato, aculeis raris, tenuissimis, setaceis, brevissi- mis ; involucri spinulis uniserialibus, inflexis, capillaceis, diametro caulis vix longioribus ; ranientis nuilliafticulatis, usque ad apicem bracteiferis, ad genicula 1 — 3 iiifiina fertilibus ; internodio basali bre- Tissimo, monosipbonico, nudo, intennediis corticatis, summis elongatis, monosiphonicis, teiminali corniculato; bracteis subulatis, nucula ple- rumque brevioribus ; nuculis oblongis, minutis, 12 — 14-striatis, atris ; coronula dilatata, abbreviata, truncata. Monoica. Ch. Commersonii Al. Braun, Monogr. 1. c. — Kiitz. Sp. Alg. — Ch. fle- xilis Commeison, sec. Jussieu. Afrique, He Bourbon ! Commerson. (Herb. Honiem.). Long et flexible, d'un vert olivatre, sans incrustation. La phalange basale etant excessivement courte, la fructification parait axillaire et placee a la base du verticille. 24 Ch. Javanica : tenuis, pellucida, tenuissime incrustata ; inlernodiis iiifimis ecorlicatis, nudis ; bracteis nucula minuta, H — 12-striata bre- vioribus; coronula abbreviata. Monoica. Ch. javanica ,1/. Braun, Ch. Ind. (tr. 1. c. Java (Herb. Delessert). A cette serie appartiennent aussi les €li. gymnopus Br., et Ch. sejuucta Br., deux plantes qui ne me sont pas connues. La serie est naturelle et son type revient dans toutes les especes qui la coinposent; il est, par cette raison, difficile de les separer par des caracteres sufllsaminent dis- tinctiis. ( 58 ) * 25 Oil. coiupressa : caule compresso (?), pelliiciilo, retrorsum acule- ato ; verticillis interstitia caulina sulja;qiiaiUibus, sub-'l2-radiatis ; in- ternodiis ramentorum ferliliuiu 3 supremis ecorticatis ; bracteis verti- cillatis, teretibus, sterilibus , acutissimis, nucula duplo longioribiis. Monoica. Ch. compressa Kunlh. Nov. gen. — Brnzel. Cli. — Agardh System. Cli. polypliylla y. IlunibokUii Kiilz. Sp. Alg. Amerique. {p. 297) 20 Cli. bracliypus : tenuiter incrustata, fragilis; caule seriebus tubulorum numero ramentorum triplis corticato, aculeis minutis, acutis, sparsis armato; involucri aculeis biserialibus, seriei superioris elongalis, ramen- torum internodium inflmum tegentibus, inferioris abbreviatis et cauli retrorsum adpressis; verticillis 10 — 12-radiatis; ramentis 8 — 10-articu- latis. ad genicula inferiora bracteiferis ; internodiis omnibus, preeter terminale mucronifornie, corticatis, basali ceteris triple breviore, sub- hyalino ; bracteis interioribus angustissimis, nuculam vix tequantibus, aversis minimis vel inconspicuis ; nucula ovali, 12 — 13-striata ; coro- nula brevi, erecta. Monoica. Ch. bracliypus .1/. Brann, Cli. Iml. Or. 1. c. — Kiitz. Sp. Alg. — Ch. setosa KleiJi. Indes orientales, Negapalnam, pres Madras ! Graham (herh. Agardh), Tranquebar. D'un vert clair, tirant un peu sur le gris jaunatre. II s'aplatit apres la dessiccation. A rexception des rameaux verlicill6s, proprement dits , il presente dans les aisselles du verticille de petits rameaux caulinaires portant des verticilles propres agglomeres. Les articulations des ra- meaux verticilles un peu saill antes, non colorees. ^. nnblca : bracteis obsoletis, subnullis. Ki'Uz. 1. c. Nubie, Kotschy. 27 Cli. IVIkstrOmll : caule tenui liBvigato, subtiliter striate, striis rectis, aculeis raris acicularibus, diametro caulis pauUo brcvioribus obsito; in- volucri spinulis biserialibus, acicularibus, inferioribus adpressis, caulis diametrum sub.nequantibus, superioribus diametro caulis longioribus, erecto-indexis; verticillis approximatis, densissimis, 12 — 14-radiatis; ramentis caule parum angustioribus, erecto-patentibus, multiarticulatis, usque ad apicem corticatis; internodiis abbreviatis, basali cetera subaj- quante; geniculis omnibus bracteiferis, inferioribus fertilibus ; bracteis (59) interioribus 5, nuciilam suboequantibus, aversis niiiuitis ; niicula snb- brolundo-ovali, nigricantc, -10 — '11 -striata. Monoica. Cb. poHta, mihi in Herb. Mus. Reg. Holm. [p. 298) Amerique du Nord ! Muhlenb. ( Museum de I'Acad. des Sc. de Stockli. ). Blanchatre , tirant un peu sur le vert , presque d'un brillaiit d'ivoire (nit ore fere eburneo). Le nom donne est un hommage de reconnaissance a M. le Prof. J. E. Wikstrffim , directeur du Musee bolanique de I'Academie des Sciences de Stockholm. Ser. Canescentes. Profundius sulcato-slriatte, saepe contortse, pleruniquc crusta calcarea ub- ductje, bine valde Iragiles et friabiles. Exsiccatse coUapsa-, exalbido- vel viridi- glaucescentes, aut canescentes, cinereise, rarius cretacei coloris vel sulpbureo- tinctfc. Tubuli peripherici ramentis diiplo numerosiores; primarii (acitlclferi) ramentis oppositi, secundariis (nudis) intcrjacentibus. La serie se partage en deux groupes : Fcelidce et Hispidce, i. FmlidcB. Caulis exsiccatus coUapsus, jugis (tubuionini) plicato-angulosis, granulosis. Internodia ramentorum monosipbonica bractea?que in statu sicco ligamentacea; internodio terminali bracteisque apice obtusis. Exalbido- vel viridi-glaucescentes, cinereee vel cretacei coloris. Ce groupe se distingue de la serie Fragiles par la couleur (la nuance d'un vert blanchatre ou bleuatre se rencontre , mais seulement comme exception, chez les premiers), I'incrustation, les epines ou papilles de la tige, par des sillons plus profonds, qui, apres la dessiccation, se contrac- tent en plis anguleux et grenus , des entrenoeuds et des bractees (a I'etat sec) larges, foliaces, monosiphones, des rameaux verticilles et des brac- tees obtus a leur extremite. Les Char(e fwtidce ont une plus grande res- semblance avec les hispidce, de mani^re qu'il est souvent difTicile de trouver des limites entre ces deux groupes , lorsqu'il s'agit de decider de la place qu'on doit assignor a certaines formes atypiques et douteuses, Cependant les hispidce se reconnaissent par une tige plus forte, tres tordue, plus profondenient sillonnee, a epines (p . 299) p\us serrees y plus fines, des tubes periphcriques plus convexes apres la dessiccation, des bractees plus greles et plus pointues, et des nucules plus gros. M. Braun a, dans son memoire sur les Chara suisses (F/ora, Regensb. (60) Botan. Zeit. 1849, p. 130 sq. (i)), employe dans cetteserie un caractere nouveau, lire des differences dans les rapports des tubes peripheriques. 11 les partage en tubes primitifs , qui seuls sont munis d'epines et dis- poses sur la meme ligne que les rameaux (ramenta) , et les tubes secon- daires, qui sont plus petits et alternent avec les rameaux. Dans quelques especes, les premiers s'elevent au-dessus des derniers, dans d'autres, le contraire a lieu, d'ou il suit que les epines se trouvent placees , ou sur les cotes les p'us saillantes ou dans leurs interstices. Depuis plusieurs annees deja j'ai cherche dans le nombre de ces tubes exterieurs un crite- rium pour la determination des especes , mais je fus bientot convaincu que leur nombre varie souvent sur le meme individu et que ce caractere n'offrait qu'une utilite plus generale. Le groupe foetidce, ainsi nomme a cause de I'odeur desagreable des especes qu'il renferme, a la distribution geographique la plus etendue de tout le genre. Des especes de ce groupe ont ete observees dans toutes les parties du monde , la Nouvelle Hollande exceptee , et dans tous , ou du moins, la plupart des pays de I'Europe, depuis la Grece jusqu'a I'Espa- gne, depuis ritalie jusqu'a Jtemtland, dans la Suede boreale. II s'attache cependant partout, de meme que les hispidce , aux formations calcaires, lorsque , au moins dans le Nord scandinave , les fragiles se rencontrent, de preference, ou aussi souvent, dans des i*egions formees de terrains primitifs. Les opinions sont divisees concernant le Chara vulgaris de Linne. L'examen critique a ce sujet, semble pourtant etre d'une importance se- condaire, puisqu'il est notoire que le grand naturaliste (p. 300) accordait peu d'attention au genre Chara. Deja les synonymes indiquent incontes- tablement, que le Ch. vulgaris de Linne, de meme que le Ch. flexilis, est une espece collective (*). La localite la plus ancienne, citee dans le ( I ) L'original se trouve imprime dans les Verliandl. der scliweizer naturforsclien- den GeselUcha/l, I8i7. — Note du Iraducleur. (*) J'ai eu occasion d'exarainer les formes suivantes des environs d'Upsal ct de la province Uplande. Du groupe des Fmlidm : l" Une forme plus grande , developpee, glaucescenle du Ch. vulgaris Wallr. (C/». fwlida Braun), de Vilulfsberg, prfes d'Upsal ! (herb. Wah- lenb). — 2<> Une forme contractee d'un vert grisalre , trfes voisine du Ch.coarclala , de Tegelbruket, pres d'Upsal (M. Tli. Fries.) Du groupe des fragiles : 1" Une forme plus grande du Ch- fragilis Hedwigii Fr. Herb. norm. ! — 2° Une forme fruclifere, fort voisine du Ch. fragilis pulchella , du ( 01 ) Flora Lapponica, pres la riviere Kalix, n'a pas ele examinee, quoiqu'elle le meritat certainement. Un fragment qu'on m'a adresse de Tegelhagen (Herbaliones Upsalienses), est tellenient incomplet, qu'on n'en pent rien conclure de certain. L'opinion de Smith , dont le Ch. vulgaris est le fw- tida, semble indiquer, que (p. 301) rechantillon original de I'herbierde Linne se rapporte a cette derniere espece. M. G. Hartman , qui dans ses recherches interessantes sur I'herbier de Linne , s'est aussi occupe de ce genre , laisse cependant la question indecise , s'en rapportant a la flore renommee de son pere, oii les Ch. vulgaris (fcelida) et Hedwigii (fragi- lis) sontreunis sous la meme espece. II n'en reste pas moins difficile de determiner si Linne a eu en vue une certaine espece de preference , et laquelle, car le temoignage de son herbier ne decide rien. Dans ces cir- constances, une denomination aussi vague doit etre rejetee et remplacee par une autre plus convenable , comme cela a ete fait dans la monogra- phic de M. Braun et par la plupart des auteurs recents. Sous le nom collectif de Chara fcBlida se rencontrent dans les herbiers et les ouvrages descriptifs, un grand nombre de formes, qui peuvent etre difficilement rapportees a une seule espece. J'ai cherche a les ranger dans les trois especes principales suivantes , qui peuvent etre regardees comme typiques , chacune dans sa sphere : Ch. coarctata, Ch. fcetida (vulgaris) et Ch. longibracteata (funicularis Lilj.). ex. Glaucescenks vel canescentes. Venicillis fructiferis coarclalis ; iiUernodiis ramentoruni pluriniis monosi- plionicis, exsiccatis late ligamentaceis , obtusis. 28 Cli. coarctata : glauco-virescens, pumlla, procumbens ; caule valido, spiralitcr sulcato-striuto, exsiccato collapso, angulato-plicato, jugis tu- bulorum granulosis, supernc aculeolis vel papillis minutissimis, ad- pressis obsito vel subinermi ; verticillis approximatis, coarelato-homo- . lac Laeby, pres d'Upsal ! Herb. norm. — 3» Une forme sterile, qui semble appartcnir au Ch. fragilis Hedwigii, de Tegelhagen. — 4" Une forme contractee plus petite de Ch. pulchella d'Ulfva, pres d'Upsal ! (Hb. Wahlenb) — 5« Une forme gr^Ie, incrustee, d'un vert blanchatre, de Ch. pulchella d'Uplande (Herb. Liljebl.). — 6° Dans I'berbier de M. Th. Fries se trouvent des formes de Ch. fragilis , dont Ij plupart se rapportenl an Ch. Hedwigii, des lacs Hederen ! Bokaren ! Metsjoe ! a Uplande ; et une modification sterile el gracilescente de Tegelbrukcl ! — Dans I'herbier de Celsius se trouve un Chara avec reliquelte « Chara vulgaris fatida R p. 132 (Ch. funicularis ?), » el une autre : « Chara minor, caulibut el foliis lenuissimis » R. p. l-iu, qui parait apparlenir au Ch fragilis capillarea. ( 6-2 ) mallis, 7 — 8-radiatis; involucri papillis abbreviatis, oblusis, biseriali- bus, adpresso-immersis ; ranieiUis elongatis; internodio basali compo- site tubuloso, striato, ceteris simpliciter tubulosis, {/j. 302) ventricosis intus continuis, in sicco late ligamentaceis, caulis latitudinem sequan- tibus, terminaliapice obtuse, passim mucrone obtuso armato ; genicuio infiino bracteifero, fertili, ceteris ebracteatis ; bracteis interioribus 4, obtusis, arcuatis, ramento latioribus, omnibus nucula multoties longio- ribus, aversis obsoletis; antheridiis nuculisque solitariis, conjunctis; nu- cula minuta,diametro ramenti angustiore (brunnea), multistriata; coro- nula abbreviata, conico-truncata; antheridiis paullo latioribus. Monoica. Ch. vulgaris Scopol. Flor. Carn. ? — Lilj. Fl. ed. 3 in addendis. Ch. fffitida var. densa Coss. et Ger?n. tab. XXXVll fig. 8 ? Allemagne. — Norwege, les iles Hvaloe , dans I'eau douce. — Suede, dans les petits ruisseaux, Uplande ! Ostrogothie, Slaka! etc., Gottlande. Touffu , procombant et contracte, a tige et rameaux assez epais, d'un vert grisatre. Les verticilles tordus, contractes. La phalange basale, plus rareiTient aussi les phalanges suivantes, fructiferes, les autres denudees renflees , un peu comprimees ; apres la dessiccation , aplaties en forme de rubans, obtuses, de meme que les bractees. Celles-ci , de differentes grandeurs , deux d'entr'elles souvent plus courtes , toutes beaucoup plus longues que le fruit. Nucules et antheridies toujours reunis en couple ; les premiers sont fort petits , changent de couleur et prennent enfin une teinte brunatre, foncee. La plante , ordinairement incrustee avec des tu- bes peripheriques (cotes) rentres, anguleux, a bords presque denteles. 29 Ch. spliagnoidefs : subinermis, ceespitosa ; caule subtilissime striato , striis rectis, in sicco vix collapsis ; verticillis approximatis, sub8-radia- tis; involucris aculeis acicularibus, numerosis, arete adpressis, diame- tro caulis breviorlbus ; ramentis elongatis, gracilibus, reflexis, 8 — 10- articulatis, ad genicula constrictis, apice obtusis; internodio basali composite, rarius simpliciter tubuloso, bracteifero, fertili ; ceteris nudis, ecorticatis, ebracteatis ; bracteis interioribus i, sequalibus, nucula triplo longioribus, aversis obsoletis; nucula amphorocformi, diametro ramenti latiori ; coronula elongata, truncato-conica. Monoica. (/*. S03] Italie, pres Messine ! Nyman. Croit en touffes moUes , egales ; au premier abord , ayant I'aspecl du Sphagmim palustre. Tiges simples. Plante d'un vert bleuatre dans sa parlie superieure, inferieurement d'une coloration blanchiitre, tirant sur le jaune de soufre. ( 63) 30 Cli. squamosa : caule sequaliter striato aut coiUorto sulcato-slriato, superne aculeolis s. papillis raris, brevissimis, deflexo-adpressis obsito ; verticillis abbreviatis, densis, coarctatis, subglomeratis, 15 — 20-radia- tis • involucri papillis biserialibus, in singulis seriebus circiter ramen- lorum niimero, oblongolinearibus, adpressis, diametro caulis multo brc- vioribus; ramenlis multiarticiilatis, geniculis constrictis ; internodio basali passim, proximo rarissime corticatis, ceteris simpliciter tubulosis, in sicco concavis, terminal! obtuso vel mucrone obtuse munito ; brac- teis ad geniculum infimum, oblongo-lincaribus, obtusis, interioribus 4 — 5, nucula longioribus, exsiccatis late ligamentaceis, aversis papilla;for- mibus, minutissimis; nucula grandi, 11 — 13-striata. Monoica. Ch. squamosa Desfonl. Flor. Atlant. — Willd. — Bnizel. — Agardh. — Al. Braun Monogr. — Kiitz. Spec. Alg. Afrique, Barbarie , dans les lacs ! Desfontaines (Herb. Hornem.) D'un vert grisatre, un peu blanchatre ; par son habitus, ressemblant an Ch. coarctata. 31 Ch. gymnopliylla : caule corticato, striato, aculeolato papilloso; ver- ticillis 10 — radiatis ; involucri papillis biserialibus, minutis; inlernodiis ramentoruni omnino ecorticatis, nudis, ad genicula inferiora bractei- feris; bracteis internis elongatis, aversis obsoletis ; nucula 13-striata; coronula truncata, brevi. Monoica. Ch. gymnophylla Al. Braun, Monogr. 1. c. Schweiz. Char. — Kictz. Spec. Alg. Afrique, Alger. — Suisse. — France! — Italie. — Dans les eauX sta- gnantes. — Fort ressemblant au Ch. coarctata. (p. 304) p. Exalbido- vel virenti-canescentns. Verticillis fructiferis evolutis; internodiis sumniis ecorticalis, nudis, ceteris corticatis, striatis. 32 Cli. ffetlda : Ifete virens, incrustata canescens, elongata, filiformis; caule subinermi, striato, tubulis secundariis prominentibus; verticillis sub8-radiatis, fructiferis patenti-incurvis; involucri papillis minutissi- mis; ramentis tenuibus, elongatis; internodiis plurimis corticatis, at- tenuatis, ad genicula fructiferis, summis ecorticatis, nudis, terminali elongato, obtuso; bracteis interioribus 4, attenuatis, 2 ssepius longissi- mis nucula 3 — 4-plo longioribus, reliquis nuculam subfiequantibus, aversis obsoletis; nucula oblonga, demum nigricante, 13-striata; co- ronula contracta. Monoica. Ch. vulgaris «. IVallrol/i . Ann. holan. — Ch. fdMid.i .1/. finnni . Monogr. ( '-i ) 1. c. — Cli. ficlida vulgaris, id. ined. — Rnbp.nh. 1. c. — Ch. vutgaris Kutz. 1. c. Fig. Wallr. 1. c. Tab. 1. Allemagne, eu plusieurs endroits, par exemple pres Wandsleben {WaUroth), Carlsruhe ! {Brann). — Suede (Herb. Liljebl.). Plus t^nu et plus flexible que les autres especes de ce groupe , couvert d'une incrustation mince et prenant apres la dessiccation une belle cou- leur vert clair grisatre. En Suede , oii le Ch. longibracieata est I'espece la plus commune , le Ch. fcetida sembie etre rare. 33 Cli. contrarEa : caule subtiliter striate, papillis minutis, rarius strigis longioribus, tenuibus obsilo; tubulis primariis prominentibus; ramen- tis corticalis; bracteis 4, nucula paullo longioribus; nucula oblongata, nucleo atro. Monoica. Ch. contraria .4/. Braun, Schweiz. Chai-. p. 135. — KiUz. Spec. Alg. Suisse. — Allemagne, Carlsruhe ! Fin ; d'un blanc grisatre , tres fragile. p. Iil.«pldala : strigis longioribus, caulis dlametrum subsequaMlibus. .4/. Braun 1. c. y. monllirormls : caule subinermi; verticillis coarctatis, srupe glomeratis, minutis; internodiis corticatis brevissimis, [p. 506) monosi- phonicis, elongatis; bracteis nucula majuscula vix longioribus. Ch. foetida /3. moniliformis .1/. Braun, Monogr. 1. c. Ch. contraria y, moniliformis idem Schweiz. Char. Suisse. — Allemagne, Carlsruhe. Ressemble beaucoup au Ch. foetida, mais les tubes primitifs s'elevent au-dessus des tubes secondaires , de telle sorte que les epines de la tige ne sont pas situees dans les plis (sillons), mais sur les angles (cotes) de la tige. Les epines, developpees etallongees, sont plus pointues que dans le Ch. foetida. * 34 Cl». Klrgtiisornm : ramentis brevissimis, nodulos minutissimos. moniliformes forniantibus. Ch. Kirghisorum Lessing, Linn. 1834. Dans un lac d'eau salee , pres d'Orsk, en Russie. Tenu, a verticilles d'une demi-ligne de diametre. y, CinerecB. Evolula', verlicillis fructifcris patcnti-divaricalis , altcnualis, plcrumquo usque ad apiccm corticatis. 3;i C'li. longllirncloala luljscnrL' vol sordidu ciiiLTuscciis, cloiigaln, siib- inermis, spiraliter striata vel sulcato-plicata, in sicco statu collapsa ; verticillis 8 — 10-radiatis, fructiferis distantibus divaricato-paleiUibus ; involucro obsolelo; ranientis 5 — 6-articulatis, angustatis, pleruinque usque ad apicem corticatis; internodio terminali parum dilatato, obtu- siusculo; bracteis internis nuculam superanlibus, demum longissimis; collapsis diametro ramenti angustioribus, acutiusculis; nucula striata, coronula lata plicata. Monoica. Ch. major, subcinerea, fragilis ]'aUl. 1. c. p. 23. Ch. funicularis Thuill. ¥\or. Parisicns.? — Lilj. Sv. FI. ed. 3, inaddendis! Ch. vulgaris Bruzel. Char. — Wessrn Flor. parcoc. Kannal Ch. foetida longibracteata Al. Draun Monogr. I. c. Ch. foetida auctorum. Ch. longibracteata h'iilz. ap. Reicheiib.? — Ch. vulgaris p. longibracteata Kulz. Spec. Alg.? (p. 306) Rabenli. Kryptogam.-Fl. 591 u. b.? Fig. Coss. et Germ. Atl. XXXVII. 1. L'espece la plus vulgaire, dans les fosses d'eau douce, dans presque toutes les parties du monde et presque tous les pays. On la trouve dans foutes les provinces de la Suede. A I'etat sec, d'un vert grisatre; desse- ch^ , d'un gris cendre fonce tirant un peu sur le vert. A cette espece ap- partient le Ch. collabens Ag . , forme un peu plus robuste. p. brevibractcata : caule luimiliore, subinermi; internodiis2 — 4 inferioribus corticatis, terminali abbreviato; bracteis nucula vix duplo iongioribus. Ch. foetida brevibracteata Al. Draun. — Ganier. 1. c. Allemagne , Carlsruhe ! et en plusieurs endroits. Aussi en Suede. y. sabtaisplda : caule superne aculeis densis obsito. Al. Draun, ined. Avec la variete precedente , par exemple , pres Carlsruhe ! Sous le nom de subhispida on trouve aussi dans les lierbiers des formes de la subdivision « , appartenant au Ch. coarctata. 5. crasslcaulfs : pusilla; caule valido, firmo profiindc suleato, subinermi; ramentis incrassatis, rigidis, curlis; internodio loiniinali ecorticato, abbreviato; bracteis verticillatis, interioribus nucula i)auio Iongioribus, aversis papillajformibus. Ch. f(p(ida (vulgaris) crassicaulis .1/. liraini. — llabcniiorst Kryploga- mcn-Flor. — Kill:. Spec. Alg. Ch. crassicaulis Sclileich. ( secundum Al. Draun, liabmli. ot Kiitz.) Tome XXI. 5 ( OG ) Suisse. — Italic, Savoie. — Allemagiie. — Russie, parexemple pres Saint-Petersbourg ! (determine par M. Draun). Ressemble au type et surtout a sa modification collabens Ag., mais la tige est plus forte. • .36 Cli. strfcta: rigiila, erecta; caulo crassiusculo, aculealo, valde sti'ia(o, aculeis sparsis, adpressis, distantibus; iiivolucri [p. 307) aculeolis bise- rialibus; verticillis 8-radiatis, patentibus; bracteis internis 4, nucula ovata pluries longioribus. Monoica. Kiitz. Flora 1834. II. p. 707. — Spec. Algarum. France. — Italie. — Allemagne. 37 Cli. refracta : viridis; caule crasso, distinctc striate, torto, superne pilis patentissimis, rigidis hispido; verticillis 8-radiatis, ad gcnicula refractis; internodiis 2 summis ecorticatis, brevissimis; bracteis vcrli- cillatis, interioribus longitudine nuculse, aversis brevioribus, aciilci- formibus; nucula ovata. Monoica. Kiitz. Flora 1. c. — Spec. Algarum. .\llemagne. M. Braun (Mem. sur les Chara suisses), regarde les deux dernieres especes comme des formes du Ch. fcetida. ' 38 Cli. Kokellli : caulc elongate, ramoso, strigoso, subtilitcr strialo; verticillis 4 — M-radiatis; involucri spinulis uniscrialibus, niinutissi- mis; ramentis 4 — 6-articulatis, inferioribiis ecorticatis, superioribus usque ad geniculum tertium corticatis; internodio terminali simpliciter mucronato; bracteis verlicillatis, numerosis, subajqualibus, nucula circiter triplo longioribus; nuculis et antheridiis solitariis aut gcniinis; nucula 10-striata; coronula truncata, erecta. Monoica. Ch. Kokeilii Al. Braxin, Flora 1846, u" 2. — Ganterer 1. c. Fig. Ganterer fig. IX. Allemagne , pres Klagenfurt , Kokeil. II parait appartenir a la subdivision «. * 39 Cb. strigosa : caule strigoso, strigis elongatis, in superiore parte inters- titiorum deorsum, in inferiore sursum versis, subcurvatis; tubulis pe- phericis priniariis proniinentibus; involucri spinulis elongatis; ramentis, pncter internodium apicale ecorlicatum abbreviatum, corticatis, ad genicula bracteiferis ; bracteis verticillalis, interioribus nucula vix lon- gioribus, aversis brevioribus ; nucula 11 -striata. Monoica. Char, strigosa At. Braun, Schweiz. Char. s. 136. ( •■•" ) Suisse, localite incertaine. (//. SOS) ' 40 Cli. papillosa : grandis, valida, slrigosa, strigis solilariis, abbre- viatis, fragilissinia , incrustata; caulecrasso, torto, insigniter striato; lubulis primariis prominentibus; verticillis 6-radiatis; ramenlis 5-ar- liculatis; internodiis inferioribus 4 abbrevialis, corticatis; terniinali ecortioato, crassiori, longissimo, apice articulatp-niucronato; genicu- lis 3 inferioribus fructiferis; bracteis verticillatis, interioribus nucuta brevioribus vel paulo longioribus, aversis niinorlbus; nuculis itiajus- culis, ovatls; coronula contracta. Monoica. Ch. papillosa Kiilz. Flora 1. c. — Pliyc. germ. p. 200. — Spec. Alga- rum. — Ch. intermedia Al. firauii, ined. Allemagae, dans un lac sale du duclie de Mansfeld. Etablit un passage entre le Ch. foelida et le Ch. hispida. 2. flispidcB. Exsiccatseexalbido-canescentes, aliquando rubedine leviter tinctai, valid:e, elongatpe profunda contorto-sulcataj, tubulis in sicco convcxis. Caulis densius strigosus, strigis elongatis. Internodia plurima corticata, monosiphonica brac- teaique exsiccata anguste ligamentacea, apice acuta, Antheridia magna. 41 Cb. bisplfla : exsiccata exalbido-canescens vel paulo cinerascens; caule valido, crasso, tubulis crassis, elevatis, convcxis, contorto, pro- funde sulcato-striato, strigoso, strigis discretis aggregatisve , reversis, acicularibus, tenuibus, acutis, caulis diametro longioribus, summis ssepe prasinis; verticillis distantibus, 8 — lO-radiatis, fructiferis erecto- patentibus; involucri spinisbiserialibus, acicularibus; ramcntis multi- articulatis, plerumque usque ad apicem corticatis, bracteiferis; inter- nodio terminali ecorticato, abbreviato, exsiccato anguste ligamentaceo, acuto, basali ceteris breviore vel subsequilongo; bracteis 8 — 10, verti- cillatis, tenuibus, acuminatis, interioribus 3 — 5, nucula longioribus, aversis brevioribus, ssepe obsoletis; nucula maxima late ovata , 10 — 13- striata; coronula ampla, dilatata. Monoica. Ch. major, caulibus spinosis Vaill. Act. Parisiens. 1719. pag. 18. Tab. 3, fig. 3. Ch. caule fragili spinoso Holler Stirp. Ilciv. n. 1G82 ( exclus. synonym. Pluhenctii, DUlcnii et Linmei). [p. 309} Ch. hispida Smit/t. Brit. I. 5. — Druzel. Char. I — A[/. System.! — Wallrolh Ann. botan. — Al. Draun Monogr. 1. c. Schweiz. Char. — Reichenb. Fior. excurs. — Rabcnhorsl 1. c. 3917. — (ianlcroA. c. — Kutz. Species Algarum. — liabinylon 1. c. Ch. hispida /3. corticata IJartm. Sk. Fl. cd. 5. Ch. spinosa Riipr. (08 ) Fig. Engl. Botaii. T. ilj3. — W'allrolh I. c. T;il). IV ! — Cuftx. oi Germ. Tab. XXXVIIl. B. 1. 2. Lacs et eaux stagnantes de I'Europe; commune dans presque tons les pays. Anglelerre. — Suisse. — Italie. — Dalmatie. — Hongrie. — AUe- magne ! — Danemarck ! — Norwege ! — Russie, les provinces baltiques. — Plus rare en Suede et seulement dans des regions de formation cal- caire, jamais dans la mer. Scanie, dans les fosses des tourbieres et des lacs, comme Lefrasjre! Veilesjo} ! fintje/., Trjelleborg, etc.; ffilande, en plusieurs endroits ! le lac de Gottlande ! abondant pres Hoegbro , Hmj- 6er(7 ; Fardhem ! proL Zetlerstedt, Hffirnoe, Bromyr! Osc. Westoeoe; — Ostrogotbie, la paroisse de Winnerstad , les lacs de Staffanstorp ! Hj. Holmgren; — Uplande, les environs de Stockholm, Isbladska^rr ! C.-J. Lindeberg; Gestricie, le lac Verkfjrerd, a Edskoe! Thedenius. Une des plus grandes espcces du genre. A I'etat jeune , d'un vert fonce , incruste; apres la dessiccation, d'un gris blancbatre. La forme de la Ges- ticie est, de meme que le Ch. lomentosa des regions plus borcales, plus grele que les formes ordinaires , couverte d'une belle incrustation mince, d'ini ])lanc bleuatre , presque nue et depourvue d'epines. Cette espece parait avoir echappe entierement a I'attention des anciens botanistes suedois. Le Flora Saecica de Linne n'en fait pas mention (Cf. Cli. aspera). Elle manque completement dans I'herbier Liljeblad. L'her- bier de Wablenberg n'en contient qu'un echantillon etranger (;). 3f0) des environs de Halle. Son Ch. hispida est le Ch. aapera et sa var. /3. major, liabituellement rapporte au Ch. hispida, appartient evidemment a la forme plus grande du Ch. baltica, comme la localite indiquee, la Balti- que, depuis I'Ostrogotbie a la Scanie, le prouve d'une maniere incontes- table. L'herbier de Wablenberg renferme des echantillons normaux du Ch. Ballica fasligiala, de la localite specialement citee , Moerjcrvik, en Ostrogotbie. Celui de Hartman (pore) contient bien des echantillons de la Scanie et de Norwege , du Ch. hispida , mais le type de son Ch. hispida appartient egalement au Ch. Balfica. p. g^yninotolcs : caulc minus incrustato, subinermi ; inlcrnocliis 2 — 3, superioribus longissimis, ecortiealis, bracteiferis; nucubs nilno- ril)iis. Ch. liispitla p. gymnotelcs Al. Biaiin. Monogr. 1. c. — liabcnhorsl 1. c. — Cuntcrer 1. c. — KiUz. Spec. Alg. Ilalie. — Suisse. — France. — AUemagne. ( <'9 ) Celte variete offre, comme \e Ch. ceratophylla, la particularile que la partie corticale se detache des articulations inferieures renlldes , sous forme d'une barbe confervoi'de pendante. y. mlcracantlia : aculeis iiUerstiiiorum caulis iuferioruni et intcr- mediorum brevissimis; internodiis ruinentorum suniiuis ecorlicatis, late ligamentaccis, obtusis, passim mucionc ciongalo niunids. Obscure \iridis, lc\ius incriislata. .1/. liraun ined. Allemagne, le pays de Bade. (p. 3//) S. bracliypliylla : ranienlis abbreviatis, 8, coiunvcntibus; inter- nodiis brevissimis. AL Braun ined. — Cli. hispida ?. brachyclados Kiitz. 1. c. e. long^lfspina : olivaceo-virens, paiilo glauccscens, elongata; caulo exsiccato piano, tenuiter striato, aculeis longissimis , pendulis, flexuosis, cuspidatis; involucri spinulis caulis diametro multoties longioribus; ramentis 5 — 6-articulatis; internodiis supcrioribus passim ecorticatis; bracteis longissimis, flexuosis, acutis. Cli. bispida var. aculeis longissimis .1/. Braun ined. Allemagne , le pays de Bade. ^. pseiitlocrinlta : minor, lenuior; caule dense strigoso, strigis tenuissimis; bracteis verticillatis, elongatis, attenuatis, aversis ceteras subtequantibus; nuculis majusculis. Monoica. AL Braun Monogr. 1. c. Fig. Coss. et GervL Atl. Tab. XXXVlll. B. 3. France, dans des etangs. Incruste, d'un gris blanchatre. Ressemblant au Chara crinila, mais monoique. * 42 Ch. spondylopliylla : caule tenui, longissimc aculeato, aculeis densis, divaricatis; internodio ramenlorum termiiiali plerunuiuc brc- vissimo; bracteis verticillatis cequalibus, G — 8, gracilibus, nucula oblongo-ovata 2 — 3-plo longioribus. Monoica. Ch. pedunculata Killz. Flor. 1. c. — Ch. spondylophylla id. Spec. Alga- rum. Allemagne , Saxe , dans des lacs saumatres. * 43 Cli. crlspa : pumila, subflexilis, in sicco vix collapsa; caule angus- tiori, contorto, plicato-sulcato, plicis marginc subpellucidis, subinermi, muricibus raris, reflexo-adpressis, caulis diametro longioribus superne vestito; verticillis 7-radiatis, phimosis; involucri aculeis biserialibus , ( "0) caulis diametro muUo brcvioribus; ramentis attenuatls caulc triplo an- gustioribus, 5 — 6-articiilatis, usque ad apicein corticatis, frucliferis; internodio basali ceteris breviore; bracteis cylindricis, acuininalis, iii- terioribus nucula plus {p. 3i2) duplo longioribus, inoequalibus, aversis obsoletis; nucula livida, elliptico-lanceolata. Monoica. Norwege, les iles de Hvaloe ! Blijtt. D'un gris rougeatre , sans incrustation ; apres la dessiccation , assez niou et presque flexible. Les verticilles donnent a la plante un aspect particulier, plumeux. II est intermediaire entre les Charie fwliihe canes- cent es et les hiqndce. * 44 Cli. plelospora : tenuiter striata, superne muricata ; verticillis 10 — radiatis, interstitio caulino multo brevioribus ; involucri spinis biseria- libus ; ramentis sub7-articulatis, internodiis 5 — 6 infimis semper corti- catis, bracteiferis, terminali mucronato ; bracteis interioribus 4 — 10, nucula duplo longioribus, aversis 3 — 4, papillajformibus ; antlieridiis solitariis; nuculis 1 — 3, scepius superimpositis, oviforniibus, 10 — 12- striatis ; coronula basi constricta, superne patente. Monoica. Ch. pleiospora Ganlerer. 1. c. p. 17, not. 1 . Afrique, Port Natal, Giieinzius. ' 45 Cli. tenulsplna : pusilla, gracilis, subsimplex ; caulc strigis tcnui- bus, sparsis, rarioribus armato ; verticills 10-radiatis; bracteis verti- cillatis; nucula minuta, 11 -striata; coronula erecta. Monoica. Ch. tenuispina Al. Braun, Monogr. 1. c. — Rubcnh. Dcutschl. Krypfo- gamen-Fl. n" 5920. — Kulziag Spec. Alg. Allemagne, bords du Rhin, trouve une seule fois. Ser. Virenles. Exsiccatse intense virides, olivaceae vel exalbido-virentes, rarius glauces- centi-virides. Sans incrustation. — La plupart sont des plantes marines. 46 Cli. IVolteana : valida, atrovirensvel olivacea ; caule corticato, strigoso aculeis raris, brevissimis; verticillis approximatis interstitio duplo lon- gioribus, 8 — 12-radiatis , involucri aculeis minutissimis, caulis diametro multo brevioribus ; ramentis caulem latitudine subsequantibus ; interno- dio infimo passim corticato, ceteris breviore, reliquis monosiphonicis, valde elongatis, ad genicula constrictis, omnibus {p. 313) bracteiferis, terminali abbreviato, apicesimpliciter mucronato; bracteis panels, vcr- ticillatis, injequalibus, nucula vix longioribus, ad genicula sterilia abbreviatis, subulalis. Monoica. ( ■?• ) Ch. Noltcanu Al. iJraun, Moiiogr. Slesvigue, Nolle. La diagnose , s'accordant avec celle de M. Braun , est ^tablie sur des dchantillons de Fm-lich , dans I'herbier Agardh. — Grand et fort, d'un port semblable a celui de certaines formes de Ch. scoparia ; d'un vert fence, sans incrustation. M. Braun suppose qu'il n'est, peut-etre, qu'une modification du Ch. hispida gymnoteles. 47 Cli. baltica : cuulc sulcuto-slriato, strigoso, strigis solilariis, ternis fas- ciculatisve, basi connatis, inflatis, densis, reHexis, caulis diamelro bre- vioribus vel longioribus ; involucri aculeis biserialibus, abbreviatis vel diametro caulis longioribus; vcrticillis coarctatis, clistantibus, 9-radiii- tis, interstitio caulis nuilto brevioribus; ramentis abbreviatis ad gcni- cula 3 infinia fructiferis ; internodiis summis nionosiphonicis; bracteis verticillatis, internis insequalibus, nucula subduplo longioribus ; nucula demum alro-fusca, ovali-elliplica, antheridiis paulo minori. Monoica. Ch. baltica Fries Nov. — Aspegren Fl. Blek. ! p. 65. — Bruzel. Ch. ! — Ag. System. ! — Fries S. V. Sc. Ch. hispida |3. e( ,5. Wahlenb. Fl. Succ— Ch. hispida baltica Ilartm. Sk. Fl. ed. 5. Exs. Fries Herb. norm. IX. 1 00. Dans la mer, jaimais dans I'eau douce. Danemarck , Fionie. — Suede ; point rare sur les cotes de la Baltique, depuis la Scanie jusqu'a I'Ostro- gothie ; dans le Cattegat, pres Hallande. II presente deux formes d'un aspect different. p. Iinmllls : exsiccata pallescens, luteola ; vcrticillis glomeralo-co- arctatis ; internodiis ranientorum superioribus in sicco dilatalis, aniplis. Fr. Nov. — Fl. Scan. p. 159. n. 777. Exs. F/'/es Herb. norm, (p 51 i) Commun sur les cotes de la Scanie ! Gottlande ! (Elande ! C'est probablement le Ch. baltica primitif. y. fasdslata : rccens et exsiccata intense et amoene viridis, gregaria, rigidiuscula ; caule crecto, fastigialo elongate, subsimplici, densissimc strigoso, strigis solitariis fasciculatisve, basi connatis ; vcrticillis dis- tantibus, 7 — 10-radiatis, patenti-ereclis ; bracteis verticillatis, nucula longioribus; nucula demum oblonga, atio-fusca ; coronula angulato- aculeolata. Ch. horrida mihi (ined.). — Ch. hispida /3. Wuhknb. Fl. Suec. ( '^^) Cette variete croit par colonies, parmi les Ch. crinita et Ch.Liljebladii, aux cotes de la province Kalmare, par ex. a Gellerkullavik, la paroisse cle Westerrum ! en quantite enorme ; en Oslrogothiejusqu'aBravik! aussi en Blekingue et en Scanie. Au Ck. Ballica elongata appartient le Ch. firma Ag., mais les herbiers ollrent quelquefois sous ce noni des formes du Ch. nspera. 48 Cli. Lilljebladll : recens et exsiccata cxalbido-virens, erecta, filifor- niis, gracilis, longissima, tenuiter striata, striis rectis, numerosis, jugis s. tubulis peripliericis discretis, tuqualibus; caule inferius nudo, superne aculeato, acuieis raris, solitariis, ereclo-patentibus, inferioribus late cylindricis, superioribiis tumidis, vesiculosis abbreviatis, omnibus acu- minatis ; verticillis9 — 1 2-radiatis, patentibus, inferioribus valde distanti- bus, interstitio caulis brevioribus; involucri spinulisbiserialibus, dcor- sum et sursum reflexis, acicularibus subulatisve, mucronulatis; ramentis clongatis, liliformibus , '6 — 6-articulatis ; internodio basali subtumido, relicjuis multo breviorc; ceteris elongatis , omnibus usque ad apicem corticatis, bracteiferis ; apice bracteifero-corniculato ; geniculo infimo, rarius etiam proximis fertilibus ; bracteis vcrticillatis , internis o — 7, paulo insequalibus, omnibus nucula longioribus, oblongo-cylindricis , tumidis, cuspidalis; aversa subsolitaria, breviori ; sterilibus pauciori- bus ; anthcridiis maxlmis; nucula oblonga vel subcylindrica, nuilti (10 — -1 5)-striata ; coronula grandi, ample dilatata. Monoica. Ch. distans milii. — Ch. hispida herb. Liljcb. ! (p 3i3) Daneniarck , entre Laalande et la petite ile Kieldsoe, en grande quan- tite. — Suede, rarchipel de la province Kalmare , par ex. pres Gellers- kulla ! ou il abonde, pres Ytterhull ! etc., pres CElande ! " Par colonies, en compagniedes Ck. Baltka, crinita etaspera,en§,ro\\pes epais, elev^s, sans passage aux autres especes. On le reconnait de suite a sa haute stature et sa coloration, deja a I'etat frais , d'un vert blanchatre presque blanc. Sa tige est beaucoup plus grele que celle du Ch. hispida, mais les stries ou cotes sont plus nombreuses , jusqu'a 25—30 et egales entr'elles. Les epines , situees dans la partie superieure des interstices, dirigees en bas, celles de la partie inferieure en haut. Cette grande et remarquable espece, qui deja fut connue de Liljeblad et distribuee quel- quefois par lui sous le nom de Ch. hispida, quoique sous ce nom il comprit evidemment dans sa floresuedoise la meme espece que Linne, cette espece n'a pas, que je sache, ete trouvee au nord de la province de Kalmare, oii elle n'est pas rare. Dans la localite danoise, elle se trouve en masses si cnormes, qu'elle enipeche les bateaux a rames d'avancer. Les echanlil- ( "3 ) Ions de cette localite se dislinguent par des verticilles tres eloignes entr'eux, des extremites monosiphonees, etc. (Herb. Hornem. n" 589). Le nom rappelle la memoire d'uii des botanistes les plus distingud's de la Suede, qui, apres Linne, a le plus repandu I'etude de la botanique parmi la jeunesse de ce pays. i9 Cli- aclcularls : cxalbido-virens, eloiigata, filiformis, tenuissima, gra- cilis, teiiuiter striata j caule iiilerius subiuulo, supcrne strigoso, strigis capillo tenuioribus, acicularibus, solitarils stellatisve, caiilis clianietro multoties longioribus; verticillis 8 — 10-radiatis, distantibus, pateiUissi- mis, interstinclis ramulis fructiforis pluribus (I — 8); involucri (p. 3f6) spinalis biserialibus, tenuissimis, diametro caulis brevioribus ; ramcnlis angustissiniis, elongatis, internodiis, prteler basale brevius, longissimis, infiniisS — icortlcatis, fertiiibus, summismonosiphonicis ; bracteis ver- ticillatis, 5 — 6, incequalibus, strigis tenuitate a;qualibus, valde elongatis, nuciila 3 — 6-ies longioribus; antberidiis nucula oblongo-ovata, \'6 — 1(3- striata angustioribus ; coroniila abbreviata, dentibus pateniibus. Mo- nolca. Sous le n" 65, dans I'herbier Horneman, sans localite. D'un blanc verdatre, sans incrustation ; probablement marin. Una des plus belles especes du genre , par la finesse et I'elegance de toutes ses parties ; c'est de la precedente qu'elle se rapproche le plus. 50 Cli. A§;ardlilana : graminicolor, in sicco baud collapsa ; caute ramoso striate striis rcctis, tenuibus ; aculeis caulinis partim setaceis, dianie- trum caulis subfequantibus, partim multo brevioribus, latioribusque ; verticillis approximatis, densis, 10 — 13-radiatis ; involucri spinulis densis, biserialibus, caulis diametrum subsequantibus ; ramentis ad ge- nicula constrictis, usque ad apicem bracteiferis ; internodio basali bre- viore ; I — 2 inflmis corticatis, ceteris monosiplionicis, dilatatis, ternii- nali apice passim bracteifero-corniculato ; bracteis verlicillalis, ina'qua- libus, nucula partim longioribus ; antberidiis diametro ramentis angus- tioribus; nucula multo majori, diametro internodii monosiphonici la- tiore, ovata ; coronula constricia, apice extcnsa. Monoica. France ! Herb. Ag. II se distingue des especes des groupes hispidce et fcetidoe par des epi- nes plus larges, des verticilles a 10 — 13 rayons, avec des etranglements aux articulations des rameaux, des phalanges terininalescorniculees, etc. Conime 11 est difRcile de le rapporter a une autre espece, je I'ai expose comme espece propre. Je I'appelle avec reconnaissance du nom de deux botanistes celebres, MM. Agardli, pi-re ef fils. (p. 317) ( n) • 51 Cli. aculeolata : gracilis., herbaceo-viridis ; caule ciongato, slrigis densls elongatis vestlto ; ramends piimariis flexilibus, virgatis, vix pennam coiumbinain crassitie ajquaiuibus ; ranienlis vcrticillorum reniotorum abbreviatis conniventibus ; bracteis verticillatis, interiori- bus nucula ovata pariim longioribus , aversis brevioribus. Monoica. Kutz. Phyc. general, p. 320. Spec. Alg. Allemagne, Thuringe. f f Dioicce. 62 Cli. tomcntosa : valida, rigidiuscula, in receiUi statu tola vel saltim superne aurantia, exsiccata intense et amoene viridis, flexilior; caule contorto, profunde sulcato-striato, tubulis (jugis) ineequalibus, discretis, majoribus elevatis, convexis, vesiculis late ovatis, vol subrotundis, diametro caulis brevioribus, raris obsito; involucri vesiculis biseriali- bus, numerosissimls, late ovatis vel subrotundis, apice rotundatis acutisve, brevissimis, diametro caulis brevioribus ; cxsiccatis excavatis, verticillis inferioribus distantibus, 7-radiatis, intercalatis ramulis ver- ticilliferis ; ramentis 4 — 5-arliculatis ; internodio basali ceteris vix longiore ; infimis corticatis, terminali monosiphonico, nudo, abbreviate, rarius elongato, apice rotundato, vel mucrone obtuso munito; bracteis verticillatis, late ovatis, vesiculosis, acuniinatis, interioribus 4 — 5, nu- cula fere duplo longioribus, aversis constanter binis, minoribus ; an- theridiis maximis diametro caulis parum angustioribus, stellulis radian- tibus insignitis, vix in laniinas dehiscentibus, bracteis pauUulum bre- vioribus ; nucula minori, elliptica, immatura alba, demum aurantia, ob- solete striata. Dioica. Ch. tomentosa Linn. Fl. Suec. et Spec, plant. — Li/jcbl. Sv. Fl. 1 — Wallm. in Lilj. Fl. 3 ed. — Wahlenb.\ Fries! Bntzel.l AgardhI Harlm. ! et Suecorum omnium. Exs. Fries herb. norm. 1 V. 100. Les anses de la mer Baltique, du centre de la province Kalmare, oii il est tres abondant, jusqu'a Roslag, par ex. .^ngska^r! Skyldberg, pres Oesthammar ! Gestricie, Gefle ! — Aux cotes de la Finlande , Abo , Hap- sal. — Russie, pros la Livonie , Curlande. (p. 318) Un des plus grands du genre , baut de G6 c.'"^ et au-dela. A I'elat frais d'un jaune orange, tres rarement vert (C/j. tomentosa A. Lilj.). Desse- cbe, il prend une belle couleur verte et perd en grande partie sa fragilite. Tige plus ou moins profondement sillonnee et tordue. Tubes periplieri- ques environ 25, mais d'un nombre variable. Antheridies tres grandes, et, d'apres une observation que je n'ai pas eu occasion de controler ( 75) (Bruzel. Char.), mais que j'ai faite moi-m^me sur le Nitella atrovirens, ne s'ouvrant point a la dehiscence en lamelles , comme dans le Ch. cera- lophylla et la plupart des especes. Le synonyme de Linne est indubitable ; la localite pres les cotes du Roslag et la couleur rougeatre de la plante, a I'etat frais, sont des crite- rium sufllsants a cet cgard. L'addition, relativement a la couleur cendree de la plante dessechee, demontre cependant que Linne a eu egalementen vue des echantillons de I'espece suivante, carl'espece marine (le Ch. to- mentosa) ne prend jamais d'incrustation, ni apres la dessiccation d'autre couleur que la verte. Cette confusion est peut-etre la cause du nom donne par Linne. Des formes l^gerement incrust^es des Ch. hispida et cerato- phylla, par ex. des echantillons du premier d'Edskoe dans ma collection, offrent quelque ressemblance avec certaines phanerogames tomenteuses, ressemblance qui aurait pu engager Linne a donner a notre Cham la de- nomination tomentosa. 53 Vb. ceratopliylla : valida, rlgidissima, atrovirens, exsiccata cine- rascens; caule aculeate, contorto-sulcato ; ranientis patentissimis vel divaricatis; bracteis Sovatis, verticillatis, antheridia nuculamque sub- Eequantibus; antheridiis in iaminas 3 — 4 deliiscentibiis, fllamentis (fi- brls) spiralibus arliculatis; nucula 13 — 15-striata. Dioica. (p. 5f9} Ch. ceratopliylla Wallv. Ann. butan. — Al. Draun,Mono%\: — BnueL Ch. — Ag. System. Alg. — Ganterer 1. c. — Kiitz. 1. c. Ch. tomentosa |3. Wahlonb. Fl. Suoc. — Fries Fl. Scan. n. 778. — Ch. tomentosa /S. ceratophylla Wahlenb. et Sieve, Synops. Flor. Gothl. Fig. Wallr. 1. c. Tab. V. Ganterer 1. c. Fig. X. Allemagne ! — Danemarck. — Suisse, — Suede, Scanie, (Elande! Gottlande ! Westrogothie, dans le lac Hornborgasjoe ! Incruste , ressemblant en grandeur et dans presque toutes ,ses parties les plus essentielles au precedent , mais d'une couleur constamment dif- ferente. p. latlfolla : caule minus profunde sulcato, aculeis involucri murici- bus bracteisque angustioribus, subcylindricis; bracteis minutissimis vel oninino obsoletis. Ch. latifolia IP/ZW. Berl. Mag. III. 129. — Sc/i/pcAYcyif/a/, Flor. Berolinens. — Ch. ceralophylla /3. macroplila AL Braun , Monog.. — Ch. tomen- tosa Kiitz. 1. c. — Ch. ceratophylla /3. latifolia Rabenhorst, Kryp- togamen-Flor. n. 501 f^. Allemagne , Berlin ! Fortemcnl incruste ( "0 ) * 54 Cli. eqnisetlna : maxima, crassissima, valJe (orta et sulcata, in- feme subliliter papillata, molliuscula, superne subtiliter et breviter aculeolata; verticillis 12-radiatis; rumentis 6-articula(is, usque ad api- cem bracteifcris, intcrnodio terminal! brevissimo, apiculo imposito. Dioica, Ch. equiselina h'iit:. Flor. 1. c. — Species Algarum. Allemagne, Thuringe, pres Scheusingen. M. Braun le regarde comme une forme du Ch. hispida, ce qu'il semble difficile d'admettre, si Tindication de la dioecie de cette plante est exacte. 55 Cli.crlnlta : gregaria, erecta , exsiccata reticulalim plicata, jugis se- qualibus; caulesubsimplici, elongate, densissime strigoso, strigis fasci- culatis, divaricatis, patentissimis, tenuissimis, caulis diametro duplo longioribus; verticillis distantibus, interstitiis caulinis multoties brevio- ribus, summis [p. 320) pro more approximatis, demum confluentibus, 8 — 10-radiatis, intercalari ramulo, solitario, elongato, adpresso; involu- cri spinis biserialibus, numerosis, acicularibus, diametro caulis longiori- bus; ranientis erecto-patentibus, subinde recurvatis, abbreviatis, 6 — 7- articulatls, \i\erumque usque ad apiceni co7'licalis, hraiCieUeTls; internodio basali reliqua subaequante; bracteis verticillatis, circiter 8, angustis- simis, 6 sequalibus nuciila duplo longioribus, 2 minoribus ad basin nuculse; nuculis demum oblongo-cylindricis , atris, 13-striatis; coro- nula truncata. Unisexualis. Ch. crinita WaUroth Ann. botan. — U'allm. in Lilj. Fl. ed. 3! — Fries I^OY. — Bruzel. Ch.l — Ag. System. k\g.l — Fries S. V. Sc.—Hartm. Sk. Flor. ed. 5. Hippuris muscosa sub aqua repens, Plukenet, Phyt. T. 193. f. 6. Ch. hispida LUjebl. Herb. ! Ch. hispida var. y. crinita Wuhlenb. Fl. Suec. Ch. crifiita «. leptosperma Al. Braun, Monogr. 1. c. Fig. Wallr. 1. c. Tab. Ill (optima). Europe, France. — Angleterre. — Allemagne, pres Hale. — Dane- inarck. — Suede , commune dans les anses de la mer Baltique aux cotes de la Scanie , Blekingue! Dans les provinces de Kalmare et d'Ostrogothie! ordinairement par colonies et accompagne des Ch. Liljebladii, aspera et Baltica. II est mou, grele, haut de 66 c. a 1 m. et au-dela, avec des rameaux caulinaires serres contre la tige. La couleur d'un vert fonce , plus mat apres la dessiccation et tirant un peu sur le gris. ( ■" ) CJIi. condeiisata : piimila, obesa, obscure viridis; vorticillis confertis, dcnsis, subgiomeratis; ranientis plerumque usque ad apirem corticatis; hrOiCleis \en\cM3iiis7iuculapaiilolongioribtis, interioribus 2 minoribus* nuctila subglobosa. Unisexualis. Ch. crinita p. pacliyspernia At. Drann, Monogr. 1. c. — Ganlcrer 1. c. — Ch. hispida y. crinita Wahlenb. et Sceve Fior. Gotlil. — Cb. canescens Loisel. Cii. borridula Dethard! — Ch. liispida microphyila Schu/ii.! Fi. Sell. — Ch. crinita Rupr. 1. c. Fig. Canter., 1. c. Fig. VIII. Exs. Fries Herb. norm. VI H. 100. (p. S21) France. — Italie. — Hongrie. — Allemagne. — Danemarck. — Norw6ge! — Les provinces baltiques de la Russie. — Suede , pres les cotes de Gott- lande ! — Asie, Mongolie chinoise. C'est la sous-espece la plus commune en dehors de la Suede. Se distingue de la forme typique par sa couleur d'un vert plus fence, non changeante par la dessiccation, une stature raccourcie, haute de 6 a 10 c. environ, des verticilles rapproches et des nucules gros , spheriques. Cette sous-espece presente deux varietes notables : p. snbflexllls : pusilia, subncxilis, exsiccata niembranacea, dia- phana, olivaceo-virens; caule inferne subnudo, superne strigoso, stri- gis diametro caulis parum longioribus; verticillis sub6-radiatis; invo- lucro densissimo, spinulis diametrum caulis subcequantibus ; ranientis verticillorum inferiorum internodiisque superloribus reliquorum mono- siphonicis, cbractcatis, dilatatis; bracteis verticillalis, circiter 6 — 8, nucula late ovata parum longioribus , interioribus 2 minutis. Unisexualis. Cli. flcxilis y. papulosa Wahlenb. et S(eve Fl. Gothl. ! — Ch. papulosa Fries Mantiss. — Harim. Sk. Fl. cd. 3. — Fr. S. V. Sc. Ch. crinita muricata miiii , Botan. Notis. 4 840 n" 1. — Ch. niuricata Harlm. Sk. Fl. cd. <6. Dans la mer Baltique, pres la cote deGottlande! Noro'ux. Scanie, pres Lomma! C.-F. Lindeberg. — Norwcge , devant les lies Hvaloe! Schiibeler. Grele, haut d'environ 3 pouces, d'un vert olivalrc. II se distingue par sa tige moins epineuse, flexible apresla dessiccation, par des entrenccuds nombreux , diaphanes , monosiphones, des poinles involucrales, epines caulinaires et bractees courtes , el des nucules gros, presque spheriques. 11 parait constituer un passage a I'espexe suivantc. (p. 3'22 ) ( 78 ) •/. eryllipello : lenui^sima, gracilis, liliforiiiis , verticillis abbre- viatis, subnodosis. — .1/. liraiin incd. Arable, El-Tor! Schimper. 56 * Cli. pusllla : piisill;) , contracta; caulc setaceo, hinc birto ct papillose, illinc aculeis longioribus strigoso; nuculis ventricosis, ellipticis ; brac- teis verticillalis, nucula brcvioribus. Dioica. Ch. pusilla Floerke. — Kiitz. Sp. Alg. Meklenbourg, dans des lacs d'eau salee, pres de la mer. * 57 Cli. Karellnlt : pellucida, exsiccata membranacea; caulo infernc subnudo; verticillis abbreviatis; bracleis secundis , nucula paullo lon- gioribus; fructibus solitariis aggregatisve ; nucula atra, nitida, ellip- tica , indusio extimo laxo , spiraliter lineato , pallide virescente ; coronula sexdentata. Dioica. Ch. Karelinii Lessing , Linn. IX p. 213. Russie , pres rembouchure de I'Ural , pres Guriew, Rujw. I.e. Lessing ne dit rien des antheridies , mais Ruprecbt indique , sur la foi d'echantillonsoriginaux, que la planteest dioi'que, ayant lesdeux formes d'organes sexuels. Le Ch. crinita, d'apres des recherches tres nombreu- ses faites sur des echantillons de localites diverses et sur chacune de ses modifications , n'ayant point offert d'antheridies , la plante determinee par Lessing, et presentant d'ailleurs d'autres differences, semble meriter ici une place corame espece autonome. 58 Cli. aspera: gregaria, erecta, « exalbido-virens »; caule stricto, lenui, simpliciuscuio, subtilissime striate, strigoso, aculeis subsolitariis, « con- fertis, capillaribus » , mucronulatis, patenlibus vel « deflexis » ; invo- lucri spinis biserialibus, acicularibus; ramentis strictis, acuminatis, attenuatis, usque ad apicem corticatis, bracteiferis, 7 — 8-articulatis , apice monosiphonico, tenui; internodiis elongatis, basali ceteris sub- sequali; geniculis inferioribus fertilibus; bracteis subverticillatis, 6 — 8, interioribus nucula duplo longioribus, aversis minoribus, omnibus ad genicula stfirilia sensim paucioribus minoribusque, demum 2 oppositis, acicularibus, (p. o^S') mucronulatis; antheridiis nuculisquc solitariis; nucula subglobosa, Uiteola , 40 — 1 1 -striata ; coronula protracia. Dioica. Ch. aspera Willd. Berl. Magaz. Ill 298. — Tf'«//r. Ann. boUn. — Bnizcl. Ch. ! — Ag. System. ! — Reichenb. Fl. excurs. — Al. Braun , Monogr. 1. c. — Ganlerer 1. c. — Fries. — Ilarlm. Sk. Fl. ed. 5. Ch. Iiispida Linn. Fl. Suec. — Lilj. Sv. Fi. qii. p. — WaUm. in Lilj. Fl. cd. 3. — Wahlcnb. Fl. Suec. — R^ipr. I. c. Ch. intertcxta Dpsv. — Loisel. Not. p. 138. \~..,- . ^ --- ( '•■> ) Gh. corallina Wallm. in Lilj. Fl. 3 eil. ! — Cli. Agardliiana .1/. Braunl in A(j. herb. (Cfr. Botan. Notis. 1840 n" I ). Ch. gnlioidesl et I'aliax! Ay. System. Introduct. Cli. oapillacoa! IJarlm. — Gh. slrigosa AliPrmn)) , m^cr. — Cli. frinlla dcfonsa Harlw. — Cii. firma A(j. pr. p. Fig. Wallr. 1. c. Tab. VI fig. 3. — Fl. Dan. t. 1940. Coss. et Germ. Atl. Tab. XXXVIH. D. Exsicc. Fries herb. norm. III. 100. (La forme marine normalc). Asie, Iiules-Orientales! I'emhouchure de I'llral, Rnpr., selon des echantillons steriles. — Amerique , Terre-Neuve , La Pyluie. — Europe , France. — Angleterre ! — Italie. — Allemagne ! — Daneinarck ! — Nor- wege! — Suede, commun dans la Baltique et ses anses , depuis la Sca- nie ! jusqu'a Angermanlande ! et Uniea, BijrikI plus rare dans I'eau douce dans I'interieur du pays, par ex. le lac de Gottlande, Iloegbro a Roma! (la forme normale), Hoegberg ; Scanie, pres Troelleborg, Bruz., Ifvesjoe ! Ostrogothie , Motala , dans les marais Hammarkoerr! Hj. Holm- gren. f. strigosa : slrigis eiongatis, caulis diametro longioribus. * forma niarltlma : humihor, 2 — 3-pollicaris, grcgaria, slricta, exaibida sen pallide-virens, lutcola, dense strigosa , strigis caulis diametro muKo longioribus. Ch. hispida L. Fl. Suec. Commune dans la Baltique. " forma sf agnails : gracilior, elongata , ramosa. Plus rare dans la mer que la forme prec^dente; plus commun dans I'eau douce. Le plus souvent d'un vert vif, diffus, quelqucfois incrusle, grisatre. Les epines caulinaires (p. 324) longues et frequemment entre- melees d'autres plus courtes. A cette espece appartiennent les Ch. capilla- cea Hartm., et Ch. gnlioides Ag. y. aculeolata : aculeolis constanfer brevissimis, cnulis diametro niuKo brovioribus. Dans la Baltique, pres Gottlande! la province de Kalmarc! Blekinguc! Scanie ! Epines excessivement couutes , souvent ayant I'aspect de points saillants d'un vert fonce. Plus rare que la forme procodentc. (lei appartiennent les Ch. hispida Wahlenb. et Sa^ve, Fl. Golhl.l et Ch. fallax Ag.) ( '^l' ) Le Ch. aspera ressemble a des formes de la serie suivanlc, mais il en differe de suite par la distribution des nucules et des antheridies sur des pieds sopares, une stature plus courte, des tiges et des rameaux plus rigides. Aux articulations basales de la plante se forment de petits globu- les blancs agglonieres, remplis de grains de fecule. Plustard, a I'au- tomne, les tubes peripheriques se detachent quelquefois sur les articles inferieurs qui , par suite de cette decortication , deviennent monosipho- nes, tout en conservant leur rigidity. De tels fragments basilaires, re- cueillis sur la cote, pros Umea , determines par moi d'apres quelques echantillons mutiles, (Cf. Botan. Notts., 1840, n" \) apparliennent au Ch. corallina Liljebl. Sv. Flora, 3*= ed. Dans I'etude du Ch. hispida primitif de Linne, espSce de lui incom- pletement connue et trop sommairement mentionnee, il importe nioins de savoir, laquelle des diverses especes comprises sous ce nom collectif se trouve par hasard conservee dans son herbier, que de recbercher dans les ecrits du grand naturaliste si une de ces especes n'a pas fix6 particu- lierement son attention , ou si elle n'a pas et^ indiquee comme son Chara hispida. En comparant la courte description du Fl. Suec, ainsi que la localite et les synonymes indiques, il saute immediatement aux yeux, que le Chara hispida {p. 325) de Linne comprend trois especes diverses. Le Chara major, caulibus spivosis de Vaillant estevidemment le Ch. hispida de Smitb et des botanistes plus recents , et le synonyme de Plukenet « Hip- puris muscosa sub aqua repens)), serapporte aussi incontestablement au Ch. crinita Wallr. Mais que la diagnose de Linne , sa description et la localite citee indiquent une troisieme espece, cela ressort deja de la cir- constance que les termes employes par Linne ne conviennent ni au Ch. hispida ni au Ch. crinita. Le Flora Suecica a ici d'autant plus d'autorite , que ni la diagnose ni la courte description ne sont empruntees a des au- teurs etrangers , mais tout prouve au contraire que la plante a etc I'objet de Tattention particuliere de I'auteur. Dans la premiere edition du Flora Suecica, cette diagnose dit :« aculeis caulinis capillaribus », la localite est : « in mari et maritimis Roslagice », et a la fin on lit : « Hwc recens exalbida seupallideviridis est, spiuis seu aculeis saipius deflexis y> ! Deja par la de- termination locale : « in mari et maritimis lioslogiw »! compareea la loca- lite du Ch. flexilis « in maritimis Roslagiai », il est clair, que le Ch. hispida de Linne n'etait pas une plante accidentellenienl trouvee pres de la cote , mais bien une espece qu'il avail attentivement examinee; cette opinion est pleinement confirmee par le terme « sapius deflexis » et encore davan- ( 81 ) lage par raddition, dans la deuxieme edition (aculeis cauUnis capillaribus) « confertis ». LeCh. hispida de Smith est une plante lacustre qui n'a jamais 6te treuvee dans la Baltique ou dans ses anses , et jamais , que je saclie , dans le Roslag. C'est une espece asscz rare en Suede, et en dehors de la Scanie, ffilande, Gottlande et Ostrogothie, oii elle appartient a la forma- tion calcaire, se plaisant dans les petits lacs des marais, les tourbieres, les fosses aquatiques, etc.; (p. 326) eWe ne se rencontre, que Ton sache, dans aucune autre province suedoise, excepte dans une localite pres Stockholm , et d'une autre en Gestricie , sur I'ile Edskoj parsemee de blocs calcaires, dans un marais rempli de plantes aquatiques. Lc Ch. Liljebla- dii, qui a I'etat vivant est d'un vert blanchatre, ne depasse pas au nord I'archipel de la province de Kalmare, et les Ch. crinila et Baliica, qui d'ailleurs a I'etat frais sont d'un beau vert fence , ne s'avancent pas au nord au-dela du Bravik. Le Ch. aspera, au contraire, est la plus commune de nos especes marines, se trouvant en grande quantite dans la mer Bal- tique et ses anses (in mari et maritimis), depuis la Scanie jusqu'a An- germanlande et Westrobottnie. Toute la diagnose et la description de Linne conviennent aussi a cette espece. La forme maritime ordinaire du Ch. aspera presente en effet une tige abondamment munie d'epines sotacees, tantot horizontales, tantot et non moins souvent, dcflechies (aculeis deflexis). A I'etat h-nh (recens) cette forme est d'un vert blanchatre , presque blanche, qui la fait remar- quer de suite parmi ses congeneres ou voisines au fond de la mer. Apres cette critique de la definition linneenne , est-il possible d'ad- mettre que le Chara hispida du Flora Saecica puisse se rapporter a une espece qui ne vient pas dans la mer? De la circonstance que, selon le temoignage de M. C. Hartman, un echantillon du Ch. hispida Sm. se Irouve dans I'herbier de Linne sous le nom de Ch. hispida, on ne peut tirer d' autre conclusion, sinon que cet echantillon est tombc par basard sous les yeux de Linne, et qu'il ne savait le rapporter a aucune autre de ses quatre especes qu'au Ch. hispida, auquel il appartenait d'apres le synomjme (p. 327) de Vuillant. II est hon de remarquer particuliere- ment que le Chara aspera est regarde parSwartz, Liljeblad, Wahlen- berg, ainsi que par d'autres botanistes suedois, plus anciens, pour le Chara hispida de Liuue. Dans ces circonstances , le mieux serait certai- nement de restituer avec M. Ruprecht le nom de Linne a I'espece primi- tive comprise sous son Ch. hispida, et d'acceptcr la denomination tres convenable de Vaillant « sjduosa » , pour le Ch. hispida dos autours plus Tome XXI. (i ( 82 ) iV'cents ; niais comme lous les auleurs niodernes out geiieralemcnl adinis le nom de Sniilli , un changement a cet egard ne ferait qu'ajouter de la confusion et de I'embarras dans la noinenclalure. 50 CIi. macrospbn^ra : valida; caule inferne subnudo, superne stri- goso, strigis sparsis , raris, tenuissimis^ diametro caulis longioribus; verticillis 8-10-radiatis; ramcntis muUi-('IO)-articulatis, aplce mono- siphonico, simpliciter mucronato; bracteis verticillatis, angustissimis, nucula multo longioribus, sursum abbreviatls, sensim minoribus; an- theridiis maximis, nucula niinuta muUo majoribus. Diolca. Cli. aspera /3. macrospha3ra Al. Draun, Monogr. 1. c. — Cli. niacrospliiiera .1/. Draun ined. — Cli. galioides Salzm. , De Candolle. France nieridionale, Montpellier ! Schimper. — Italic, Rahenhorst. Plus grand que le Ch. aspera et ayant les plus grosses anthoridies de tons les Chara connus, mais les nucules fort petits. b. liwrmes. Omnlno inermes, rarissime incrustaUc, tcnucs. Ramenta plorumquo usque ad apicem corticata. f Dioicce. 60 Cli. connlveiis : diffusa, gracilis; ramentis subcbracteatis; bracteis obsoletis ; nucula acute coronata. Dioica. Cli. connivens Salzmann. Al. Draun, Monogr. 1. c. Afrique, Tanger. Ressemblant par la grandeur et I'aspect au Ch. macrosphffra , mais depourvu d'epines. D'une belle couleur verte, sans incrustation. (/;. 5^5) • 61 Cli. Slacliymorplia : caule subsimpiici, nudo, inermi; verticillis sterilibus distantibus; ramentis elongatis, usque ad internodium ter- minale conicum corticatis, inlerjectis raniulis curtis, verticillos ferti- les, confertos, in spicula coalitos apice gerentibus, sajpe nutantibus ; ramentis ramulorum fertilium usque ad internodium terminale paulo elongatum et acuminatum corticatis; nucula oviformi; coronula co- uica. Dioica. Ch. stachymorplia Ganler. 1. c. p. 19 not. 2. Afrique , Port-Natal , Giieinzim. 02 Cli. anniilata : intense viridis, Inimilis, grcgaria; caule subsimpiici, subtiliter striato, inermi; verticillis distantibus, interslitiis caulis plus duplo brevioribus, 5 — 7-radiatis, inflexo-conniventibus; involucroob- soleto; ramonlis s;opo inernssniis, caulcni crassilio mquantibus , apice ( H3 ) obtusissimis , passim inucrone aciculuri unnalis; iiiicrnutliis iiuiueio- sissimis (IS — 20), brevissimis , diametro ramenti vix longioribus, oin- iiino corticatis, subventricosis; geniculis paullulumconslrictis, alrovi- rentibus , ebracteatis. Dioica ? Cli. diffusa a. annulaia Lilj. Fl. 3 ed., in addcndis, ex. p. AUemagne, Meinungen ! — Russie, Saint-Petersbourg ! — Suede, les anses iuterieures de la Baltique , par example , la province dc Kalinare , Kersvik! Gottlaude, Storugns! Raniscc, dans I'archipel de Carlscrone ! La forme marine est un peu plus grele, plus transparenle. Sa tige est marquee vers le haut de petites ponctuations d'un vert fonce ; rameaux ver- ticilles courts; epinesinvolucralesplusdistinctes , uniseriees, deflechies, squamuliformes; bractees interieures de differentes grandeurs, les exte- rieures non distinctes. Intermediaire entre les Ch. fragilis et aspera. Cette forme a besoin d'un examen plus approfondi. 63 Cl». polyspermia : caule glabro, leviter striate, vix torto, debili ; ver- ticillis 8-radiatis; ramentis ecorlicatisi gracilibus, internodiis abbre- viatis, omnibus usque ad internodium terminate fructifcris; bracteis 4, subajqualibus , nucula longioribus. Dioica? (p. 229) Cli. polysperma Killz. Pliyc. germ. pag. 238; Spec. Algarum (non Braunii ). AUemagne , Tburinge. II est considere par Rabenhorst 1. c. comme une forme du Ck. fra- gilis, et par Al. Braun, comme appartenant au Ch. foilida {Char. miss. I.e.). •|"I- Monoiav. Ser. Fra/jilt's. . Herbaceo-virides vel olivacese, rarius glaucee, canescentes aut nigricantes, rarissime incrustata;. Exsiccatse fragiles, aut non collapsse, aul complanata;. Caulls omnino inermis, tenuis, subtiliter striatus , striis rectls. Tubuli peri- pherlcl ramentis Irlplo numerosiores ( « triplostichce » ) ; primarii solitarii ra- mentis oppositi, interjacentibus binis secundariis. Ramcnta aUenuata, clon- gata , muUiarticulata , plcrumque usque ad apicem corticata , internodio ter- minali ecorticato, bracteisque tenuibus acuminatis. Genicula ssepius nodosa , obscurius colorata. Nucula clongata. Les espcces de cette serie se rencontrent tros souvcnt steriles, sans bractees et sans organes de la fructification. EUes se distingiicnt dcs for- mes du Ch. aspera, auxquelles clle ressend)lent, par dos anllu'-ridies et (les nucules places sur le nienie pied, ties rameaux verlicillcs plus mous, plus flexibles, des bractees exterieures peu dislinctes et des nucules plus allonges. La serie est naturelle et n'a d'afllnitc qu'avec les Chara aspera. 64 Cli. fragtils : tenuis, diffusa, subtiliter striata, striis subrcctis, om- nino inermis; verticillis approximatis, fructiferis coarctato-erectis , 7 — 8-radiatis; involucri spinulis biscrialibus, adpressis, minutissimis, seepe obsolclis ; ramentis atlcnuatis, multiarticulatis, usque ad interno- dium terminalc plerumque corticatis, fructiferis ; apice monosiphonico , abbreviate, simpliciter mucronato, reliquis internodiis angustiori; bracteis angustissimis, cuspidatis, ad genicula supedora sensiin mino- ribus, tandem obsoletis, inferioribus 4 — S, summis 1 — 2; nucula ( ni- gricante) 13 — IS-striata. Monoica. Ch. vulgaris auctorum ct Linn. ex. p. Fig. Engl. Botan. 2762. (p o20] Asie, Amerique, Europe; commun dans I'eau douce, dans les fosses, les lacs et les ruisseaux , Jamais dans la mer. Cette espece presente une foule de modifications diverses, qu'on peut rapporter aux deux sous-especes suivantes : Cta. fragllls : validior, graminicolor aut olivacco-viridis, rarius glauces- cens, rarissime incrustata ; internodiis ramentorum diametro pluries longioribus; bracteis interioribus 4, insequaiibus, 2 nucula brevioribus vel eamdem subsequantibus, 1 — 2 paulo longioribus. Ch. fragilis Desv. — Rupr. I. c. — Rabenh. 1. c. — Ah Bmun Schweiz. Char. — hut:. Sp. Alg. — Reichenb. Fl. excurs. — Ilarim. Sk. Fl. ed. 5. — Ch. hirta Meyen. jS. Hedwigll : major, glaucescens, graminicolor vul glaucescens ; bracteis nuculam subsequantibus, una stepius longiore. Ch. Iledwigii Ag. ! Bruzel I Ch. fragilis c. Iledwigii Rabenh. I. c. Ch. vulgaris Fries S. V. Sc. — Herb. norm. Fig. Iledw. Theor. f. 3 4. 35. Exs. Fries Herb. norm. Cent. VI, n. 100! y. pnlcliella : prasina vel olivacea , rarius incrustata , canescens ; verticillis patenti-coarctatis ; ramentis multiarticulatis; bracteis nucula brevioribus. Ch. pulchella Wallroth. Ann. bolan. Fig. Wallr. 1. c. Tab. Ill Exs. Fries Herb. norm. XII. 99. Chara vulgaris var. T.c Ch . fragilis est commun et se trouve frequemment, corame le suivant, dans les regions a terrain j)rimitir. II . Klagenfurt, y. nigricans : rigidiuscula , exsiccata nigricans. Ostrogothie , en plusieurs endroits ! Smolande. * 65 VU. merldlonalls : cauletenui; internodiis summisecorticatis; co- ronula nuculae basi contracta, callo lerminali insidente; bracteis nucula longioribus. Monoica. Ch. fragilis p. meridionalis Al. Braun, Monogr. 1. c. Ch. meridionalis KiitzuKj Spec. Alg. Palestine, Bethleem, Bove. ' 66 Ch. falcrata : caule subcontorto, subtiliter striato, elongalo, gra- cili; vcrticillis 7-radiatis; invoiucri spinulis uniserialibus ; ramentis elongatis, 7 — 9-articulatis, usque ad internodium terminale corticatis; bracteis binis nucula triple brevioribus; nuculis ovato-oblongis , sub 10-striatis; coronula erecta, obtusata. Monoica. Ch. fulcrata Ganler. 1. c. Tab. 11 fig. XVI. Aulriche, Vienne. Un pen flexible, d'un beau vert d'lierbe. (80 ) TABLE ALPII.\BETIlll[ DES \()1IS. Les iionis Jiiociliiiucs iiilupies pHJ' Tauleiir sont inipriir.cs en laraitiTCs italiqucs. CnARA, 8, 30, 40, 50. Charace.e, 8. Chara acicularis'SXaWm., 43, 73. aculeolata Ktzg., 43, 74. nfricana Al. Br., 17. Aganlhiana Al. Br., 79. Agardhiana Wallm., 43, 73. alopecuroidesDaX., 40, 46. alopecuroides var. Montagnei Al. Br., 46. — var. Pouzolzii .1/. Br., 46. — var. WallroUiii Al. Br., 46. annulala Wallm., 44, 82. as/3era Wilkl., 43, 78. — /3. slrirjosa Wallm., 43, 79. — y. aculeolata Wallm., 44, 79. aspera p. macrosphsera AL Dr., 82. auslralis R. Br., 40, 47. ballica¥ vies, 43, 71, 81. — p. fiu7nilis WaWm., 43,71. — y. fasliffialaW'Mm., 43,71. barbata Fries, 46. barbala Mcyen , 40 , 43. batrachosperma lichb., 24. Baucri AL Br., 51. Rorreri Babingl., 37. bracltijpux Al. Br., 42, 58. CiiARK brorhypus ^. mibicaKlig. 43,58. Bratinil Gmel., 41 , 49. — p./b/«o/osaSch\vein., 41, 50. — y. PcrroUetiiAl. B., 41, 50. canescens Lois., 77. capillacea Ilartm., 79. capitlacea Tliuill.? 44, 85. — ^. barbala Gduier., 44, 85. — y. 7iigr leans Wallm., 44, 85. capillata Michx., 57. capitata Fries , 17. capitata Nees , 32. caule fragili spinoso Hall., 67. cauliumarticulisinermibusL., 37. ceralophylla Wallr., 43, 75. — /3. laUfolia Wilkl., 43, 75. ceralophylla |3. macroptila Al. Br., 73. ceylonica Klein., 41, 56. Chorda Lois., 27. cnarctata Wallm., 42, 61. collabens Ag., 65. Conimersond Al. Br., 41. 57. compressa Kth., 41, 58. commulata Rupr., 28. condensata Rupr., 21. CO /(f/c/(.s-«/rt- Wallm.. 43, 77. ( 8" ) Ciiaha co/tdrnsali'i p. suhfloTUia Wallin., 43, 77. — y. erylhreUa AI.Br., 43, 78. coiilervoides T/iuilL, 27. congesta R. Br., 15. cotmivens Sdh.m., 44, 82. contraria Al. Br., 42, 64. — p. hispidula Al. Br., 42, 04. — y. moniliformis k\. Br., 42, 04. corallina Litjebl., 80. corallina Wall?))., 79. corallina Willi!., 40, 47. coronata Rchb., 51. coronata Ziz, 49. crassicaulis Schleich., 05. crinita Rupr., 77. t7-mi7ffl Wallr., 43, 76, 81. crinita detonsa //«?'<»»., 79. crinita «. Icptosperma .4/. Br., 76. — p. pachysperma/1/. B/\,77. crinita muricata Walhn., 11. crispa Wallm., 43, 69. delicatiila Briizel., 85. delicatula petropolitana /?«;)/■., 85. diffusa Litjebl., 85. ditTusaff. annulata A<7ye6/., 83. distans WallDi., 72. Dru»ii)iO)idii A\. Br., 41, 52. equiselina Ktzg., 43, 76. eremosperma Rupr., 41 , 50. exigua Rnboih.. 33. exilis Aniici, 19. failax Ag., 79. I'asciculata Amid, 35. litn^osa Ag., 41, 53. firma Ag., 72, 79. llabelhita/!/. Br., 19. flaccida Rupr., 41 , 52. flaccida (3. Gaudichaudii .4/. Br., 53. nexilis'J7;M^e/.,*28. Ilcxilis Co»>)ne):s., 57. nexilis Lil/rbl., 37. Chara fiexilis Rchb., 22. flexilis Sieber , 23. flexilis var. acuminata .1/. B.. 30. (lexilis |3. marina Wahlenb., 37. flexilis p. meridionaliSv4/. fi/"., 85. flexilis var. nidilica Fries., 37. flexilis nidifica Rchb., 19. flexilis y. papulosa Wa/ilrnb., 11 flexilis virgata Al. Br., IS. fcelida Al. Br., 43, 63. foetida aucL, 65. fcetida brevibracteata .1/. Br., 65 foetida crassicaulis AL B., 65. fcelida var. densa Coss. et Germ., 02. foetitla longibracteata Al. B) ., (>5. foetida |3. moniliformis Al. Br., 05. foetida vulgaris Al. Br., 64. foliolata IIarh)i., 85. foliolosa Schivei))., 50. foliosa Willd., 41, 55. fragilis Desv., 44, 84. — p. Hedwigii, Ag., 44, 84. — y. pulchella Wallr., 44, 84. fragilis y. Ganler., 85. fragilis 5. barbata Gantcr., 8.'). fragilis c. Hedwigii Rabcnh., 84. fragilis Hedwigii Fries, 60. fragilis j3. longibracteata .4/. /i/".,8.'). fragilis 5. longibracteata Rabenti.. 85. fragilis y. tricliodes AY.r£/., 85. fragilis p. virgata Klzg., 85. • fulcrala Ganter., 45, 85. funicularis Th)iill., 65. furcata Roxb., 20, 48. galioides Ag., 79. galioides Salzm. — DC, 82. gelatinosa Al. Br.. 26. — |3. microcepliala .4/. /?. . 20. glomeraia Bisch., 32. glomerala Dm?-., 36. CiiARA glomeiala (J me/., 16. glomerulifera Rupr., 36. gracilis Fries, 17. gracilis Sm., 17. gracilis /3. brachypliylla .1/. Br., IS. guineensis Willd., 21. Olimnophylla Al. Br., 4-2, 63. Hedwigii Ag., 84. lieterophylla Al. Br., 14. hirla Meyen, 84. hispida LiljebL, 72, 76. hispida L., 78, 79, 80. hispida Sm., 43, 67, 81. — /3. gymnoteles Al. Br., 43, 68. — y.7nicracanthaM.Br., 43, 69. — S. brachypliylla Al. Br., 43, 69. — £. longispina Wallm., 43, 69. — ?. pseudocrinila Al. Br.. 43, 69. hispida IVahlenb., 79. hispida |S. et S. Wahlenb., 71. hispida baltica Ilarlm., 71. hispida f . brachyclados Ktzg., 69. hispida p. corticata Harlm. 67. hispida y. crinita Wahlenb., 76, 77. hispida microphylla Schiim., 77. Hooker a Al. Br., 41 , 52. //orMemamwi Wallm., 41, 51. horrida Wallm. ined., 71. horridula Dethard, 77. hyalina Anglor., 16. hydropylis Rchb., 41 , 55. intermedia yl/. Br. ined., 67. interrupta Rupr., 21. intcrtexta Desv., 78. intricata ^j;./ 37. intricata Ag. herb., 46. intricata Trenlep., 37. javanica k\. Br., 41, 57. Karclinii Lessing, 43, 78. Kirghisori(m Lessing, 42, 64. ( 88 ) Chara Kokeilii Al. Br., 42, 66. latifolia Willd., 76. Liljebladii Wallm., 43, 72, 81. Llotskii^l/. Br.. 15. longibracleala Ktzg., 42, 65. — ^.brcvibracleala k\.'Rv., 42, 65. — y. subhispida Al. Br., 42, 65. — 5. crassicaulis Al. Br., 42, 65. longifurca Rupr., 21. Mucropogon Al. Br., 40, 45. macrosphcera Al. Br., 44, 82. major, caulibus spinosis Vaill., 67, 81. major, subcinerea fragilis Vaill.., 65. Marliana Al. Br., 41 , 56. Martiusii Al. Br., 56. meridionalis Al. Br., 44, 85. Michauxil Al. Br., 41 , 57. — p. Meyenii Al. Br., 41 , 57. mucronata /!/. Br., 22. mucronata var. flabellata Coss. et Germ., 19. mucronata |3. heteromorpha i4/. Br., 22. muricata Hartm., 77. nidifica Borrer, 37. nidifica Bruzel., 37. nidifica Harlm., 29. nidifica Isserl, 17. nidifica S»i., 36. NoUeana Al. Br., 43, 70. «2' Tril)u. — Amphiboliens. Wolhtstonile 5 , Edelforse. ■ Amphibole 5 , Pyroxene 5. Babingtonite 0, Jeffersonite 5, Polyadelphite. Hypersthene h , Anthophyllite 5, Diallage 5, Monti- cellite 4, Batrachite A, Peridot 4. Condrodite 5, Humite 4, Danburite 6. 5e Tribu. — Talcoides. Talc , Steatite, Pyrallolite, Picrosniine 4 , Gyninite, Serpentine , Metaxyte , Spadaite , Deweylite , Picro- phyllite, Villarsite , Antigorile , Schillerspalh , Hydro- phyte , Dermatine , Monradile , Nephrite , Aphrodite , Kerolite, Maguesite, Forsterile 4. ■i'' Triliu. — CllLOKITES. Damourite, Agalmatolite , Killinite, Weissile, Scoule- rite , Gilbertite. Diphanite 3 , Gigantolile , Rhodalite. Margarite 3 , Tabergite , Saponite , Pyrophyilite , Bran- disite, Pyrosclerite, Leuchtenbergite 3, Onkosine. Chlorite 3 , Clinochlore , Vermiculite , Esmarkite , Praseolite, Bonsdorfite, Ripidolite 3, Kammererite 3, Seybertite , Xanlhophyllite , — Sordawalite. 5« Tribu. — Micas. Mica 5, Nacrite, Melinophane? 6«^ Tribu. — Silicates prismatiqies. Staurotide 4, Made A, Disthene G, Sillinianite 6, Bamlite , Talksteinmark , Xenolite. Pinite , Gieseckite. Couzer unite , Latrobite 5 , Wernirite 2 , Sarcolite 2 , Dipyre 2 , Mellilite 2 , Saccharite , Meionife 2 , Bar- so wite. Nuttalite2, Mizzonite2, Raphilile , Amphodelite, Glau- cophane, Tachylite , Wichtync. ( «' ) Idocrase 2 , Isopyrc, Gehlenite 2, Xanthile, Epidote 5. CordUrile 4, Boltonile, Saphirine. Topcize 4. Tourmaline 3, Axinite 6. 7e Tribu. — Feldspaths. Orthose 5 , Albite G , Oligoclase 6 , Andesine 6. Labradorite 6 , Bytownite, Anortliite G , Saussurite. Triphane 5 , PelaUte G , Castor 6 , Zygadite. 8e Tribu. — Grenats. Grossiilaire 1 , Grenat noir d'Arendal 1 , Almandine \ , Pijrope 1 , Spessartine 1 . Melanite \ , Erlanite , Huronite. 9e Tribu. — Cozeolites. Amphigene \ , Berzeline 1 , Sodalite i , N^pMline 3 , Glaucolite \ . Cancrinite 3 , Stroganowite 2. 10« Tribu. — Zeolites. i. Analcime , Ittnerite, Glottalite. 2. Gismondine, Faujasite, Edingtonite. 3. Herschelite, Chabasie, Gmelinite, Levyne, Phakolite. 4. Mesofype, Mesolite, Epistilbite , Thompsonite, S<«76«Ye, Beaumontite, Prehnite, Ghristianite. 5. ScoUzite, Laumonite, Heulandite, Leonhardite, Haydenite. Brevicite , Mesol , ffidelforsite. Harmotome 4 , Brewsterite 5. Apophyllite 2 , Pektolite , Retinalite. — Okenite 4, Dys- clasite , Gurolite. lie Tribu. — Silicates suLFURirfcRES. Lazulite \ , Spinellane \ , Haiiyne 1. 128 Tribu. — Silicates argileux. Worthite, Fahlunite, Pholeritc , Hydrobucholzite. Kaolin, Halloysite, Lenzinite, Erinile, Allophane , Collyrite, Bol , Dillnite. Argile smectique, Argile ordinaire, Marne, Ocre, Plinthite. ( '«>« ) 4"" Classe. - MINERAUX A BASE DE METALLOIDES ET DE WETAHX ACIDIFIABLES. 24<> Famille. — Fluorides. Cnjulile 2 , Fluelite 4. Fluorine 1 . 25« Faniillc. — Iforilites. Boronatrocalcite. Borate de chaux 1 , Hayesenite , Boracite 1 , Ilydiolio- racite. Datholite 5 , Botryolile. 2Ge Fa'mUlc. — Carfionides. D'AMANT 1 , Graphite 3. 57>' i'ain'dle. — !!>ulfuricles. SOUFRE 4 , (5). 28« Famine. — Sel^nides. I'e Tribu. Selenium sulfure. 2« Tribu. Seleniure de zinc, Riolitc, ClausthaUe i, Seleniure de plomb et de cuivre , Seleniure de plomb et de mercure 1 , Berzeline 1 ? Eukai'rite i ? Seleniure d'argent 4 , Seleniure de palladium. 3. Sulfo-seleniure de mercure 3. 29e Famine. — Telliirides. l>e Tribu. Tellure 3. Tetradymite 3, Bornine 3, Plomb tellure 1, Elas- mose 2, Argent tellure 1 ? Mallei ine 1 ? Sylvane 5? 2e Tribu. Herrerite 3. 30<^ Famine. — PBiospliorides. Apatite 3 , Herderite 4 , Wagnerite 5 , Wawellite 4 , Turquoise, Fischerite , Ambligonite 4? Klaprolliine 4, Childrenite- Dufrenite , Vivianite 5, Fer phosphate terreux, Kako- xene , Delvauxine , Beraiuiite , Karphosiderite , Dia- dnchite. ( ^H) ) Tripkyliine 5 , Triplilc 4 ? Eisenapalite , Heterosite 5 , Hureaulite 5. ApMrese A , Tagilite, Elilile, Ypoleyme 5, Trombolithe. Pyromorphite 3, Polyspherite 3, Nussierite, Plomb- gomnie. 31'' luinilie. — Arsenides. 1'" Triliu. Arsenic (3). Acide arsenieux \ {A). Realgar 5 . Orpiment 4. 2« Tribu. Berzelite , Ilaidingerite 4 , Pharmacotite 5. Zinc arseniate. Per arsenical axotonie 4 , Scorodite 4 , Arsenioside- rite , Pharmacosiderite i . Mispickel 4 , Danaite i , Eisensinter. Manganese arsenical. Cuivre arsenical , Condurite , Olivenite 4 , Aphanese 5 , Euchroite 4 , Liroconite 4 , Kupferglimmer 3 , Kup- ferschaum , Erinite 3. MimMese S, Hedyphane 3, Plomb arseniate hydrate. 32e Famine. — Aiitiiitoiiules. 1« Tribu. Antlmoine 3. Exitele 1, (4), Stibiconise 1. vStibine 4, Kermes 5, Berthierite, Zinkenite 4, Pla- gionite 5 , Jamesonite 4. Antimoine ars&nical 3. 2e Tribu. RomHne 2, Plomb antimonie. 33" Famillc. — Staiinides. Gassiterite 2 , (4). Stannine? 3i« Fumilte. — Titanides. fe Tribu. Rutile 2 , Anatase 2 , Brooidto i. Warwickite 5. 2« Tribu. Perowskite 1 , Polyniigaile 4. NiGRlNE 1 , Chrichtlionife I , IsrriMC, llnieuile 3. ( 100 ) ^phene 5, Schorlamite , (Erstedtite 2. firemite 5. 35e Famine. — IViobides. ( Omise dans le tableau). Pyrochlore 1 , iEschynite 4. Polykrase 4 , Euxenite 4. Coliimbite 4. Samarskite 4. aC' Famine. — P^lopides. (Omise dans le tableau J. Wohlerite , Eukolite. 3.1<^ FamUle. — Taiitalides. Microlite \ , Azorite 2, Yttrotnntalite , Fergusonite 2, Pyrrhite 1. Tantalite 4. 38« Famine. — Cliroinides. l" Tribu, Chrome oxyde (3). Ouwarowite i. 2e Tribu. EisenchronM 1 , Crocolse 5 , MplanochroTte , Vauque- linite 5. 39« Famine. — Tiingstides. 1« Tribu. Acide tungstique. 20 Tribu. Scheelite 2. Wolfram 5, Scheelitine 2. iO'^ Famine. — IVIolybdides. I'e Tribu. Acide molybdique. Molybdenite 3. 2e Tribu. Fer molybdate , MMinose 2. 41 <■ FaniiUe. — Vanadiiles. 1« Tribu. Acide vanadique. 28 Tribu. Wolborthite 3 , Arscox^ne , Descloizite ; Vnnadinite 3 , Dechenite. ( iOl ) 5-« Classe. - MINERAHX A BASE DE M^TADX PROPRES BASIQUES. 42<' t'lunille. — Xiitcidei^. Zinc oxyde 3. Zinc bromure , Zinc iodure. Blende 1 , Foi^^^me, Gallitzinite 4. Smithsonite 3, Zinconise. Willemite 3 , Calamine 4 , Mancinite. Zinc oxide rouge 3 , Zinc hydrate cuprifere 4. Hopeite 4. ^'.V ramille. — Cadinides. Greenockite 3. ii"- Fainille. — Ferrides. Fer 1 . AiMANT 1 , Franklinite 1 , Oligiste 3, Marlite I , Lepi- dokrokite 4 , Limonite. Pyrite \ , Sperkise 4 , Leberkise 3 , Apatelile , Pittizile , Fibroferrite , Melanterie (5) Neoplase 5, Coquim- bite 3 , Copiapite , Botryogene 5 , Voltaite \ . SiDEROSE 3, Junck^rite 4. Arfwedsonite 5 , Achmite 5 , Lihrite 4, Wehrlite , Faya- lite , Pyrosmalite 3 , Lepidom61ane 5. Chloropheite , Hisingerite , Anthosiderite , Pinguite , Nontronite, Polyhydrite, Terra deVerone, Comniing- tonite , Krokydolite , Xylithe , Cronstedtite 3, Ottrelite, Chloritoide , Masonite , Kirwanite , Gedrite , Stilpno- melane, Sideroschisolite 3, Sismondine, Chamoisite. ib' I'amUle. — Slangaiiides. Hausmannile 2 , Braunite 2 , Pyrolusite 4 , Polianite , Acerdese 4 , Peroxide de manganese hydrate , Psi- lomelane , Peroxyde aluminifere. Alabandine 1 ? Hauerine 1. Diallogite 3. Rhodonite 5, Kiesel-Mangan, Bustamile 5, Troostite 3, Fowlerite 5 , Tephroite 3 , Knebelite 3. 46« Famine. — Cobaltides. Cobaltide. Koboidine 1 , Carrolite, Rhodalose (5). ( 102 ) COBALTINE 1. Sinaltine I , Erythrine 5 , Roselite 4. 47« Famine. — ]Viek.elides. Harkise 3 , Nickel sulfure bismuthifere. Disomose 1 . NicKELijiE 3 , Nickel arsenie , Nickelocre 3. Antimonickel 1. Nickel antimonial 3. Pimelile. — Nickelsmaragd. 48« I'umUle. — Uranides. P^churane , Uraconise , Eliasite , Liebigite. Johannite 5 , Urane sulfate, Uranite 2 , Chalcolite 2. 49' famine. — Cupritlet^. Cuivre 1 . Zigueline 1 , Melaconise. Atakamite 4. Chalkosine 3 , Covelline 3 , Digenite , — Philipsite 1 , ^ Cubanl, Chalkopyrite 2, — Brochantite4, Cyanose 6. Enargite , Tennantite 1 . Panabase i . Mysorite, Malachite 5, Azurite 5, Buratite. Dioptuse 3 , Chrysocole. 50« Ffn),i//e. — Plonibitles. Plomb (1). Massicot 4 , Plattnerite 3 , Minium. Cotunnite , Kirasine 2 , Matlockite, Mendipite 4. Galene 1 , AngUsite 4 , Plomb sulfate cuprifere 5. Dufrenoysite 1 . Boulangerite , Geokronite 4, Steinmannite 1 , Kilbric- kruerite 1 , Pfaffite , Bournonite 4 , Brongniardite. Leadhillite 5, Lanarkite 5, Caledonite 4. Ceruse 4. 51 f Famine. — Bi'siniitliides. Bismuth 1, Bismuth oxyde. Bismuthme 4. Bismuth carbonate. — Bismuth silicate 1. ( ^03 ) 5-2"' lamille. — ]ffei*ctiride«$. Mercure 1 , Amalgame i. Calomel 2, Mercure iodur6. CiNABRE 3. 53e famine. — Argeiitides. Argent 1 , Arquerite 1 . Kerargyre 1 , Bromargyre i , lodargyre 1 . Argyrose 1 , Stromeyerine 4 , Argent sulfure flexible 5, Sternbergite 4. Proustite 3, Xanthocon 3, Argent arsenical. Polybasite 3. PsATUROSE 4 , Argyrythrose 3 , Myargyrite 5 , Schilf- glazerz 4. Discrase 4. Argent carbonate. 54« Famine. — Oi'ides. Or 1 . — Electrum 1 . Or palladie , Or rhodie , Or osmie. 55« Famine. — Platiiiides. Platine 1. 56e Famine. — Palladides. Palladium 1,3. 57e Famine. — Rliodides. Rhodium. 68'' Famine. — Iridides. Iridium 1 . — Iridosmine 3 , Irite. 6^ Classe.— MINERAOX A COMPOSITION ORGANIQUE. 59'' Famine. — Sels organiqiie$^. Humboldtite. Mellite 2. 60« Famine. — R6sines et Bitiiines. SucciN , Retinasphalte , Copale fossile , Berengelite, Guyaquillite, Midletonite. Scheererite, Konlite, Hartile, Ozokerite, Hatchetine. Asphalte , Idrialine. Malthe, PMrole , Naphte , Elaterite. 61 • Famine. — Cliarbons. Anthracite. HouiLLE, Lignite, Dusodyle, Tourbe. V." Ratlin. ( 104 ) DESCRIPTION DFS COQUILLES UNIVALVES, TERRESTRES ET DEAU DOLCE, envoyees h la Societe Linneenne de Bordeaux, par M. le Cap "<= Mayran, coiTCspondant ; JPaf J.-B. G.ISSMES, Tvetot'iet'. INTRODUCTION. Depuis les travaux de MM. Michaud , Terver, Deshayes et Morelet , des expeditions nombreuses ont eu lieu dans le sud de nos possessions d'Afrique , dans la grande Kabylie et jusqu'a la frontiere du Maroc. Ces lieux , si divers , ont accru la somme des especes connues , et un travail deviendra necessaire pour leur classement , lorsque tous ces materiaux epars seront reunis. En ces derniers temps, un zele naturaliste, notre collegue, M. le ca- pitaine Mayran (1), a utilise ses loisirs , pendant la derniere expedition sur Ouargla , a recueillir les nombreux mollusques qui s'offraient a ses patientes investigations. Le resultat de ses recoltes a ete adresse par lui aux membres de la Societe Linneenne de Bordeaux -, qui ont bien voulu me confier ces richesses conchyliologiques , afm de les etudier et publier les nouveautes, s'il y avait lieu. Avant de livrer le resultat de mes observations a la publicite, j'ai visite les collections de Paris et de Bordeaux , et consulte les auteurs qui se sont occupes des mollusques de I'Algerie et de la Palestine ; j'ai prie egalement MM. Deshayes et Morelet , plus specialement aptes a juger ces especes , de les revoir et m'eclairer de leurs avis. Ces Messieurs ont, comme toujours, repondu gracieusement a mon appel , et m'ont , par leurs obligeantes observations , aide a formuler mon opinion d'une maniere definitive. J'ai suivi dans la classification des especes, pour un memoire ne faisant suite a aucun travail anterieur, le mode adopte par M. Morelet, c'est-a- (I) ('>apitainc d(! fironadirrs au ^61" dc ligne , a Tlenicen. ( 1"^' ) (lire I'ordre alpliabelique, me fiant aux lumic^res des lecleurs auxquels je m'adresse pour classer dans leur ordre d'aflinites , les coquilles que jc decris. Tout en rendant un juste honimage au zele naturaliste auquel nous sommes redevables de ces richesses conchyliologiques , j'eprouverai tou- jours le regret de n'avoir pu consulter les animaux. Cette lacune est d'autant plus regrettable que les moUusques seuls pouvaient fixer irrevo- cablement tous mes doutes. Le soin avec lequel les individus , nombreux pour la plupart , ont etc recueillis , vides et separes par especes ou varietes , est digne des plus grands eloges, et il serait a desirer que tous les collecteurs imitassent I'exemple de M. le capitaine Mayran. Cet infatigable explorateur nous avail fait esperer un second envoi, dans lequel devaient se trouver des bivalves d'eau douce ; malheureuse- ment nous ne I'avons pas encore refu, et, malgre les lettres que nous lui avons ecrites, nous n'avons pu obtenir de nouvelles de notre correspon- dant. Esperons qu'il aura ete epargne pendant ces lultes lointaines et que la Science n'aura pas a regretter un de ses plus fervents adeptes. Dans une note additionnelle, notre collegue nous assure avoir vaine- ment cherche les genres Clausilin, Pupa, Achatina , Vertigo, Cary- chiuni ; en un mot , toutes les pelites especes. Cependant , nous connais- sons des representants de nos types europeens dans les genres Pupa , Achatina, etc. II est vrai que la plupart des explorateurs n'ont point trouve de Clausilics dans nos possessions algeriennes, tandisquelaSyrie, I'Armenie, les iles voisines du Cap-A^ert, Canaries, Madere, Cbypre, etc., en possedent. Tout fait done esperer que quelques parties non visitees en recelent ; cette supposition est permise , surtout si Ton songe au pen de distance de ces localites les unes des autres et au peu de difference de climat. Quelques especes m*ont paru nouvelles , et j'en hasarde la diagnose avec cette conviction intime. La plupart des concbyliologistes qui les ont vues ont ete en dissidence sur leur rang specifique ; alors j'ai niieux aime les donner avec mes impressions propres , ayant pu observer leurs carac- teres sur les nombreuses coquilles de I'envoi, tandis qu'eux n'avaient pu donner leur opinion que sur un seul individu. •Du reste, je fais, autant que possible, ressortirles differences qui eloi- gnent ces coquilles de cellesdont dies se rapprorhentlc plus, elj'espere, par ce moyen, faire adopter mon opinion par la maj(Mn'e parlic de ceux Tome XXI. 8 ( lOG ) qui pourront juger sur les echanlillons du Musee el ties diverses collec- tions de Bordeaux , oii ils ont ele repandus par les soins de la Societe Linneenne. Especes terrestres. I" Genre. — HELIGE, HELIX Linne. No 4. H. alaliastrites. Syn. ff. alubastrites , Mich., Catal. des Testaces vivants , envoyes d'Alger par le capitaine Rozet. (Memoires de la Societe d'His- toire naturelle de Strasbourg, 1833.) H. alubastrites et soluta, Mich, in Terver; MoUusques terres- tres, etc., d'Algerie, pag. 18, pi. iv, fig. 1-3. Var. 1. 5 fasciata nigra , H. soluta, Mich. 2. 5 fasciata fulva. 3. 5 fasciata inter rapt is. 4. 3 fasciata talis. 5. 2 fasciata fulva. 6. Omnino alba, H. alabastrites , Mich. Hab. Les rochers que baigne la Mediterranee , au-dessous des ruines de Touent , pres Djemma-Gazaouat ; les fentes des rochers de Lalla- Maghrnia. Tres-commune. (Nombre de I'envoi : 153 individus). Observa(io7i. — La reunion des deux especes de M. Michaud est des plus justes et confirme celle des Helix nemoralis et horiensis d'Europe. J'ai pu observer I'accouplement normal de ces quatre pretendues especes sur des in- dividus que je regus vivants, en 1847, ct que je gardai un an avec des Helix nemoralis. J'ai souvent surpris la var. soluta avec VH. alabastrites , ct en ai meme garde un dessin. No 2. H. aspersa. Syn. H. aspersa MuIIer, Verm. Hist. 11. p. 59. n" 253. 1774. Var. 1 . major. . • 2. fusca unicolor. Hab. La plaine d'Angade, frontiere du Maroc. Commune. (Nombre de renvoi : 10 individus). N° 3. H. candiflissinia. Syn. //. candidissima Drap. Tab. des Moll. p. 75. n" 12 (1801).— Id. Icon. Tab. V. f. 19. (1805). Var 1 . major. 2. 7ninor. ( 107 ) Had. La var. 1 , sur les montagnes du K'sel , pres Slissen (sud). La var. 2, Tlemcen. Commune. (Nombre de I'envoi : 35 individus). N° 4. H. Diipetetiaiia. Syn. H. Dupotetiana Terver , CataL des Mollusques terrestres et fluviatiles.de I'Algerie, p. 13. n° 6. pL 1. fig. 4-G. (1839). Var. 1 . Fasciala , intermedia. DilTerente du type par ses fascies d'un brun rougeatre , variant de trois a cinq ; par sa plus grande convexite et I'epaisseur de la callosite colu- mellaire. ( Nombre de I'envoi : 9 indiv. ). Var. 2. Aspera imicolor grundis , fig. 13-14. Remarquable par sa grande taille , par I'epaisseur de la callosite colu- mellaire , et surtout par son tet granuleux , cliagrine par de petites rides inegales elevees etlactescentes sur un fond grisatre ou fauve. ( Nombre de I'envoi : 9 indiv. ). Hab. dans les rochers qui bordent la M'llouya, frontiere du Maroc. Observation. — Ces deux varietes s'eloignent tellementdu type deM. Terver, que probabiemenl, plus tard, elles seront elevees au rang d'especes distinctes lorsque les animaux seront corinus. 11 y a dans la callosite columellaire un depot d'email, brillant, epais et brun qui rappelle VHelix globulus Mull., du cap de Bonne-Esperance; et la coquille est si fortement chagrinee, que quel- ques parties ressemblenta VHelix Lima Fer., de Tile de Cuba. MM. Deshayes et Morelet pensent que la grosse variete pourrait etre rap- portce a VH. laclea Muller, et M. Morelet, que la variete intermediaire serait seuleun H. Dupotetiana Terver. Pour moi, je les crois une seule espece; j'ai vu tous les passages qui les relient', et ma conviction est des plus fermes a cet egard. Ou VHelix Dupotetiana est une bonne espece, ou clle n'est qu'une variete du laclea. Var. 3. Alha an? H. zaffarina Terver, loc. cit. p. 12. pi. 1. fig. 2, 3. //. Dupotetiana , var. zaffarina Morelet, Catal. des Moll. terr. et fluv. de I'Algerie. — Journal de Conchyliologie, T. \. p. 283. (1853). Obs. Cette variety, d'un beau blanc a peristome brillant et a colunielle roussatre, se rapproche beaucoup de VHelix zaffarina Terver; mais clle est moins conique et son ouverture est plus ample. ( Nombre de I'envoi : 9 individus). Hab. Dans la vallee de rOued-cl-Hammam , chez les Beni-Cbougrands. ( 108 ) II. Iiieroglyiiliiciila. Syn. //. Hieroglijphicula Michaud, loc. cit. p. 3, 4 , ii" 7, fig. 1-5. Var. 1 . fasciis albo maculatis Morelet. 2. 5 fasciata integris Morelet. 3. lac lata. Hab. Les varietes 1 et 3 , les ruines de Touent, dans la vallee de ce nom, pres Djemnia-Gazaouat. Lavariete 2, sur les lauriers-roses de Sidi- Brahini ainsi que ceux qui bordent I'Oued-el-Mersa. (Nombre de I'envoi : 99 indiv. ). No 6. II. Inctea. Syn. H. luclea Muller, Verm. p. 19. n" 218 (1774). Var. 1 . Polita. Magnifiques echantillons, laille tres-forte, peu fascies, bruns avec des pointilles lactescents Ires-nombreux ; email du tet brillant, sommet cendre; ouverture sans dent a la columelle qui est d'un brun brule; peristome blanc. Hab. Les ruines de Touent. (Nombre de I'envoi : 20 indiv. ). Var. 2. Pallida. Avec des fascies plus nombreuses , variant de 5 a 6 , grisiltre , colu- melle a peine roussatre, peristome blanc ( Nombre de I'envoi : 4 indiv.) Var 3. Subdentata. Plus petite que les precedentes , plus regulierement fasciee ; colu- mella brun-noir avec un commencement de dent; peristome brun. Hab. Les deux varietes , 2-3 , sur les hauteurs qui avoisinent I'Oued- I'Oos, affluent de rOued-el-IIammam entre le Sig et Mascara. ( Nombre de I'envoi : 7 indiv. ). No 7. II. liiieasii. Syn. H. Lucasii Desh. in Ferussac, Hist. 1. p. 122 T. 9G. fig. 8-12. //. Hispanica Michaud, in Terver. n" 12. p. 16, pl. 1, fig. 1 , 7, 8. Var. 1. 7-8 fasciata. 2. 6 id. 3. 5 id. 4. 4 id. 5. bicolor. 6. picla. 1. efasciata. aMcann vel fukescetis , Morelet. ( 100 ) Hab. Les varietes 1,2,3,4,7 sur des lauriers-roses de Sidi-Brahim, ainsi que sur ceux qui bordent I'Oued-el-Mersa , pres Djemma-Gazaouat. Les varietes 5 et G , sur les palmiers nains des hauteurs de Stohat , pres Djemma-Gazaouat. ( Nombre de I'envoi : H2 indiv. ). Obs. Les echantillons de cette espece envoyes par M. Mayran sont d'une fraicheur irreprocliable ; presque toutes les varietes citees par M. Deshayes et M. Morelet, s'y trouvent; mais il y en a trois extremement remarquables qu'ils n'ont point signale dans leurs publications. Ce sont les varietes 1 , 2 et e. Les premieres, independamment des cinq bandes qui ornent leur spire, possedent encore de deux a trois bandes fauves , interrompues , mais suivant parfaitement les contours des autres. La variete 6 est aussi tres-distincte ; les fascies , au nombre variable de 4 a 5, sont constamment interrompues et viennent se fondre en brun tres-obscur vers la base du peristome. N" 8. II. Iflayraui Gassies. Fig. 1-3. CoQuiLLE : sub-conique , carenee , subglobuleuse, imperforee , epider- mee , fortement chagrinee en dessus , luisante et finement striee en dessous; dernier tour carene _obtusement. Suture profonde, crenelee, presque toujours recouverte par le tour inferieur qui lui succede. Tours de spire de 5 a 6 , assez convexes, sommet mamelonne etluisant. Ouver- ture ovale , arrondie , peristome simple ou a peine borde , bourrelet interieur blanchatre. Columelle et callosite roussatre pale , interieur blanc incolore. Fente ombilicale toujours recouverte par I'epaisseur columellaire ; couleur du dessus d'un roux terne de rouille , dessous blanc luisant. Diametre : iG mill. — Hauteur : 14 mill. Hab. Les hauteurs de SfissefT, pres de Sidi-bel-Abess. ( Nombre de renvoi : 3G indiv. ). Obs. Cette espece que je crois noiivelle se rclie au groupe des Helix cariosa Oiiv., cariosula Midi., et prophclarum Bourgt. 1° Ellc differe de toutes par sa forme plus globuleuse. 2" De 17/. cariosa , par son ombilic ferme , tandis que celui de cette espece est largement ouvert; par sa carene plus ^.moussee, et enfin, par I'absence des deux carenes de la base mediane a Tombilic; I'epiderme est egalement plus fin et chagrine moins fortement. So De VH. cariosula, par sa spire plus conoi'de, sa suture renlrante, au lieu qu'elle recouvre les tours suivants dans I'espece de M. Michaud; par son epiderme visible, colore et plus finement chagrine; par la forme plus convexe ( HO ) des tours qui ne s'aplatissent jamais sur ceux qui les suivent ; par sa base globuleuse ; par sa carene bien moins aigiie et par son ouverture plus arron- die et sans angle marque a la carene qui sc perd avanld'arriver au peristome. 4" De 1'//. prophetaruni , par la plus grande convexite de ses tours , par sa forme plus conoi'de, sa carene plus accusee, par son epiderme et par sa colo- ration roussatre, I'espece de M. Bourguignat est blanche, avec I'ouverture jaunatre, tandis que VH. Mayrani I'a toujours blanchatre, sans couleur reelle. Je prie M. Mayran d'accepter la dedicace de cette espece, comme un faible hommage de nia reconnaissance. I^ Genre. — BULIME , BULIMUS Scopoli. N" 6. B. aciitus. Syn. B. acutus Bruguiere, Encycl. meth. vers. 1, pars 1» 323, n» 42 (1789). Var. minor unicolor. Hab. a deux lieues de Tlemcen , au fond du ravin oii coule I'Oued- sef-sef. Obs. Ge bulime est loin d'atteindre la taille de ses congeneres Bordelais; il est au moins d'un tiers plus petit. Tres-commun. (Nombre de I'envoi : 66 in- dividus). N° 7. IB, decollatiis. Syn. B. decollatus Bruguiere, loc. cit. p. 326, n° 49. Var. 1. major. 2. intermedia. 3. minor. Hab. La var. 1 , chez les Beni-S'nassel (Maroc). Rare. — La var. 2, les environs de Saida, expedition sur Ouargla (sud). — La var. 3, les montagnes du K'sel, pres de Stitten (sud). Tres-commun. — (Nombre de renvoi : 33 indiv. ). IIP Genre. — CYCLOSTOME , CYCLOSTOMA Lamarck. N° S- Cyc. inaiiiillare. Syn. Cyc. maniillare Lamk., edit. Desh., p. 359. Syn. Cyc. WoUziamm, Michaud, Catal. p. 10, fig. 21-22. Var. 1. fasciata. 2. unicolor. Hab. Sur les hauls rochers de Gar-Rouba , frontiere du Maroc , sus- pendus a des tiges de fougeres. Tres-commun. ( Nombre de I'envoi : 46 indiv. ). ( 111 ) Especes d'eau douce. IV» Genre. — LIMNEE , LIMNEA Lamarck. N" 9. It. Trencaleonis. Syn. L. Trencaleonis Gassies, tabl. des Moll. terr. et d'eau douce de I'Agenais, p. 163, pi. 11 , fig. 1 (1849). Var. flexuosa minor. Hab. I'Ain-Kadra, expedition sur Ouargla (sud). Rare. ( Nombre de renvoi : 5 indiv. ). Obs. Cette petite variete est identique a cells de I'Agenais et des environs de Bordeaux; commc elle, elle est inflechie au bord lateral en arrivant a son insertion sur la columelle, oii alors elle subit une sorte de renflement par I'effet de I'aplatissenient de la spire, qui parait canccllce en se dirigeant du deuxieme au dernier tour. Les stries sont treillissees et forment 6 a 8 carenes distinctes, tandis que la partie voisine de la premiere suture forme un apla- tissement lisse et parcouru seulement par des stries longitudinales. La facilite avec laquelle la plupart des amateurs ont reconnu cette espece, est une nouvelle confirmation de la valeur de notre L. Trencaleonis dont I'aire aujourd'hui est immense, puisque je I'ai d'Agde, d'Ax, de la Creuse, de Mouy-de-l'Oise, de Bordeaux, d'Agen et de I'Algerie. Loin d'appartenir au groupe des L. ovata,ie maintiens que sa place est pres de la L. auricu- lar ia Lamk. V^ Genre. — ANCYLE, ANCYLUS Geoffroy. N" 10. A. costatiis. Syn. A. costatus Villa, Novarum spec, in Gat. nost., n" 30, pag. 61. Hab. I'Ain-Tolba , chez les Ouled-Mansour, pres Nedroma , attacliee aux pierres. Commune. (Nombre de Tenvoi : 29 indiv. ). VI" Genre. — NERITINE , NERITINA Lamarck. N° 11. m. boetica. Syn. N. boetica Lamk , edit. Desh. viii, p. 577. N. Prevostina, Fer. in sowb. Conch, illust. f. 46. Hab. La source d'eau chaude d'Ain-Fekan ; expedition sur Ouargla (sud). Commune. (Nombre de I'envoi : 3i2 indiv.). (11-2) VII' Genre. — MELANIE, MELANIA Lamarck. N'o 12. 91. ttibei'Ciilata. Syn. M. tuberciilata (Nerita) Mull. verm. p. 191, n» 378. M. fasciolata Oliv. Voy. iii , p. 69 , t. 37, f. 4. Hab. La source d'Ain-Kreder, situee sur les hauls plateaux de I'Atlas, dans les Chots-menu ; expedition sur Ouargla (sud). (Nombre de ren- voi : 15 indiv.). VIII"'^ Genre. — MELANOPSIDE , MELANOPSIS Ferussac. N" 13. IVI. Hainnianensis Gassies. Fig. 9, 10. CoQUiLLE mediocre , raccourcie , ventrue et acuminee brusquemenl au sommet. Epiderme corne , brun jaunatre ; tet bleuatre lorsqu'il est a nu; strie finement en long. Spire de quatre tours, le dernier formant a lui seul les trois-quarts et demi de la coquille ; suture recouverte par le tour suivant qui s'eleve en saillie carenee jusqu'a la moitie du dernier tour, alors elle s'aplatit et s'oblitere presque entierement. Ouverture presque aussi large que haute , arrondie vers le bord droit ; columelle epaisse a I'insertion et presque dentee , decurvee vers le centre et brus- quement tronquee a la base; gouttiere tentaculaire epaisse; bord infe- rieur arrondi, le lateral flexueux a I'insertion columellaire; peristome horde par un epiderme brunatre. Diametre, H mill. Hauteur, 22 mill. Hab. rOued-el-Hammam. Commune. (Nombre de Tenvoi: 55 indiv.). Cette espece se rapproche du groupe des M. costata Michaud , Sevil- lensis Grateloup (1), coslellata Ferussac, et Riqiieti Grateloup. Elle en differe par I'absence des cotes longitudinales, par un plus grand develop- pement du bord lateral , par I'epaisseur de la callosite columellaire el ■ de la gouttiere tentaculaire ; par son tet lisse ; enfin , par sa spire scala- riforme. No H. ]?I. Iflaroceana. Syn. M. Maroccana (buccimim Maroccanum) Chemnitz. Conch. 11 , p. 285, t. 210, f. 2080-2081. (1) M cariosa Fer. — Var. Turrila Rossni. ( ii:5) M. Dufuurei Fevussac. Mem. Soc. d'hist. nat., 1" part. 153, t. 7, f. 1C, elt. 8, f. 5. Var. i. zonala Gass., fig. 5-6. 2. minor. Hab. La var. 1, I'Ain-Kadra , sur les hauls plateaux de I'Atlas, a deux metres des Chots (sud). La var. 2, rAin-Thisy , source situce sur la route de Mascara a Sidi-bel-Abess. Commune. — Ces deux varietes soni coustamment fasciees par deux ou trois bandes noires luisant sur le fond mat de la coquille; quelquefois ces bandes sont plus larges el envahis- senl une partie des lours en se reunissant. L'interieur de la coquille esl toujours noir; la columelle, rarement blanche esl toujours ornee au som- met el a la base par une marque plus ou moins rouge. N° 15. m. iirseniorsa. Syn. M. prri'morsa {buccinum prmnorsum) Linne, Sysl. nat. ed. x, p. 740, n^iOS. M. burcinoidea (Melanin) Olivier, voy. 1 , p. 297 , t. 17, f. H. M. Iwvigata Lamk , t. 6 , if part. 108 , n" 2. Var. 1 . major. 2. obesa, fig. 11-12. 3. minor. Hab. La var. 1, dans rOued-Saida (sud), expedition sur Ouargla ; rOued-Zeiltoun , fronliere du Maroc ; I'Ain-Kreder, source d'eau chaude (sud); rOuerl-de-Fon (Maroc). La var. 2, dans I'Oued-Lisser , sur la route de Sidi-bel-Abess , a Tlemcen. La var. 3, dans rAin-Sfisseff , sur la route de Mascara a Sidi-bel-Abess. Tres-commune. ( Nombre de I'en- voi : 170 indiv. ). Obs. Cette espece est representee par loules les variations de forme possi- bles, s'eloignant du type par des caracteres saisissables dans I'isolement; mais reunies en grand nombre, on est force d'y voir tous les passages de I'une a I'autre et de les ramener au type Linneen. iN" 16. M. scalariti} Gassies. Fig. 7-8. Coquille ovale allongee, sub-pyramidale, a sommel toujours tronqiic; epiderme brun , rougealre ou noiralre , tres-finement slrie en reseau , irregulier. Spire de 4 a 5 tours convexes reunis a la suture par le bour- relet du tour suivant qui la recouvre et occasionne une saillic scalari- forme, cr^nelee quelquefois, plus souvenl epaissie en cordon. 11 arrive ToMK XXT. 9 ( 11^) aussi que la suture est rongee dans tout son parcours et manque d'epi- derme. Ouverture plus haute que large, anguleuse au sommet, sub- arrondie a la base ; columelle calleuse et elargie a son insertion avec le bord lateral , oii elle est presque toujours epaissie en forme de dent , souvent coloree en rouge sur le fond blanc de la columelle qui est tronquee vers le bas et un peu recourbee; bord lateral arrondi a la base, flexueux vers le sommet. Interieur de I'ouverlure, brun-clair, quelque- fois bleuatre ou noir. Hauteur, 29 mill. Diametre, i3 mill. Hab. TAin-Fekan, source d'eau chaude, situee entre Mascara et Saida, expedition sur Ouargla (sud); I'Oued-M'llouya , frontiere du Maroc. Obs. Cette espece est tellement di£ferente de loutes celles que nous con- naissons, depuis Ferussac jusqu'au recent travail de M. Rossmassler (1), que je n'ai pas hesite a la publier. L'espece dont elle se rapproctie le plus est le M. prcemorsa; mais elle en differe par sa spire plus courte, toujours tronquee a I'etat adulte, par le sca- larisme de sa suture, et par son ouverture plus petite relativement. RECAPITULATION. Helix 8 cspcces, 1 nouvellc. Bulimus 2 id. Cyclostoma 1 id. Lininea 1 id. Ancylus •\ id. Neritina 1 id. Mela7iia 1 id. Melanopsis 4 id. 2 nouvelles. En tout, 19 especes dont H terrestres et 8 d'eau douce. Bordeaux , Janvier 1856. J.-B. Gassies. (1) M. le professcur Rossmassler a tire un immense parti de ranalomie qu'il a l)u faire de I'appareil lingual des Melanopsidcs et des Neritines d'Espagne. C'est d'aprfes ce dernier travail que j'ai reuni la coquille zon6e des hauls plateaux de I'Atlas au Mel. Maroccana de Clicmuitz. *"■*!» ^y««iy^ 4. .'"■'*k^ 7. 14- ,4*^ . ;.*.Jl' 10, 13. LilkChanol Bnnl' Jauilouin Jel l-2-HeIixMayrani,Gassies.-3- epiderme ^rossi.- ^-id epidcrme de I'h. Canosula, Mich. 5-6.-MeIariopsisMaroccana, CKemiz^Var-ZoRata, Gass.-7-8.-MeI. Scalans, Gass. S-lO-MsI Hammadensjs Gass.-11-l^-Mel. Prffimor.sa l-imie, Var. Obesa. Gass. 13.-Hel.DnpolGliaua, Tfirver, Var-Aspera Gass.-14'-soii epiderme frossi ( 11-^ ) MAimil) EN 1808 ET MADRID EN 18r)i; EXCURSION DANS LES CASTILLES ET LES MOMAUNES DE GUAUAUUA.MA; Par ». E,t;o.lI DliFOUK, noc(.-Med., t'orrcNpoiidaut. L'Academie des Sciences , sur la demande de bienveillants coUegues , me confera, en Mai 1854, I'honorable mission de poursuivre en Espagne, des recherches d'histoire naturelle dont plusieurs avaientdeja ete favora- blement accueillies dans ses Memoires. J'avais d'abord eu I'intenlion de lui presenter ce compte-rendu de ma peregrination ; mais je compris bientot que , malgre tous mes efforts de reduction , il m'etait impossible de lui donner les proportions d'un simple article a inserer dans le Bulle- tin hebdomadaire des seances de cette classe de I'lnstitut. Je me suis done decide , tout en r^servant a rillustre compagnie les faits et les observations empreintes d'un cachet plus specialement scientifique , a publier separement le recit de mon voyage. Si , comme voyageur soigneux de pniser ses impressions a diverses sources, il m'est arrive de m'ecarter de ma speciality et parfois meme de rappeler dans mes idees retrospectives des situations qui me sont personnelles, lelecteur, dont j'invoque I'indulgence , trouvera I'excuse de ces complaisances, de ces entrainements, dans mon age qui a aussi ses licences seniles. C'est un rare privilege dans la vie d'un homme , que d'etre appele a constater, apres une periode de quarante-six ans revolus , les change- ments ou le progresd'un pays et de ses habitants, en un mot, a resumer la marche de la civilisation. Ce tableau comparatif d'un long passe, fecond en evenements, et d'un present qui ne Test pas moins, pourrait, sous une plume moins sobre ou plus exercee que la mienne, offrir des rapprochements , ou piquants , ou instructifs ; mais j'ecris en simple observateur des faits materiels , qui salt niettre un frein a son imagi- nation. (lie.) En 1808, je lis, coinme medecin militairc, le meme Irajet de Bayonne a Madrid par Irun , Burgos, Aranda et Somosierra, que je viens d'exe- cuter, en 1854, avec mon savant ami, M. Edouard Ferris. Mais alors je voyageais par petites journees d'etape, a cheval , le plus souvent a pied, en investigateur jeune et passionne; j'avais 28 ans, c'est dire mon age acluel. Aujourd'hui, c'est dans un vehicule roulant ou cahotant de jour comme de nuit , que j'ai parcouru cette meme ligne, n'ayant a utiliser que les rapides instants ou le soleil etait sur I'horizon. Mais ce n'est point par un simple appel a mes souvenirs que je cherche a esquis- ser le parallele des deux phases si distantes de la physionomie de ce pays. L'authenticite de ce parallele est fondee sur des documents manus- crits que, malgre le bruit des armes et I'instabilite des evenenients, j'ai eu la patience de recueillir jour par jour, pendant mon ancien sejour de sept annees en Espagne. Ces antecedents, qui exhumaient de mes replis cerebraux tant de choses passees , tant de gens trepasses , ont donne a mon voyage de 185i , un interet personnel facile a comprendre. Toutes les villes et les villages du long trajet de Bayonne a Madrid sont devenus , par le nombre considerable des nouvelles constructions , presque meconnaissables aux yeux qui les virent en 4808. Ainsi, Irun, St-Sebastien , Tolosa , Vergara , Yittoria , Miranda , semblent avoir ete refondus et jetes au moule; je les avais laisses a I'etat embryonnaire, je les retrouve parfaitement metamorphoses. En traversant le Guipuscoa, je n'ai vu, je n'ai plus entendu que fort rarement , ces charrettes basses et criardes qui m'avaient si fort etonne en 1808. Comme cette espece tend a se perdre et a tomber dans le domaino du conservatoire des arts et metiers, j'extrairai, de mon vieux journal , son bref signalement. Les roues en disque plat et plein, d'en- viron trois a quatre pieds de diametre , a virole marginale en fer et depourvues de moyeu , sont inamoviblement fixees a une traverse sous- jacente, qui seule execute les mouvementsde rotation. De la , ces bruis- sements aigres et dechirants , ces frottements sibilants qui , de loin , lorsqu'il y a un convoi un peu considerable , semblent des clairons feles, au maximum du desaccord. Aujourd'hui, ces charrettes, quoiqu'encore basses , ont , pour la plupart , des roues a rayons et a moyeu mobile sur un axe. Je constate done sur ce point que I'artdu charronnageestenpro- gres chez nos voisins. L'agriculture, surtout, a subi une complete transformation dans les environs de la grandc route. .le mc bornerai a citer quelques exemples 1 (117) parmi les plus saillants. Ainsi Pancorvo , dont I'etroit defilt^ a ^te si fatal durant I'occupation , n'etait, en 1808, qu'une miserable bourgade, toute decousue , encaissee dans les rochers , dont elle avait la teinte sombre. Aujourd'hui c'est un grand village eclatant de jeunesse par la fraicheur de ses edifices bien groupes. A peine y avait-il jadis dans son voisinage , ainsi que dans ceux de Briviesca , Pradanos , Quinlana- palla , qui le suivent, derares champs defriches ; et actuellement la vue se repose de Pancorvo a Burgos , sur une large campagne dont les cereales ont envahi jusqu'aux nombreuses protuberances de ce terrain accidente. Ce serait sortir du cadre restreint queje me suis impose, que d'ecrire mes impressions a I'aspect du saisissant gothique de la cathedrale de Burgos , avec ses vingt-quatres aiguilles , la plupart surchargees d'orne- nientations , et percees a jour comme des dentelles. Je me condamne a la meme reserve pour les venerables sculptures historiques de VArco de Santa-Maria, oii figurent les noms de Charles Y, de Philippe II, du Cid, etc. II en sera de meme pour VArco de Fernand Gonzalez. Burgos , la capitale de la vieille Castille , a suivi pour ses edifices et sa population le niouvement ascensionnel general. A une lieue Sud de cette grande cite , j'avais , jadis , qualifie d'inculte et d'incultivable une vaste contree formee des steppes de Cistus laurifolius , de Romarin et de buissons du Quercus hisilanica. Le soc et la beche ont, depuis lors, exile bieu loin ces vegetaux spontanes et les reliefs du sol sont partout revetus de moissons. La route de Burgos a Madrid par Aranda fut , si non inauguree en 1808 pour le passage de nos troupes , du moins activement restauree ; car j'y rencontrais alors des myriades de piocheurs occupes a la rendre viable. C'est aujourd'hui une route royale de grande dimension , ou, depuis peu d'annees, on a place des cantonniers , clair-semes sansdoute, puis- qu'ils sont a la distance d'une lieue ; mais , enfin , le systeme est com- pris, et son application s'etendra. Les tenebres de la nuit nous firent traverser inaperfus Lerma , Saldana , Oquillas , Rahacen , Guiniel de Izan , qu'en 1808 j'avais vus en plein jour, et dontj'aurais pu constater les progres. Les bassins de Lerma et dC Aranda , arroses par YArlanza et le Duero, ont un luxe de culture qui pent le disputer aux plus belles vallees du Midi oriental de la France. Aranda etait, en 1808, le seul point de toute la route d'Irun a Madrid, oii j'eus occasion d'observer des vignobles, et ( H8 ) ils y etaient peu communs; on n'en y voit guere davantage aujourd'hui. Jadis, en approchant de la chaine de Guadarrama, on ne voyait qu'une terre aride , desol^e , tourmentee de profonds ravins. Ce meme sol est maintenant transforme en champs de ble , qui n'ont d'autres limites que les brusques escarpemenls de la montagne. Mon vieux manuscrit parle de forets de pins et de gigantesques Jiiniperus ph(emcea, dont les frondes en pyramide elancee , atteignaient jusqu'a vingt-cinq pieds de haut, et en imposaient pour des cypres; ces pins, ces genievres, ont disparu. lis furent extirpes pendant notre possession , pour eclairer les approches du meurtrier passage de Somosierra, et Ton voit encore par ci par la, desruines de fortins etablis par les Franfais. Quant au village de Somosierra , je I'ai retrouve aussi enfume , aussi sinistre qu'en 4808. Get etat stationnaire tient A ce que la route royale , par des mesures de silrete , ne le traverse plus. Aujourd'hui, coinme il y a quarante-six ans, je remarquais avec etonnement que d'Irun a Madrid , il n'existait que de fort rares vigno- bles, et pas un seul olivier , tandis que des contrees bien moins meri- dionales que les Gastilles , comme par exemple la basse Navarre et I'Aragon , sont fort riches dans ces deux produits agricoles. Tant qu'on voyage dans le pays montueux du Guipuscoa et de VAlava , ou la vegetation spontanee temoigne d'une zone fraiche et temperee , le natu- raliste se rend raison de I'absence de la vigne et de I'olivier. Mais en franchissant I'Ebre a Miranda, on entre en plein dans une zone vegetale essentiellement meridionale, representee par le Romarin, la Saiige, les Thyms, le Mastichina surtout, les Cistes, les Quercus ilex, hisitanica et coccifera, le Juniperus phmiicea, et vingt autres v^getaux qui pro- clament hautement et I'aptitude du sol et I'opportunite des conditions climateriques australes. Lorsqu'a cette epoque je constatais ces faits de geographie botanique , j'etais porte a accuser ou I'imperitie , ou la paresse des Espagnols , a I'endroit de la culture de I'olivier et de la vigne. En 1854, je crois avoir mieux compris la question oleicole , et les sommets de Guadarrama me donnaient le mot de I'enigme, par les nappes de neige qui les revetaient aux derniers jours de Mai. Par son elevation et plus encore par sa con- tinuite , cette chaine de montagnes abrite la vieille Castille des effluves du Midi , en lui reflechissant les influences du Nord. Et si la culture de I'olivier prospere dans la basse Navarre et I'Aragon , quoique plus sep- tentrionaux, c'est que, malgre leur constitution montueuse, ces provinces ( 119 ) n'out pas ce contrefort continu qui furme a la vieille Gastille le paravent puissant dont je viens de parler. Dans quelques ecrits oii j'ai cherche a demontrer que les especes vegetales resument mieux que tous les thermometres et les cartes geogra- phiques, la moyenne de la temperature d'un pays, j'ai fait, relativement au Sud-Ouest de la Finance, les memes reflexions que vient de ra'ins- pirer la zone vegetale de la vieille Gastille. Le sol de Toulouse a Bayonne, ne produit point et ne produira jamais des Oliviers , parce que le para- vent pyreneen y a mis son veto , comme celui de Guadarrama a la Gastille. Le col ou port de Somosierra est a 1900 metres au-dessus du niveau des mers. G'est par lui qu'on descend dans la nouvelle Gastille , et 90 kilometres le separent de Madrid. Pour se rendre a cette capitale, on traverse Robregordo , Btiytrago , Cavanilla, San-Agustin et Chamartin. Ce vaste pays , ires accidente ou monticuleux , est note dans mon journal de 1808, comme frappe de sterilite sauf aux environs immediats des lieux que je viens de nommer. Le botaniste seul cueillait de toutes mains^ dans ces solitudes denudees, des tresors inconnus a cette epoque. Qu'on pardonne a mes entrailles paternelles, tant soit peu ofl'ensees, de reproduire ici le nom de Narcissus rupicola , pour une espece que je decouvris alors dans les fentes des rochers de Buytrago , et que , malgre sa publicite , acte de propriete scientifique , on a, un quart de siecle apres , baptise de I'appellation de N. apodanthus. Je cueillis aussi fort abondamment dans les prairies de Gastillejo , un tres petit Narcisse, demeure inedit dans mon herbier depuis 1808, et que mon ami, le professeur Graells , vient tout recemment (1854) de decrire sous I'epi- thete de pallidulus. Quelle heureuse metamorphose out subie et le sol et les constructions habitees de la longue ligne qui separe Somosierra de Madrid! Tout, jusqu'aux blocs erratiques de granit, a ete deplace_, bouleverse et conquis a la culture. Et voyez d'autre part cette constance traditionnelle des animaux pour leurs habitudes. Je retrouvai sur les vieux edifices de Buytrago, les cigognes avec leurs enormes nids, comme je les y avals vues quarante-six generations avant. Helas ! ce nom de Buytrago retrace a mes souvenirs une grave anecdote, un double fait historique qui temoigne des vicissitudes huniaines dans les plus hautes positions. J'extrais de mon vieux journal ces quelques lignes qui enfanteraient des pages de reflexions. ( 1-20 ) Le 12 Avril 1808 , je me Irouvais a Buytrago lorsque Ferdinand VII , roi d'Espagne depuis moins d'un mois, y fit une halte en se rendanl a Bayonne, oii I'aimant de la politique I'attirait. II me semble le voir en- core se montrant a tous au balcon d'une modeste maison devenue son palais du moment. On murmurait a mes cotes sur les motifs et le but de ce voyage inopine. — Le 2 Aout de la meme annee 1808 , je me trouvais aussi a Buytrago lorsque Joseph-Napoleon, autre roi d'Espagne depuis - moins d'un mois, y fit une halte dans la meme maison que Ferdinand. Tous, bourgeois, soldats, officiers et souverain etaient couverts d'une poussiere qui n'avait rien de noble ; car nous etions , si non en fuite , du moins en retraite precipitee. — Le Si Mars 1814, j'etais a Perpignan lorsque Ferdinand, accompagne du marechal Suchet, rentrait en Espagne pour reprendre son trone que venait de quitter definitivement Joseph. — J'ai vu, de mes propres yeux, vu ce double drame, et bien d'autres, parce que j'ai vecu dans une epoque feconde en evenements. Mais je ne me pose pas en historien , et il est temps de reprendre mon role de voya- geur. Je laisse condamnees aun eternel oubli dans mon vieux journal, les reflexions consignees sur ce quadruple fait. Les approches de Madrid ne s'annonf.aient jadis par aucune avenue , au- cune villa , et la vue la plus etendue n'y distinguait pas un arbre. La foret de clochers, dont il etait herisse, fut a mes yeux, de 1808, le fait qui me frappa le plus. J'en comptai soixante-huit. Aujourd'hui d'abondantes cereales couvrent ces anciens deserts ; la capitale est precedee au loin par de jeunes arbres alignes, et la destruction deplusieurs convents, aconsi- derablement reduit le nombre des clochers. Le versant meridional de Guadarrama , depuis Somosierra jusqu'a Madrid, n'offre pas plus, en 1854 qu'en 1808, des plantations d'oliviers et des vignobles. Or, durant la periode qui separe ces deux dates, I'agri- culture espagnole est loin d'etre demeuree stationnaire, ainsi que je I'ai deja prouve , et les agriculteurs castillans ne sont pas plus insensibles que les autres au stimulus de I'interet. II faut done qu'il y ait dans cetto exclusion de I'olivier et de la vigne, une cause ou des causes qu'il s'l^girait de rechercher. Ce n'est guere qu'a une vingtaine de kilometres au sud de Madrid , dans la direction A'Aranjuez , qne commence la temperature australe, et c'est la seulement qu'on trouve la culture positive de I'olivier et de la vigne. En allant a YEscurial , qui est a 35 kilometres N.-O. de la capitale , et a Akala de Henan-s qui en est a 23 N.-E. , je n'y ai vu ni un pied d'olivier, ( 121 ) ni un vignoble. Si Ton trouve dans le pare royal de Casa de Campo , aux portes de Madrid, quelques oliviers en ecole d'acclimatation, leiir petite stature et une decrepitude anticipee protestent ^nergiquement contre leur culture. Ces fails negatifs irrefragables semblent , quant a leur explication , contradictoires avec ce que j'ai dit en parlant du revers septentrional de la chaine. Cherchons done une autre solution. Et, d'abord, les pentes sud de Guadarrama ont une inclinaison si gra- duelle que, malgre la distance de 90 kilometres depuis Somosierra , Madrid a encore une altitude de GGO metres, d'apres M. de Verneuil , ainsi que TEscurial et Alcala, qui ne sont que la continuation de la meme ligne madritaine. II existe la une succession de plateaux paralleles a la chaine qui, pendant pres de huit mois, sont exposes aux vicissitudes fri- goriques des sommets neigeux de Guadarrama. De la, I'intolerance clinia- terique de I'olivier et de la vigne pour une culture continue et produc- tive. A I'appui de ces influences frigoriques, je rappellerai que les habi- tants de Madrid conservent leurs vetements d'hiver jusqu'a la mi-Juin, tandis que la secheresse et les chaleurs excessives de Juillet et d'Aout, obligent les gens aises a deserter la capitale , jusqu'a la fin de I'ete, pour se rapprocher de la chaine de Guadarrama. Mais pourquoi la contree Sous-Guadarramienne , tant au Nord qu'au Midi , est-elle favorable a une botanique spontanee tout-a-fait meridio- nale, eta une entomologie qui compte parmi les representants de la zone australe les Akis , Pimelia , Seindium, Cebrio, Onitis, Nemoptera, Scor- pio , Tarentula , etc. , et exclut-elle la culture prospere de I'olivier et de la vigne ? Les agriculteurs de cette contree ont-ils pour les cereales une preference fondee sur d'anciennes experiences ou se laissent-ils entrainer a une habitude inveteree ? Je I'ignore ; mais il y a dans I'exclusion de I'oli- vier des circonstances d'une investigation diflicile. Maintenant, tout en m'imposant une austere sobriete de details, je hasarderai un aperfu comparatif et statistique du Madrid de 1808 et du Madrid de 1854. Dans cette longue periode de quarante-six ans, la population do la capitale se serait accrue de cent mille ames, et ce chiffre parait justifie par la proportion des nouveaux edifices. Ln rue Alcala , la plus large et la plus belle de Madrid , a acquis de vastes trottoirs , hordes d'ormeaux et de hautes maisons construites avec goiit. Les rues San-Geroniino , del Principe et Atocha . paralleles a celle d'Alcala, sont dans le mrmo pro- TOMK XXI. <» gres arcliileclural. Celles Mayor, Monlerit . Fuencarral ont dans leurs nonibreux raagasins un luxe d'etalage a I'instar de Paris, totalenieiil inconnuen 4808. La Puerto del Sol u'etait a cette derniere epoque qu'un etroit carrefour, le sinus de confluence de plusieurs grandes rues; aujourd'hui elle est devenue, par la demolition d'un convent et d'une oglise, une large place en voie d'achevement. he Prado , une des plus jolies promenades extra-muros de I'Europe , est a present, plus encore que jadis , le rendez-vous quotidien de ce qu'il y a d'elegant dans la population ; ce qui confirme et I'accroissement de celle-ci, et le progres tant du luxe que de I'oisivete. Les ormeaux , a I'apogee de leur belle croissance en 1808 , sont en ce moment remplaces par des arbres de diverses essences mal venus ou nial entretenus. Les bassins de Cijbele , iVApolloii , de NeptuueeideVAlcachofa, magnifiques ornements du Prado , etaient en 1808 surabondamment emplis de I'eau limpide du lointain Guadarrama. Helas ! a cette beure, Neptune, avec ses Hippocampes et ses Tritons , est a sec , ainsi qu'Apollon avec ses Graces. Le beau groupe de Cybele est converti en une fontaine publique journellement assiegee par de rustiques porteurs d'eau ou Agnadores. Cette disette aquatique du Prado reconnait pour causes et la multipli- cite des fontaines en ville pour une population fort augmentee , et les irrigations des nondjreuses avenues de la capitate qui , sans cette res- source , periraient dans les chaleurs de Juillet et d'Aout. L'administra- tion municipale s'occupe en ce moment a y remedier en creant de nou- veaux aqueducs qui prennent leur source au pied de la chaine de Gua- darrama. J'ai , moi-meme , vu entre Buytrago et Cavanilla des depots de grands tuyanx en fonte destines a devenir les arteres hydrauliques de la circulation madritaine. Dans la crise r^generatrire actuelle y aura-t-il , conime on dit adniinistrativement , revirement de fonds , et les gens et les arbres periront-ils de soif ? Esperons que non. Le Buen Reliro , autre promenade de Madrid , a passe , depuis 1808, par une triple metamorphose. A cette derniere date, il y existait un grand et bel edifice, une fabrique de porcelaine, casa de China, I'or- gueil des Castillans. Les evenements militaires obligerent alors les Fran- rais a convcrtir ce royal site en une forteresse dont le canon tenait en respect la cite; mais on ne toucha point a la fabriqu*. Pen apros, les Anglais raserent et les fortifications et I'innocente casa de China. Enfin , depuis plusieurs annees, le Retire est devenu une vaste et delicieuse pro- menade publique comparable aux Ghamps-Elysees de Paris. La mhia- ( \r.i ) f/eric est placee dans son immense enceinte, et elle m'a paru pauvre (l'lial)itanls. Cepcntlant j'y ai acquis un fait interessant, racclimatation (le deux animaux exotiques qui s'y multiiiiioiit a merveille, le Kauguroo et VAiitruche. La sublime statue equestre en luonze de Ferdinand IV, oeuvre de Pierre Tacca de Florence, etait en 1808 dans un jaidin du Retiro, et depuis lors elle a ete transferee en face du Palais-Royal , ou elle est plus dignement placee. Au temps enivrant de nos conquetes, en adnii- rant avec quelques amis ce beau monument , nous eumes I'ambitieuse pensee de le voir (igurer a Paris, au Carrousel. Helas ! mieux vaut qu'il soit demeure en place et qu'il ait ainsi evite le sort repercussif des che- vaux de Venise, du Laocoon, etc. En 1808, la vaste jtlacn Mayor etait un marche permanent, et pour le naturaliste soigneux de son instruction , un cabinet d'etudes pour toutes les productions comestibles de la peninsule. De recentes constructions, regulierement disposees , ont transforme cette place en un superbe quar- tier. Tout pres du Retiro se voit un monument de douloureux souvenirs elevo apres notre-depart definitif en 181i, a la memoire des victimes de I'emeute populaire du 2 Mai 1808; c'est la colonne du 2 Mai. A cette occasion , je ne resiste point a me mettre un peu en scene re- trospective. Lors de ce jour nefaste, jeme trouvais en pleine rue au mo- ment oii I'insurrection se revelapar des coups de fusil et de canon. Yetu en bourgeois, je me vis expose a la fusillade des Franfais qui criaient : Entrez, lorsque toutes les portes etaient fermees a triple verroux. .Je m'en- gageai dans des barraques de bois de la place Re de Sfiti-Liiis. Les coups repetes des balles contre ces abris ligneux, me determinorent agagner an liasard un corps-de-garde espagnol qui, heureusement, demeura neutro. J'y restai muet attendant une solution ou une intermission de la crise. Bientot, sur la foi de tirailleurs franhes de I'Europc. In jeune professeur, M. Villniiovd , tres-verse dans la paleontologie , vient d'executer, aux frais du gouvernemeut espagnol , un ( 125 ) voyage de plusieurs annees en France, en Allemagnc , en Aiigleierrcelen Italie ; il en a rapporle d'immenses maleriaux qu'il s'occupe a coordonner. Les herbiers des botanistes espagnols sont disposes dans le musee de maniere a pouvoir etre facilement consultes par les savants adonnes a I'etude des plantes. J'ai visits , avec une respectueuse emotion , la cor- respondance autographe de Liiuwus avec La'fliug , pendant le long sejour de celui-ci a Madrid, il y a plus d'un siecle. On y voit une collec- tion d'insectes hemipteres acquise a la succession du celebre Lalreille , par le jeune CarreFw , entoniologiste espagnol, de la jjIus haute espe- rance, mort a Paris. II fit ce legs scientifique a sa patrie. J'eprouvai , je I'avoue, quelque chatouillement d'amour-propre en reconnaissant dans cette collection, des etiquettes de ma main sur des especes quej'avais jadis communiquces a feu nion ami Latreille. Je ne quitterai point ce musee, dont le local laisse beaucoup a desirer, sans nienlionner une collection bien classee des beaux marbres indigenes de I'Espagne. L'Ecole de medecine de Madrid etait , en 1808, un hopital militaire franfais, oil j'avais un service medical. EUe n'etait alors que I'^bauche de celle d'aujourd'hui. Le local situe dans la grande rue d'Alocha n'offre rien de remarquable a I'exteiieur. Le jour ou je le visitai, avec nion ami Graells, le hasard me fit assister a la reception solennelle d'un jeune professeur , ce qui me fournit I'occasion de voir tous les mem- bres de la docte Faculte en gi-and costume. Celui-ci me frappa singu- lierement par la couleur jaune loriot intense de la toque et du camail , tranchant sur le noir du vetenient sous-jacent. La salle des pieces ana- tomiques fut la seule que j'eusleloisir de parcourir avec quelque detail. J'y remarquai avec surprise un squelette humain de sept pieds de liaut ; c'etait celui d'un militaire espagnol. J'admirai des preparations artifi- cielles pour i'etude de I'obstetrique, ainsi que plusieurs cas patbologi- ques interessants. Apres avoir parle rues , places , edifices de la capitale , consacrons un rapide aper^u a ses habitants qui ont aussi subi leur part de nuHa- morphose dans la periode de quarante-stx ans. Ce serait bien ici le cas d'un parallele des Espagnols de 1808, et de ceux de 1854' ; mais le sujet est delicat, et la tache par trop difllcile a une epoque surtout oi'i cette nation rajeunissant a sa fafon les principes de notre premiere revolution et meconnaissant peut-etre les conditions physiologiques respectives, semble vouloir entrer dans cette perturbation administrative, dans ce declassement social, consequences pen evitablos de certains niols dunl ( 1-26 ) I'acceptiou a ele ou forcee ou exageree. Je ni'abstiens clone en a'abor- dant que I'ecorce du sujet. Et , comnie dans les etudes anthropologiques , il faut tenir compte de I'action ou de I'influence des vetements sur le physique et le moral de riiomme , je vais , dans men cadre restreint , signaler les changements les plus saisissables survenus dans le costume du citadin et du uiilitaire. En 1808, les liommes portaient tons, meme dans I'ete , le nianteau castillan dans lequel ils s'enibossaient avec grace etnon sans pretention. Aujourd'hui, on ne voit dans les rues et les promenades, que des habits ou des paletots a la franf aise , et le chapeau rond bien lustre. Ce n'est qu'exceptionnellement que Ton rencontre, par-ci , par-la, dans les fau- bourgs , quelqne vienx Castillan du siecle dernier, enseveli dans sa cape brune et coiffe de la montera. Les elegantes du Prado ont fait acte de patriotisme , en fait de coquetlei'ie , en conservant la mantille dassique si bien adaptee au jeu de leur mobile physionomie, et I'eventail , el aba- iiico , telegraphe significatif si habilement manie. Elles n'ont adopte ni chapeau , ni coiffure. Leurs cheveux sont artistement disposes en ban- deau, et je ne sais pas trop si elles n'auraient pas arevendiquer un droit de priorite pour cette mode si generalement suivie aujourd'hui ; toute- fois , dans les salons, les dames de Madrid ont admis la toilette parisienne. Mais un changement qui a surtout excite ma surprise, est celui de I'uniforme de la troupe espagnole. En 1808 , les soldats avaient une veste courte plus ou moins renibrunie, et leur equipement n'avait rien de rcgulier. Maintenant, soldats et olTiciers, ont Thabit et la tenue propre et soignee de nos militaires au temps de la gloire imperiale. Leur musique a les memes instruments, le meme repertoire que ceux de nos regiments. Le sejour septennal des armees francaises en Espagne , et celui des pri- sonniers espagnols en France , n'ont pas peu contribue a cette transfor- mation du costume militaire. Une observation sur les mceurs actuelles vient se presenter au bout de ma plume , et je lui donne cours. Les hommes frequentent beaucoup moins les eglises qu'autrefois , et ce fait negatif n'est pas sans significa- tion. Point de chaises dans les eglises de Madrid. On s'agcnouille frau- chement sur le marbro ou la brique ; et quand les dames sont fatiguees de cette attitude rotulienne , ou lorsque I'ofrice divin le permet , on les Yoitsereployer sous-robe sans effort, et s'asseoir flrrtftcsf/^/ewp/i/ sur leurs. talons. En admirant la facilite de cette manojuvre , je me demandais si sa raison , anatoniique ou tradilionnelle , ne remontait pas a une origine ( 127 ) musulmane. A relevalioii et k la communion, les coups de poings redou- bles sur une poitrine sonore produisent un roulement assez bizarre pour les oreilles franpaises. Le deploiement continuel des eventails a aussi son originalite de bruit. Je n'ai pas vu que , comme en France , on quetat pour I'eglise , ni pour les ames du purgatoire, Les environs de Madrid ont aussi subi leur changenient de decoration. lis etaient jadis presqu'inculles, et consequeramenlfavorablesaux excur- sions botaniques et entoniologiques. Je les avals alors fructueusement explores avec le celebre Lagasca , avec Boutelou , Zea , Lallnre , Ro- driguez , Noboa , tons, belas ! descendus dans les profondeurs du sous- sol. Mais une large compensation reste au naturaliste dans le pare royal de Casa de Campo, celui du Pardo , le site de Chamartin , les bords du canal de Manzanarh et les cbaudes montagnes A'Aranjuez ou le chemin de fer vous transporte en une heure. Un nouveau quartier, du noni de Chambery, s'est en quelque sorte improvise depuis 1808 en dehors de la porte de France ou de Bilbao. II y a deja une centaine de maisons recemment baties, et les constructions sont en pleine activite , en sorte qu'avant dix ans , sauf revolution, cet appendice madritain , place d'ailleurs dans les meilleures conditions de salubrite, pourrait bien avoir de six a sept mille habitants. Je ne quit- lerai point Chambery sans citer un grand et beau cimeliere nouveau, silue pr6s de la, et sans dire quelque chose sur un chantier du voisinage , ou Ton taille le granit. Les coups de marteau et de ciseau portes sur cette roche refractaire sont tellement resonnants, qu'a une certaine distance on dirait le tintement de timbres metalliques. En parcourant ce chantier, je m'arretai devant un enorme cylindre creux de granit a surfaces regu- lierement unies, et de la dimension d'un grand tonneau. J'ignore k quel usage il etait destine. Le pare royal de Casa de Cainpo , bien mieux entretenu que jadis , et aujourd'hui sous la direction d'un jardinier francais, est un tres-vaste enclos de plusieurs centaines d'hectares , coupe de collines , de ravins , de plaines et de pieces d'eau. Je n'ai pas connu de site pins delicieux pour le naturaliste. On pent y renouveler dix fois par an , ses investiga- tions avec la certitude d'y faire toujours une abondante moisson. C'est le Fontainebleau de Madrid , avec I'avantage d'etre aux portes de la capi- tale. J'y rencontrai pour la premiere fois de ma vie, en Juin 1851, un ophidien dont j'ignorais I'habitat en Europe , VAnphisbena cinerea. On pent, en toute confiance, saisir a la main cet innocent reptile. II habile ( h28 ) sous Ics debris et les pierres au pied du niur d'enceiiito. On le prondrait tout d'abord pour un gros lombric terrestre. J'en pris plusieurs indi- vidus. Au lieu de s'enfuir il s'enroule en se raidissant. Dans cette meme localite on trouve le Carabns hellno , insecte rare partout ailleurs. line excursion a Aranjuez , dans la journee du 10 Juin , et par un ciel brulant, nous permit d'en explorer et les montagnes pelees et la lagune. On y est en pleine zone australe et dans la patrie de I'olivier. Pour ne point ravir un instant a la botanique et a I'entomologie, nous laissames invisitees et la royale residence et ses beautes artistiques. Les bords herbeux de la lagune et les genets de la montagne nous fournirent plusieurs insectes dignes d'etre captures (1). Dans les ravins daces monts, d'un aspect si aride, nous trouvames plusieurs plantes qui eurent les honneurs du carton (2). II est temps d'en finir avec Madrid , ses metamorphoses et ses environs; je vais dire mes impressions dans un voyage aux montagnes de Gua- darrama. Le 14 Juin 1854, je partis de Madrid pour I'Escurial avec mes amis Graells, Perris et Sanchez. L'excursion devait etre longue et le bagage etait proportionne. La diligence ne differe guere de celles de France; mais I'attelage avait son allure locale , et il merite de nous arreter un (1) Je me borne a signaler : Pogonus viridanus. Polydrusus albellus- Stenolophus proximus. Conialus repandus. — dorsalis. Stylosomm lainarisci. Bembidium qitadriinnculaluin Allica dorsalis. — plagialum. Pachnephorus arenarius. — quadriguUalum. Elaler ornalm. Dasytes a>ratus. — bcelicus. — mclallicus. — cribricoUis. —^ rufipes. Apion retamm. Hxus anguinus. (2) Lepidium subulalum. Sisymbrium crassifolium — cardamines Gladiolus Rcuteri. Reseda erecla. Salvia hispanorum. Frankenia Ihymifolia. Sonchus crassifolius. Teucrium pseudo chamospilhys. Crucianella palula. Hdianlhemum sqiiammalum Cochlearia glaslifolia Vella pseudo-cylisus. ( 129 ) instant. Dix mules au pied leger, au caraclere parfois recalcitrant, etaient rangees par paires en une longue serie. On appelle Adelantero le pos- tilion a cheval , en tete de la serie. A chaque relais vient se placer a cote du conducteur, un Zagal qui connait a fond le physique et le moral de ses mules. Chacune de celles-ci a son nom specifique, plus ou moins qualifie, qu'elle a appris par la lecon du fouet. Ainsi , au mot d'ordre de Generala , Coronela , CapUana . Jsabela, MoUnera , Polilla , Aila , Aitcha , etc., chaque titulaire dresse a I'instant ses longues oreilles et redouble plus ou moins sun trot, pour eviter I'admonestation flagellaire. Les cris incessants, les allocutions topiques etaient poussees par le Zagal avecunserieux, une conscience, un entrain oiison amour-propre paraissait aussi engage que son interet, et nous fournirent , a nous Francais, une des scenes les plus originales qu'on puisse imaginer. Places aux premieres loges, c'est-a-dire, dans le coupe du vehicule, nous pouvions parfaitement apprecier les manoeuvres , les attributions respec- tives du Zagal et de ses eleves. La force ou les modulations de ses cris variaient suivant la distance des mules , ou suivant leur temperament connu. Souvent il appliquait sur le cote de son visage une main creusee en conque, pour mieux diriger ses vociferations. Souvent aussi, impatiente de I'impuissance de sa bruyante parole , on le voyait sauter de son siege pour stimuler reiterativement, du manche de son fouet, les delinquantes betes. La mise de la tete du Zagal completait le spectacle. Sa face brulAe etait a peine ombragee par un chapeau castillan pur sang, inamovible, a bords releves formant un canal, une rigole circulaire, ornedehouppes, de rosaces , appose sur son chef qui etait coifTe hermetiquement d'un mouchoir rembruni. Le trajet de Madrid a I'Escurial se fait en cinq heures par une large route qui traverse au Pardo le Manzannrh et plus loin le Guadarrama. Le pays est tantot convert de cereales, tantot inculte. Apres les relais de Rosas et de Galapagar , la route devient sinueuse et ascendante , ce qui nous permit de mettre pied a terre , pour nos investigations. Nous passames un jour plein a I'Escurial. Un temps superbe nous per- mit de bien explorer les productions naturelles de ses environs. Mon herbier s'y enrichit. Trois insectes , qui y abondaient , furent les repre- sentants entomologiques de cette localite ; c'etaient Lagria lata , Apho- fiius carpetanus , Chasmatoptents Illigeri. Ce jour-la, ce dernier bap- teme fut inaugure par M. Perris qui , prenant la nature sur le fait, cons- tata que les C. villosulus et pilosulus d'llliger , n'etaient que les deux ( 130) sexes d'un seul ct meme type. Cette observation directe, qui redresse une erreur, a bien sa valeur de science. Les devoirs du naturaliste remplis , devions-nous laisser inaperf n le celebre monastcre de I'Escurial ou Escorial , comme disent les lettrcs espagnols. ? L'occasion etait opportune , car , precisement ce jour-la , 15 Juin , se celebrait la Fete-Dieu ( Dia de Corpus), et les moines de St. -Jerome (los Geronimos) , reiftstalles depuis peu de niois , firent, dans le cloitre, une procession solennelle , ou le public 6tait adniis. L'aftluence etait grande et la proportion des homnies bien plus conside- rable qu'a Madrid. La province a partout des moBurs moins corruptibles , moins changeantes que dans la capitale. Est-il besoin de rappeler qu'il y a trois cents ans , un roi terrible et cruel, qui remplissait alors I'Europe de son noni , forma, a la bataille de St.-Quentin, le voeu de dedier a St-Laurent, un monument religieux, d'une grande magnificence? Get immense et colossal edifice, tout cons- truit de masses de granit , se compose du monastere et du palais royal qui lui est contigu. Sa configuration generale, pour repondre a la Sainte- dedicace, est celle d'un gril dont les pieds sont representes par les quatre superbes tours du convent et le raanche par le palais. En entrant dans I'eglise , je fus frappe d'un saisissement indefinissable a I'aspect de ces voutes hardies, de ce parquet a grands carreaux de marbre blanc et noir, de la grave elegance des chapitaux , des corniches , des frises ou I'habilete du ciseau a si heureusement defie 1* durete de cette primitive roche, des beautes sculpturales du jaspe, de I'or, du bronze, des bois compacts les plus recherches , de ce somptueux choeur place dans une galerie superieure, entre deux buffets d'orgue resplendissants , de ce pupitre gigantesque , si bien posesur son pivot, que I'effort seul du doigt suffit pour le faire tourner. On nous signala un des coins du chaur oii Philippe II, voue, apres ses campagnes, a une vie toute monacale , venait journellement prier et mediter. Son palais avait une p.orte inte- rieure de communication avec le convent. .le vis la , dans une armoire en beau bois bien sculpto , un genre de luxe tout-a-fait inconnu pour moi , 65 enormes missels, d'un format de deux a trois metres carres , renfermant chacun, sous une riche et lourde reliure, cinq feuilles seulement d'un beau parchemin , avec des caracteres d'une grandeur proportionnee. Ces dimensions des missels expliquent celles du colossal pupitre. Le temps nous manqua pour visiter et le palais et ses jardins et les catacombes du monastere , dont la profondeur egale la hauteur de Tedilice. ( 131 ) Que serait-ce done si je voulais simplement ^num^rer les tableaux el les fresques des premiers peinlres de I'Europe, au temps ou s'^leva ce monument religieux? Guerriers, tant etrangers que nationaux , revolu- tionnaires de toutes les epoques, qu'avez-vous fait de tous ces chefs-d'ceuvre de Raphael, Rubens, Veronese, Leonard de Vinci, Titien , Vandyck, Michel- An (j e , Carache , Peregrino , Bergamesco , Sanchez, Luqueto , Caravajal, Rivera, Rorimlo, Bustamente. Velasquez, Herrera, et vingt autres peintres illustres, appeles et largement rcmuneres par Philippe II? Tous ces tableaux , je les trouve inscrits et decrits dans le livre inti- tule : Descripcion del real monasterio de San Lorenzo del Escorial, por Don Andres Ximenez ( HGi). Le convent et le palais de I'Escurial , ont coute 240 millions de reaux , ou soixante millions de francs. De ces tableaux de I'art, revenons aux tableaux de la nature toujours rajeunis , toujours emouvans pour I'investigateur inspire. Notre petite caravane, pour I'excursion dans les montagnes de Gua- darrama , se composait de quatre chevaux montes par nous , d'un cin- ([uieme portant bagages et provisions, et d'un jeune Castillan, Francisco, bien decouple, affecte a mon prive service, et suppleant par I'acuite de sa vue a la faiblesse de la mienne. Nos chevaux , sans etre de race anda- louse, avaient des qualites appreciables, le pied siir, Thumeur accomnio- dante , une constante disposition aux haltes exigees et surtout un appetit (\m , malgre le mors , les trouvait toujours prets a I'herborisation. Graells et Sanchez , portaient un fusil pour lirer aux oiseaux , et , le premier , notre chef, notre guide, avait un clairou de cuivre pour rallier la troupe dans ses explorations divergentes. Le ciel etait pur. Nous marchions radieux en face des Montes Car- petani des Romains. Les pics deSietepicos, Cabeza de hierro, Maliciosa, etc. , sont successivement proclames et salu6s. On croise au village de Gardena? la route royale de Madrid a Valladolid, on traverse /os il/o/mos et on laisse sur sa gauche CercediUa. Aux premiers elages de la mon- tagne , oii la nature n'a point encore perdu ses droits de fertile inculture, les attraits des Soldevilla setosa , Pyrethrum sulphureum, Statice alliacea, Antirrhinum hispanicum , Pceonia Boissieri , Ranunculus laleriflorus , Adenocarpus hispanic4is ])ro\oqne.nl notre pied a terre pour les cueillir et nos recherches se continuent ainsi jusqu'a la couchee. Je constatais , non sans quelque emotion, I'abondance dans ces contrces Sous-Guadar- ramiennes du C/(^ue-rlus tard la preuvc couvain- ( 135 ) cante par ties pieilis vivanls rapporles de Guadarrania , et qui , cette aniiee 1855, out fleuri dans mon jardin ou elle a repris son type linneen ; Linaria delpliinioides , charmante espece digne de figurer dans nos par- terres ; Viscum laxum, plante peu recomniandable par son aspect, para- site des branches du pin : je ne I'avais jamais vu ; Lychnis macrocarpa, encore une superfetation pour la science, a grosses capsules hypertro- phiees. Des graines prises a I'Escurial ont leve, fleuri et fructifie en ce moment a Saint-Sever ^Juillet 1855), et j'y retrouve le legitime L. dioica Lin. , commun en France. Nos chasses entomologiques furent couronnees par la decouverte sous les pierres et les divers abris de cette pente septentrionale de Guadar- rama, des Carabus Guadar ramus, Feronia Ghiliani, globosa,nemoraUs et moiitaneUa , Zabvus marginicollis et pyrenoeus , Cymindis melano- cephola , Philax ulissipoheiisis , et de quelques rares individus du Miso- lampiis scabricollis , si ardemnient convoite. Les pluies jalouses nous detinrent une semaine a la Granja, sans pour- tant y demeurer oisifs. La montagne du Reventon fut exploree ainsi que sa modeste cascade qui saisit au loin les regards. Ce mont est un chainon lateral de Guadarrama. Des les premiers pas, s'offrirent deux cruciferes inconnues pour nioi, VAvabis stenocarpa a tige elancee, droite et simple, d'un metre de haut , et le Lepidium perfoliaiiim ou Thlaspi heterophyllum Cav. VAdenocarpiis hispauicus abondait pros de la. Je fus surpris de rencontrer sur les pentes du Reventon une celebrite arachnidienne, la fameuse Tareniule qui fut en 1808 I'objet privilegie de mes etudes. Je revoyais , avec une certaine satisfaction d'amour-propre d'auteur, sa singuliere taniere surmontee de sa tourelle exterieure, son habilete a revetir de sole les parois internes de ce palais tubuleux. J'a- percevais au premier coude de son reduit obscur, ses yeux etinceler comme ceux du chat. Ainsi qu'au vieux temps, cette belle araignee, plus redoutee que redoutable , se laissait debonnairement tromper par I'a- morce d'un epillet de gramiriee agite a la porte de son terrier. On la voyait alors s'elancer d'un bond au dehors, et si Ton etait assez agile T^iour lui barrer la retraite , elle se blottissait dans sa confusion et on pouvail , sans nuUe crainte , la saisir au corps. Ainsi , quarante-six ans se sont ecoules depuis la premiere fois que j'observais les manipuvros dc la Tarentule sans qu'elle ait fait le moindre progres. Qu'on me permettc un rapprochement qui parallra pcut-etre un peu disparate. II y a une vingtaine de siecles, les fiers conquerants des monts ( ISC. ) Carpetains , en parcourant dans leurs courses ou leurs chasses le Re- \enton , foulaient aux pieds , sans s'en douter, les donjons des romaines Tarentules , et tandis que , parvenus a I'apogee de leur gloire , ils eurent a subir I'inevitable decadence , notre laborieuse Arachne , fidele a son poste comme a rinstinctive tradition, est demeuree stationnaire, s'en trouvant bien , ne voulant pas niieux , et cela pour la plus grande gloire des sublimes harmonies de la nature. Treve de Romains et Tarentules pour signaler dans cette nienie loca- lite du Reventon le plus brillant , sans contredit , de tons les scarabees europeens , le Geotrupes coruscans , d'un cuivre dore eclatant. II parait rechercher les crottins des brebis. Una sauterelle aptere, grosse, lourde et laide, ayant la configuration generale de VEphippiiim ou Porle-Selle, se trainait, fa et la, dans ce desert. M. Graells a decrit et figure cette ♦locustaire sous le nom de Pycnogaster jugicola. J'eus beau fureter scrupuleusement les rochers de la cascade du Re- venton , je n'eus que des deceptions. Je pris pour niemoire des vulgaritos en mousses' et en lichens. Mais la patience du scrutateur tant soit peu ambitieux ne se lasse jamais. Une decouverte , de mince valeur en apparence , me dedommagea. Je trouvai aux tiges du Cotyledon umbi- licus une petite galle produit de la piqure d'un insecte. J'en recueillis soigneusement quelques-unes , et de retour en France , j'eus I'indicible satisfaction d'en voir eclore un curculionite nouveau du genre Nano- phyes. La chasse au parapluie fut des plus productives. Independamment d'un deluge de MetalUtes crislatus , nous primes deux Pachybrachis a ^tudier, et une foule de Phytocoris d'une determination peu facile. Le mauvais temps ne nous empecha point de visiter le magnifique jardin royal de la Granja. C'est Philippe V, petit fils de Louis XIV, qui fonda cette residence souveraine. Ce prince, ne au milieu des chefs- d'oeuvre de Versailles, con?ut I'idee de les imiter, et sut attirer pres de lui les grands artistes. Ce jardin, situe au pied des nionts Carpetains, qui lui fournissent avec largesse des eaux claires , vives, toujours en bruyante circulation , a sous ce rapport une superiorite tres-marquee sur celui de Versailles. J'admirais le gout exquis , I'admirable execution et la profusion extraordinaire des statues, des vases, des groupes mytho- logiques en marbre, en bronze ou en plomb, el les bassins echelonnes de ce local enchanteur. Le reservoir superieur qui abreuve tons les autres est immense, et place sur un plateau oii la vue embrasse et les sommets vaporeux de Navacerrada et les flancs dn pic ueigeux de Pdiiitara , ( l:^" ) d'ou surgissent les puissanfes sources qui s'epanchent en cascades dans tous les etages du jardin. Je n'ai rien vu de si grandiosement pittores- que, que cesprodiges de la nature defiant les prodiges de I'art. Parmi les groupes allegoriques, lejetd'eau de la renommee , la fama, s'elance, quand il fonclionne, a une si prodigieuse elevation, qu'il s'aperfoit , dit- on, de Segovie, ville distante de seize kilometres. Les arbres, arbustes ctplantesd'agrenientde ce jardin en amphitheatre, sontd'une belle venue et bien entretenus. Nous ne pumes pas visiter le palais qui etait en restauration pour I'ar- rivee prochaine de la Gour. L'eglise de la Granja n'a rien de remar- quable; mais on nous monlra , dans la sacristie, un ostensoir colossal en or massif incruste de diamants, emeraudes, topazes et autres pierres precieuses. II a coute deux millions de reaux, ou cinq cent mille francs. C'est un don de Ferdinand VII. Enfin, a force de patience et d'impatiences, car clles se boxcnt I'uno I'autre, le ciel nous fut propice, et nous pumes consacrer une belle journee a escalader ce Peiialara que, dans notre station forcee a la Granja, nous menafions chaque jour du regard. Pefialara est le pic culminant de loute la chaineGuadarramienne. Son altitude estsuperieure de plus de cent metres a celle du port de Navacerrada. A notre caravane s'ajouta un guide du pays , pratique des sentiers de la montagne. Nous suivions religieusement ses traces. Apres avoir traverse, par d'apres sen- tiers, des forets de chene-vert et de pin , nous rencontrames des neveros, ou pourvoyeurs de neige. Chacun de leurs mulcts portait deux forts ballots destines pour Madrid, Segovie, etc. Durant une courte station sur un plateau forme par les eboulis de Pefialara et dominant le vallon profond du Paular , ou mon argus comptait cinq villages assez rapproches, je me mis a crayonner le pa- rallele de ces montagnes avec celles de nos Pyrenees. Rien dans les monts Carpetains ne rappelle nos altieres , nos fraiches Pyrenees de Cauterets, Bareges, Gavarnie, Eaux-Ghaudes, Luchon, etc. Une leinte grisatre uniforme, un aspect pele, comme incinere, dessi- nent I'etrange physionomie de ces sommets emousses, de ces lignes usees , de ces pentes deshcritees en apparence de toule vegetation. Nulle part ces pics aceres qui s'elancent dans la nue, ces aretes aux contours bizarrement laceres , simulant parfois des mines archc-ologiques; nulle part ces flancs erailles, ces crevasses profondes, receptacles de tous les dons de Flore ; nulle part ce bruil, cetto turbulence des torrents eu- ToME XXT. M ( l;j^ ) caisses, ces cascades impatientes qui donnent de la vie a ces masses inanimees. Vous ne rencontrez ici que des cours d'eau rares , placides el muets qui paralysent vos muscles locomoteurs en stupefiant le cerveau. Esquissons le tableau oomparatif dc la parure vegetale de ces deux ordres de moiits, de ces grandes ossalures geologiques. Nous verrons que la creation, consequente a la sublimits de ses vues, faitedater partoutsa sagesse dans ropportunile des conditions productrices et conservatrices. Sans doute vous chercherez en vain, dans la cordiliere Castillane, ces trois ceintures si fortement Iranchees du hctre, du noir sapin et de riiunible rhododendrum, cette serie de plus de vingt Saxifrages, I'lion- ncur des Pyrenees, ces Androsace , Primula, Anemone, Genliana, Parnassia, Veronica, Pedicular is, Salix, Carex, Fougeres , Mousses, Lichens, jetes avec profusion en tons lieux. Mais la flore Carpetaine a aussi ses compensations : elle a sa triple zone du chene-vert, du pin et des genets, et si les conditions climateriques lui refusent le nombre et la fraicheur des especes pyreneennes, elle peut ofTrir au botaniste, qu'embrase le feu sacre et qui a franchi I'Ebre pour la premiere fois , une foule de plantes a teinte cendree, a constitution seche, a physio- nomie locale, qui ne laisseront pas oisives ses mains empressees. II ad- niirera ces thyrses fleuris de VAsphodelus ramosns , peuplant toutes les fricbes inferieures, ces Cistus et llcliunlhcmum, formant d'immenses steppes, ces Genista, d'especes si multipliees, ces vastes ombelles des Thapsia et Ferula, ces Thymus, Rosmarinus, Lavandula , Phlomis , Artemisia, Sanlolina, qui embaument de leur suave parfum toutes les collines arides; il contemplera, sans oser lui ravir un echantillon, ce redoutable Onopordum illgricum , qui a deux fois la taille de I'homme. Enfin , ii lui faudrait etre un Briaree pour cueillir ces legions de Silene, Linaria, Reseda, Si al ice , Cleonia, Centaurea, Astragalus , et ces in- tcressantes graminces de toutes les statures , depuis VAvena Caranillesii jusqu'a VAira minuta. Notre station definitive s'etablit aux bords du lac des Oiseaux, Laguna de los Paxaros. Je ne connais pas de solitude plus sauvage, plus lugubre, plus inanimee que celle de ce petit lac. Pas un arbre, pas un arbrisseau, pas un buisson ! Le morne silence de son enceinte rocbeuse, a teinte cen- dree, n'est intcrrompu que par le cri rareet aigre d'un oiseau griscomme les rocbers donl il frequente les cretes. M. Sancbez fut asscz adroit pour en abattre un : c'est V An thus Richardi. La flore locale se borna a trois Narcissus : rnpicoJa , nivalis et I ( 139 ) Graellsii. Nos conquetes entomologiques furent moins restreintes. II etait edifiant pour la Science de voir de graves investigateurs se courber, s'agenouiller, se prosterner pour bouleverser et scruter toutes les pierres grandes et petites. Cette rude gymnastique, poursuivie avec ardeur pen- dant quatre heures, etait digne d'un meilleur resultat. Nos captures furent peu nombreuses , car elles se bornorent a cinq ou six especes; mais elles etaient d'une qualite peu commune. On proclama successive- ment Byrrhus di'iiilus , Dorcadion hispanicum , avec sa livree differente suivant le sexe, Otiorhynriis Iruncatellus, Trachodes, nouveau , Elater salphuripeunis , etc. Je fus surpris de ne pas y rencontrer un seul Carabique. Je regretterai toujours que I'eniploi de notre temps ait ete si mal com- bine. Au lieu de le gaspiller pres du lac, nous aurions pu escalader la cime de Penalara, et son large camail de neige ne pouvait pas etre uu serieux obstacle. II nous fallut done renoncer a sa llore comme a sa faune et se contenter de juger de sa constitution geologique par les blocs et les debris entasses sur sa base. Ce sont des gres calcaires entremeles de masses de granit. II etait encore haut jour quand nous saluames de nos regrets le pic de Penalara, pour descendre a la Granja. Des les premiers pas, je me sentis emu a I'aspect d'une plante de peu d'apparence portant le nom d'un ami eminemment ainiable et instruit avec lequel j'eus, pendant quarante ans, d'intimes relations, et qui, depuis luiit a. neuf, m'a delaisse sur cette croilte du globe : c'est VArahis Boryi. Ces noms consacres au savant on a I'ami perpetuent des souvenirs pleins de sentiments. ' II faut battre le fer quand il est cbaud. Des le lendemain de I'ascension de Penalara, notre caravane, faisant treve d'histoire nalurelle, decida de faire un voyage arcbeologique a Segovie. Au moment du depart, je fus frappe du costume otrange, de I'allure speciale d'une jeune femme tenant dans ses mains, non pas un bol, mais une casserole de cafe au lait. J'observe , je questionne : c'est une Gilana, une Bohemienne. Fades bistre-rutilant, cbeveux bien plaques, luisanls comme I'ebene , grands yeux noirs ombrages de longs cils, demarche degagee , preste et fiero, laille moyenne, dcsinvolture ccsjii forme . aplomb respirant riiabilude de la domination, lei est son sigiialemenl. Esprc!' nouvelle pour moi, malgre mori antique sejour dans les Espagnes, je ne voulais pas perdre Toocasion de saisir a la vdlec ce snjet d'olude. Sou ( n<» ) vetement a couleurs tranchees, du jaune, clu rouge, du noir, tHait loul- a-fait theatral. Je m'aperfus bientot que celle Gitana n'etait point seule. D'autres femmes de mise tres-vulgaire , des homines el une nichee d'en- fants de tous les ages apparurent , formant une tribu nomade , un clan a organisation speciale, sachant se soustraire aux lois et aux usages du pays. On me les signala, ni plus ni moins, comme une bande de filous se rendant a la foire de Segovie , pour y exercer leur industrie prestidi- gitatrice. Vagabonds, sans feu ni lieu, ils etablissent leur gile a la belle etoile , sous un chone vert qui ombrage betes et gens. En nous rendant a Segovie, nous rencontrames la bande cheminant a clieval, a ane, a pied. Leur principal harnais etait de plats raatelas ou s'empilaient femmes et enfants. La plaine que traverse la route de la Granja a Segovie est tout-a-fait impittoresque. Le triste cWne-vert, de rares cereales et des champs de Garbanzos ou pois chiches qui sont en reputation, voila tout ce que la main de I'homme a pu conquerir sur la nature sauvage. Pas un olivier, pas un pied de vigne. En entrant dans Segovie, I'aspect de cet immense aqueduc roniain dont les cent arcades se deroulent avec tant de majeste , produit sur vos sens une impression difllcile a caractcriser par des mots : c'est comme une admiration effrayee. Apres dix-huit siecles , cet aqueduc fonctionne encore comme au temps des Cesars; il abreuvait Segubia , il abreuve Segovie. De colossales masses de granit, superposees sans un atome de ciment, constituent I'ensemble de I'edifice. Ces masses ont leurs larges surfaces respectives si uniformement taillees, qu'elles se touchent et adherent par tous les points. C'est la le secret de la longevite du monu- ment. Comme le sol est fort accidente , les arcades s'elevent progressive- ment et, en approchant du centre de la cite qui est tres-enfoncc, une quarantaine d'entr'elles sont doubles ou a deux rangees qui se surmontent avec de belles et elegantes proportions, pour se conformer au niveau des eaux. L'observateur, place en face de ce grandiose de I'aqueduc , tombe inopinement dans un extase muet, dans ce fremissement cutane qu'on appelle si T^'MorGsquemenlhorripilalion. L'imagination seule, refoulant son souvenir ;'i travers tant de siecles, vient evoqucr les ombres des Remains au temps de leur florissante Segubia et appeler a comparaitre leurs suc- ccsseurs heteromorphes : Vandales , Visigoths , Maures , Castillans et Francais... Ilelas ! tous ont passe ou passent et le monument de Trajan , ( 141 ) bravant Taction dissolvante des siecles , demeure debout. Quelle fanlas- magorie que cellje-la! II nous restait a visiter V Alcazar en dehors de Segovie. A ce nom qui n'eut pas cru a un antique palais mauresque? Mais nous fumes trompes, comme on dit, sur I'etiquette du sac. Je ne doute point qu'il n'y ait eu dans ce lieu un palais des Maures , une Cazauha, un Alcazar ., mais la tradition n'en a conserve que le nom , et I'edifice qui le justifiait a com- plelement disparu. Et voyez comme les hommes et le temps operent des metamorphoses ! L'Alcazar du Dey de Segovie , a vole en poussiere par I'expulsion de ses maitres, et il est devenu plus tard, un chateau-fort a fosses extremement profonds , avec deux tourelles qui flanquent une tour centrale, appelee Torre de Bon-Juan , parce que le Roi faineant Jean II, la fit construire. Les tourelles laterales sont du temps de Phi- lippe II. Actuellement , la troisieme metamorphose vient de s'efTectuer, et tout en conservant son nom d'Alcazar c'est une ecole royale d'artillerie, sur un tres-bon pied. Nous y vimes des eleves d'une excellente tenue et c'est d'un officier, que je tiens la petite note historique precedente. Segovie est une ville de huit a dix mille habitants. Elle a un aspect commerfant, et ses fabriques de tissus de laine ont du renom. Elle est irregulierement batie a cause des accidents du sol. J'y vis pen de nou- velles constructions et j'en conclus qu'elle etait encore stationnaire. A chaque pas je constatais avec douleur, des pierres romaines a inscrip- tions ou sculptures plus ou moins renversees , enclavees dans de vieilles et prosaiques niurailles. Sa cathedrale, tant a I'exterieurqu'al'interieur, a une grande magnificence. Son style d'architecture , est de la transition du plein cintre a I'ogive. Je ne connais a Madrid , aucune eglise aussi belle , aussi imposante que celle-la. Le hasard nous fit renconlrer a Tissue de la ville, le trait lo plus typi- (jue de la moderne Segovie; des troupeaux ou Meslas de merinos, a sordide toison , gagnant des pacages lointains avec leurs patres fort sem- blables a ceux de nos Pyrenees. Apres les souvenirs multiscculaires , inspires par les monuments remains , permettez a mon antique plume , benevole lecteur , d'exhumer une de ces idees retrospectives qu'elle se complait a tracer dans un interet tout personnel. II y a quarante-sept grandes aimees , en 1808, et meminisse juvat , un de mes honorables compalriotes et mon ami , M. Poyfere de Cere , encore aujourd'hui plein de vie , avail ete charge par TImperatrice Josephine, de lui procurer un troupeau de merinos ( 1 i'2 ) |)ur sang. II se Iranspurla a Sogovio , quartier i;oiit''i'al de cullc race uvinc. 11 venait de conclure sa negocialioii cl sa troupe laiiigere, dont il avail legle les etapes^ clait en marche lorsque reiiieule populaire de Madrid , (lu 2 Mai, vint le surprendre. Oblige de se travestir en berger Castillan , il fut assez heureux pour rentrer sain at sauf dans Madrid. Ce meme jour, je I'entendais conter chez le marechal Moncey, toutes les peripeties de son aventure. Trois mois plus lard, lors de notre relraile de Madrid , aprcs les desastres du general Dupont, je rcncontrai M. Poyf'ere dans les defiles de Pancorvo, a la tete de son populeux regiment de merinos. Comme je faisais philosophiquement a pied cette retraitc , j'acceptai volontiers sa gamelle sous un soleil caniculaire. .le m'y acquis quelque droit de commensal en prenant , ou mieux en volant, de complicite avec mon venerable ami , des legumes dans un jardin du voisinage. Une troupe conqucrante, meme et surtout quand ellc est enretraite, s'arrogc volontiers ce droit d'nsufruit. Aprcs I'cbullition voulue , je pris rang dans le cercle de I'escorte militaire et des patres indigenes. On m'arma d'une cuiller de bois , et chacun puisait a son tour dans la commune marmite. Cette institution militaire de la gamelle, en meme temps saine, econo- mique et morale, nous etait surtout enviee par les officiers anglais. Cette reunion par escouade, rappelle les habitudes de famille et devient I'oc- casion de fraternelles relations. Peut-on oublier une semblable halte , ce repas militaire et pastoral , et n'est-on pas excusable, apres une si longue date, d'en editor encore le souvenir? Mais reprenons le fil de notre peregrination. Le lendemain du retour de Segovie , la caravane partit de la Granja pour regagner I'Escurial. On passa la nuit a la Verda de San-Rafael distante de 25 hilometres. Le chemin , sans etre une route royale , est battu. 11 longe les bases incul- les , desertes et pelces, de cette partie de la cbaine de Guadarrama que domine le pic de Marirhira. Quelques lialtes exploratrices , ne nous olTrirent que des miseres scieutifiques. Ces rigueurs du desert, furent 1U1 moment compensees parle concert aeriende quatre especes d'alouet- tes , qui rivalisaient de gazouillement sous I'azur d'un ciel incandescent. G'etaient les Alauda calandra , cristata , arborea et brachydacUjln. -N'ous n'etions pas d' accord sur la preeminence de leurs cantilenes. Je penchais pour V arborea, le Coatelieu de notre sud-ouest, peut-etre; parce que ses accents nie rappelaient les chasses de mon jeune age. Avanl le village de Sa/(i«-C«/r///«rt, ou se trouve ladite Vent a , nous battimes, le lilet a la main, des collines peuplees de Cisttis laurifoUus ( ii.;i ) ou nous supposions uii petit Apion propre a cct arbustc. Nos coiiiiueles ne repondirenl point a la Constance tie nos battues. Nous ne fumes pas plus heureux pour la botanique. La venla de San-Rafael , la digne sceur de celle de Navacerrada , pour ce qu'on appelle le confortable de la vie , est situee isolement sur la route royale de Madrid a Valladolid , au port de Guadarrama. C'est un bon poste pour le naturaliste , a cause du voisinage des niontagnes. On saura quelque gre a ma sobricte d'ecrivain de laisser inedite dans mon carnet la description d'une soupe improvisee qui saisissait au loin Todoral par I'empyreume de son huile et I'acrete des condiments. Les plus intrepides , tant nationaux qu'etrangers , reculerent ; moi seul , plus affanie sans doute , j'ingerai heroi'quement una copieuse ration de ce sinapisme culinaire qui fut inoflensif. Je dirai quelque chose sur les bwufs do la Castijle dont nous avions souvent remarque la robuste constitution. lis appartiennent a una forte race noire, par fois zebree ou panachea de fauve, a pelage ras, luisant, lustre , a taille au-dessus de la moyenne, a epaules vigoureuses, a belles proportions du train de derriere. Leur force et leur docilite les rendent egalement propres k la charrue et aux charrois. Pour nous rendra a I'Escurial , il fallut traverser par des sentiers pea pratiques les montagnes de Pinares llanos, ou on penetre par una gorge escarp^e. La , notra chef, trompe par sas souvenirs ou mal servi par ses inspirations , nous engagea sur des pentes rudes et broussailleuscs que n'avaient certainement jamais foulees des cavaliers. Aprcs une lutte silencieuse ou j'admirais surtout la force et la souplesse de nos cbevaux, ceux-ci nous ramenerent par instinct au bas du vallon. La parole, la bonne humeur nous revinrent en rejoignant le scntier lineaire si aventu- reusement abandonne. Un fait nouveau pour moi me resta de cette deviation ilinerale, ce fut las cris repetes des Martinets. Ces oiseaux, au vol rapide et continu, tournoyaient dans ce desert autour d'un rocher sursaillant, commo ils le font aux clochars et aux vieilles niurailles de nos villes. Je crus recon- naitre a leur accent le Martinet ordinaire ; mais il se pourrait , vu cat habitat, que ce fiit le Martinet a ventre blanc ( Capselus mellm), espece (lui habite les montagnes du midi de I'Europe. Le nom da Pinares llanos signifie plaine dc pins; mais c'est bien plulot une large vallee a vasles pclouses separant des pins assez clair- ( \U ) semes. Un ruisseau d'eau vive et potable, qui a bicn son nierite, en par- court le fond. La contree est des plus sauvages. On nous avait berces de I'espoir d'une razzia de Misolampus , et comnie ces coleopteres habitent de preference sous les copeaux de pins , nous avions des raisons d'y compter, car la foret, en pleine exploitation, olTrait partout de grands tas de ces copeaux. Nous nous prosternames cent fois pour les eplucher scrupuleusement, mais nous ne rencontrames que de fort rares iudividus de cet insecle. Le temps de leur metamor- phose n'etait pas sans doute arrive. M. Perris eut seul le privilege de denicher unc larve de ce melasome. Les pierres et autres abris nous fournirent les niemes carabiques deja captures a la zone correspondante de la descente de Navacerrada. Quel- ques Cyrtonus montanus furent pris par nos filets. A la vue de nombreux troncs de pins gisant morts sur le sol et dans un etat de decomposition favorable a I'habitation des insectes rongeurs ou de leurs larves , j'avais cu I'espoir, en les depef ant avec le tranchant du marteau , d'y rencontrer les especes analogues a celles qui surabon- dent dans le sapin et le pin maritime tombes de vetuste ; mais je fus completement def u , et j'emportai I'idee que les pins de Guadarrama etaient pauvres en insectes lignivores. Dans notre marche ascendante de Pinares llanos , apres avoir francbi la zone du pin, nous retrouvames celle du Genista piirgans , indice de la conformite d'altitude avec celle de la montee du port de Navacerrada. Ces ceintures vegetales ne trompent jamais pour I'appreciation de la liauteur au-dessus du niveau des mers. Sur les fleurs de ce genet, nous primes en quantite les Mylabris Dufourii et Sobrina, scientifiquement baptises par notre ami Graells. A la crete de la montagne, se presenta le Pycnogaster jiigicola , signale deja sur le mont du Reventon. Passe cette crete, nous descendimes oisifs le sentier spiroide qui conduit a I'Escurial. Dans ce trajet, j'eus occasion de reraarquer un fait de geographic botanique. La fougere commune {Pleris aqmlina) abonde sur ce revers de la montagne, surtout au voisinage de la crete, tandis qu'on ne la ren- contre ni a Madrid , ni dans Test et le midi de I'Espagne. Si je ne me trompe , elle est incompatible avec la zone de I'olivier. L'ordre a etablir dans nos conquetes expeditionnaires nous fit passer un jour plein a I'Escurial, dans la maison hospilaliere de notre savant ami Graells qui d'ordinaire y sejourne avec sa famille durant le fort de I'ete. C'est au voisinage de cette habitation que M. Graells me mena voir ( U5 ) dans une claire Fontaine un diaphane et elegant coquillage qu'il me dedia il y a plusieurs annees, le Planorbis Dufuurii. Jusque-la, je n'en avais connu que la delicate et fragile enveloppe. Un double interet de science et de gratitude me fit attacher un prix intini a la constatation de ce mol- lusquevivant dans son element natal. Nous n'en rencontrames qu'un seul individu en bon elat ; mais Ic cceur et I'esprit en conserveront a jamais le souvenir. Le jour meme de notre depart de I'Escurial, le canon et les cloches annoncerent I'arrivee de la reine Isabelle. Ici , comme partout ailleurs, la curiosite, ce puissant aiguillon locomoteur, precipita vers le palais le flot de la population entiere. Sa Majeste devait passer a I'Escurial une semaine, pour aller ensuite sejourner deux mois avec toute sa Cour a la belle residence de la Granja. — Helas! la femme propose el Dieu dispose — Qu'elle etait loin do penser, celte jeune reine , que des le surlende- main elle serait obligee de se rendre en toute hate et de nuit a Madrid pour y assister aux actes successifs d'un drame politique qui menaf ait d'ebranler son trone !... Et moi aussi , paisible investigateur des simples et des betes , je fus frappe , cruellement froisse par cette tourmente politique qui vint tron- quer mes projets de nouvelles excursions scientifiques. Je temporisai a Madrid deux semaines dans I'espoir d'une solution favorable a mes vues, et en attendant, j'inscrivais, dans le carnet confidentiel, les symp- tomes initiaux et la marche progressive de cette perturbation sociale. Mais I'horizon s'obscurcissant de plus en plus et I'opinion publique pre- sageant une explosion prochaine , je me decidai a quitter ce foyer de fermentation, le 14 .luillet, I'avant-veille des barricades. En rapprochant les souvenirs d'un vieux passe de la situation actuelle, jefaisais la triste reflexion qu'cn 1808, comme en 1854, j'avais assiste i Madrid an debut de deux grands cvenements poliliques. Cette coincidence d'un double fait historique que separe le long intervalle de quarante-six ans est une sorte de fatalite que, malgre tout, je m'estime heureux de pouvoir constater et raconter. G'est un privilege qu'il faut savoir ap- precier. Pen apres notre retour de Guadarrama , mon ami Perris fut oblige de me quitter pour rentrer en France. Mais le jour meme de son depart , qui eut lieu dans la soiree du 30 Juin, nous fimes ensemble et avec le professeur Perez , malgre la chalour du temps et des cvenements, une course entomologique dans I'aride entre-deux du Manzanarez el de son ( 140 ) canal. Cette journee se personnifia , scicntifiquement parlant , par la capture de quelques insectes de souvenir. L'habilat special du Ncjiliodes liUiger, une de nies vieilles connaissances de i808 , fut constate sur les louffes du Jimcus acutus ; il est presumable, vu la quantite que nous en trouvames, que la larve de cet heteromere vit dans les souches de ce jonc. Le Mylabria Dejeanii est frequent sur les fleurs des seniifloscu- leuses. On prit le joli Hoplin (uilica endormi aux sommites des plantes. La lourde PimeUa piimlatii hante les cheniins batlus. L'assourdissanle Cicada ylebeia s'entendait de tous cotes , et M. Perez nous faisait remar- quer sur le sol de grands trous d'oii etaient sorties les nymphes de cette cigale. Avant de renlrer a Madrid , nous entendimes distinctement gronder le canon , et biontot nous apprhnes qu'un choc serieux avait cu lieu pros d'Alcala entre les troupes de la Reine et celles d'O'Donell. Ces graves evenenients ne m'enipecherent point de faire deux courses au pare du Pardo , distant d'une lieue de la capitale. Mon but principal etait de me procurer des insectes pour des etudes anatoniiques. Le sys- leme nerveux de I'elegant Nenioptera lusitanica m'offrit une organisation exceptionnelle que je ferai connaitre ailleurs. L'imminence d'ebuUition politique me forfa enfin i quitter Madrid pour regagner mes paisibles penates. Dans I'apres-midi du 14 Juillet, mes savants amis m'accompagnerent tous a la diligence de la rue Alcala. Au lieu de la ligne connue pour moi de Somosierra, Burgos et Irun, je pris celle de la Navarre, par Soria, Pampelune et Elisondo. J'avais encore de vieux souvenirs a retrouver sur cette route, et j'etais loin de les dedaigner. Faute de mieux, je m'enfournai, par un ciel sans reproche denuages, dans la poudreuse rotonde dont je complelais le personnel presse. Jusqu'a Alcada de Henares, lieu de naissance du celebre auteur de Don Quichote et le Complutum des Romains , le pays a peine onduleux est couvert de ble avec, par-ci, par-la, de rares chenes verts. A quelque chose malheur est bon , et ce proverbe vient a propos dans la patrie de Cervantes; une luxation survenue a notre vehicule, me fournit I'occasion de m'elancer de mon gite pour saisir sur les ombelliferes de la route VOEnas afer et le Zonitis proeusta, deux insectes meridionaux. On passa de nuit a Guadalaxara, etdesl'aurore, on prit lechocolalau relais du sombre village de Sadraque. Un vieux I'ort jucho sur un mame- lon a teinte rouillee , frappa d'autant plus mes regards, que dans les ( 1-n ) flexuosiU'S spirales de la route , je I'avais perdu dix fois de vue pour le revoir aiilaut de fois. Je saisis I'occasion de la lialte de Sadraque , pour crayonner un essai de monogra[)hie du personnel de lous les etages et compartimeiits de la diligence. II n'y avail pas mal d'especes et de varietes. Un des co- voyageurs, dont on m'avait parte dans la rotonde , arreta specialement mon attention par des souvenirs historiques qui se rattachaient a lui , tout en ni'interessant personnellement. Je vis apparaitre un vieil homme grand, niaigre, ride, voute, mal assure sur ses jarrets, tres-bourgeoise- ment vetu et dont le chapeau gris s'enfonfait jusqu'a la racine de son grand nez. C'etait le general Manso . naguere gouverneur de Madrid. Je ne resistai pas au desir de causer avec lui, et je I'abordai en ces ternies ; General, il y a quelque quarante-deux ans, que la celebrite de votre nom m'etait bien connue ; je m'estime hcureux de voir votre personne. En 1812, nous etions jeunes I'un et I'autre et ennemis, car vous etiez, en Catalogne , le chef redoute d'une puissante guerilla , et j'etais simple- nient medecin dans I'armee imperiale du marechal Suchet. Maintenant I'age , car le votre est le mien , et les evenements ont change nos roles. Je voulais lui dire : Soijons amis, Cinna ; mais il comprenait peu la poesie franraise. Je lui tendis prosai'quement la main, nous nous la serrames avec effusion, et ce contrat amical avait le merite de I'a-propos. Alors s'engagerent les souvenirs de celte epoque reculee ; nous redisions avec orgueil, de part et d'autre, les noms de Suchet, Harispe, Bugeaud, Lamarque, Ilabert, etc., et comme les vieux guerriers ont toujours dans leur sac des anecdotes a center, je lui parus bon en I'ecoutant et je veux otre discret en nie taisant sur ce point. Manso n'est point devenu , comme on dit, d'eveque meunier, mais de simple meunier general de division ; decore de plusieurs ordres militaires, eleve par le metier des amies a une sorte d'illuslration , et jouissant d'une forte retraite. II s'en allait chercher aux eaux thermales de Filero en Navarre , un soulagement a de vieux rhumalismes, fnictiis belli. C'est un homme fort simple de manieres , bon et placide , justifiant I'epithete Castillanne de manso, qui signifie, doux , apprivoise. ' Une nouvelle lesion articulaire aux roues de la voiture a I'entree (VAlmazan , me servit a soubait pour traverser cette ville a pied. Elle me fit I'effet d'un grand village decousu, qu'honore un beau pont on pierre sur le Duero. Aucuns disent qu'Almazan est I'antique Numanlia tandis que, d'autres placent cette cite romaine a Soria. La diligence ( US ) s'arrela k celle-ci a la nuit close. Soria m'est done restee inaper?iie ; mais a en juger par les visiles d'hommage faites au general Manso, on voit qu'elle est bien habitee. Je traversal a mon insu Agreda,\di romaine Graccuris , los Rabanos et Lubia. A la pointe du jour, una halte de la diligence sur un plateau dissert , me placa en face du celebre mont de Moncayo , le Caunus des Romains. A la vue de cette majeslueuse eminence calcaire qui doiuine , par sa hauteur et son isolement , toutes les montagnes environnantcs do la Cas- tille, de I'Arragon et de la Navarre , je ne pus me defendre d'une pro- fonde emotion. C'etait pour moi une connaissance plus que quadragenaire Son front avail encore au 15 juillet, sa coilTure de neige. Je lui suppose une altitude de 1,600 metres. Pendant mon long sejour a Tudela , en 1808 et 1809 , je I'avais eu quotidiennement en perspective et il irritait loujours mon desir d'en explorer la cime. Mais toujours I'etat d'insur- reclion du pays s'y etait oppose. Le seul botaniste qui Tail, je crois, visite, est Don Ignacio Asso , I'auteur d'une flore arragonaise. II y avail trouve le Cypripedium calceoliis ou sabot de V^ntis, orchidee dont la patrie n'est guere que dans les Hautes-Alpes. Je fis mon ullime adieu a Moncayo et au general Manso qui nous quitta pres de la. La vaste contree entre Centronigo el Corella , deux jolies villes de I'extreme Castille , est paree d'une culture des plus somptueuses. Dans mon itineraire actuel , c'esl ici seulement que j'ai vu dans leur plus belle venue des forels d'olivier el des vignobles s'etendant jusqu'ii Tudela , qu'on entrevoit a une lieue de la. Je me fis apporler plusieurs grappcs de raisins , je n'y apergus pas le moindre vestige d'otdium. L'idee me vint alors que ces vignobles pourraienl venir en aide a ceux si cruclle- ment oidies du sud-ouesl de la France. Independanimenl du froment , de I'orge et de la ponime de terre qui couvraient la plaine, je constatai pour la premiere fois, la culture en grand du chardon dfoulon, Dipsacus fullonum et du roseau, Arundo donax , exploites I'un et I'autre pour les fabriques de draps. J'y cherchai vainemenl un pied de mms. Un souvenir relrospectif, a perle de vue, vint encore se derouler en traversant la petite ville d'Alfaro que je n'avais pas revue depuis 1808 , le jour de la bataille de Tudela. A Barco de Rincon , la diligence traversa I'Ebre sur une barque a traille el elle fit une pause a Peralta. Ce nom se recommande au palais des (Enophiles par son vin rancio. J'y avals scjourne au temps, deja bien loin de nous, de nos conquetes, el Ton concevra Tallrail qui me ( 1^'J ) saisit en la revoyant el ravidite avec laquelle je parcourus cette petite villa. Je la Irouvai dans un progres incontestable d'cdifices et de popula- tion. Situee aux bords de I'Arga et adossee centre une montagne a gypse feuillete , elle se fait remarquer par la belle architecture de son clocher elance. Ce nom de Peralta vient peut-etre d'un edifice remain , dont les mines pittoresquesoccupent encore la Crete de la montagne. Les maisons (lu peuple au lieu de carrelage ou de plancher, ontun parquet d'uneseule piece forme par un ciment , un sluk ou le platre entre dans une grande proportion. Ce parquet a la durete et rimpenneabilite de la pierre. II existe kFunes, a une demi lieue de Peralta , une riche mine de sel gemme , dont j'avais jadis visite les galeries alors en active exploitation. J'eprouvai, en furetant un lieu sec et argileux des environs de Peralta, une de ces joies que comprendront les amis de Flore qui ne se bprnent point a eplucher les plantes dans les herbiers et qui en ont eludie les phases in loco natali. J'y retrouvai avec bonheur, deux especes que j'y avals cueillies en Septembre 1808. L'une est la Scorzonera pumila de Cavanilles, curieuse semiflosculeuse offrant in vivo un double fait phy- siologique fort interessant; les divisions de ses feuilles se terminent par un sphacele d'un blanc pur, et son impressionabilite est telle qu'a la moindre secousse, des gouttelettes d'un liquide lactescent s'echappent et des angles des feuilles et des bords des ecailles de I'involucre. On a fait successivement subir a cette plante les denominations genoriques de Scorzonera , Sonchus, Picridium et Zollikofcria. L'autrc plante de sou- venir est VOnonis tridentala Lin., deja mentionnee par Tournefort, Quer, Barrelier et Asso. Au sortir de Peralta, on passe VArga sur un pont en pierre, et, apres deux heures de diligence a travers une plaine pen cultivee et peuplee du Liigmim sparlum, on arrive a Tafalla. La vieillesse est memorative et conteuse du temps passe. C'est la une condition physiologique a subir et a faire subir par fois. A la vue de Tafalla, qu'en 1808 j'avais habite deux mois , vinrent s'cxhumer des tiroirs de mon cerveau, deux ordres d'idees ou de faits qui s'y heurtaient par leur bizarre contraste. D'un cote , I'entomologie avec ses douces con- quetes ; de I'autre , la guerre avec sa gloire et ses desastres. Au temps precile , je decouvris a Tafalla , sous los pierres, et je publiai plus tard , trois coleopteres du groupe des Carabi([ues , pen communs encore au- jourd'hui , les Pcrcus stulfus et ixtlntcUs, et VAptinus (lisplosor. A cette meme epoque , je fus temoin dc rcnlrevue dans cette ville du marechal ( ir>o ) Ney, du marechal Moncey et du general Harispe , pour se concerter sur un mouvement vers Sarragosse ordonne par rEnipereur. Tafalla ne comptait en 1808 que trois niille habitants. A en juger par ses constructions nouvelles , qui I'ont metamorphosee a mes yeux de 1854, sa population pourrait bien otre aujourd'hui de cinq mille ames. Sa situation sur la route royaie de Pampelune a Sarragosse el sur celle toute recente de Madrid par Soria, lui donne une grande importance. Jadis le pays qui separe Tafalla de Pampelune etait peu cultive. Depuis les guerres, le sol a ete defriche au loin et les cereales y abondent. Dans ce trajet, je cherchais des yeux un passage fatalement renomme , le fameux Carrascal. Au temps oii nous possedions la Navarre, par droit d'envahissement ou de conquete, les bandes du celebre Mina, le premier de cenom, celui qui me fit prisonnier a Tudela, en 1809, infestaient le pays et s'embusquaient entre Tafalla et Pampelune , dans une foret de chenes verts , carrnscos , pour attaquer nos convois, trop faiblement escortes, et nos soldats isoles. Ces bandes nous faisaient beaucoup de mal. Aujourd'hui ce Carrascal, ce redoute passage, n'existe plus; il a &le completement extirpe , pour la surete de la route. De Tafalla a Pampelune il n'y a qu'un relai , celui de la Venia de las canipanns, sorte de hameau bien appreciable pour le voyageur par une delicieuse et abondante fontaine. On fit a la capitale de la Navarre une halte de deux heures et un diner tres-bien servi. M. le professeur Uriarte, prevenu de mon passage par mes amis de Madrid, me fit un gracieux accueil , et je m'oubliai si bien a visiter sa modeste collection d'insectes , qu'il me fallut courir a toutes jambes pour rejoindre la diligence deja en marche. La nuit nous surprit peu apres le depart de Pampelune., et nous tra- versames , sans la voir , la vallee pittoresque du Baslini. Mais ce (jue , malgre les tenebres, j'ai dument constate dans cette route fraichement chargee , ce sont ses rudesses , ses asperites fidelement traduites par les cahotements de la voilure et les soubresauls du pauvre voyageur. A la courte station d'Elisondo, le dernier village espagnol de la fron- liere, ou nous arrivames a une heure de la nuit, il me survint une nie- saventure, une contrariete vivemenl scntie , destinee a demeurer incdite dans le carnet de mes pensoes. II s'agissait d'une visile inopineo a une personne que je n'avais pas revue depuis quaranle ans. J'ous beau frapper a sa porte , je ne trouvai, comme on (lit, (|ue visage de bois. II lalhit done s'envelopper du manleau de la pliilosupbic el de rchii (jui presiMve ( l.^>l ) de la fraklieur des nuits a celle altitude. Je regagnai, transi, ma cellule vehiculaire. A I'aube du jour, nous francliissions la crete limitrophe d'Espagne et de France. On s'arreta a Urdach, premier village frangais, pour y subir legarement I'inquisition douaniere. II m'en coutait de declouer une caisse pleine d'innocentes petites betes, et d'exhiber des vetements purs de toute coutrebande. Je me hasardai done a aborder confidentiellement le chef du poste et a I'assurer que j'etais un simple naturaliste, etranger a toute speculation et charge par un corps savant d'une mission purement scien- tifique. Comme je crus le voir peu convaincu et que ma blouse lui sem- blait peut-etre peu recommandable, je me vis oblige de lui presenter inon titre. Parunhasard, assez exceptionnel dans un bureau de douanes, mon nom ne lui etait pas etranger, el il m'alTrancbit de toute visite. Dans la matinee du 16 Juillet, j'arrivai , incruste de poussiere, a Bayonne , apres trois jours et deux nuits de voyage non interrompu. A peine eus-je mis pied a terre que, de toutes parts, j'entendais parler et des nombreux pronunciamentos des provinces de la peninsule et du sou- levement des paves de Madrid. Le lendemain, je rentrai sain et sauf dans ma famille avec mon paisible bu^in scienlifique. His vh'ie, Icclor benevole , usque ihim meliora offeram. Leon DrroiR , D.-M. Saint-Sever ^Landes), Aoul 18ob. ( 152 ) CATALOGUE DES OLSEAUX DU DEPAKTEMENT DE LA GIRONDE. JPur" A, OOCTECn, teci'etait'e Utt Cotfeil. Le catalogue des oiseaux du dopartement de la Gironde que j'offre a la Societe Linneenne de Bordeaux , n'a iiul autre mcrite que de combler un des vides qui existait dans la Faune du departement que la Conipa- gnie a rintention de publier et pour laquelle elle reunit depuis si long- temps des materiaux. Je viens apporter aujourd'hui une bien modeste pierre a ce grand travail , en priant mes lecteurs de ni'accorder toute leur indulgence et de se souvenir qu'il est presque impossible de publier un catalogue qui ne prete a la critique par quelque point. Par sa position geograpbique , la Gironde , situee sur les bords de rOcean , a proximite des Pyrenees , arrosee par de nombreux cours d'eau, couverte de plaines et de marais et comprenant une portion des landes de Gascogne, offre un vaste champ a I'ctude de TOrnithologie. Les tem- petes frequentes du golfe qui baigne ses rives, jettenl accidentellement sur ses bords, des especes qui habitent exclusivement la haute mer et qui disparaissent au retour du beau temps. Les habitants des Pyrenees , les majestueux oiseaux de proie, abandonnent quelquelbis leurs abruptes retraites et viennent se faire capturer dans nos environs. Les oiseaux de passage , qui fuyant les frimats , vont chercher au loin , soit dans la chaude Espagne, soit dans la briilante Afrique, une temperature qui est necessaire a leur existence , peuplent en Automne nos champs et nos bois , et nos marais nombreux rccelent une riche nioisson d'oiseaux aquatiques. Les lantles , dans lesquelles on retrouve encore des chevaux sauvages, nous offrent I'Outarde , habitante des deserts , qu'il nous f.ni- drait aller chercher bien loin , si des steppes incultes et d'un abord difii- cile , ne I'avait preservee des atteintes des chasseurs. I ( 153 ) Mon couvre est bien imparfaite et aurait demande des annees pour 6tre aussi complete qu'il est possible dans un travail de ce genre; mes coUe- gues , mes amis, out fait tous leurs efforts pour applanir les obstacles qui m'entouraient; mais malheureusement la Gironde n'a possede, de notre temps, que deux ornithologues scrieux : M. Giese et le capitaineLoche, du 45* regiment de ligne. M. Giese a ete plein de bienveillance a mon egard; mais, a mon grand regret , je n'ai pu recueillir les avis de M. le capitaine Loche, que les devoirs de sa profession ont eloigne de nos contrees depuis plusieurs annees , et cependant les collections de ces deux ornithologues se completant I'une par I'autre, sont inseparables pour I'etude. M. Giese s'est attache principalement aux oiseaux aquatiques , et M. Loche pos- sede de precieux documents sur les sylvains et les accipitres qui peu- plent nos forets. Puisse-je, un jour, etre assez heureux pour mo trouver en rapport avec M. Loche , et pour pouvoir ainsi mettre la derniore main a ce modeste travail , dans lequel j'ai suivi la classification du remar- quable ouvrage que vient de puhlier M. Degland sur I'ornithologie euro- peenne, et ou je me suis attache a reproduire en synonymes les noms specifiques de Linne. Toutes les especes qui entrent dans ce catalogue sont representees , a de rares exceptions , dans le cabinet d'histoire naturelle de Bordeaux ou dans les collections de la Faculte des Sciences et de M. Giese , ou enfin dans la mienne. Quant aux quelques especes dont I'apparition m'a paru douteuse , je les laisse sous la responsabilite de I'auteur du catalogue public dans la Staiistiqne de la Gironde, de feu Jouannet. Je remercie tous ceux qui ont bien voulu m'adresser des renseigne- ments , mais surtout mon collegue de la Societe Linneenne , M. Souverbie, directeur du Gabinet d'histoire naturelle de Bordeaux , qui a mis a ma disposition , avec la plus gracieuse obligeance , la collection et la biblio- thoque qu'il dirige , et M. Giese qui m'a donue des renseignements aussi nombreux qu'il lui a ete possible de le faire. TOMK XXI. 12 ( 154 ) PREMIER ORDRE. ACCIPITRES. — OISEAUX DE PROIE. Premiere Divii^ioii. « ACCIPITRES DIURNI. — OISEAUX DE PROIE DIURNES. Famine I. - F.H.COiVfO.'E, FAUCOWS, Ire Section. — Faucons dils ignobles. Genre I. — AQUILA, AIGLE. 1. A.(|iiila fiilva Savig. {l-'alco fulvus L. ) AlGLE FAUVE. Cetle espece est portee sur le catalogue tie la Slalistique (In departe- vienl de la Gironde par Jouannet, avec le point de doule. M. Giese a vu un individu pris dans les lilets d'un pecheur a la Teste , et malgre ses offres , il n'a pu parvenir a s'en rendre acquereur. 2. Affiiila ucevia Briss. ( Falco ncevius Gmel. ) AlGLE CRIARD. Un individu de cette espece , portee au catalogue deja cite , avec le point de doute , a ete tue au Verdon en 1853 , et sa depouille est conser- vee au Musee de la ville. Genre II. — HALIAETUS , PIGARGUE. 3. Ilaliaetiis albicilla Cli. Bonap. ( VuUur ulblcilla L. ) PiGARGUE ORDINAIRE. On croit qu'il niche dans le departement oii il n'est pas tres-rare. La Faculte des Sciences possede un couple tue dans les raarais de Parem- puyre en iSiS. Genre III. — CIRCAETUS, CIRCAETE. ■Circaetiis galliciis Vicill. [ Aquila ptjgaryus Briss. ) CiRCAETE JEAN-LE-BlANC. Abattu plusieurs fois dans les landes ; une fois a Guitres. I ( 155 ) Genre IV. — BUTEO, BUSE. 5. Ruteo vulgaris Cli. Bonap ( Falco buleo L. ) BUSE COMMUNE. Assez commune dans les bois. De passage. Genre V. — PERNIS, BONDREE. 6. Pepiiis a|iivoi*iis G. Cuv. ( Falco apivorits L. ) BO.NDREE COMMUNt:. De passage. Assez commune. ( Musie de Bordeaux ). Genre Vr. — MILVUS, MILAN. 7. niilviis regalis Briss. ( Falco miivus L. ) Milan koyal. Habite les bois des landes , d'oii il emigre en automne. Deux captures ont eu lieu I'Automne derniere. 8. Ulilviis uiger Briss. ( Falco ater Gmel. } Milan noir ou parasite. Tres-rare. De passage accidentel. ' Genre VII. — CIRCUS, BUSARD. 0. Cire«i«^ nifus Scleg. ( Falco rufus Lath. ) BuSARD DES MARAIS. Habite les marais des landes. Assez rare. Sedentaire. 4 0. Circus cyaneiis Keys, et Bias. ( Falco cyaneus et pygargus L. ) BusAUD Saint-Martin. Plus rare que le precedent. Sedentaire. Habite et niche sur les bords des marais et des lacs. Genre VIH. — ASTUR, EPERVIER. M. Astur iiisus Keys, et Bias. ( Falco nisus L. ) Epervier commun. Sedentaire. Commun dans les bois et les buissons oii il niche. 1 2. Astiir italiiinliarius Cli. Bonap ( Falco palumbarius L. ) Epervier autour. Habite les bois. Sedentaire et de passage. Beaucoup plus rare que le precedent. 2">>e Section. — Faucons dils nobles. Genre IX. — FALCO, FAUCONS. 13. Falco caiktlicans Gmel. ( flierofalco candicans Less. ) FAUCON BLANC. ( 15G ) Une femclle de ce Faucon , qui a pour patrie I'lslande, a ete capturee en Mars 1848 dans le departenient , et sa depouille figure dans le Musee de la Faculle des Sciences. De passage tres-accidentel. 1 i. Faleo siil»l»titeo L. Faucois iiobereau. Rare dans le departement ; niche au sommet des arbres eleves dans les bois des landcs. Sedentaire et de passage. 1 5. Faleo litlnofalco Gmel. ( Falco icsalon Temmk. ) Faucon emerillon. Un individu a ele tue a Cabanac en 1 829 ou 30. Constate plusieurs fois dans la Gironde oii il est de passage. 1 G. Faleo iiMHuneiBliis L. Faucon cresserelle. Assez commun. Sedentaire et de passage; habite les bois , mais prin- cipalement les vieillcs tours et les masures. Deiixieme Itivij^ion. ACCIPITRES NOCTURNI.-0\?>EAV\ DE PROIE NOCTllKNES. FaiuiliC 11. — STMtMGgn.^, /KUOI.UEXS. Genre X. — STRIX, CIIOUETTE. t^e Section. — Chouettes proprement diles. 47. fStrix aliieo ( et striilula ) L. Chouette hulotte. Commune dans la foret de la Teste. ( Mus6e de la Faculty). 18. Strix i«silo.E, PICS. Genre XI. — P/CL'S, PICS. 24. Piciis viridis L. Pic vert. Sedentaire. Commun dans les bois. Nomme vulgairement Papc. 23. Piciis major L. Pic epeiche. Sedentaire. Assez commun dans les for^s des Landes et les bois de I'Entre-deux-Mers. (Musee de Bordeaux). 2G. Picus niartius L. Pic mar. Tres-rare. Ilabite les bois des Landes. ( 158 ) Piciis iiiiiioi* L Pic epeichette. Rare. Se trouve principalenient dans les forets de la Teste at du Baza- dais. ( Musee de Bordeaux). Genre XII. — YUNX , TORCOL. 28. Yiinx torqiiilla L TORCOL VERTICILLE. Assez cominun dans les buissons, les taillis et les bois, pendant ses passages du Printemps et de I'Automne. Voyage solitairement. FaniSile IV. - CtJCHMjWO.^, COCCOIS. Genre WW.—CUCULUS, COUCOU. 29. Cucitliis canopiis L. COUCOU GRIS. Le Coucou gris , de passage regulier, est commun surtout dans nos bois. Les paysans le nomment Coqut. Le catalogue de la Statistique offre le Coucou jaune ( Cumins canorus rufus Gmel. ). Je ne le fais point figurer ici, puisqu'il est reconnu que c'est le jeune Coucou gris que Gmelin a denomme de la sorte. Le Coucou roux (Cuculus hepaticus Lath.) n'est aussi que le meme oiseau a sa deuxieme annee. Deuxieiue Section. ANISODAGTYLl — ANISODACTYLES. Famine T. — FHi\Citl,E,tn.K, FRI.\C;iLI>ES. Genre XIV. — LOXIA , BEC-CROISE. HO. lioxia ciirvirostra L. BEC-CROISli ORDINAIRE OU DES PINS. De passage du 1 5 Seplembre au 15 Octobre. Commun pendant cer- taines annees; rare pendant d'autres. Hante exclusivement les bois de pins et les sapinieres, ou il fut tres-commun en 1849, epoque a laquelle j'en tuai une vingtaine sur un if place devant raon habitation. Genre XV. — PYRRHULA , BOUVREUIL. 31. Pyrriitila eiiro|i»ea Vicill. [Loxia pyrrhula L. ) BOUVREUIL ORDINAIRli. ( 159 ) Assez commun. Vit dans les bois. Sedentaire et de passage. Les oise- leurs ont remarque, lors des passages, que les femelles sont plus com- munes que les males. 32. Pyri'liiila j^ei-iiitis Keys, et Bias. ( Frhujilla sermus L. ) BOUVREUIL CINI. Assez rare. Sedentaire et de double passage. Habite les forets des pins. Nomme vulgairement Serin des pins. Genre XVI. — COCCOTRAUSTES, GROS-BEC. 33. Coccotraiistes vulgaris Yieill. ( Loxia coccotraustes L. ) Gros-bec ordinaire. Assez commun dans les bois de cbenes. De passage regulier , solitaire ou par petites bandes. Vulgairement Pinsan gros-bec. Genre XVII. — CIILOROSPIZA , VERDIER. 34. Cltlorospiza eliloris Cli. Bonap. { Loxia clitoris L. ) Verdier ordinaire. Commun dans les bois, lesjardins. Sedentaire et de double passage. Vulgairement Verdon. Genre XVIII. — PASSER, MOINEAU. 35. Pajiser «loiiiestictis Bris. [FringiUa domestica L. ) MOINEAU DOMESTIQUE. Tr^s-commun partout. Offre des cas d'albinisme presque total. (Frin- giUa Candida Sparm. ) 36. Passer italiciis Degl., Ornith. Europ., t. I, p. 207. {Fri7igUla Ilalicc Vieill. — Fr. cisalpina Temnik. ) MOINEAU D'ItALIE. Cetoiseau, sur la bonne spccificite duquel les naturalistes ne sont pas d'accord, est assez commun a Bordeaux pendant I'Aulomne. J'en ai lue plusieurs individus males et femelles , pendant le mois d'Oclobre dernier, au Jardin des Plantes dccette ville ; ils etaient meles aux Moi- neaux domestiques. 37. Passer iiioiitaiiiis Keys, et Bias. { FringiUa montana L. ) MOINEAU FRIQUET. Assez commun dans les bois, les haies ; se mole souvent aux Moineaux domestiques , aux Bruanls jaunes ou aux Pinsons. Sedentaire. < ( H>o ) ■^8. Pa(^.^er i»etroiiia Dogl.. Oriiiili. !• iirop. , (. I, p. 213, [rringilla pclroiiia L. ) MOINEAU SOULCIE OU DES BOIS. Cette espece , Ires-sauvage , recherche les hois et bosquets eloignes des habitations. Scdentaire. Genre XIX. — FRINGILLA , PINSON. 39. Friiigilla enelebs L. PlNSON ORniNAinE. Sedentaire et de passage regulier, en Octobre et Novembre, par bandes nombreuses. Recherche pour son chant. M. Degland rapportequ'en 1846, on etablit une lutte de chant , a Tournay, entre trois Pinsons. lis chan- terent 1H8 fois en une heure; I'un 420 fois, le second 368 , et le troi- sieme 330 fois. Le meme auteur rapporte que dans certains cantons dii Nord, les villageois offrent aux Pinsons une protection seniblable a celle que nous donnons aux Hirondelles. Vulgairemeqt appele Pinsan. 40. Friii(|illa inontifriugilla L. PiNsoN DES Ardennes. Commun a son double passage du Printemps et de I'Automne. Se mele rarenient an Pinson ordinaire. Vulgairement Pinsan montagnol. Genre XX. — CARDUELIS, CHARDONNERET. 41. Cardiielis elegans Steph. {Fringilla carduelis L. ) Chardonneret elegant. Tres-commun. Sedentaire et de passage regulier par bandes nom- breuses. On a capture a Bazas une variete blanche. S'accouple avec le Serin et donne un metis tres-recherche pour son chant. Vulgairement Cardonnet. 42. Carduelis spiniis Degl, , Ornitti. Europ., t. I, 227. {Fringilla spinus L. ) Chardonneret Tarin. Commun. De passage regulier au Printemps et a I'Automne. Habite specialement les aulnes. Recherche pour son chant. Genre XXI. —CANNABINA, LINOTTE. 43. Cannabina linoia Gray. (Fringilla caiinabina L. ). LiNOTTE ORDINAIRE. Sedentaire et de passage; tres-commune dans lesvignes, lesbois, les champs. ( ioi ) Genre XXII. — LINAIUA, SIZERAIN. 'i4. liiiiaria ■•■■fesceiis Vieill. SlZERAlN CABAUET. Rare. De passage vers le mois de Novembre, tous les ans, mais lou- jours en petit nombre. Genre XXIII. — EMBERIZA, BRUANT. i'6. Einlieriza citi'iuella L. Bruant jaune. Sedentaire et de passage. Commun. Se reunit en bandes nonibreuses a I'Automne ; se niele aux linottes, aux pinsons, et allectionne les haies et les buissons. Vulgairement Verdot. IG. Eiiiliei'iza eirliis L. Bruant zizi. Commun. De passage rcgulier. Nomme vulgairement Sipe. il. Eiiilieriza cia L. Bruant fou. Je possede un beau male de cette espece, pris le Itj Novembre der- nier dans les environs de Bordeaux. Les collections du Departenient ne la possedent point , et les catalogues limitrophes n'en faisant point men- tion, je dois la considerer comme tres-rare. L'oiseleur qui prit cet indi- vidu , en ma presence , cbasse depuis AO ans et ne I'avait jamais capture. 48. Einberiza liortiilana L. Bruant ortolan. Assez commun. Arrive en Avril et repart en Automne. Se tient dans les vignes, h partir du mois d'Aoiit. 49. Eniberiza sclineiiiculiis L. Bruant des roseaux. Sedentaire et de passage. Habite les aulnes et les saules qui bordent les cours d'eau. Commun. Vulgairement nomme Ship. ijO. Einberiza pyrrKiilo'ides Pallas. Bruant des marais. DilTere si peu du precedent, qu'un grand nombre de naturalisles contes- leut sa specificitc. L'individu que je possede I'ul pris eii Novembre 1855. ( 1G2 ) 51. Kniberiza miliaria L. Brlant l-nOYEU. De passage regulier au Priiitemps el a rAutorane. Adeclionne les haies et les buissoiis. Quelques-uns uichent dans le pays. Fanilllc Tf. — P^RfO.K, !HK>.4:VGE». Genre XXIV. — PARUS, MESANGE. 52. Pai'iis inajoi* L. Mesange chakbonniere. Commune. Sedentaire. AlTectionne les bois d'arbres verts. Se rappro- che, dans I'lliver, de nos jardins en petites troupes. Nommee vulgaire- ment, ainsi que ses congeneres , Perlinque. 53. Pariis ater L. Mesange noihk on petite chauconmere. Assez rare. Sedentaire et de passage. Habite principalement les bois de pins. 54. PariBS coeriileiis L. Mesange bleue. Sedentaire. Tres-commune. Habite les bois de pins ,et les buissons. L'Hiver la chasse dans nos jardins. 55. Partis cristattis L. Mesange huppee. Assez commune. Sedentaire. Exclusivement le long du littoral , dans les forets de pins des Landes, ou je I'ai vue en abondance. Ainsi que le fait observer M. Darracq dans son catalogue des oiseaux des Landes et des Pyrenees , son liabitat s'etend de la Teste de Buch a I'embouchure de I'Adour. 56. Pariis caiidatiis L. Mesange longue queue. Sedentaire. Commune dans les bois. Se rapproche, en Ilivcr, des ha- bitations et des jardins, ou elle vit en troupes de 5 a 8. ( Musde de Bordeaux). 57. Parii!^ biariiiiciis L. Mesange a moustaches. Tros-rare. Habite toujours les bords des marais, dans le Medoc, ou on le prend le long des ciienevricres. ( UV3 ) 58. Pariis |ieii(1iiliiiiis L. M^SANGE PENDULINE OU REMIZ. Sedentaire. Peu commune. Habile le bord des cours d'eau. Elle sus- pend son nid sur le bord de I'eau, a Texlremite d'une branche flexible; ce nid a la forme d'une besace et son entree olTre coninie I'extr^nite d'une saillie creusee comme un couloir (D^gland). Genre XXV. — REGULUS, ROITELET. 59. Ke<|iiliis eristatiis Briss. {MotaciUa reijalus L.). UOITELET nClM'E. Commun. Sedentaire et de passage. Niche sur les arbres verts. Voyage, en Automne , par petites bandes qui se melent souvent aux Mesanges. Fainillc VII. — COBtt IB.E, CORUIiAV^Ik.. Genre XXVI. — CORVUS, GORBEAU. (iO. Corviis rorax L. CORBEAU ORDINAIRE. Tres-commun. Hobite par grandes bandes, en Hiver, les bois voisins des champs qu'ils exploitent pendant le jour. Get oiseau , pris jeune , s'61eve facilement. Tout le monde a connu le corbeau des fosses Bour- gogne , qui imitait le son de divers instruments et faisait certaines des commissions de son maitre. J'aivu, et bien d'autres avec nioi, cet in- telligent animal aller chercher du tabac dans un bureau eloigne , alors que son maitre lui avail defendu de s'adresser a un debitant voisin. II fait aujourd'hui parlie de la petite menagerie du Jardin des Plantes. Nomme vulgairement Crox. (II. Corviis corone L. Corbeau corneille. Assez commune. En Hiver, se mele aux bandes de corbeaux pour exploiter les champs. M. Temminck fail remarquer que cette espece et la suivanle s'allient quelquefois, et, chose remarquable, seulemenl dans le Midi el I'Est de I'Europe, ou la Gorneille noire est rare. (')2. Corviis cornix L. COHNEILI.E A MANTELET. Rare. Descend quelquefois du Poitou , en Hiver , melee a des bandes de freux ou de corneilles. ( 10.1 ) G3. Coi*v«i$9 friigile;|iis L. CORBEAU KRFATX. Commun. Se reunit I'Hiver en grandes bandes. Genre XWU. — PICA, PIE. C4. l*ira caiidata (ct Corviis^ pica ) L. Pie commune. Sedentaire. Commune. Se mele souvent , pendant I'lliver, aux bandes de corbeaux. Elle se tient de preference pres des lieux babiles et niclie au sommet des arbres eleves. Vulgairement Agacc. M Barrere, de Cadillac , possede un individu atteint d'albinisme d'une parlie du dos. Genre XXVIII. — GARRULUS, GEAI. 65. C>amiltis glandariiis Vieill. ( Coi-vus glandarius L. ) Geai ordinaire. Assez commun. Habite de preference les grands bois de chunes. Tres- farouche. Genre XXIX. —NUCIFRAGA, CASSE-NOIX. 66. HTueifraga caryocatactes L. CASSE-iNOIX vulgaire. Rare. De passage. M. Jaudouin a vu, en iSS^, une dizaine de Casse- noix qui ont sejournc dans un bois de la commune du Bouscat, pendant deux ou trois jours, sans avoir etc tires. ( Musee de Rordeaux). Famine VIII. - STfJMtXinT.tSy UTOVRMEAVX. Genre XXX. — STURNUS, ETOURNEAU. 67. Stiiriiiiiii vulgaris L. Etourneau vulgaire. Commun. Sedentaire et de passage regulier au Printemps et a I'Au- tomne. Se tient dans les bois et les taillis qui avoisinenl les marais. Famine IX. - .t.UPEt,MD.K , COTIIVUAS. GeiH>e XXXI. — ROMRICILLA, JASEUR. 68. Boiiibieilla gai'itla Vieill. { Ampelis garulus L. ) Jaseur ordinaire. De passage accidentel. Tres-rare. ( It'^ ) Faiuilie X. HiuwxnMmio.t:, t'Ufr;i.iDovci. Genre XXXU. — HIRUNDO , IIIRONDELLE. GO. Hiriiiitlo nistira L. lllRONUELLE DE CIIEMINEE. Commune. Arrive du 15 Mars au 15 Avril et part vers la fin tie Sep- tenibre. Niche sur les coniiches, centre les clieminees, surtout celles des maisons qui avoisinent les cours d'eau ou elle Irouve en aboudance les insectes ailes qui fornient sa nourriture. 7U. Iliniiiilo iii'liiea L. HiRONDELLE DE FENETBE. Arrive un peu plus tard et repart a la mcme epoque que la prece- dente. Vulsjairement Cnl-hlanc. 71. Hiriiiido ■•ipai'ia L. lIinONDELLE DE RIVAGE. Ilabite le long des rivieres. Niche dans les excavations qu'elle creusc le long des berges. Moins commune et arrivant plus tard que les deux especes prccedentes. Genre XXXIII. — CYPSELUS, MARTINET. 72. Cyps^eliis apiis L. Martinet noir. Commun. Arrive au commencement de Mai et repart a la fin d'Aoiit. M. Degland fait observer que la longueur de ses ailes et la brievete de ses tarses rempechent de prendre son essor, lorsque, par une cause quel- conque, il vient a tomber a terre. Genre XXXIV. — CAPRIMULGUS , ENGOULEVENT, 73. Ca|iriniiilgiij^ eiiropseus L. Engoulevent vulgaire. Assez commun. Habite les bois de la Teste. Arrive en Mai et part en Septembre. Niche dans le pays. Perche dans le sens longitudinal de la liranche. Genre \\\\\ — MiSCICAPA, GOBE-MOUCHE 7'k ]VIiiHciea|»a griMola L. GOBE-MOUCUE GRIS. ( 160 ) Assez commun. Solitaire. Arrive en Avril, part a la fin de I'Automne. Habile les hois, vergers et jarilins. 73. ]TIuscica]ia atricapilla L. {Mtiscicupa gi isolu Tenimk. ) GouE-yoicui: (inis. Commun. Passe en Aout et en Septenibre et se tient, ainsi que le sui- vant , sur les haies et dans les taillis rapproches des habitations. Vulgai- rement nomme Batane. 76. ]?Iiaseica|ia albioollis Tcmmk. GOBE-MOUCHE A COLLIER. Commun. De passage. Confondu avec le precedent dans la memc denomination vulgaire. Diffcre du M. atricapilla par un collier blanc qui couvre la partie superieure du cou pendant la saison des amours. M. Temminck les distingue , revetus de leur plumage d'Ete et d'lliver : 1" par le miroir blanc qui se dessine sur les remiges dans le M. albicollis, tandis que celles-ci sont unicolores chez le M. atricapilla ; 2" par les pennes laterales de la queue dont les deux exterieures ont un bord blanc, plus ou moins large suivant les ages, dans le M. albicollis, tandis que chez le M. atricapilla, il y atrois pennes laterales marquees de blanc. (Temmk. Man. Ormth. I, p. 156.) J'ai remarque que le miroir blanc qui s'aperfoit sur les remiges du M. atricapilla est presque nul chez les jeunes de I'annee , et que les deux pennes de la queue sont frangees plutot que marquees de blanc chez les memes individus. Faiiiille XII. — £/I.VZ.lJ>.£, PIE-GKIKCHES. Genre XXXVI. — LANIUS, PIE-GRIECHE. 77. liaiiiiis cxciibitor L. PlE-GIlIECHE GRISE. Assez rare. De passage au Printemps et a I'Automne. AlTectionne les bois et les taillis. ( Musee de la Facnlle). 78. Ijaiiiiiis i*iifu$« Briss. PlE-GUlECIIE UOUSSE. Commune. Arrive au Printemps , repart en Automne. 79. lianiiis colliirio L. PlE-GRlECUE ECORCHEUR. Assez commune. Tire son nom vulgaire (VEmbrocheur de I'liabitude d'accrocher aux cpines les petits animaux qu'elle devore. ( Mtisee de la Faculty). ( Kh ) Genre XXXVII. — ALAUDA, ALOUETTE. 80. Alaiiila arveiisis L. Aloiiette des champs. Tres-commune. Sedentaire et de passage en grandes bandes en Sep- tembre et Octol)re. Le Musee de la Faculte des Sciences possede une belle variete Isabelle. Vulgairement Laiide. 81. Alaiida eri^tata L. Alouette cochevis. Commune et sedentaire. Niche dans les champs, pres des chemins frequentes oii elle trouve une partie de sa nourriture dans la fiente des betes de somme. Recherchee pour son chant. Lauilc hiippode des paysans. 82. Alaiida arborea L. Alouette liu.u. Assez commune. Sedentaire et de passage. Emigre par petites troupes. Vulgairement CouterUou. 83. Alaiida bracliydactyla Lcisl. Alouette calenduelle. Sedentaire et de double passage. Ilabite le long des cotes maritimes et se rdunit en grandes bandes apres les nichees. Famine XIV. — ifiOT tC tr.W.MIf K , IHOT.tCIM.IO^i. Genre XXXVIII. — ANTHUS , PIPI. 84. Aiitliiis Uicliai'di ViciU. PlPI RiCUARD. Assez rare. De passage. ( Miisde de la FacuW,). 83. Aiitliiis prateiisis Bcscli. [Alauda praloiisis L. ) PiPI DES PRES Oil FARLOUSK. Commun dans les champs. De passage an Printemps et a I'Automne. Vulgairement Tit. 86. Aiitliii!^ arlioreiis Bescli. {Alam/a ti iviulis L.) PlPl UES ARURES. Conmiun. Arrive an Printemps, rcpart en Automne, epoquc a laquolle il est conunnn dans les prairies. !\I. Dt'gland lui rapporle YA. muculatus Viciil. ( IC'>^ ) 87. Aiitliii^^ spiiiolotia r)o0. {Alaudn xjiinolrtia \.. — Aiilln/s ui/uatici MeiILE iMAUVlS. Assez rare. Passage en Autonine et au Prinlemps. Genre XLII. — SAXICOLA , TRAQUET. 101 Saxieola neiiaiitlie L. Traquet motteux. Rare. Arrive au Printemps, part en Aulomne. Ilabite pres des vieilles masures. (Mus^e de Bordeaux). 103. Saxieola nihetra Mey. c( Wolf. [Motacilla nibclra L. ) TllAQUET TARIF.U. Habite les bruycres des Landes. Meme passage. (Musee de la Fnculle). lOi. ^axieola riiliieola Mey. et Wolf. [MolacUld rubii-oluL . j Traquet miiicuLE. Meme observation que pour le precedent. Genre XLllI. — ERiriJACUS, RUBIETTE. 105. KritliaciiiD liisciiiia Degl. Ornitli. Eiirop., t. I. p. iOO. {Motacilla luscinia L. ) RUBIETTK ROSSIGXOL. Commun dans les bois et les bosquets. Arrive au Printemps, pari en Autonine. Recherche pour son chant, et tres-dilTicile a elever. 106. I^i'itliaeii)^ plioenieiiriis G. Cuv. [Molacilla phniiicurus L. ) KUIUETTE ROUGE-QUEUE OU DE MURAII.EE. Assez rare. Habite les bois. Arrive au Printemps , part a I'Automne. (Musee de la Factdie). 4 07. Eritliaeiis titliys G. Cuv. [MolaciUa lilliijs'! L. ) lluBiETTE rnnvs. Rare. Ilabite les lieux pierreux , les liaies ct les taillis. Arrive et part en meme temps que la precedente. J'en ai tue un indivitlu femelle a Blan- quefort; mais il etait lellement ccharpe par les plombs, que je n'ai pu le conserver. ( nt ) 108. Eritliaeii!^ nubecula G. Cuv. (Molucilla rtibecnla L. ) RUBIETTE ROUGE-GORGK. Commune. Sedenlaire et de passage. Habile, I'lliver, les haies el les jardins pres des habilalions. Roupit des paysans. 109. EritliaeiES eyaueciila G. Cuv. {Si/Ilho, ci/cmeculaMey. et Wolf. ) UlBIETTE GORGE BLEIE. Rare. Passe en Avril et en Seplembre. Affectionne le voisinage des eaux. ( Must^es de Bordeaux et de la FaculU ). 2e Division. — Currucce , Fauvettes. Genre XLIV. — ACCENTOR , ACCENTEUR. 110. Aeceutoi* iiiodiilarii^ Teinmlv. [Mutacillu inoUitluris L. ) AcCENTEUR MOUCHET. Pas commun. Habile les bois, les jardins, buissons et haies. Sedenlaire el de passage. ( Musee de la Faculte). Genre XLV.—^l'Lry.i, FAUVETTE. ■III. Sylvia atricapilla Lalli. [Mulacil/a alricaiiilla L.) Falvette tete noihe. Arrive en Mars , part en Septembre. Commune a son passage du Prin- lenips el de I'Automne. Habile les vergers , les jardins , etc. 112. Sylvia Uorteiisis Tenimk. FAUVETTE des JARDINS. Commune. Habile, a sou doul)le passage, les baies , les buissons et les jardins. Recherchee pour la finesse de sa chair qui rivalise avec celle de rOrlolan, ainsi que le fait remarquer M. Darracq ( Catal. des Landes el des Pijrenees). (Mus^e de la Faculti). 113. Sylvia rtn'riiea Lath. [MulaciUa ciirrucaL. ] FAUVETTE BABILLARDE. Assez commune. Arrive au Printemps , part a rAuloiunc. Habile les bois, bosquets, jardins. Mi. Sylvia orpliea Tcmmk. Fauvette orpuee. Le catalogue la designe comme n'ayanl etc prise qu'une fois en Avril. M. Rarrero vient d'envoyer au Musee de Rordoaux des ooufs de celle Fau- velte, deniches a Cadillac. ( 172 ) Mo. Sylvia cinerea Lutli. [Molacilla cinerea L. ; Fauvette grisette. Assez commune. Arrive au Priiitcmps , part en Aulonme. Habile les haies, les jardins, etc. 116. Sylvia proviMCialis TemniU. {Molacilla pi'ovincialis L.) Fauvette pitciiou. Excessivement rare. Capturee une ou deux fois dans le Bazadais. Je regarde son apparition dans le pays comme accidentelle. Genre XLVI. — PHYLLOPNEUSTE , POUILLOT. ilT. niyllofiiieiiste trochiIii!>i Cli. Bonap. { Molacilla Irochilus L. ) POUILLOT FITIS. Assez comraun. Sedentaire et de passage. Habite les bois, les jardins et les'_buissons. G«nre XLVII. — HIPOLAIS, HIPOLAIS. 118. Hiiiolaii^ i»©lyj|lotta Selys. Longchamps. [Molacilld hiiJolaia L. — Sylvia hipolais Latli. ) IIlPOLAIS LUSCUSIOLE. Pas coramun. Habite les bois, les haies, etc. Arrive au Printemps, part en Automme. Genre XL VIII.— CALAMOHERPE , ROUSSEROLLE. 119. Calaiiioliergte arBiBntisiacea Boie. [Sylvia arundinaceahnih. ] ROUSSEROLLE EFFARVATE. Habile les roseaux, le long des cours d'eau. Arrive au Printemps, part en Automne. Genre XLIX. — CALAMODYTA , PHRAGMITE. 120. Calainotiyta aiiiiatiea Dcgl., Ornitli. Europ. [Sylvia afinalica Latli. ) Phragmite aquatique. Assez commun dans les marais, parmi les roseaux. Genre L. — LOCUSTELLA, LOCUSTELLE. 121. Iiociistolla nmvia Degl.', Ornith. Europ.. I. 1. p. ^89. [Syhna locustella Lath. ) Locustelle taciietee. Assez rare. Habite les memes lieux que Tcspece precedente. Niche le btnii (les bords des cours d'eau. (I7;j) Genre LI. — TROGLODITES, TROGLODITE. 122. Troglodite!^ eiiroiia^tis G. Cuv. { Molacilla tivglodites L. ) Troglodite d'Europk. Commun partout. Affectionne, pendant I'Hiver, les haies de cloture des habitations. Faiilillo XTII. — CERI'UtAMt.K, UVUMPKWiK.WTi.. Genre LII. - SITTA , SITELLE. 123. iiiitta eiiroptea L. SiTELLE TORCHE-POT. Assez rare. Sedentaire. Vil ordinairemeht en societe dans les grands bois. M. Tremeau de Rochebrune a observe que cette espece, qui grimpe a la maniere des pics , ne creuse pas son nid , mais profite des creux que lui offrent les vieux troncs des arbres. Genre LIII. — CERTIIIA, GRIMPEREAU. 124. Certliia faiiiiliariiii L. GrIMPEREAU FAMILIER. Tres-commun. Sedentaire. Habite les bois, les jardins, les vergers. Se rapproche des habitations pendant I'Hiver. Genre LIV. — TICHODROMA , TICHODROME. 125. 'A'ieliodroiiia iniiraria Ch. Bonap. [Cerlhiu muiaria L.) TlCHODROME ECHELETTE. Tres-rare. M. Ch. des Moulins a eu connaissance de deux ou frois captures de cet oiseau dans le departement ; une entre autres a Libourne, par M. Hercule de Baumale. Ilabite et grimpe le long des vieilles mu- railles; M. le comte de Kercado a abattu un individu a son chateau de Lestonat. Faniilic XVIII. — €#»€#»#».*,■ , IIIPPCS. Genre LV. - UPUPA, HUPPE. 120. l'i)ii|ia epoii!^ L. HupPE VUI.GAIRE. Commune a son passage du I'rintenips et de rAutomne. Arrive et part a ces epoques. Habite les bois, les laillis. ( 174 ) Faillllle %.l%^. — MMlMtOfgO.E, KLEPIERS. Genre LVI. — MEROPS, GUEPIERS. 127. Ulerops apiastei* L. GlEPIER VULGAIRE. Tres-rare. De passage au Printemps, dans les dunes, sur le bord de lamer. U. Darracq considere ce passage comme accidentel, quoiqu'il ait constate des captures presque tons les ans sur les cotes marilinies des Landes. Famine Ti.^. — jtVCEDlXMO.W;:, AI.CV01%!^. Genre LVII. — ALCEDO , MARTIN-PECHEUR. 128. Alcetlo liiMpifla L. MARTIN-I'ICCIIKI U \ Ut.GAIRE. Comniun. Sedentaire. Habile le long des cours d'eau. En abondance a la source de la Jalle , au lieu dit Foun dau cap dau bos. TROISIEirtE ORURE. COLUMBjE. — PIGEONS. Fumille XXI. — COtl.«f«*l».E, C'OtOMniK.IS. Genre LVIIl. — COLUMBA, COLOMBE. 129. Coltiiuba iialtiinbtis L. COLOMBE RAMIER. Commune. Passe par grandes bandes dans les Landes , au Printemps et a I'Automne. Sejourne dans les bois pendant une ou deux semaiues. Vulgairement Paloinbe. 130. Columba opiias L. CoLOMBE COLOMBIN. Plus rare que le precedent. Meme passage. 131. Columba livia L. COLOMBE BISET. Un individu de cette espece, si rare dans nos contrees a I'etat sau- vage, a ele tue par M. Giese, en 1840, a St-Mcdard-en-Jalle. ( 1-5 ) 132. Coliinilia iurtiir L. COLOMBE TOURTERELLE. Commune. Sedentaire el de passage en grandes bandes. Frequenle surtout les grands bois du Bazadais. QUATKIl^iHE OKDRE. GALLINM. — GALLINACEES. \ Famine XXII. - TET Mt tlVOM O.t: , TKTR.4». Genre LIX. — TETRAD, TETRAS. 133. Tetrao bonasia L. TETRAS GIJLINOTTE. II est a la connaissance de M. Giese que deux ou trois individus out ete abattus dans le departement. Passage accidentel. Fauiille XXIII. — WJEttng.t, VERDRIX. Genre LX.—J'Ei^WX, PERDRIX. 13i. Pei'flix I'ulira Biiss. Perdrix rou(;e. Commune. Sedentaire. Frequente les champs, les taillis et les vignes. '13;i. Perdix cinerea Briss. ( Telrao iicnlix L. ). Perdrix grise. Rare. Habite les plaines du Libournais et du Cubzaquais. 136. Perdix cotiirnix Luih. ( Tclrat) roluriii-T L. ). Perdrix-Caille. Commune. De passage regulier au Printemps et a I'Automne. Quel- ques-unes sont sedentaires. On trouve a Bazas, suivant la Stafistique, une variete alhine. ( no ) GRALLATORES. — ECHASSIERS. Premiere ])ivi«$ion. GRALLATORES PRESSIROSTRES. — ECHASSIERS PRESSmOSTRES. fanillle XXIV. — OTWB.K, OUTARDKS. Genre LXI. — OTIS, OUTARDES. i:i7. Otis tarda L. OUTARDE BARRUE. Assez rare. nal)ile les grandes Landes. ( Music de Bordeaux). 138. Otis tetrax L. OUTARDE CANEPETIERE. Rare ; de passage. Frequente les landes et les bords de I'Ocean. ( Musee de Bordeaux). Genre LXII. — MDICNEMUS, (EDIGMENE. 139. fEiticueinus erepitaiis Temmk. fCharadirus cedicnenms). OEdicneme criard. Assez rare. Passe d'Avril en Novembre. (Musie de Bordeaux). Genre. — CHARADRIUS , PLUVIER. 140. Cliaradriiis iilitvialis fet apricarius ) L. P1.UVIER DORE. Assez commun. De passage par bandes au Printemps et a rAutomne; frequente les marais et les prairies. 141. Charailriiis inorinelliis L. Pr.l'VIER GUIGNARD. Assez commun. Voyage par bandes et affectionne les terrains sees. (Musee de Bordeaux). ( 177 ) H2. Cliaradriiis liiaticula L. Pluvier rebaudet. Coniniun. Meme passage. Frequente les prairies, dans ie [voisinage des cours d'eau. A ete rare celte annee. {Mnsoe de Bordmux). 143. CliaradriiiM eaiitianiis Lath. Pluvier a collier interrompu. Nous arrive acridentellement. Figure dans la collection de M. Giese. Genre LXIV. - HOEMATOPUS , HUITRIER. 1 44. Hfleniatopiis ostrale(|iis ( cl Pica niariiia ) L. HUITRIER PIE. De passage, frequente les bords de I'Ocean. Assez coniniun sur les plages maritimes de la Pointe-de-Grave. Genre LV. - PRATINCOLA, GLAREOLE. 143. Pratiiicola glareola Dcgl. Ornilh. europ. t. II. p. 117 [Uhinido praiincola L. ) Glareole giarole. De passage accidentel. Le Musee de la Faculte possede un jeune indi- vidu de cette espece tue a la Teste. Genre LXVI. — VANELLUS ,NkmEA\]. 1 46. Vauellus cristatus Mey. et Wolff. ( Tringa vanelhis L. ) Vanneau huppe. Sedentaire et de double passage par bandes. Frequente les niarais. 147. Vanelliis lielveticus Vieill, ( Tringa helvetica L. — Vanellus meloganasler Besclist. ) Vanneau suisse. Sedentaire et de passage. Cominun. Habite les marais. DeitKieiiie Ifivision. GRALLATORES CULTRlROSTRES.—EC.UXSSmnS CULTRI- ROSTRES. Famine IlXV. — UnVMO.K, «RUEI«i. Genre LXVII. — GRUS , GRUE. 148. Ciriis cinerea Mey. e(. Wolf. ( Aidoa grus L. ) Grue cendree. Gonimune. De passage. S'abat la nuit dans les landes. Tome XXI. ( 3" Skuie : T. I. ) :> Livralson. W ( 178) Genre LXVIII. - ARDEA , Hl^lRON. 149. Ardea ciiierea Lalli. ( Ardca major L. ) Heron cendu^. Assez commun. SeJentaire. Habile les niarais et les bords des eaux. 450. Ardea alba L. Heron aigrette. Porte a la Statistique de Jouannet comine etant de passage accidentel. 151. Ardea stellaris L. Heron butor. Assez commun. Sedentaire. Habite les marais et le bord des cours d'ean. Le catalogue de la Statistique designe comme tres-rare une va- riete huppi blanc. ( Miis^e de Bordeaux ) . 152. Ardea coinata PaHas [Ardea rallo'ides Scopoli ). Heron cradier. De passage probablement annuel. Constate dans le Bazadais par M. Dubroca. (Burguet, I. c. ) 1 53. Ar«lea minuta L. Heron Blongios. Rare. De passage. Meme habitation que I'espece precedente. ( Musde de la Faculty ) . 154. Ardea nycticora:^ L. Heron bihoreai. Tres-rare. Meme habitation. Genre LXIX. — CICONIA, CIGOGNE. 155. Cieonia alba Briss. ( Ardea ciconia L. ) GiGOGNB BLANCHE. Rare. De passage. Tiree deux fois a Barsac. 1 56. Ciconia nigra Bcscht ( Ardea nigra L. ) CiCOGNE NOIRE. Tres-rare. De passage. Un individu fut pris vivant a Saint-Pardon en 1841. Genre LXX. — PLATALEA , SPATULE. 1 57. Platalea leucorodia ( el p latea ) L. Spatl'le blanche. Assez commune. De double passage sur les bords de I'Occan. On ne capture presque que de jeunes individus. ( 179 ) Trolj^iemc Division. GRALLATORES TENUIROSTRES. —tCHX^SlERS LONGI- ROSTRES. Famine XXVI. - MMttSWO.K , IBD-i. Genre LXXI. -7B/S, IBIS. 158. Ibis falcinellu!^ Viell. ( Tantalus falcineUus L. ) Ibis falcinelle. De passage dans nos contrees. Quelques individus on (He tues dans les marais de la Teste. Celui qui fait partie du Musee de la ville a ete tue a la Bastide. ( Burguet, Act. de la Soc. Linn., t. XIII , p. 312). Famine XXVI8. — S€'OgjOP.\Ci».K , bM:€AS!«EI#. Genre LXXII. — NUMENIUS , COURLIS. 459. IViiineiiiiis arciitata L. Commun. De passage par grandes bandes au Printemps et a I'Autonine le long des dunes et des rives de la Garonne. Voyage en grandes bandes, 160. IWitnieiiius plioeopiis Latli. ( Scolopax phoeopus L. ) COURLIS CORLIEU. Bien moins commun que le precedent. Meme passage et fr^quente les memes lieux. (Musie de Bordeaux). Genre LXXIII. — LJMOSA , BARGE. 150. liiniosa oegocepliala Degl. Ornitli. eiirop. t. 11. p. 171 [Scolopax cegocephala L. — Limosa melanura Temink. ) Barge commune. Assez commune. De passage perioJique au Printemps et a rAutomne. Frequente les prairies humides, les marais, le bord des eaux. ( Musthi de Bordeaux ). 162. liimosa riifa Briss. ( Scolopcu' Lappunica L. ) Barge rousse. Commune. De passage au Printemps et a I'Automne. Affectionne les plages d'Arcachon , frequente egalement les prairies, les marais et le bord des eaux. ( Mum' de Bordeaur ). ( 180 ) 463. liiniosa cinerea Degl. (irniili. Eiiio]). i. II. p. 178. { Sculopax cineri'a Giild. j Barge terek. Memes observations. Genre LXXIV. — TUTANUS , CHEVALIER. 164. Totaiiiis glottis Temmk. Chevalier aboyeur. De double passage periodique. Fr^quente le hord des eaux dans les landes. ( Mus^e de Bordeaux ). 165. Totamis fiisciisMcy. el Wolf. ( Scolopax fusca L. ) Chevalier brun. Les plages maritimes a son double passage. (Slatistique de Jouamiel). 1 66. Totaiiiis calidris Bechst. ( Scolopax calidris L. — Tolanus striahis Brisson ), Chevalier gambette. Commun. Habite a son double passage les bords de la mer. ( Mmh de Bordeaux ). 167. Totaniisi ocroplitis Tcmm. ( Tringa ocrophus L. ) Chevalier cul-blanc. ' Assez commun. Habite le bord des eaux ( Musie de Bordeaux ). 168. Totaling l»yi»ole«ieos Degl. Ornilli. Europ. t. 11. p. 194, ( Tringa hypoleucos L. ) Chevalier guignette. Tres-commun. De double passage. Frequente le bord des eaux. ( Mu- sie de Bordeaux ). Genre LXXV. — MACHETES, COMBATTANT. 169. IVIacltetes piigiiax G. Ciiv. ( Tringa pug^mx L. ) COiMBATTANT ORDINAIRE. Rare. Se montre en Avril et en Mai sur les plages d'Arcvachon. ( Musee de Bordeaux el de la Faculte). Genre LXXVL — SCOLOPAX , BECASSE. 170. Scolopax major Gmol. Becasse major. Assez rare. Arrive en Automne, sejourne une ou deux semaines. ( 181 ) * 171. Srolofiax fialllnayo L. B^CASSE BECASSINE. SMentaire et de passage. Commune, llaljite les marais. 172. Scoloiiax galliiiula L. Becasse sourde. Moins commune que la precedente. Meme habital. 173. Scolopax riisticola L. Bl^CASSE ORDINAIRE. Commune. Arrive au commencement de I'Hiver et quelques-unes se- journent jusqu'a sa fin. Le Musee de la Faculte offre une belle variete Isabelle , et M. Giese possede un individu atteint dV/i6mm«e complet, tu6 a Saint-Medard. Genre LXXVII. — THING A , BECASSE AU. 174. Ti'iiiga caiiiitiis L. ( Tnngu cinereaYSvxxnn. ) BliCASSEAU MAUBECIIE. Assez rare. Habite a son double passage les marais , surlout ceux du littoral. 175. Triiiga siibarqiiata Tcmm. BECASSEAU tOllLl. Assez rare. De Passage sur les bords de la mer en Aout et Septembre. 170. Tringa cincliis Keys et Bias. ( Tringa variabilis Tcmmk. ) Becasseau circle. Commun. Arrive au Printemps , repart en Automne. Habite les marais et les rivages. ( Musie de Bordeaux ). 177. Tringa niiiiiita Lcist. Bi^CASSEAlI M1.NULE. Passage double et regulier. Sejourne quelques jours. Meme habitat. Genre LXXVIII. - STREPSILAS, TOURNE-PIERRE. 178. Strepsilas interpret L. ( Strepsilas coUaris Temnik. ) TOUUNE PIERRE VULGAIRE OU A COLLIER. Rare. Habite les plages maritimes a son passage. Le Strepnilas iiiari- nelln de la Sfalistique de Jouannet est un jeunc individu de I'annee. ( 182 ) Famine X'KVIlf. — M»aAijAHOM*Ii».K, PUAE.AROPES. Genre LXXIX. — PHALAROPUS , PHALAROPE. 179. Phalaropus fiilicariiis Gh. Bonap. ( Tringa fulicaria L. — Pha- laropus plati/rinclms Temmk. ) PlIALAROPE DENTELE. N'apparait qu'accidentellement et tres-rarement apres de violentes tempetes. II est plus commuu sur les etaiigs qui avoisinent la mer aux environs de I'Adour. M. Darracq fait observer qu'il repart pour la haute mer des que la tourmente a cesse. ( Mus^e de Bordeatix). Genre LXXX. — HIMANTHOPUS, ECHASSE. 180. IIiinautlioi»iis ine1aiio|itei*iis Mey. [Charadrius himan- Ihopus L.) EcHASSE ORDINAIRE. De passage accidentel sur les bords de I'Ocean. (Statistique Jouannel). ^■■Atrieine Division. GRALLATORES PALMIPE DES. -ECU XSSIER^ PALMIPEDES. Famine ILXIX. — MtEfiaVM ttOSTMtMMt.lB . m^l'VRVinOSTRES. Genre LXXXI. — RECURVIROSTRA , AVOCETTE. i8l. Reciirvirostra avoeetta L. llECL'RVIROSTRE AVOCETTE. Tres-rare. Frequente les plages maritimes du coin du Sud, pres Arca- chon. ( Mus^e de Rordeaux ). CJinqiii^nie Division. GRALLATORES MACRODACTYLL — ECHASSIERS MACRODACTYLES. Famine XXX. - nytW.E,MO^ , niVLfSM. Genre LXXXII. — R ALIUS, RALE. 18'2. Ralliis aquaticiis L. lUlK D'EAC. ( 183 ) Commun. SMentaire. Habile les marais et les bords des petits cours d'eau. 183. Ralltis crex L. Rale de genet. Assez commun. De passage double. Habite les joncs , les rives herbeu- ses des marais , les landes et les taillis. Tres-3stime comme gibier. 184. Ralltis porzaiia L. Rale marouette. Tr^s-commun. De passage rt^gulier et periodique; habite les joncs, les rives herbeuses des marais , lacs et petits cours d'eau. 185. Ralliis iiitsillus Palbs. Rale poussin. Assez rare. J'ai vu cetle ann^e , au mois de Septembre , deux indi- vidus de cette espece sur le marchd de Bordeaux. Ds ^talent tellement avances que je n'ai pu en tirer parti. 18G. Rallus Bailloni Vieill. Rale Baillon. Assez rare. Sedentaire et de passage. Habite le bord des eaux , des marais, etc. ( Musie de Bordeaux ). Genre LXXXHI. — GALLINULA , GALLINULE. 187. CSalliiiiila eliloropus Latli. { Fulica chloropus L. ) Tres-commune. Sedentaire. Habite les marais , les bords des petits cours d'eau ^ etc. Genre LXXXIV. — FULICA , FOULQUE. 188. Fiilica atra ( cl aterriina L. ) Foulque macroule. Commun. Sedentaire. Habite les eaux de la Garonne, les lacs, les ^tangs et surtout ceux du littoral. Sa chair est peu recberchee dans le departement , tandis que sur le bord de la Mediterranee , riche ou pauvre veut avoir son salmis de Macreuse le lendemain d'une battue. J'ai assist^ a une de ces chasses sur I'etang de Thau, pres Maguclonne : le nombre des Foulques abattues a ete evalue a 4,000 , en deux heures qu'a dun'' la chassc. ( 184 ) 189. Ftilica crititata Gmel. FOULQUE A CBETE. De passage peut-etre annuel. Plusieurs individus figurent dans la Col- lection de la Faculty des Sciences ; trois ont ete abaltus , cette ann^e, a Cadillac et j'en ai constate deux sur le marche. ISIXIEHIE OKDRK. NATATORES. — PALMIPEDES. Premiere Division. NATArORES LONGIPENNES. — PALMIPEDES LONGl- PENNES. I'ainillc XXXI. — Mj.tnwO.^ , KIOUETTES. Genre LXXXV. — STERCORARIUS, STERCORAIRE. 190. Stercorariiis catarrartlies Vieill. ( Larus catarrhaclesL. ) Stercobaire cataracte. Tres-rare. Habite les glaces polaires et n'arrive que porte par la teni- pete. ( Musee de Rordeanx ). 191. Stercorariiis lon«|ieaii«latii8 Briss. STERCORAIRE LONGICAUDE. Tres-rare. Meme cause de capture accidentelle. Le sujet qui est au Musee de Bordeaux a et6 tue en 1846. Genre LXXXYL — LARUS, GOELAND. 1 92. liariis niariiins L. GOELAND MARIN. Assez commun sur les bords de I'Ocean , notainment dans les environs de Cordouan. Remonte quelquefois le fleuve jusque devant Bordeaux. 193. liartis fiiscus L. GOELAND BRUN. Moins commun. Habite les dunes ou Ton afiirme qu'il se reproduil. Remonte la Gironde quelquefois jusque devant Bordeaux. ( 185 ) iSi. liariis argentatus Uriinii. GORLAND ARGENT^. Commun. Frequente les memes lieux , remonte cgalement la Gironde pendant les gros temps. 195. liai'iis caiius L. GOELAND CENDRE. Indique par la Statistique de la Gironde sous le noni de Larus cine- reus. Beaucoup moins commun que les precedents. 196. liariis trydactyliis L. GOELAND TRIDACTVLE. Commun. Ilabite les bords de I'Ocean. Remonte, dans les irros temps, j usque vers Langon. 197. Icarus nielaiiocepltaliis Nalterer. GOELAND MELANOCEPHALE. Rare. M. Giese a constate son apparition accidentelle. '198. Icarus ridibiindiis L. GOELAND RIEUR. Rare sur les bords de I'Ocean et de I'embouchure de la Gironde ; re- monte jusque vers Langon. Genre LXXXVII. — STERNA , STERNE. 199. Sterna cantiaea Gmel. Sterne gaugek. Arrive , ainsi que les deux suivantes , en Avril ou Mai , par troupes , et habite les bords de I'Ocean. Remonte accidentellement le fleuve. 200. iSterua liiriiiulo L. Sterne Pierre-Garin. Commune. Meme observation. 201. Sterna niinuta L. Sterne petite. Commune, Sedentaire. Habite les bords de I'Ocean. 202. Sterna fissipes L. ( Sterna nigra Briss. ) Sterne epouvantail. Sedentaire et de passage. Meme habilal. ( 186) Famine XILXII. - PttOC«!l,E,MRin.K , PROCELLAIRES. Genre LXXXVIII. — PROCELLARIA, PETREL. 203. Procellaria glacialis L. PETREL FULMAR. Tr^s-rare. Arrive accidentellement, pouss6 par les tempStes. Genre LXXXIX. — THALASSIDROMA , THALASSIDROM. 204. Tlialassidronta pelagica Less. [ProceUaria pelacjica L.) Thalassidrome tempete. Habite la haute mer, et ne parait sur nos cdtes maritmes que pendant les violentes tempfites. 205. Thalassidroina liCadiii Cli. Bonap. [Procellaria Leac/i/t Temk. ) Thalassidrome de Leach. TrSs-rare. Le seul individu tu6 dans le departement, du moins que je sache , fait partie du Musee de la ville de Bordeaux. Deiixienie Division. NATATORES TOTIPALMES. — PALMIPEDES TOTIPALMES. Vamllle JLS.^Uf. — M*EMjK!CAi\MM>.X! , Pli:i,ICAI«N. Genre XC. — PHALACROCORAX, GORMORAN. 20(). Plialacrocorax carbo G. Guv. ( Pelecanus carbo L. — Carbo carboranus Mey. et ^^'olf. ) CORMORAN ORDINAIRE. Sedentaire et de passage. Rare. Habite les cotes de I'Oc^an. — Le Carbo minor, de la Statistique de la Gironde, est probablement le Carbo meilius de Nilson. Suivant M. Hardy, cette espece doit etre reunie au Ph. carbo, qui ne devrait ses dimensions plus grandes qu'a une nourri- ture plus abondante et plus nutritive. (Mus^e de Rordeaux). Genre XGL — SULA, FOU. 207. Siila liassaiia Bris. [Pelecanus nanus L. ) Foil de' Bassan. ( 18' ) Assez commun. De passage au Printemps et i rAutomne , surtout des jeunes ( Sulci major Briss. ) ( Mus(}es de Bordeaux et de la Faculty). Genre XCII. — PELECANUS, PELICAN. 208. Peleranus onocrotaliis ( et orieutalis ) L. PkLICAN BLANC. De passage tres-accidentel. M, Jouannet rapporte qu'un Pelican a 6t6 trouv6 mort au pied des dunes de La Teste ; un autre a etd tue , a ma connaissance , sur la c6te de Soulac ; en Juin 1849, trois furent abattus k Cubzac. Un de ces derniers figure au Musee de la ville. M. Degland (loc. cit.), qui rapporte ce dernier fait, attribue I'apparition simul- tanee de plusieurs de ces oiseaux sur divers points de la France, en 1849, a la guerre qui desolait alors leur patrie. Troif^ieine Sivii^ion. NATATORES LAMELLIROSTRES. — PALMIPEDES LAMELLIROSTRES. Genre XCIIL — ANSER , OIE. 209. A.nsei* sylvestris Briss. {Anas seijelmn Gmel. ) OlE VULGAIRE. Assez rare. Arrive en Automne , repart a la fin de I'Hiver, frequente les ^tangs et les marais de I'int^rieur, raais surtout ceux du littoral. 210. Aiiser albifrons Mey. ct Wolf. {Anas albifrons Gmel. ) OlE RIEUSE. De passage periodique par bandes ; exploite principalement les marais du littoral. (Collect. Giese). 211. Anser erytliropus Degl., Ornitli. Europ. , t. II, p. 403. {Anas erylhropus L. — Anas leucopsis Temmk. ) OlE BERNACHE. Rare. De passage seulement pendant les Hivers tres-rigoureux. (Musee de Bordeaux et collection Giese). 212. Anser bernicla Tcnimk. {Anas bernicla L. ) Oik oravant. Habite, pendant son sojour, dans les Hivers tres-rigoureux, Arcachon et les marais environnanis {Musee de la Faculle et collection Giese). (188) Genre XGIV. — CYGNUS, CYGNE. 2)3. Cygnus ferus Briss. (Anas Cygnus Gmel. ) CVGNE SAIVAGE. Tres-rare. N'apparait que dans les Hivers tres-rigoureux. On pretend qu'il s'est montre sur nos cotes , les deux precedentes annees. 21 4. Cygnus minor Keys, et Bias. ( Cygnus Beivichii Yarell. ) Cygne de Bewick. Arrive, pendant les Hivers rigoureux , avec le C. ferus; quelques in- dividus ont ete tues en 1839. (Burguet, loc. cit. ) 215. Cygnus olor Vieill. [Anas cygnus L. — Anas olor Gmel. ) Cygne tubercule. Rarissime. De passage accidentel, le long des cotes maritimes, pendant les Hivers tres - rigoureux. Le Musee possede un individu abattu a la Teste et monte par M. le capitaine Loche, du 45'= de ligne. Genre XCV. — ^iVylS, CANARD. 216. Anas tadorna L. Canard tadorne. Assez commun. Arrive a la fin de I'Automne et sejourne une partie de I'Hiver, s'eloigne pen des cotes maritimes et des rives de la Gironde. (Musee de la Faculte). 217. Anas nioscliata L. Canard musque. Tres-rare. De passage accidentel. S'est montre plusieurs fois sur les cotes maritimes de Soulac et du Verdon , pendant des Hivers rigoureux. 218. Anas clypeata L. Canard souchet. Assez rare. Hiverne dans les marais de Bruges, St-Medard, sur les bords de I'Ocean , etc. (Mus^e de Bordeaux ). 219. Anas lioschas L. Canard sauvage. Tres-comraun. Hiverne, de Septerabre en Fevrier, dans les marais et sur les bords de I'Ocean ; vit en grandes bandes, 220. Anas acuta L. Canard pilet. Assez rare. Passe en Fevrier, par bandes. (Musee de Bordeaux.) ( 1«9 ) 2il. Auasi strepera L. Canard ridenne. Comniun. Arrive et part avec VAnas boschas. 2^2. Anas peiielope L. Canard siffleur, Gomniun. Passe par bandes, de Novembre en Fevrier. 223. Anas qiierquedula L. Canard sarcelle. Commun. Niche dans nos marais. De passage periodique et regulier. 224. Anas crecca L. Canard sarcelline. Tres-Commun. De passage pdriodique et regulier. Genre XGVI. — FULIGULA , FULIGULE. 22b. Fuligula clangula Degl. , Ornitli. Europ. , t. II, p. i43. {Anna clangula L. ) Fuligule garot. Assez rare. Passe annuellement , quoiqu'en dise la Statistique de Jouannet. M. Giese et moi en avons constate, chaque annee, sur les inarches de Bordeaux. (Mus6e de Bordeaux ) . 226. Fuligula ntarila Ch. Bonap. [Anas marila L. ) Fuligule milouinan. Assez rare. De passage periodique et regulier. ( Musee de Bordeaux). 227 Fuligula ferina Keys, et Bias. (Anas ferina L. ) Fuligule milouin. Assez commune. De passage periodique et regulier. (Musee de Bor- deaux). 228. Fuligula cristata Ch. Bonap. {Anasfitlujti/aL.) FULKJULE MOlilLLON. Commune. De passage periodique , pendant certaines periodes. Fre- quente principalement les etangs du littoral. 229. Fuligula nyroca Keys, cl Bias. (Aims leucophthalmos Bovkh. ) Fuligule nvroca. Rare. De passage regulier. Arrive a I'Automne et repart au Piinlemps. ( 190 ) 230. Fiillgiila spectabilis Degl., Orinth. Europ., i. II. p. 46t>. [Anas spectubiiis L. ) Flligcle elegante. Portee rare au Catalogue de la Statistique du departement. Je n'ai pu me procurer de renseignements sur I'apparition de cette espece qui ne peut ^tre que de passage accidentel , pendant les Hivers rigoureux. 231. Fitligiila inolissiina Dcgl., Ornith. Europ., t. II. p. 463. (Anas molissima L. ) FULIGULE EIDER. Rarissime. Passage accidentel. M. Giese possede dans sa collection un individu tue k la Teste, vers 1832 , et qu'il a achete sur le marche. N'en deplaise a Temmink, ce fait est authentique. 232. Fuligula nigra Degl.. Ornith. Europ., t. II, p. 470. [Anas nigra L.) FULIGULE MACREUSE. Commune. De passage periodique et regulier. Arrive en Automne et repart au Printemps. (Musee de Bordeaux.) 233. Fuligula fiisea Degl., Ornith. Europ., t. II, p. 472. (Anas fuscaL.) FUUGULE DOUBLE-MACREUSE. De passage periodique et regulier, le long des cotes maritimes. (Mush de Bordeaux. ) GemeXCNU.—MERGUS, HARLE. 234. IVIergus merganser L. Harle bievre. Tres-rare. De passage accidentel, dans les Hivers tres-rigoureux ( Mus6e de Bordeaux ) . 235. mergus serrator L. Harle huppe. Moins rare. Egalement de passage accidentel. (Musee de Bordeaux). 236. mergus albellus L. Harle piette. De passage accidentel. M. Giese le possede pris sur les bords dubassin d'Arcachon. ( 191 ) ^itatrieme Division. NATATORES BRACHYPTERI. — PALMIPEDES BRACHYP- TERES. Famine XXXV. - COEjrMBfO^, PliO.'VUEO.V!^. Genre XCWU. — COLYMBUS , PLONGEON. 237. Colymbus glacialis L. PlONGEON IMBRIM. Ainsi que le fait observer M. Darracq , cet oiseau ne se montre ordi- nairement que jeune sur nos cotes. Cependant M. E. Laporte a fait don au Musee de Bordeaux d'un couple adulte , tue a la Teste. 238. Colyinbiis arcticus L. Plongeon lumne. De passage en Hiver, les jeunes seulement. (Musee de Bordeaux). 239. Colyinbiifs septentrioiialis L. Plongeon cat-marin. De passage en Hiver. (M. Giese). ramllle XXXVI. - M*OOMCBJPMOyK , GBGBES. Genre XCIX. — PODICEPS, GREBE. 240. Podiceps aiiritits L. Gkebe oueillaud. Rare. De passage. Frequente les etangs et les cours d'eau qui avoisi- nent le bord de la nier. (Musie de la FacultS). 241. Podiceps cornutus Lalli. ( Colymbtis cornntus Gme].) Grebe esclavon. Rare. De passage accidentel. M. Giese possede dans sa collection un individu tu^ en 1832^ sur la Garonne, quai de Bacalan , devant la porte de son habitation. 242. Podiceps minor Lath. Grebe castagneux. Assez commun. Sedentaire. Frequente les eaux douoes. ( 192)- 243. Potlieeps cristatus Lath. [Colymbus ci'istalus L.) GllEBE HUPPE. De passage. M. Darracq a observe que les jeunes, seulement, frequen- tent nos cotes. (Mus^e de Bordeaux). Famine XXXVU. — .*E,CMMf.m:, ALQUEiS. Genre C. — URIA , GUILLEMOT. 244. Uria troile Lalh. (Colymbus Iroile L. ) Guillemot troile. La Statistique de la Gironde rapporte des captures le long de la nier. S'il nous arrive quelquefois , ce qui est tres-probable , ce ne peut etre qu'accidentellement. Genre CI. - FRATERCULA , MACAREUX. 245. Frater cilia arctica L. MACAREUX MOINE. Pas tres-rare. De passage sur nos cotes maritimes, en Hiver. Genre CII. —^ICyl, PINGOUIN. 246. Alea torda L. PiNGOUIN TORDA. Assez commun. De passage periodique et regulier, le long des cotes maritimes. ADDENDA. En remettant la copie a I'iniprimeur, j'oubliai une note contenant quelques especes qui devaient etre intercalees dans le Catalogue. Nc m'etant apergu de cette omission qu'apres le tirage du 2« cahier des Actes, je suis oblige de placer ces especes a la suite de mon travalj. 16 his. Strix nietea L. CnOUETTE HARFAKG. Cette espece , qui appartient aux regions du cercle arctique , est de passage dans les environs de Soulac ; elle s'abat quelquefois dans les bois , Oil quelques individus out ete tues. On I'observe surtout a I'ap- proche des hivers rigoureux. (Burgnet, Act. Sor. Lin., t. xi\,p. 252). ( !'•»;! ) 3G bis. Pasitiei* lii!i(|in(iiolensiM Dcl;!., Oiniili. Ijiiup.. t. I. p. :>00. {I'liiiiiitia hisijuniolensis 'I'eiiiink. ) MOINEAU D'ESPAGNE. M. le docteur Burguel rapporte que M. le docleur Abeillo possedait vivant , un individu capture par les oiseleurs du pays. Je le possedc , tue a Bruges, cette annee. 55 bis. Parian paliistris L. Mesange nonette. Tres-rare. Constatee a Pessac par M. Burguet, et a Bruges par M. Tauzin. ( Musee de Bordeaux). b^ bis. Regiilii!^ igiiieapilliis Naumanii. {Sylvia ifjnicaj>illa liv\ss.) RorrELET MOUSTACHE. De passage d'Aoiit en Octobre. On le trouve dans les bois du Bazadais, de Pessac et de Gradignan. (Burguet, 1. c. ) 63 bis. Corvus inonediila L. CORBEAU CHOUCAS. Se mele aux bandes de Corbeaux et de Freux. Niche dans le drparte- ment. 77 bis. lianiiis minor Gmcl. Pie-Grieciie d'Italie. Passe tous les ans en petit nombre, et s'arretc dans nos contrees. {Burguet, 1. c.) Faillille XIV bit. ~ UrOMtaMt.tTIU.K, IIVUROBATR!^. Genre XXXIX bis. - CINCLUS, CINCLE. 94 his. Ciiicliis atiiiaticiis Beclist. [Sturims cinchts L. ) Cincle plongeur. Se voit en bien petit nombre sur le bord des ruisseaux torrentueux. Cette espece, particuliere aux Pyrenees, s'egare quelqucfois dans nos contrees. (Burguet, \. c.) no hi.f. Accentor alpinn!^ Bechst. Acoenteur alpin. Nic he dans le pays. ( Burguet , 1. c. ) To.MF:XXr. 15 ( 194 ) 113 6is. Sylvia melAitocepliala LaDi. Fauvette m^lanocephale. Excessivement rare. M. Dubroca, a Barsac, possede le seul individu tud dans la Gironde. ( Burguet , 1. c. ) 118 6/5. Calainolierpe turtloides Boic. [Turdiis arundinacea L. — Sylvia turdoides Temmk. ) Rousserolle turdoide. Niche dans les roseaux et les joncs des bords de la Garonne, ou elle est commune. (Burguet, 1. c.) Genre XLIX bis. — CETTIA , CETTIE. 119 bis. Cettia cetti Degl., Ornith. Europ., t. I, p. 578 (Sylvia cetiia Marmora. ) Cettie bouscarle. Rencontr^e quelquefois dans le Bazadais. (Burguet , 1. c.) (Faiuiilc XVIII bis. - con.icr.tmn.yE, roe.i.ier8. Genre LV bis. — CORACIAS, ROLLIER. 12G bis. Coracias garrula L. ROLLIER COMMUN. Tres-rare et de passage accidentel. M. Peroud possede deux individus tues a Blanquefort en 1839. (Burguet, 1. c.) 132 bis. Tetrao tirogallus L. Tetras Urogalle. A ete tue sur les confins de la Gironde et des Landes. (Burguet, 1. c.) 18 Janvier 1856. A. DOCTEUR. ( 195 ) MONOGRAPHIE DU GENRE TE8TACELLE, Par mM. CSASSIES et Flf^CHKR , inembres litulaires. INTRODUCTION. La meilleure methode a suivre en liistoire naturelle est, a notre avis, I'etude des genres pris separement. Elle comprend alors I'observation des especes, des varietes, et conduit a classer chaque etre selon la place que la nature semble lui avoir assignee. Nous avons adopte cette methode , et de nombreux materiaux sont a notre disposition, pour publier selon leur degre d'opportunite et le temps dont nous pourrons disposer , quelques monographies de genre. Nous le ferons a des intervalles qui nous pefmettront una saine appreciation des faits. Dans la science qui nous occupe , la collaboration a de grands avanta- ges : a des distances meme eloignees, les documents se multiplient et sont discutes avec plus de soin. Nous avons done pense que nos travaux acquerraient plus de certitude , lorsque chacun apporterait la somme de ses connaissances a I'oeuvre commune , et la spcci.alite dans laquelle il se plait. Nous nous sommes distribues certaines parties a traiter , telles que I'anatomie, les observations physiologiques, les moeurs, les recher- ches debibliographie, nous reservantun controle general sur I'ensemble. Persuades que le genre Testacelle , restreint a quelques especes encore peu connnes , reclamait une revision severe ; que les moeurs et I'anato- mie des animaux de ce groupe pouvaient etre ctudics d'une maniere plus complete , nous nous sommes mis a I'cpuvre avec ardeur. Nous espcrons avoir reussi a elucidcr I'histoire de ces mollus(iues dans la phipart de ses details; et , si notre travail n'cst pas plus considerable, c'est que nous ( 19G ) ne parlons que de ce que nous avons vu. Notre seul desir a ete de meriter I'approbation de nos niaitres en malacologie. Les documents, les echantillons, les communications, nous ont ete accordes avec empressement par toutes les personnes auxquelles nous nous sommes adresses. Qu'il nous soit permis de remercier speciale- ment : MM. AsTiER ( T. bisulcata, de Grasse ). Baugier ( Testacelles des Deux-Sevres ). BouRGUiGNAT ( plusieurs especes ). Cabrit ( les especes de sa collection ). Cazenavette ( les Testacelles de Bordeaux ). CoMME ( Idem). Des Moulins ( les types de Ferussac et de Bang ). Deshayes ( ses types ). D'OrbiGny ( types des Canaries ). DuRiEU ( especes de Bordeaux ). Jaudouin ( Idem). MoRELET ( types du Portugal ). NouLET ( les especes fossiles ). Petit de la Saussaye ( types d'Angleterre ). BoussEL ( les especes de Bordeaux ). Souverbie ( Testacelles du Perigord ). Bordeaux et Paris, AoCit 185G. ( 19" ) HISTORIQUE DU GENRE. Plus les moeurs de certains animaux sonl tranchees el plus vile elles sont nientionnees , ctudiees el connues. On peut trouver une preuve de cetle verile dans I'historique du genre Testacelle , car il faut remonler a plus d'un siecle pour decouvrir des documenls qui s'y rapporlent. En 1740, Reaumur publiail la note suivanle dans les MemoiFc s do f-i-^^t^^r^- I'Academie des Sciences (1) : r'/*^ v « M. Dugue ecrit de Dieppe a M. de Reaumur, qu'il y a dans cette ville , un jardin oii se trouve une espece de limace inconnue aux jardi- niers du pays. Elle est longue de dix-huit a vingt lignes, el a, a peu pres, la forme des limacons rouges qui courent sur la terre et n'ont point de coquille. Elle se terre a la fafon des vers et ne sort que la nuit. Elle porte sur la croupe une partie semblable a un ongle , place comme il Test au bout du doigt , pour le moins aussi dure. Tout I'animal est si dur, qu'on a peine a le couper avec un couteau. On I'a enferme dans un pot avec des vers de terre longs de trois k quatre pouces et gros comme une plume; il s'en nourrit quoique beaucoup moins fort qu'eux en appa- rence. II met quatre ou cinq heures a en avaler un enlierement ; mais ce long temps ne lui fait pas hasarder de perdre sa proie ; quand il I'a une fois saisie par un bout, elle ne peut plus echapper, quelques efforts qu'elle fasse. II depose en terre ses oeufs parfailemenl ronds d'abord , et qui ne sont qu'une petite pellicule reniplie d'une Immeur visquense ; mais au bout de quinze jours ou un peu plus , I'hunieur s'epaissit , la forme ronde se change en ovale et la limace eclot comme un poulet. » Ces observations sont interessantes et completes : la forme , les moeurs, la ponle de la Testacelle y sont parfaitement indiquees (2). En 1754, de La Faille, de la Rochelle, correspondant de I'Acadcmie des Sciences, ayant otudie cette limace, envoya un momoire a Guetlard ; mais il ne fut pas imprime et resta probablement dans les papiers de ce dernier. (1) Observations de Physique ginirale , p. 1-2. (2) Faisniis irniarquor soiileinenl • Essai d'une Melhode. etc , p. 41 (1807). « Le petit manteau susceptible d'entourer tout le corps est cependent entierement » cache sous le t6t , qui est dix fois nioins long que lui ; il est divise en plusieurs » lobes, dont le posterieur et lateral du cote gauche est cachd dans la rainure oil » s'implante la clavicule , et recouvre par son devcloppement la partie poslerieure du " corps, comme un de qui entoure le bout du doigt; I'antericur ct le lateral du « cote oppose achfevent d'entourer Ic corps » llhl. not. gin., p. 88 '1810). ( 2^2-2 ) prives subitement de leur abri , une maladie qui , presquo ton jours, en- traine la mort. Nous avons essaye de couper des lombrics et de les donner ainsi mutil^s en pature aux Testacelles, mais jamais elles n'y ont touche. La methode preconisee par M. Bouillet , pour se procurer des Testacelles , n'a done point reussi chez nous. Elles n'ainient point les cadavres , et si elles arrivent a la surface du sol, ce n'est pas uniquement pour chasser; nous pensons plutot que le but principal de leur sortie , est I'accouple- ment. D'apres des observations suivies , nous pensons pouvoir preciser la duree de la vie des Testacelles. Nous avons eu a notre disposition des individus de tons les ages, depuis la sortie de I'oeuf jusqu'au developpement extreme , constate sur des exemplaires de M. Durieu ; 11 faut quinze mois pour que le mollusque arrive a la longueur moyenne , qui est de quatre-vingt millimetres (1), La plupart des individus qui sont morts chez nous, pendant nos expe- riences, ou que nous avons trouves dans cet etat dans les jardins et les champs, avaient un peu plus de cette taille, et leur coquille avait acquis peu d'accroissement. Nous pensons, d'apres cela, que la moyenne de la vie des Testacelles ne doit pas depasser cinq a a six ans. L'approche de la mort se manifeste par la rarete et I'epaisseur du mucus qui devient poisseux, filant comme un byssus crystallin; la peau se ride et se distend sur le dos et les flancs, sa coloration n'est plus uniforme. Chez le T. haliotidea, elle fonce en certains endroits et palit dans d'autres. Chez le T. Maugei type, elle se marbre de plaques d'un jaune sale sur le fond grisatre; elle devient d'un jaune-vert, livide, chez la variete albina. Chez le T. bisiilcata , elle passe du jaune citron au rous- satre. Le mufle fait saillie , les tentacules presentent a peine leur extremite ; I'appareil generaleur se gonfle et fait hernie ; enfin, dernier indice de decomposition, la masse buccale sort completement en dehors, entrai- nant avec elle la langue retournee et contractee ; le manteau se retrecit ct la coquille parait se detacher. (1) Nous avons obtenu celte laille die/, quelques individus nt5s dans nos caisscs ; mais cos faits sont rarcs el ne se renconlrenl gufere que chez la var. albina, l)eau- ooup plus vorace que les autrcs. Le jardin de M. Duricn est Irfes-i'avoralilc a lour developpement. ( 223 ) L'odeur des Testacelles est acre, nauseaboiule , parlicipaiil de celle des lombrics et des herbes humides. Les fortes pluies de Janvier 185G onl ete funestes a nos moUusques; une niortaliie assez considerable a eu lieu a la suite de la trop grande humidite; ce qui s'explique par le peu de 'profondeur de la caisse oii elles vivaient , et I'absence de trous pour I'ecoulement des eaux. Du moment oii nous nous sommes apercus de leur deperissement , nous nous sommes empresses de \ider la caisse , de leur donner de la terre plus seche et d'une epaisseur convenable , afm de leur laisser plus de liberie dans les mouvements. Instruits par I'experience , nous avons menage des vides pour I'eva- cuation des eaux , au moyen de trous for^s au fond , et recouverts de fragments debriques; sans cette derniere precaution nous aurions ete exposes a perdre nos mollusques qui passent parfaitement par les moin- dres fissures. En nous mettant ainsi a I'abri des eventualites , nous les avons rendus a leur existence presque normale^ et peu ont succombe ; ce qui nous porte a penser qu'il n'y a eu alors et depuis ce temps , de cas de mort , que par suite des causes inherentes a la succession des individus. A I'epoque ou nous publions noire Monographie, nous possedons des Testacelles de tons les ages et de toutes les failles , presentant des variations de couleur que nous signalons plus loin. Elles se sont parfai- tement accouploes, ont pondu , et deja quelques embryons ont brise leurs ceufs. Ces pontes recentes et tres-nombreuses nous perniettront de pouvoir repandre la Testacelle de Mauge , peu connue jusqu'a ce jour , et consideree comme espece rare lorsqu'elle habitait si pres de nous. ( 224 ) CLASSIFICATION DU GENRE. § i« Le genre Testacelle etant parfaitement nature! , il s'agit de determiner sa place dans la methode , ses afilnites et ses differences avec les genres voisins. Rappelons d'abord les opinions des anciens naturalistes. Aux yeux de Reaumur, Dugue, de La Faille, Valmont de Boniare , Favanne ; la Testacelle est une sorte de Limace a coquille exterieure. Ge jugement est porte d'apres I'etude de I'animal. Favanne fait meme re- marquer qu'il comble la lacune existant entre les Limaces nues et les Testacees terrestres. Cuvier, en 1800, Lamarck, eh 1801 , Bosc, en 1802, de Roissy, en 1805, adoptant les idees souvent erronees des conchyliologistes , et ou- bliant les observations faites sur les animaux, ne considererent dans les Testacelles que la forme de la coquille , et la classerent dans le voisinage de genres a tet baliotidiforme. C'est ainsi que la Testacelle fut placee entre les Limaces et les Sigarets , les Stomates et les Haliotides, les Patelles et les Haliotides, les Concholepas et les Haliotides. Cuvier, dans son anatomie (1804) , trouva quelques rapports entre les Limaces et les Testacelles ; mais rapprocha ces dernieres des Onchidies (Peronia). Draparnaud les considera comme intermediaires entre les Limaces et les Vitrines. Cette opinion , developpee plus tard par Lamarck et Ferussac , fut adoptee par tons les naturalistes , et le genre Testacelle devint partie integrante des Limaciens. Place a I'extremite de cette famille , il faisait avec les Vitrines le passage aux Helices. Cependant, I'anatomie comparee des mollusques terrestres dev/)it porter plus tard atteinte a cet arrangement. M. Raymond, etudiant en 1853 (1) I'anatomie de la Glandine alge- (l; Journal de Conrhyliologie , |i. II. I rienne , el I'rappi'' ties rapports de ce molliisque avec la Testacellc ; avanfa ([ue la Testacelle etait pour lui une Glandine a coquille rudi- mentaire. M. Gray, en 1854 (1), d'apres I'examen de la langue de notre mollus- que, I'oloigne dcs Limaciens , et fonde la famille des Testacellithe , dans laquelle il le fait entrer, avec le genre Peronia (Onchidic de Cuvier) ; ne trouvant entre rorganisation de la langue de ces deux genres aucune difference. II remarque de plus , que la transition des Teslacelles aux Helices se fait par las Zonites, dont la plaque linguale, en effet, parti- cipe de cells de ces deux coupes. L'un de nous , enfin , en 1856 (2) , conclut de I'etude anatomique des Daudebardies , a leur rapprochement des Testacelles et des Glandines, dans une meme famille , celle de M. Gray. MM. Adams (3) ont adopte la coupe des Teslacelluke , mais n'y ont compris que les Teslacelles et les Plectrophores. Ce dernier genre, tout- a-fail problematique , avail deja el6 place dans ce voisinage depuis Favanne. §11. Apres avoir donne une idee generale de ^opinion des auleurs a ce sujet, il convient de signaler les differences des Teslacelles avec les genres et les families voisines. Le manteau de la Testacelle, veritable collier, comme celui des Helices, garni d'un bourrelet exlerne , ne peut elre compare au bouclier des Limaciens, et encore moins a celui des Vilrines, pourvu d'un lobe polisseur. L'absence de machoire separe les Testacelles de tons les genres ter- restres , exceple les Daudebardies et les Glandines. H en est de mome de la forme de la langue, de ses spinules, de la longueur de la poche lin- guale, du developpement de ses muscles intrinseques et extrinseques. La forme de Testomac, la brievete du tube digestif viennenl s'ajouter a ces caracleres. La position poslerieure des orifices respiratoire et anal n'est commune qu'avec les Daudebardies. (I) Ouvrage cite. (2 ) Journal dc Concli},'UoIogic , p. 13. (H) ficucra of recent moll. , t-ic. (1855). T(..\ii; \\l. 17 ( 22G ) La presence d'une coquille externe scpare encore les Testacclles dcs Limaciens ; car certains genres a let presque externe , regardes comme Liniaciens (Pellella, G(eoHs), sont des Vitrinidce. Le sysleme generateur presente une verge munie d'un flagellum : par- ticularite qu'on ne trouve pas chez les Limaciens. De plus, la poche copulatrice possede un Ires-long col , ainsi que les Helices. Nous pourrions encore parler des differences tirees du systeme ner- veux et des organes des sens ; mais nous croyons ces preuves convain- cantes pour faire rayer les Testacelles , des Limaciens. Quant aux Plectrophores , on ne sail trop ce qu'ils peuvent etre. On les a presentes avec un nianteau ou bouclier, un orifice respiraloire sur le cote droit, une coquille de forme bizarre. Aucun voyageur n'en a rapporte en nature. Nous pensons done qu'on ne doit pas s'occuper d'un genre connu seulement par des figures inexactes. § III. L'anatomie des Glandines montre , chez I'espece americaine , etudice par M. Leidy (1) , la disposition suivantc des organes digestifs : « L'orifice buccal est triangulaire et borne par trois levres papilleuses, ;{ une superieure , deux laterales. La poche buccale est un tres-long « cylindre musculeux, un peu recourbe en bas a la partie posterieure. « II n'existe pas de cul-de-sac pour la poche linguale , se prolongeant en « arriere. Le muscle retracteur se divise en trois faisceaux La poche « buccale est recouverle d'une enveloppe tres-mince composce de fibres « musculaires longitudinales, se continuant avec celles du muscle retrac- « teur... Cette couche presente au tiers anterieur de la masse buccale, « lateralement et infcrieurement, plusieurs faisceaux se rendant aux tcgu- « ments des levres. ... II n'y a pas de machoire. . . . Les deux tiers posterieurs « de la masse buccale sont occupes par un long organe ovale , compose « de nombreux faisceaux de fibres musculaires Les faisceaux lateraux « laissenl entre eux superieurement un interstice au fond duquel on « trouve la plaque linguale, en forme de tube, ferme posterieurement , « ouvert et rcflechi sur la partie antcrieure de I'extremite libre de I'or- « gane (le muscle lingual) Les dents de la lame linguale sont ar- [l] Special Anatomy, etc , in Biniioy,, t. I, p. 211 (l8o!). « rangi^cs diagonalcmcnt en parlant dc la ligne m(^diane , d'ou elles se .( dirigcnt en rangs paralltiles de dedans en dehors L'estomac est Des conduits iiliformes font communiquer les glandes salivaires entre elles. Le foie est separe en deux lobes; le nerf tentaculaire est plus developpeque dans tons les autres genres de Gasteropodes terrestres. Le mcme auleur, parlant des mocurs des Glandines, signale leur ex- treme voracite. Elles paraissent plutot nocturnes que diurnes, et se ren- contrent avant le lever du soleil. Des que le jour parait, elles s'enfon- cent profondement sous la terre. Quant aux Daudebardies (2) , on trouve chez elles une meme disposi- tion des levres, un muscle lingual allong^, une plaque linguale pourvue de spinules semblables , des muscles protracteurs inseres pres du cou , deux tres-forts muscles retracteurs , estomac pyriforme , papilleux k sa surface interne , intestin court. Les mocurs offrent les plus grands rapports. Les Daudebardies restent cnfoncees dans la terre , et n'en sortont guere qu'au Printemps pour y rentrer en Ete. Elles meurent au soleil en se dessechant , et vivent de leur chasse. Elles se nourrissent surtout de mollusques vivants. Les Peronies , rapprochees de ce groupe de genres , par M. Gray, doi- vent en ctre ecartees. Elles sont , il est vrai , pulmonees ; leurs orifices anal et respiratoire sont situes en arricre , leur foie se divise en deux lobes principaux , enfin , leur plaque linguale est analogue ; mais des diffc'rences importantes font bien vite passer sous silence ces rapports. Elles n'ont que deux tentacules non retractiles, les orifices gcncrateurs sont dislincts , etc. D'apres les analogies nombreuses remarquees entre les trois genres , Testacelle, Daudebardie et Glandine, nous croyons done qu'il est nalurcl de les reunir dans la meme famille , comme nous I'avons deja proposd. (1) Loc. cit. (2) Journal de Conrhyl. (1836) ; loc. cit. ( ^228 ) fiTlJDE DES ESPfiCES ET VARIETfiS. A. CoquiUe convexc. 1." TESTACEX.LA MAUGEI. (PI. 2. lig. 1. b 1 F). Tesfacella haliotoides Lamarck, Syst. an. s. vert. p. 9G. (1801). Y-^t^J^/JsJ -/ h(iliol^de(\ Ledru , Voy. a Teneriffe,?(l 81 0). "^ V' ' ' 7 f Testacellus Maugei Ferussac, Hist. nat. !. MtH|i:iii-TaiKloii , sur ( 232 ) 2" TESTACEI.X.A I.ARTETII. (PI. 2,fif;. 2-2D.) Teslarelhi Lnrtetii Rupuy, Journ. Concli., p. 302, ]tl. xv, fig. 2 (1850). — — Notice sur la coll. de Sausan, p. -43 (1851). — — Noulet, Mem. sur coq. foss., 3" Mem., p. 70 (1855). — Aquitanirn (n. p.) .. Gratel. Limaciens, p. 16 (1855). « GoQL'iLLE fossile, ovale-auriforme, assez epaisse, un peu allongee, (( plus clargie anterieurement que dans sa parlie posterieure ; tres- f< convexe en dessus , avec des stries irregulieres et assez profondes : « rudiment de spire , saillant en dehors quoique plus has que le reste de les Mollusques terreslres el fluvialUes de la France , nous vimes que Tauteur ren- nissait toules les Testacelles decrltes precedeniment par M. I'abbe Dupuy , au type dc Draparnaud. Nous avions pu constater qu'il en etait autrement par des dissections et par robservation des moeurs des animaux. Nous signalames ces fails a M. Moquin- Tandon, en lui offraut menie de niettre nos remarques a sa disposition, afin d'eviter line lacune dans son ouvrage. Notre lettre resta sans reponse , et nous ne pftiiies pas voir M. Moquin-Tandon clicz lui, en Septembre 1855. Notre collogue, M. Durien de Maisonneuve , fut plus heureux ; niais son attestation ne decida pas I'lionorable auteur a se rendre a I'evidence des faits, et nous avons eu le regret de lire i la fin du genre TeslaceUe, I'arrSt suivant d'exclusion d'un des mollusques les plus interessants de la France : ESPtCES A EXCI.URE. « Teslacella Maugei Fer. , indiquce a Dieppe ; probablenient apporlee avec quelque plante exotique. » De notre lettre et de la communication verbale de M Durieu , pas un mot ! .... Enfin, un 1856, M. Durieu a fait parvenir a M. Moquin-Tandon le Test. Maugei et ses congt^n&res de Bordeaux. Celui-ci a r(!'pondu en reconnaissant tardivement les differences specifiques des animaux et des coquilles. Quant au T. Maugei, M. Moquin- Tandon ne connait ni I'espfece de Ferussac , qui existe pourtant au Museum , ni ce que les auteiirs en ont ecrit. II le considfere comme un mollusque exotique qui se sera peut-6tre naturalise. Notre ami , M. H. Drouet, a pu se convaincre pendant son s6jour a Bordeaux, que Ic T. Maugei est bien indigene. En compagnie de M. Jaudouin et nous, il a pu en voir recueillir dans les vignes de Gradignan , le 29 Avril 1836, soixante-sept indi- Vidus en moins de deux heures. / ( 233 ) « la coqiiillc , scnsiblemenl separc du bord columellaire; sommel pres- « que aign ; ouverture tres-ample , profonde et creusee en dessous jus- « qu'au sommet du rudiment de spire ; arrondie en avant , un peu angu- « louse a son extremite posterieure; bord droit, un peu tranchant; bord « columellaire, arrondi, sans etre deprime. « Impression musculaire en croissant obtus , luisante , visible seule- « ment a la loupe. « OEufs legcrement acumines aux extremites de leur grand axe (i) ». DIMENSIONS. Longueur de la coquille. G — 7 millim. Largeur — 3 — 4 Hauteur — 2 Hab. fossile de Sansan (Gers); terrain miocene, oii M. Lartet I'a trouve dans I'argile friable a petits ossements. Tres-rare. OBSERVATIONS. Nous avons eu en communication I'exeraplairequi a servi a la descrip- tion et a la figure de M. I'abbe Dupuy; il difl'ere legerement de I'individu que M. Noulet nous a confle. Comme le fait observer le professeur de Toulouse ; dans son exeniplaire, le premier tour n'est ni aussi degage de la spire, ni aussi proeminent; le tet est lisse et luisant en dessus avec quelques stries d'accroissement tres-visibles. L'interieur est fauve, brillant, conservant tout son email. Cetle cspece diffcre de la precedente : l" par sa taille moindre ; 2° sa face externa plus plane ; 3° sa columelle plus arrondie ; 4" son impres- sion musculaire plus etroite et moins profonde. 3o TESTACEI.I.A ASIXIBTA. (PI. 2, fig. 5.) TesUicella asinium Marc. Serr. ann.Sc. nat. p. iOO (1827). — asinininm Bronn., Iiul. p. 1259 (184'.)). — asinina Bronn. loc. cit. p. 502. — Monspessulana{n. ^.). Gratel. loc. cit. p. 10. (I) L'n lEuf (!\istc dans la colleclion dc M. Deshaycs, et provient dos foiiilles de Saiisau. CVesl d'apres son cxaiucn (|uo nous en decrivons le iiriucipul caraclerc. ( -234 ) « CoQUiLLE fossile, petite, allong(5e, ay.int la forme d'une haliotide, « sculement plus allongee at beaucoup moins arrondie. Spire tres-courlo « et tr^s-petite , ayant a peine un tour et demi ; elle forme a son sommcl « commeun petit mamelon rouleen spirale. Ouverture tres-grande ayant « la forme d'un ovale fort allonge et tres-retreci. Par suite du pli de la « columelle , la coquille parait comme perforee a la maniere des tire- « bouchons. La coquille offre quelques stries dans le sens de sa longueur « et de sa largeur (M. de S.) » Hab. Fossile des terrains de formation d'eau ^douce. Environs de Cette ( Ilerault.) OBSERVATIONS. M. Marcel de Serres avance que la forme de cette esp^ce la s^pare de toutes les Testacelles connues. D'apres I'examen de I'exemplaire existant au Museum , nous partageons cette opinion ; le retrecissement de la par- tie anterieure, I'etroitesse du tet, servent, en effet, a distinguer nette- ment I'espece. Elle appartient indubitablement au groupe des Testa- celles concaves. Ferussac I'a figuree dans son grand ouvrage , mais le texte n'en fait pas mention. Les exemplaires connus sent tous incomplets et non degag^s de la roclie. 4o TSSTACEI.I.A BRUMTOSriANA. Testacclla Bruntoniana Marcel de Serr. Mem. terr. transp. p. 51 (1851). — id Rev. etMag. Zool. p. 581 (1853). — Browniana Gratel. Limac. p. 10 (1855). — Occitanice {n. p.)... Gratel. loc. cit. « Coquille fossile, ovale-oblongue, subconvexe, sommet obtus , sub- « ombiliquc (M). Longueur de la coquille.... 11 millim. Had. Fossile des marnes argileuses blancbatres de Montpellier. OBSERVATIONS. D'apres la courte description, et la dimension de cette especc , on pent la rapprocher du T. Maugei, fossile deja dans la Drome. M. Marcel de Serres, lui donne pour caracleresdistinctifs sagrande laille, sa spire obtuse et entource d'une excavation ombilicale, sa columelle renllce dans toute I'etendue du bord gauche. ( 235 ) B. Coquille applatic. 5° TESTACi:X.X.A COmVANTONIl. ( PI. 2. fig. 4-4-B ). Teslacellus haliotideus var Aleron.Guid. enRoussill.,p. 327(1842). Tcslacella Compamjonii Dupuy, Hist. nal. fr. p. Al, pi. 1 fig. 3 (1847). — haliotideayaT Moq.-Tand. Hist. nat. Moll. fr. p. 30 (1855). — Canigonensis (n. p.), Gratel. Limac. p. 15 (1855). Animal different des especes connues, par sa grosseur et les couleurs habituelles de son corps (Companyo). « Coquille ovale auriforme, un peu allongee, retrecie anterieure- « ment et elargie posterieurement, convexe en dessus, irregulierement « et assez fortement striee; le rudiment de spire est assez petit, mame- « lonne et obtus; il n'est point comrae dans le T. bisiilcata, separ^ du « reste de la coquille par un sinus apparent ; mais k deux millimetres « au-dessous, on voit une sinuosite assez bien marquee, qui est le rc- « sultat de I'enrouleraent dc la columelle et de la jonction du bord exte- « rieur au bord columellaire. L'ouverture est tres-ample , sensiblement « retrecie anterieurement , et arrondie posterieurement ; le bord colu- « mellaire deprime et sinue vers sa jonction avec le bord droit , y forme « une gouttiere bien marqu6 e ; il pr^sente , a son exlremite anterieure, « une tres-legere trace de troncature. La coquille semble usee a I'exte- « rieur par le frottement. Epiderme gris noiratre. Interieur d'un blanc « pur un peu nacre. (Dupuy). » DIMENSIONS DE LA COQUILLE. Longueur 17 millim. Largeur 8 Hauteur 2 V^ Hab, Saint-Martin-du-Canigou et dans les lieux humides de la m6tai- rie deM. de Paillares, presde Rigarda-en-Conflent(Pyrenees-Orientales). Tres-rare. OBSERVATIONS. Nous avons vu cette espece, mais il y a tres-Iongtemps, ct il nous se- rait difficile de nous rappeler aujourd'liui scs caractcies distinctifs. Voici cc qu'en dit M. Dupuy, qui I'a etudicc avec soiu : ( 23G ) « A ne considerer d'abord que sa taille , clle est a peu pres doublo de celle de la Testacella hallotidea, et les plus grands echantillons de la Testacella hisulcata n'atteignent que les deux cinquiemes environ de sa longueur, d'ou nous devons conclure une difference enorme dans I'ani- mal. Cette difference est plus sensible encore lorsqu'on la compare avec cette derniere; elle est d'ailleurs separee de la premiere par tous les cn- ractcres qui distinguent la Testacella hisulcata de la Testacella haUotidea, puisqu'elle a les plus grands rapports avec la Testacelle a deux sillons. D'un autre cote, elle differe de celle-ci : 1° par sa taille; 2" par la con- vexite de sa coquille , la premiere etant toujours a peu pres plane ; 3» par son sommet mamelonne et non separe inferieurement du reste de la coquille par un sinus nettement tranche; ¥ par la troncature ante- rieure de la columelle beaucoup moins prononcee dans celle-ci, etc. » Nous pensons que cette espece doit etre conservee jusqu'a plus ample informe. II serait desirable que I'anatomiede I'animal fut faite ; peut-etre demontrerait-elle une organisation identique a celle du bisulcata. Dans tous les cas, la variete major de cette derniere espece et qui a etc trou- vee en Algerie, fait le passage, quant a la coquille , entre le T. bisulcata et le T. Compamjonii. On sait, do plus, que plusieurs mollusques alge- rienset espagnols, remontent jusqu'aux Pyrenees-Orienlales et a la Pro- vence; entre autres : Helix lactea, melaiwstoma , apevta, candidissima , explanata, algira, etc. 6" TZ:STACEI.Isc. Hist. nal. <;<).[. t. :i. p. 2'J.S (an X). ( ±'a ) Ce iioni est donne a une limace a coquille de Favanne. « Nous « avons depuis, dit ce dernier, decouvert une autre limace qui « porte aussi au bout de sa queue , une petite ecaille conique imi- « tant un cornet de papier. » — Ce mollusque aussi enigmatique que le suivant, appartient au genre Plectrophore de Ferussac. 5° Teslacellacostata Bosc. loc. cit. « Un curieux anglais , M. Solandrac de Pilmont , nous a conimu- « nique, dit Favanne, une autre espece singuliere de limace, el « qu'on dit etre originaire des iles Maldives. Ses couleurs sont tres- « belles, mais ce qui la distingue le plus, c'est une coquille ayant « a peu pres la forme d'un de a coudre , qu'elle porte vers le boul « de sa queue. » — Plectrophore. fi" Testacellns Gayanus Lesson. Mon. Test. Rev. zool. p. 249 (1838). Succinea (omalonyx) Guyana D'Orb. 7'' Testacella GermanicE Oken. Lehr. Zool. t. 1. p. 312 (1816). VHrina elougata Drap. 8" Teslacellus GiKuleloiipensis Less, loc. cit. S. nugnis. {)° Testacella Guadelupensis Gratel. loc. cit. Nom propose pour le T. Matheronii , qui doit se rapporter au S. nuguis. IQo Testacella Matheromi Pot. et Mich. Gal. moll. Douai. p. 03(1838). S. unguis. 11° Testacella Saulcyi Bourg. Test. nov. Or. p. 10. n" 1 (1852). Daudebardia Saulcyi. 12" Testacellns Teneriffie D'Orbigny pere, ined. in Ferussac. M. de Ferussac, d'apres une mauvaise figure, a fait de cette es- pece le Plcctrophorus Orbignyi. Les explorateurs de Tenerifl'e n'ont jamais retrouve ce mollusque; mais nous pensons qu'il n'cst autre chose qu'un T. Maugei ; nous sommes confirmes dans cette opinion par la coloration de I'individu figure par Ferussac, et, par cette remarque de M. D'Orbigny pore : que Ton en trouve un autre plus petit. II veut parler, sans doute, du T. haliotidea qui vit avec le Maugei, a Teneriffe. 13" Teslacellus unguis Lc^aon. loc. cit. ^'. unguis Fi'-r. D'Oi-l). — Ksitrrc donl Vmeu est tres-considc- rable. ( Ub ) DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE. Elle est deja connue par les habitat nombreux que nous avons donnes; niais on peut la fonnuler d'une manicre plus generate. Les Testacelles vivent surtout dans les endroits ou Tinlluence maritime se fait ^senlir : cetle proposition est incontestable pour le T. Maiigei ; Vhaliotidea s'enfonce plus en avant dans les terres ; de plus, elles se ren- contrent toutes les deux dans une z6ne assez large formee par les Etats occidentaux de I'Europe, I'Algerie , et les lies du N.-O. de I'Afrique. En France , leur area est borne a I'E. par les Alpes. Le N.-E. en est depourvu; elles sont abondantes, au contraire, dans le S. et I'O. jus- ([u'au 40" de latitude ; et pres de chacun des rivages de I'Ocean et de la Mediterranee , on trouve deux especes reunies. Vhaliotidea fait une trouee dans le bassin de la Loire , jusqu'au 48° de latitude. En Italie, le bisulcata s'etend jusqu'aux Apennins. Voici le trajet qu'on peut faire executer a chaque espece : 1° Le r. Maugei va des Canaries a Madere, ne penetre pasen Algerie, cntre en Portugal, longe sa cote occidentale , celle de la France; remonte a Dieppe, et va sur la cote occidentale de I'Angleterre se terminer a Bristol ou on I'a introduite ; 2" Le T. bisulcata part de Constantino , reparait dans les Pyrenees- Orientales avec une modification assez grande pour constituer une espece ( T. Companyonii), puis longe la cote de la Provence pour se terminer aux Apennins ; 3" Le T. haliotidea parti des Canaries avec le Maurjci, suit les deux routes a I'orient et a I'occident, s'cleve jusqu'en Irlande, et se porte a I'orient jusqu'en Corse. Enfin, rappelons ce fait, que le genre Daudebardia, si voisin des Testacelles , le remplace dans les localites ou il manque , sans jamais le rencontrer. lis sont toujours separes par des limites naturelles ; ainsi le T. haliotidea, de I'lsere, est vis-a-vis les Daudeb'ardies de la Suisse, niais enlre eux s'elevent les Alpes; de meme a Nice, les Apennins sepa- rent le bisulcata des Daudebardies de la Ilaute-Italie. Les Daudebardies s'avancent jusque dans la Prusse-Rhenane , a nos frontiores, etc. Quant aux especes fossiles , elles couvrent un large espace de terrain ; elles ont etc rencontrees dans la Drome, I'llcrault, le Gers , I'Auvergne, lo L(tir-c't-Cli(M', etc. ( 24() ) INDEX Helix subterranea Lafon. Limace a coqaille Dugue. — testacie Favanne. Testacella AUcB-Ripm Grateloup. — ambiguus Ferussac. — anglica Gratel. — Antillarum id. — auriculata G. et F. — asinina Bronn. : — asininium id. — asinitim Marc. Serr. — Aquitanica Gratel. — Berytensis id. — bisiikatus Risso. — Browniana Gratel. — Brnntoniana Marc. Serr. — Burdigalensis Gassies. — Canariensis Gratel. — Canigonensis id. — Companyonii Dupuy. — comma Bosc. Testacella cosfala Bosc. — Deshayes a Mich. — Etiropwa Roissy. — Galloprovincialin Gratel. — Gay anus Lesson. ■ — Germanm Oken. — Gtiadeloupensis Lesson. — Guadelupensis Gratel. — haliotidea Drap. — haliotoides Lamk. — Lartetii Dupuy. — Mather onii Pot. et Mich. — Maugei Ferussac. — Monspessulana Gratel. — Occilanioi id. — oceanica id. — Saulcyi Bourg. — sculalum Lesson. — scut alum Sow. Teslacellus Tenor ipe D'Orb. =r unguis Lesson. ADDENDA. llAit. 'I'csUurlla hulioddea, la Sicilu ( Pliilippi ). /(/. id. var. scululum, la Creuzc (Do Cessac). 'J'c.slaccllu Oi.^iilcalu, var. Dtujur, Bone (Brondel). DiMENSiOiNs DE I'fEiF Du Tcsl. LartelU. Plus granii diuiiu'tre 3 mill. Pelil ttiaiiielrc 2 ''^ mill. L'cL'ul est prescjue splicriciuo, nuiis un pen aciimiiiO aiix deux jioles. NOTA. Nous axons rc(,ii, aiJii's lirago, dc MM. De Cessac et Joba, dos Teslaeelles .se rapporlaut au T. haliotidea. Nous ue les reniorcions pas uioins de leiir obligeance a mellre a noire disposition les Molluscptes doul ils disposaient. La Teslacellc dc la Cieuse se vappoi-le iiu T. scululum des Anglais; celle de Met/. est ))res(jue albine et beaucoup |)lus graiide que eclle du Sud-Ouest : c'est Vhalintideu aeclinialee. ( 247 ) EXPLICATION DE LA PLANCIIE I. Fig 1. Rouche, — poche buccalo, — poche lingiiale du Test. halioUdea. a Ifevres; b ouverlure biiccale ; c retracteur des liivres ; d protracleurs externes ; e conslricteiirs de la hoiiche; /'poche buccalc ; g poche Ihiguale ; h re- tracleurs de la poche lingiiale; i relracteurs poslerieurs. Fig 2. Syslfemc digestif du Tcul. Maugei. Disposition des ganglions, a Ifevres ; b poche huccale ; c poche lingiiale ; d insertion des retracteurs ; e re- teurs ; f oesophage ; g muscles exlrinsiiques de I'estomac ; h estoniac ; t insertion des conduits biliaires ; j inlcstins ; k rectum ; I anus ; m gan- glions sus-oesophagiens ; n commissures ; o ganglions pedieux ; p com- missure ; q ganglions stomato-gastriques. Fig. 3. Estomac et glandes salivaires du Test. halioUdea. a ccsophagc; b tube- rosite de ^esto^^lac ; c estomac ; d canaux excreleurs des glandes sali- vaires ; e glande salivalre droite ecarl^e de I'estomac pour montrer les filaments. Fig. 4. Glande salivaire du Test. halioUdea. a conduit exereteur; ft glande c filaments. Fig. 5. Muscle I interne de la poche linguale etale. a extr6mite libre; b nervure mediane; c bords; d extremite inferioure adhurente ( T. Maugei). Fig. 6. Plaque linguale vue en dessous'( T. halioUdea). a series de spinules ; b raphe median \ c , c bandelettes qui assujetissent la plaque sur le muscle interne. Fig. 7. La mSnie vue en dessus. a series de spinules ; 6 endroit oil elles s'enfon- cent entre les deux bord du muscle interne ; c-d nervure mediane de ce muscle ; e appendice. Fig. 8. Disposition des spinules sur la plaque linguale , prfes du raphe posterienr ( T. Maugei ). Fig. 9. Spinule dc T. halioUdea. a pointe anterieure ; b corps de la spinule ; c crochet anterieur ; d appendice mousse ; e surface d'insertion. Fig. 10. Spinule de T. Maugei. Quelqucs jours apr^s I'eclosion. Fig. \\ Spinule de T. Maugei. adultc. Fig. 12. Spinule de T. bisulcala adulle Fig. 13. Sjstfeme nerveux de T. halioUdea. a ganglions sus-cesophagiens ; ft sto- mato-gastriques ; c pedieux ; d commissure des sus-oesophagiens et stomato-gastriques ; e commissures des sus-oesophagiens et pedieux ; f nerfs de la bouche ; g des Ifevres ; h, i des teguments des tentacules ; j nerfs tentaculaires ; k de I'cesophage ; I de la poche linguale ; m gan- glions anleiieurs pedieux ; w norfs qu'ils fournisscnt ; o ouverture aorti- Fig. Fip ( ±[H ) x]